Étudier en Belgique : le guide pour s'y retrouver

La Belgique attire les étudiants français par sa proximité. Mais entre le mythe du « pays sans sélection » et la réalité des quotas, mieux vaut savoir où tu mets les pieds. Diplomeo te donne toutes les infos utiles !
Mis à jour le / Publié en octobre 2021
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© Paul Deetman - pexels.com

La Belgique partage avec la France bien plus qu'une langue et 600 kilomètres de frontière. Son système d'enseignement supérieur repose sur la même architecture licence-master-doctorat, ses diplômes sont reconnus des deux côtés, et ses frais d'inscription restent parmi les plus bas d'Europe. Pour les élèves français souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger sans être trop dépaysés, la Belgique est un choix idéal.

Pour autant, l'image d'un eldorado où l'on entre partout sans difficulté mérite d'être nuancée : certaines formations, parmi les plus convoitées par les Français, fonctionnent avec des quotas stricts. Avant de boucler tes valises, il convient de te renseigner au mieux sur les études post-bac en Belgique ! Diplômes, formalités, vie étudiante... Diplomeo éclaire ta lanterne !

Tu envisages des études à l'étranger ?

Pourquoi faire ses études en Belgique ?

La première raison qui pousse les étudiants français vers la Belgique tient à sa proximité, géographique comme culturelle. La partie francophone du pays, la Wallonie, ainsi que la région de Bruxelles permettent de suivre des études supérieures dans sa langue maternelle, sans le saut linguistique qu'imposent d'autres destinations. En plus de la langue française, s'ajoute un système d'enseignement supérieur calqué sur le schéma licence-master-doctorat, ce qui rend les diplômes belges lisibles et reconnus en France, et facilite une poursuite d'études ou une insertion professionnelle de l'autre côté de la frontière.

Le coût de la formation entre aussi en jeu. Là où une école privée française réclame souvent plusieurs milliers d'euros par an, le minerval belge, c'est-à-dire les droits d'inscription annuels, reste contenu et place le pays parmi les moins chers d'Europe où étudier. Le niveau de vie ressemble par ailleurs à celui de la France, que ce soit pour le logement étudiant, les transports ou les sorties, ce qui simplifie l'établissement d'un budget avant le départ.

Reste la question de la sélection à l'entrée. La Belgique a longtemps traîné une réputation de pays où l'on accède plus facilement à des cursus saturés en France, et cette idée vaut pour une partie de l'offre de formation. Celle-ci couvre un large éventail de domaines, de la santé à l'économie en passant par les arts, l'informatique ou les langues, répartis entre universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts. Le secteur artistique belge jouit notamment d'une vraie reconnaissance : l'école nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, à Bruxelles, ou l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers comptent parmi les établissements les plus réputés du continent. Cette accessibilité connaît toutefois des limites précises dès qu'on touche aux filières les plus demandées, à commencer par les études de santé.

Ce qu'il faut savoir avant de partir étudier en Belgique

Avant de préparer ton départ, plusieurs informations méritent ton attention : les formalités administratives, l'organisation des diplômes, le système d'équivalence et le quotidien d'un étudiant en Belgique. Autant de repères qui t'évitent les mauvaises surprises au moment de t'inscrire dans une université ou une haute école belge.

Les formalités d'inscription

Si tu es français, donc ressortissant de l'Espace économique européen, tu n'as besoin d'aucun visa ni titre de séjour pour étudier en Belgique. Une simple carte d'identité ou un passeport en cours de validité suffit à t'installer et à entamer ton cursus. Sans visa ni titre de séjour nécessaire, les démarches se résument alors à constituer ton dossier d'inscription auprès de l'établissement choisi et, dans certains cas, à demander l'équivalence de ton baccalauréat.

La situation diffère pour les étudiants ressortissants de pays hors Union européenne, qui doivent obtenir une autorisation de séjour provisoire pour poursuivre leurs études en Belgique. Le dossier de demande comprend généralement un passeport valable au moins 12 mois, un extrait de casier judiciaire, l'attestation d'admission délivrée par l'établissement belge, une preuve de moyens de subsistance suffisants et un certificat médical. Cette demande de visa s'adresse au consulat de Belgique du pays d'origine, parfois en lien avec l'administration communale une fois sur place.

Les diplômes de l'enseignement supérieur belge

La Belgique applique le système LMD, harmonisée à l'échelle européenne grâce au système de crédits ECTS. Pour les étudiants, une année d'études validée correspond à 60 crédits ECTS, ce qui rend les passerelles avec la France accessibles. L'enseignement supérieur belge délivre trois niveaux de diplômes successifs :

  • le bachelier, premier cycle obtenu en trois ans (180 crédits ECTS), équivalent de la licence française
  • le master, deuxième cycle d'une durée de deux ans (120 crédits ECTS), même si certains masters en un an (60 crédits) subsistent pour un accès direct à l'emploi
  • le doctorat, troisième cycle accessible au niveau bac+5, qui consiste à préparer et défendre une thèse sur trois ans minimum

À noter que les études de médecine et de médecine vétérinaire échappent à ce schéma classique, avec un master de trois ans (180 crédits). À côté du master, le master de spécialisation permet de se former à un domaine ou à un métier très précis, sur le modèle des masters spécialisés français.

