Le match des études supérieures : France VS Belgique

Chaque semaine, Diplomeo vous dresse un comparatif aux couleurs internationales : les différences entre étudier en France et dans un autre pays. Aujourd'hui, Coupe du monde de football oblige, c'est la Belgique qui nous fait office de concurrent. Alors, qui de nos voisins ou de nous-mêmes remportera le(s) match(s) selon vous ?

Crédit Diplomeo

Chaque affrontement entre la France et la Belgique, qu’il soit sur un stade de football ou dans un article sur Diplomeo, oscille entre guerre fratricide… Et fête des voisins. En effet, si l’esprit de compétition demeure bien souvent dans les esprits, il n’en reste pas moins que nous partageons avec nos amis belges de nombreux points communs, au-delà même de notre proximité géographique, de la langue (en partie) à l’amour des bonnes choses. Il reste néanmoins que des disparités demeurent, et ce notamment au niveau du système scolaire et des études supérieures. Petit passage en revue des spécificités du Plat Pays en la matière.

La Belgique en bref.

La Belgique est un royaume de 30 528 km² comptant 11 358 357 habitants. Un format plus réduit que celui de la France, dont la superficie atteint les 643 801 km² et la population s’élève à 67 795 000 personnes.

Là où le français est l’unique langue officielle dans l’Hexagone, nos voisins du Nord en comptent trois : le français également (dans la communauté wallonne au sud du pays), mais aussi le néerlandais (dans la partie flamande au nord), et dans une moindre mesure, l’allemand pour le groupe de population germanophone. Il existe donc trois communautés culturelles en Belgique, une séparation historique qui fait en partie la particularité de ce pays.

La devise du pays, énoncée en français, est la suivante : « L’union fait la force ». On y retrouve un peu de celle de la France, « Liberté, égalité, fraternité ». Une similarité qui n’occulte néanmoins pas les particularismes de chacun des deux voisins.

Comment aller étudier en Belgique ?

La distance qui sépare la France de sa voisine du Nord n’est pas très importante, alors, pourquoi ne pas sauter le pas ?

L’un des moyens de venir goûter à l’enseignement supérieur dans le Plat Pays est bien sûr l’échange Erasmus. Chaque année, ce sont environ 4 500 étudiants belges qui viennent étudier en France, contre plus de 17 000 Français qui se sont rendus en Belgique en 2014. On constate d’ailleurs que le nombre de français venant étudier en Belgique a considérablement augmenté au cours de ces dernières années (+221 % de 2011 à 2014 !). La France représente ainsi la troisième pays d’origine des étudiants internationaux en Belgique. Preuve qu’il existe une véritable attractivité entre ces deux pays.

Si vous souhaitez venir étudier en Belgique sans passer par le programme Erasmus, cela vous sera bien sûr possible sous réserve de certaines modalités et conditions, qui sont propres à chaque communauté — française, néerlandaise, germanophone — du pays. Si vous n’êtes pas ressortissant de l’Union européenne, un visa pourra vous être demandé. Pour toute information relative à votre demande d’études en Belgique, il faudra vous renseigner auprès de l’ambassade ou le consulat belge en France.

À savoir que pour entrer dans une formation de l’enseignement supérieur en Belgique, une équivalence de diplômes vous sera demandée : il vous faudra donc avoir obtenu le baccalauréat pour entrer en première année d’études supérieures, un niveau bac+1 pour entrer en deuxième année, etc. Attention, il s’agit d’une équivalence payante pour laquelle il faut faire une demande avant le 15 juillet de chaque année, auprès du Service des équivalences de la Communauté française de Belgique. Vous devrez ensuite faire votre demande d’inscription auprès de l’établissement de votre choix, puis vous occuper des modalités pratiques (demandes de bourses et financements, carte européenne de soins, etc.)

Présentation de l’enseignement supérieur belge

Après obtention du diplôme de l’enseignement secondaire — il n’existe pas de baccalauréat en Belgique, mais un examen commun qui peut être considéré comme équivalent —, les étudiants belges ont plusieurs possibilités qui s’offrent à eux. L’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur sont divisés en deux groupes :

  • L’enseignement officiel ou libre, reconnu par une des trois communautés du pays
  • L’enseignement privé, non reconnu par une des trois communautés

Dans ces groupes, plusieurs types d’établissements peuvent être différenciés :

  • L’université
  • Les Hautes Écoles
  • Les écoles supérieures des Arts

L’université en Belgique

Il existe au total 16 universités en Belgique, contre 75 en France.

