Aide-soignants, les voies d'accès aux IFAS réformées dès 2020

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Après la réforme des études de médecine, le Ministère de la santé s'attaque désormais à celles qui mène au métier d'aide-soignants pour contrer la baisse de candidats et le manque de personnel.

IFAS réforme

Le 13 février 2020, l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn annonçait sa volonté de réformer le métier d’aide-soignant et notamment ses voies d’accès. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de revalorisation et d’ouverture d’un métier peu reconnu.

Double paradoxe chez les soignants

Le rapport El Khomri, ex ministre du Travail, dresse un constat alarmant : entre 2012 et 2017, on observe une diminution de 25 % du nombre de candidatures aux concours d’entrée des IFAS (instituts de formation des aides-soignants) alors que le besoin, lui, ne cesse d’augmenter. Ceci s’explique peut-être par les mauvaises conditions de travail et le manque de reconnaissance dont souffrent ces professionnels. En effet, d’après la ministre, une majorité témoigne d’un sentiment d’invisibilité malgré la fierté d’exercer un métier du soin qui lui donne du sens.

Pour pallier à cette baisse d’engouement, un consortium de travailleurs du sanitaire s’est attelé à repenser autrement ce métier. Dans cette démarche globale ressort la suppression du concours d’entrée en IFAS dès septembre 2020, recommandée par le rapport El Khomri. Cette décision s’appuie sur les débuts de bilan positif quant à la précédente suppression du concours en IFSI (Institut de Formation aux Soins Infirmiers).

Dossier et Parcoursup, la recette gagnante

Comme dans le cas des études d'infirmiers, « Le concours sera remplacé par un système d’examen de dossiers [...] et, pour ceux qui auront été sélectionnés, cet examen sera complété par un entretien, pour confirmer l’inscription et s’assurer de la pertinence de cette orientation. » nous annonce la ministre dans son discours. Pour 2021, l’objectif est de jumeler la sélection Parcoursup. A terme, la sélection se fera donc directement sur la plateforme. Cette réforme a pour but « de valoriser de façon satisfaisante certaines compétences humaines absolument essentielles pour l’exercice du métier d’aide-soignant » et « de limiter les désistements en cours de formation » ajoute-t-elle. Sa conviction : « supprimer le concours, c’est lever un frein psychologique et c’est élargir l’appel des vocations ».

Un changement progressif

Afin de ne pas bouleverser l’organisation établie et de laisser le temps aux équipes pédagogiques de se préparer à ce nouveau mode de sélection, le dispositif sera transitoire. Les candidats déjà en préparation ne seront pas affectés et les prérequis étudiés avec soins afin de conserver le niveau d’exigence tout en diversifiant les parcours d’origine. Compétences et projets plutôt que connaissances semblent plus adaptés pour recruter des étudiants motivés. En parallèle, la ministre souhaite « refondre le contenu de la formation initiale ». Au programme, de nouveaux enseignements aux thématiques variées comme « le repérage des fragilités, la gestion des risques pour les patients mais aussi pour les aides-soignants eux-mêmes » ou encore autour de la domotique et de la communication. Une nouvelle répartition du taux horaire de la formation est également à prévoir. Elle est ainsi allongée de 10 à 12 mois avec une répartition égale de la pratique et de la théorie. Les aide-soignats déjà en poste pourront quant à eux bénéficier d'une formation certifiante de 3 semaines. Intitulée « accompagnement du grand-âge en équipe », elle vise à élargir le nombre de soignants formés aux besoins spécifiques de cette population.

Alice Le Bourgeois

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