Ces grandes entreprises qui ont aussi des écoles

Hermès, L'Oréal, LVMH : ces grandes entreprises ont créé leur propre école. Diplômes, alternance, gratuité, on fait le tour.
Mis à jour le / Publié en mai 2025
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Le problème récurrent pour de nombreuses entreprises ? La pénurie de candidats qualifiés ! Les étudiants présentent souvent une formation trop généraliste et ne disposent pas des compétences requises pour le poste proposé. Face à ce constat, les grandes entreprises ont décidé de créer leur propre centre de formation ! C’est d’autant plus facile depuis la loi Avenir professionnel de septembre 2018, qui permet aux entreprises de créer leur propre centre de formation des apprentis (CFA) sans avoir à obtenir l’aval des régions. Depuis, les projets se sont multipliés dans tous les secteurs.

Ainsi, non seulement elles proposent un programme en cohérence avec les réels besoins de leur profession, mais elles peuvent aussi l’adapter aux évolutions du marché. Et la cerise sur le gâteau ? Elles développent leur marque employeur, fidélisent les jeunes étudiants dès l’étape de formation et jouent un rôle d’entreprises citoyennes.

Coiffure, luxe, automobile, industrie, numérique : il y en a pour tous les goûts dans les écoles de grandes entreprises. Et aussi pour tous les profils ! Formation courte avec des cours en alternance ou formation plus longue et plus théorique, tu peux trouver le parcours qui te ressemble. Zoom sur ces écoles qui en mettent plein la vue !

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Real Campus by L'Oréal

L’école de L’Oréal se présente comme une école innovante qui répond aux enjeux et aux évolutions du secteur de la coiffure. Au cœur de Paris, cette école offre aux jeunes étudiants un campus de 2 200 m² avec des ateliers, des espaces de travail collaboratifs, des salles de cours modernes et même un salon d’application.

Les diplômes proposés aux étudiants du Real Campus by L’Oréal

Au sein de l’école de L’Oréal, les étudiants peuvent préparer :

  • Un bachelor entrepreneur de la coiffure, une formation de trois ans en alternance avec des cours techniques, mais aussi un enseignement professionnel pour créer son entreprise de coiffure. Depuis 2026, une nouvelle spécialité Coiffeur Barbier est venue compléter l’offre, pour répondre à l’essor du barbering et des soins barbe.
  • Une formation courte certifiante appelée Coiffeur by L’Oréal, qui permet d’acquérir des compétences opérationnelles et techniques en seulement dix mois
  • Un bootcamp accélération coiffure pour permettre aux débutants d’acquérir le niveau technique pour rejoindre le bachelor entrepreneur de la coiffure

Les atouts d’une formation au Real Campus by L’Oréal

L’école de L’Oréal mise sur l’immersion en entreprise des étudiants afin de parfaire leur formation et renforcer leurs compétences. Par exemple, le bachelor entrepreneur de la coiffure se présente comme une formation au rythme unique, avec trois mois de présence à l’école, puis neuf mois de travail en entreprise. Les étudiants ont ainsi l’opportunité de développer un haut niveau de pratique.

Par ailleurs, les diplômes de cette école misent sur l’apprentissage de tous les aspects des métiers de la coiffure. Au-delà de l’enseignement technique, les étudiants développent des connaissances en gestion d’entreprise, optimisation de l’expérience client et utilisation des réseaux sociaux.

En 2026, l’école en est à sa 12e promotion et accueille plus de 300 étudiants. L’enquête de satisfaction menée auprès de 581 répondants entre 2021 et 2025 affiche une note globale de 8,2 sur 10. À noter : Real Campus recrute hors Parcoursup, sur dossier et entretien, avec des rentrées en septembre et en janvier.

L’école Hermès des savoir-faire : le CAP maroquinerie au cœur des manufactures

Le nom d’Hermès est synonyme d’excellence dans la maroquinerie française. Pour garantir la qualité de sa production et assurer un flux constant d’artisans qualifiés, la Maison a fondé en 2021 sa propre structure de formation : l’école Hermès des savoir-faire, reconnue officiellement comme un centre de formation des apprentis (CFA).