L’organisation du cursus universitaire en Belgique se compose comme en France de trois cycles, mais avec quelques différences :

  • Le premier cycle de trois ans post-bac qui est l’équivalent de la licence, est appelé le Bachelier chez les Belges
  • Le deuxième cycle en deux ans conduit au Master, qui peut avoir vocation à mener à la recherche ou être professionnalisant.
  • Le troisième cycle correspond, comme chez nous, au Doctorat

Concernant les filières proposées, elles resteront sensiblement similaires à celles que vous pourrez trouver en France : philosophie, économie, médecine, sciences, etc. À savoir que l’enseignement qui y est dispensé est généralement très théorique.

À savoir que si les filières en médecine, kiné, dentiste et autres du même secteur ont été pendant très longtemps prisées des étudiants français pour leur sélectivité moins importante que dans l’Hexagone, cette tendance a vocation a être freinée par un contrôle d’accès plus sévère : seuls 10 % des candidats non résidents ont réussi l’examen d’entrée en septembre 2017.

Les « Hautes Écoles » belges

Outre l’université, vous pourrez intégrer ce que l’on appelle des Hautes Écoles. Il en existe 20 en Belgique francophone et une dizaine dans la partie néerlandophone. Elles proposent un enseignement supérieur court ou long (bachelier ou master), mais toujours très spécialisé et à vocation plutôt professionnalisant, par le biais de stages obligatoires notamment : elles se différencient en cela de l’université. Les Hautes Écoles se spécialisent dans divers secteurs :

  • Agricole
  • Artistique
  • Économique
  • Paramédical
  • Pédagogique
  • Social
  • Technique
  • Traduction-interprétation

Les écoles supérieures des Arts

Ces écoles artistiques sont très réputées : on peut citer par exemple la Cambre à Bruxelles, ou encore l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. Elles sont par ailleurs prisées des étudiants, car elles sont peu sélectives, et n’ont pas de nombre de places limité. Elles aussi proposent des bacheliers et des masters, dans des spécialisations diverses :

  • Arts numériques
  • Architecture d’intérieur
  • Publicité
  • Graphisme
  • Illustration
  • Bande dessinée
  • Etc.

L’organisation des études

Le calendrier universitaire est sensiblement le même en France et en Belgique. Mais là encore, il existe des petites nuances : ainsi, l’année n’est pas divisée en deux semestres, mais en trois quadrimestres, soit trois périodes de quatre mois.

  • De mi-septembre à mi-décembre
  • De début février à mi-mai
  • De fin mai à mi-septembre

À savoir que les examens sont passés à la mi-janvier puis à la fin du mois de mai. Pour ceux n’ayant pas obtenu leur année, les rattrapages n’ont lieu que de fin août à début septembre, il faut donc les travailler pendant l’été !

À noter que dans l’enseignement supérieur belge, le seuil de réussite à un diplôme a été abaissé à 10/20 en 2013, mais était auparavant égal à 12/20.

Le coût des études et de la vie en Belgique

Étudier en Belgique ne va pas vous ruiner. Cela vous reviendra même parfois moins cher qu’étudier en France !

Concernant les frais de scolarité d’une année d’études supérieures en Belgique — appelé « minerval » en Belgique —, ils s’élèvent environ à 835 € chez les Wallons, et à 500 à 600 € chez les Flamands. Des prix uniformes pour la plupart des établissements, tandis qu’ils sont très disparates en France (environ 200 € pour une année à l’université, mais plus ou moins 10 000 € pour une école de commerce, par exemple).

Pour ce qui est des prix des loyers, attention ! Ils ont fortement augmenté pour être aujourd’hui parfois plus élevés qu’en France. De plus, vous n’aurez pas droit à des allocations logement. Vous devrez compter en moyenne 800 € pour louer un studio dans la capitale, Bruxelles, tandis qu’à Paris, même si les prix sont très variables, vous pourrez en trouver un pour environ 700 €. Bien évidemment, il faut revoir ces tarifs à la baisse lorsque l’on quitte les capitales. Pour pallier ces coûts conséquents, la plupart des étudiants en Belgique optent pour des « kots », c’est-à-dire des logements partagés, dont le loyer est plus bas.

Le niveau de vie quant à lui et le prix des choses du quotidien (nourriture, transport…) et des loisirs (sorties, bars, restaurants…) est plutôt équivalent à ceux existants dans l’Hexagone. Cependant, tout est à relativiser. Si les amoureux de la bière se verront ravis, les amateurs de bon vin paieront sensiblement le même prix qu’en France.

Amandine Martinet