Les équivalences de diplômes

La reconnaissance des diplômes fonctionne dans les deux sens, ce qui constitue l'un des grands atouts d'un cursus belge. Le bachelier équivaut à la licence française, le master belge à celui de l'Hexafgone, si bien qu'un étudiant ayant validé sa licence en France peut envisager de poursuivre directement en master en Belgique, et inversement.

Attention toutefois : le baccalauréat français n'est pas automatiquement assimilé au certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) belge. Une demande d'équivalence auprès du service compétent de la Fédération Wallonie-Bruxelles est donc à anticiper, en général avant la mi-juillet précédant la rentrée.

Le calendrier universitaire en Belgique ressemble au calendrier français, à une nuance près : l'année académique se découpe en trois quadrimestres de quatre mois plutôt qu'en deux semestres. Le premier court de mi-septembre à mi-décembre, le deuxième de début février à mi-mai, le troisième de fin mai à mi-septembre, les sessions d'examens se tenant principalement en janvier puis fin mai. Côté évaluation, le seuil de réussite d'une unité d'enseignement est fixé à 10/20, un crédit étant définitivement acquis une fois la note obtenue.

La vie étudiante en Belgique

Partir étudier en Belgique, c'est aussi changer de cadre de vie sans bouleverser ses habitudes. Le coût de la vie y reste comparable à celui de la France pour les dépenses du quotidien, qu'il s'agisse de l'alimentation, des transports ou des loisirs comme les bars, les restaurants et les cinémas. Le logement étudiant, que les Belges appellent le « kot », se décline en chambre meublée individuelle, en colocation ou en logement chez l'habitant, avec des loyers souvent plus abordables que dans les grandes métropoles françaises.

La position centrale du pays en Europe ouvre par ailleurs un terrain de jeu intéressant pendant son temps libre. Depuis Bruxelles, carrefour ferroviaire majeur, rejoindre les Pays-Bas, l'Allemagne ou le nord de la France pour un week-end se fait en quelques heures de train. De quoi profiter de la dimension internationale qui fait l'identité de la vie étudiante belge, particulièrement à Bruxelles où se côtoient les institutions européennes et des étudiants venus de tout le continent.

Tu prépares ton départ pour la Belgique ?

Les quotas pour étudiants non-résidents : la question à anticiper

C'est le point que beaucoup d'étudiants de l'Hexagone découvrent trop tard : la Belgique n'ouvre pas toutes ses filières sans condition. Entre le statut qu'on t'attribue, la sélection propre à certaines formations et le calendrier à respecter, mieux vaut connaître le terrain avant de déposer ton dossier.

Résident ou non-résident : le statut qui change tout

Pour préserver ses places dans les cursus les plus demandés, la Fédération Wallonie-Bruxelles a instauré dès 2006 un système de contingentement qui limite le nombre d'étudiants dits « non-résidents », statut dont relèvent la plupart des jeunes qui s'inscrivent pour la première fois en Belgique.

Un étudiant est considéré comme résident s'il vit en Belgique depuis plusieurs années dans les conditions fixées par décret. À défaut, il entre dans le quota des non-résidents et se trouve soumis aux règles d'admission spécifiques de la filière visée. Ce statut ne concerne qu'une poignée de cursus, mais ce sont justement ceux qui attirent le plus de candidats venus de France.

Concours et tirage au sort : les filières sous quota

Les études de médecine et de sciences dentaires passent par un concours d'entrée organisé fin août, à l'issue duquel les non-résidents reçus ne peuvent représenter qu'une part limitée des lauréats.

Les bacheliers en kinésithérapie, en logopédie et en médecine vétérinaire fonctionnent eux sur un autre principe : lorsque le nombre de dossiers dépasse le quota fixé, un tirage au sort sous contrôle d'huissier départage les candidats. Selon le portail enseignement.be, le seuil est fixé à 30 % des inscriptions pour la kiné et la logopédie, et à 20 % pour le vétérinaire, calculés sur le nombre total d'inscrits de l'année précédente.

Les chiffres de la dernière rentrée donnent la mesure de la tension sur ces filières. D'après l'université de Liège, les études vétérinaires n'y proposaient que 33 places aux non-résidents pour 221 dossiers déposés, soit près de sept candidats pour une place. La kinésithérapie y affichait 76 places pour 200 dossiers, et la logopédie 15 places pour 16 demandes, un cas où le tirage au sort n'a quasiment pas eu à trancher. D'un établissement à l'autre, ces volumes varient, mais la logique reste la même : plus la filière est convoitée, plus la part réservée aux Français se réduit.

De l'équivalence du bac au dépôt du dossier

Une fois fixé sur ton statut et sur la sélection éventuelle de ta filière, place aux démarches concrètes. La première étape vaut pour tout le monde : l'équivalence du baccalauréat. En effet, notre diplôme n'est pas reconnu automatiquement comme l'équivalent du certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) en Belgique. La demande se dépose auprès du service des équivalences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en général avant la mi-juillet précédant la rentrée, un délai à ne pas laisser filer.