L’objectif est de transmettre directement aux nouvelles recrues les gestes et les techniques spécifiques de la maroquinerie Hermès. Le parcours se décompose en deux phases : une préparation métier de six mois, consacrée à l’immersion et à la découverte intensive des gestes de base du cuir, puis une année de formation en apprentissage menant au CAP Maroquinerie, un diplôme national d’État dispensé directement au sein des manufactures du groupe.

Un modèle décentralisé sur tout le territoire

Contrairement à l’image d’un savoir-faire de luxe concentré à Paris, Hermès a mis en place une stratégie d’implantation décentralisée. La formation est assurée dans neuf pôles de production répartis sur l’ensemble du territoire français : Normandie, Franche-Comté, Auvergne, Gironde, entre autres. Chaque nouvelle manufacture Hermès peut générer entre 200 et 300 emplois directs à horizon cinq ans. La formation est donc un levier de développement local autant qu’un outil de recrutement.

Une formation gratuite, rémunérée et accessible à tous

Le principal atout du dispositif Hermès est son accessibilité. La formation est gratuite et rémunérée dans le cadre du contrat d’apprentissage. Le financement est assuré par Hermès, l’OPCO 2i et des dispositifs externes comme Transitions Pro. Aucun niveau scolaire minimum n’est exigé : le parcours est ouvert à tous, avec une sélection basée sur la motivation, la dextérité et la capacité d’apprentissage. Ce qui en fait aussi une passerelle pour les personnes en reconversion professionnelle.

L’Institut des Métiers d’Excellence (IME) de LVMH

Le groupe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), leader mondial du luxe, fait face à un défi de recrutement de taille : ses 75 Maisons couvrent une palette de métiers très large, allant de la haute couture à l’horlogerie, des vins et spiritueux à l’hôtellerie de luxe. Pour y répondre, le groupe a créé en 2014 l’Institut des Métiers d’Excellence (IME), un programme de formation professionnelle qui fait le lien entre l’école et l’emploi.

L’IME ne se concentre pas sur un seul métier, mais sur la richesse des savoir-faire du groupe. L’Institut propose des formations en partenariat avec une trentaine d’écoles techniques et de CFA en France et à l’étranger, couvrant des domaines variés : maroquinerie, joaillerie, couture, chaussure, vente et expérience client, viticulture et œnologie.

Le modèle repose entièrement sur l’alternance, via un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. L’alternant est rémunéré et la formation est prise en charge. Pas de frais de scolarité. Les programmes sont répartis dans différentes villes et régions qui correspondent aux sites de production des Maisons du groupe : Paris pour la haute couture, les régions de l’Ouest pour la maroquinerie, Cognac et la Champagne pour les vins et spiritueux.

Les écoles de vente Toyota

Vaucresson, Lyon, Nantes, Marseille, Strasbourg, Toulouse : Toyota France propose plusieurs écoles de vente aux jeunes en France, désormais regroupées sous le nom d’Académie Toyota. Dans ces écoles, ils préparent le titre « Vendeur Automobile » (VA), délivré par l’ANFA (Association nationale pour la formation automobile) et inscrit au RNCP.

Cette formation en alternance de 13 à 14 mois s’adresse aux candidats titulaires d’un diplôme de niveau bac à bac+2 dans le commerce. Les cours sont axés sur les techniques de vente dans le domaine automobile : prospection, fidélisation, argumentation technique, financement et services associés. Et à la clé, la formation affiche un taux d’insertion en CDI de 84 % !

💡 Aucune connaissance préalable en automobile n’est requise : c’est la motivation et l’appétence commerciale qui comptent.

