La France veut accueillir plus d’étudiants étrangers d’ici 2025

par Clément Rocher

L’objectif est assumé pour le gouvernement : doubler le nombre d’étudiants étrangers en France. Malgré des chiffres en hausse, force est de constater que le pays perd du terrain dans l’accueil des étudiants étrangers.

Étudiante assise en cours.
La France : une terre d'accueil pour les étudiants étrangers.

La France se positionne à la quatrième place dans le classement des pays d’accueil des étudiants étrangers. Le pays doit rivaliser d’ingéniosité face à une concurrence de plus en plus affirmée.

La France en perte d’influence ?

La mobilité internationale des étudiants atteint le chiffre record de 4,3 millions selon les chiffres de l’Unesco : elle a progressé d’environ 23 % en cinq ans. La France reste le premier territoire d’accueil non anglophone et suit la tendance en attirant chaque année de plus en plus d’étudiants étrangers : le pays a ainsi enregistré plus de 310 000 inscriptions dans ses universités et ses grandes écoles en 2015. Si la hausse du nombre d’étudiants étrangers est visible (+11,2 %), la France recule en revanche d’un rang dans le classement mondial en atterrissant à la quatrième place derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie qui demeurent les destinations privilégiées des étudiants. Si les pays anglo-saxons demeurent en tête de liste, cette régression ne signifie pas pour autant une diminution des inscriptions, loin de là. La qualité de l’enseignement des grandes écoles françaises est notamment plébiscitée par les étudiants à l’international : elles affichent une hausse de 27 % sur les cinq dernières années. Les chiffres concernant les effectifs à l’université révèlent une certaine stabilité.

De nouveaux territoires à conquérir

La concurrence pour attirer les étudiants étrangers est rude : « On continue à attirer des étudiants étrangers, mais à un taux de croissance moindre que nos concurrents », analyse Béatrice Khaiat, directrice générale de Campus France, sur Le Figaro EtudiantDe nouvelles destinations enregistrent une croissance plus rapide que la France. Des pays d’accueil tels que la Russie (5e rang) ou la Chine (9e rang) étendent leur influence et affichent une progression spectaculaire dans ce phénomène. La Russie concentre ses efforts sur les pays membres de la Communauté des États indépendants (organisation des anciennes républiques soviétiques) : les étudiants de cette zone géographique représentent dorénavant près de 77 % des étudiants étrangers en mobilité entrante.

Les territoires d’Asie et du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Turquie, Japon, etc.) développent une nouvelle politique afin de s’ouvrir à l’international et de recruter les étudiants provenant des pays africains (Nigéria, Mali, Kenya, Tchad). Ces pays adoptent une nouvelle stratégie d’influence en élargissant leur cible chez les étudiants étrangers. « L’Arabie saoudite passe du 27e rang au 11e rang, parce qu’elle a une politique très active de bourses d’études islamiques », explique la directrice de Campus France. Près de 50 % de la mobilité entrante de ce pays concerne les étudiants africains.

Les Pays-Bas témoignent d’une progression sans précédent en passant du 24e au 12 rang avec 199 % de croissance. La dynamique se maintient pour les pays francophones (Belgique, Suisse) qui restent attractifs sur le plan de la mobilité internationale étudiante. La France doit désormais réaffirmer sa position sur la scène internationale et compte bien multiplier le nombre d’étudiants par deux : « Nous devons gagner la bataille de l’influence économique et culturelle, promouvoir la francophonie ainsi que notre mode de vie et nos valeurs », conclut Béatrice Khaiat, sur Le Figaro.

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