La suite dépend de ta nationalité. En tant que jeune de l'Hexagone, donc ressortissant de l'Union européenne, tu n'as besoin ni de visa ni de titre de séjour pour t'installer et étudier en Belgique. Ton dossier se limite alors à la demande d'inscription auprès de l'université ou de la haute école, accompagnée de l'équivalence de ton bac et des pièces réclamées par l'établissement.

La procédure se corse pour les étudiants hors Union européenne, qui doivent obtenir une autorisation de séjour provisoire. D'après le service public Infor Jeunes.be, le dossier réunit généralement un passeport valable au moins douze mois, un extrait de casier judiciaire, l'attestation d'admission de l'établissement, une preuve de moyens de subsistance suffisants et un certificat médical. Cette demande s'adresse au consulat de Belgique du pays d'origine.

Le calendrier commande enfin tout le reste. Les filières contingentées imposent un dépôt de dossier sur quelques jours précis fin août, le concours d'entrée en médecine se tenant lui aussi en fin d'été. Pour les cursus non contingentés, plus souples, mieux vaut tout de même boucler son dossier tôt afin de sécuriser sa place et de chercher un logement sereinement. S'inscrire en Belgique ne relève donc pas du parcours du combattant, mais d'une suite d'échéances à respecter dans le bon ordre, le statut de non-résident et l'équivalence du bac ouvrant la marche.

FilièreType de sélectionQuota non-résidents
Médecine, sciences dentairesConcours d'entrée (fin août)15 % des lauréats
Kinésithérapie, logopédieTirage au sort30 % des inscrits
Médecine vétérinaireTirage au sort20 % des inscrits
Le coût des études guide ton choix ?

Quel est le coût des études en Belgique ?

L'argument financier revient systématiquement dans les raisons qui poussent les étudiants de l'Hexagone vers la Belgique, et il tient la route. Les droits d'inscription annuels, le fameux minerval, s'élevaient à 835 € pour l'année 2025-2026 dans l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, selon le portail officiel des études en Belgique francophone Wallonie-Bruxelles Campus. Ce tarif s'applique de façon identique aux étudiants belges et aux ressortissants de l'Union européenne, France comprise.

À titre de comparaison, une école de commerce ou d'ingénieurs privée française propose des frais de scolarité de plusieurs milliers d'euros par an. Chez nos voisins, ces frais se situent ainsi à un niveau nettement plus accessible pour une qualité de formation équivalente.

Ce montant connaît toutefois une évolution à surveiller de près. À partir de l'année académique 2026-2027, la Fédération Wallonie-Bruxelles met en place un minerval progressif, indexé sur la situation socio-économique de l'étudiant et de son foyer.

Cela signifie que les étudiants boursiers ou de condition modeste pourront voir leurs droits réduits, voire ramenés à zéro, tandis que le plafond grimpera autour de 1 194 € pour les autres, d'après les informations publiées par le service public Infor Jeunes. Le principe reste avantageux comparé à la France, mais le tarif unique de 835 € laisse place à une grille plus nuancée, qu'il vaut mieux vérifier auprès de l'établissement visé avant de bâtir son budget.

Plusieurs dispositifs viennent par ailleurs alléger la facture. La Fédération Wallonie-Bruxelles octroie une allocation d'études aux étudiants de condition modeste, dont la demande se dépose entre juillet et fin octobre de l'année académique concernée.

Un étudiant français qui part dans le cadre d'un échange Erasmus conserve quant à lui ses droits aux bourses du Crous et perçoit une aide à la mobilité. Cette formule se révèle particulièrement intéressante pour découvrir le pays sans rompre avec son financement habituel.

Reste le budget du quotidien, qui compte souvent plus que le minerval lui-même. Le logement étudiant, le kot, affiche des loyers généralement plus doux que ceux de Paris ou des grandes villes françaises, surtout en dehors de la capitale. Ajoutées à un coût de la vie comparable à celui de l'Hexagone pour l'alimentation et les transports, ces dépenses dessinent un budget global maîtrisable, à condition de l'anticiper. Étudier en Belgique revient donc rarement à se ruiner, mais la note ne se limite jamais aux seuls droits d'inscription.

Dans quelles villes étudier en Belgique ?

Le choix de la ville se joue d'abord sur la langue d'enseignement. Du côté francophone, la ville de Bruxelles concentre universités et écoles supérieures dans un cadre cosmopolite, tandis que Liège, Louvain-la-Neuve, Mons et Namur offrent des campus à taille plus humaine, parfaits pour qui cherche une vie étudiante animée sans la densité d'une capitale.

En Flandre, l'enseignement se déroule majoritairement en néerlandais, parfois en anglais. Gand, Anvers et Louvain (Leuven) y figurent parmi les villes étudiantes les plus dynamiques, avec une dimension internationale marquée. Choisir sa ville en Belgique revient donc moins à classer des destinations qu'à accorder le cadre de vie avec la langue (français, anglais ou néerlandais) dans laquelle tu te vois suivre ton cursus.

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