Sup de Luxe, fondé à l’initiative de la maison Cartier

Fondé en 1990 par Alain-Dominique Perrin, alors président de Cartier International, l’Institut Supérieur de Marketing du Luxe (Sup de Luxe pour les intimes) est le premier institut au monde dédié au management du luxe. Aujourd’hui rattaché à l’EDC Paris Business School (réseau Planeta Formations et Universités), il conserve le label « Chaire Cartier », héritage de ses origines. Des étudiants des quatre coins du globe viennent y développer leur expertise, avec des parcours de niveau bac+3 à bac+5.

Par exemple, les étudiants peuvent suivre :

  • Un bachelor luxe, une formation de trois ans, avec des cours en français ou en anglais et une alternance possible en troisième année
  • Un MBA Luxury Brand Marketing & International Management, programme historique créé en 1990, qui se classe parmi les formations de référence en management du luxe en France. Il conjugue rencontres avec des dirigeants du secteur, études de cas, visites d’entreprises et voyages d’études internationaux
  • Plusieurs MSc (Master of Science) labellisés par la Conférence des Grandes Écoles, avec des spécialisations en mode, gastronomie ou management global des marques

Depuis 2026, deux nouveaux programmes ont fait leur entrée : un bachelor en affaires et économie internationales du luxe et un Global MBA Exécutif en leadership du luxe, conçu pour les cadres et entrepreneurs.

💡 Sup de Luxe n’est pas une école « de Cartier » au sens où la Maison la gèrerait au quotidien : Cartier en est le fondateur historique et le parrain symbolique, mais l’école est administrée par EDC Paris Business School. Les formations en alternance sont prises en charge par l’OPCO, mais les parcours en formation initiale restent payants. Le MBA complet s’élève à environ 35 400 euros sur deux ans.

L’Industreet, le campus industriel de TotalEnergies

L’Industreet, c’est le campus des nouveaux métiers de l’industrie. Situé à Stains, en Seine–Saint-Denis, à dix minutes de Paris, ce campus de 11 000 m² offre une alternative aux jeunes de 18 à 29 ans qui n’ont pas trouvé leur place au sein du système académique traditionnel en France, ou qui cherchent à se former à des métiers qui recrutent.

Créé à l’initiative de la Fondation TotalEnergies, le campus a ouvert ses portes fin 2020 et a déjà accueilli plus de 1 700 apprenants. L’Industreet ne recrute pas pour TotalEnergies : le campus forme des profils opérationnels pour l’ensemble du secteur industriel.

Les formations proposées aux apprenants de L’Industreet

L’Industreet propose en 2026 neuf formations réparties dans trois secteurs industriels : le numérique, la production et les énergies-services. Les parcours couvrent des métiers comme technicien de maintenance, conducteur de ligne de production automatisée, technicien photovoltaïque, technicien de numérisation industrielle ou technicien BIM modeleur du bâtiment, entre autres. Chaque formation dure entre huit et dix-huit mois et débouche sur un titre professionnel reconnu. L’Industreet revendique un taux de réussite de 98 % aux certifications.

Les points forts avancés par L’Industreet

L’Industreet mise sur des méthodes pédagogiques innovantes et axées sur la pratique afin de préparer les apprenants au travail en entreprise. L’école prend la forme d’une association, afin d’offrir gratuitement et avec une rémunération son programme de formation aux jeunes.

Depuis 2024, la résidence Villastreet (située à quelques pas du campus) propose 74 studios équipés aux apprenants venus de toute la France, levant ainsi un frein majeur : le logement. Le campus accompagne aussi les jeunes dans leur insertion professionnelle, via la création de CV, l’optimisation de profil LinkedIn, la préparation aux entretiens et les job datings avec des entreprises partenaires. En 2023, une convention a été signée avec LADOM (Agence de l’Outre-mer pour la Mobilité) pour ouvrir ces formations aux jeunes ultramarins.

