Comment s'en sortent les diplômés en culture sur le marché du travail ?

Le ministère de la Culture a rendu publique en novembre 2018 une étude portant sur l'inégale insertion professionnelle des jeunes diplômés des filières culture de l'enseignement supérieur en 2017. L'occasion de constater des différences en fonction des domaines étudiés : les voici.

Travailler dans le secteur culturel est le rêve de bien des jeunes, qui choisissent dans cette optique de suivre des études spécialisées dans ce domaine : spectacle vivant, médias, arts… Il apparaît cependant qu’à l’arrivée sur le marché de l’emploi, tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne. Tel est l’enseignement que l’on peut tirer de l’étude publiée en novembre 2018 par le ministère de la Culture, portant sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en culture.

Le taux d’accès à l’emploi

Les premières données significatives de l’étude du ministère concernent l’accès au monde du travail des jeunes diplômés du secteur culture. On y apprend tout d’abord que de façon générale, environ un quart des étudiants trouve un emploi dans les trois mois qui suivent l’obtention de leur diplôme. Par ailleurs, toutes les filières ne sont pas égales à ce niveau : quand les ex-étudiants en spectacle vivant sont 31 % à décrocher un poste aussi rapidement, ceux qui se sont spécialisés dans les arts plastiques ne sont que 14 %.

Pourcentages d’étudiants ayant obtenu un emploi moins de trois mois après leur diplôme :

  • Architecture : 27 %
  • Arts plastiques : 14 %
  • Patrimoine : 26 %
  • Spectacle vivant : 31 %

À savoir que les étudiants en culture sont un tiers à poursuivre leurs études après l’obtention de leur diplôme.

Pourcentage d’étudiants ayant poursuivi leurs études :

  • Architecture : 36 %
  • Arts plastiques : 29 %
  • Patrimoine : 52 %
  • Spectacle vivant : 24 %

La plupart de ceux qui choisissent de ne pas intégrer directement le monde du travail le font en premier lieu pour espérer un accès plus facile à un premier poste (pour 88 % d’entre eux), quand d’autres évoquent plutôt — et cela semble plus inquiétant — le souhait d’éviter le chômage, à 42 %.

L’adéquation du poste trouvé avec les études

Une inquiétude qui revient souvent dans le secteur culturel est celle de la nature de l’emploi trouvé : sera-t-il vraiment conforme à mes attentes, va-t-il correspondre à ce que j’ai étudié ? La culture étant un corps de métier très prisé où les places sont chères, il peut malheureusement arriver que certaines jeunes finissent par se décourager ou ne jamais parvenir à décrocher un job dans leur domaine de prédilection. C’est notamment le cas de 19 % des diplômés en patrimoine, mais seulement 4 % de ceux en architecture.

Pourcentage de jeunes n’ayant jamais obtenu d’emploi en rapport avec leur diplôme :

  • Architecture : 4 %
  • Arts plastiques : 17 %
  • Patrimoine : 19 %
  • Spectacle vivant : 5 %

Le manque d’offres d’emploi en adéquation avec le diplôme obtenu représente par ailleurs le frein numéro un à l’obtention d’un premier poste pour 49 % des interrogés.

Le statut des diplômés

Quelles sont les conditions d’emploi des ex-étudiants dans le secteur de la culture ? L’étude du ministère de la Culture démontre que là encore, tous ne sont pas égaux.

De façon générale, 62 % d’entre eux exerçant une activité dans les trois ans après leur sortie d’études sont salariés du secteur privé ou d’entreprises publiques, quand 27 % sont indépendants ou dirigeants d’entreprise.

En ce qui concerne le type de contrat, 65 % des diplômés ont un contrat à durée indéterminée, contre 29 % en CDD. Mais la stabilité d’un CDI ne concerne que 30 % des ex-étudiants en spectacle vivant, contre 78 % de ceux en architecture ! Les disparités sont donc importantes.

Concernant le niveau de revenu net annuel perçu par les jeunes, il est plutôt faible pour un tiers d’entre eux (moins de 15 000 euros). Seuls 10 % gagnent plus de 35 000 euros par an trois ans après l’obtention de leur diplôme. À noter que les diplômés en art sont les plus nombreux à toucher un salaire moindre, quand ceux du design s’en sortent mieux : plus d’un tiers d’entre eux ont un revenu annuel supérieur à 25 000 €.

Retrouvez ici l’intégralité de l’étude du ministère.

Amandine Martinet