L’École 42 : apprendre le code sans prof, sans diplôme et sans frais

Créée en 2013 par Xavier Niel, fondateur de Free, l’École 42 ne forme pas des artisans du luxe ni des vendeurs automobiles, mais des développeurs, des experts en cybersécurité et des spécialistes de la data. Et elle le fait selon un modèle qui a secoué les codes de l’enseignement supérieur en France.

Pas de profs, pas de cours magistraux, pas de diplôme requis à l’entrée, pas même le bac. L’apprentissage se fait par projets, en collaboration entre étudiants, comme dans une vraie équipe de développement. La sélection repose uniquement sur la motivation et un test intensif d’un mois, la « Piscine ». La formation est entièrement gratuite, financée par le fondateur et les entreprises partenaires.

L’École 42 a été lancée à Paris, mais son modèle s’est très vite étendu : elle possède désormais un campus à Lyon (42 Lyon Auvergne-Rhône-Alpes). Au total, le réseau 42 Network compte 54 campus dans 31 pays à travers le monde, de Québec à Tokyo, en passant par Lisbonne. Le cursus est modulaire et dure environ trois ans. Il mène à une insertion professionnelle dans les métiers du développement, de la cybersécurité ou de la data science, des secteurs où la demande dépasse largement l’offre.

L’École 42 n’est pas un CFA au sens classique et ne délivre pas de diplôme d’État, mais elle illustre bien la même logique que les autres initiatives présentées ici : quand le système de formation traditionnel ne suit plus, les acteurs privés prennent les devants.

L’école des ventes de Danone

Le secteur de l’agroalimentaire n’échappe pas non plus au phénomène des écoles de grandes entreprises. Et dans ce domaine, c’est le géant Danone qui s’est lancé dans la formation des jeunes. En 2011, Danone Produits Frais France a créé son école des ventes, une formation diplômante et professionnalisante axée sur le métier de commercial dans l’agroalimentaire. Ce cursus s’adresse aux diplômés d’un bac+2 dans le domaine du commerce. Il s’agit d’une formation en alternance intitulée « force de vente petites et moyennes surfaces ».

L’organisation de la formation commerciale proposée par Danone

Durant ce parcours, les étudiants partagent leur temps entre présence en entreprise et cours à l’école. Lorsqu’ils sont sur le terrain, ils endossent le rôle d’un responsable de secteur. Ils font partie des équipes de vente de la marque et animent leur propre réseau d’une soixantaine de magasins. Leur objectif consiste à participer à la croissance de l’entreprise, en développant notamment le nombre de références au sein du réseau de distribution de la marque.

Et quand ils sont à l’école, les étudiants bénéficient de cours en techniques de prospection, négociation commerciale et marketing. Ils ont également l’opportunité de découvrir les différents enjeux du secteur agroalimentaire en France.

Que deviennent les étudiants de l’école des ventes de Danone ?

La formation commerciale proposée par Danone offre différentes perspectives aux jeunes diplômés. Ils ont l’opportunité de poursuivre leurs études en master, avec une formation en alternance au siège d’une business unit de Danone, telle que Blédina ou Danone Produits Frais France.

Une grande partie des jeunes diplômés se voit proposer un contrat de travail à durée indéterminée par Danone. D’autres font le choix de rejoindre une autre entreprise du secteur de l’agroalimentaire. Dans ce cas, leur expérience au sein d’un leader du marché a de quoi valoriser leur CV !

💡 Ce programme figure toujours sur le site de recrutement de Danone en 2026, même si les dernières communications publiques détaillées sur l’école des ventes datent de 2016.

De la coiffure au code informatique, du luxe à l’industrie, en passant par l’automobile et l’agroalimentaire : ces écoles d’entreprise partagent un point commun. Elles naissent là où les besoins de recrutement sont les plus criants, et elles proposent souvent des formations gratuites, rémunérées et débouchant sur une embauche. Si l’une de ces écoles te fait de l’œil, n’hésite pas à prendre contact avec d’anciens diplômés ou à te rendre à ses journées portes ouvertes pour en savoir davantage !

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