Le Royaume-Uni ferme ses portes aux étudiants étrangers

Le nombre de visas accordés aux étudiants étrangers pour suivre des études au Royaume-Uni devrait baisser de façon vertigineuse, passant de 300  000 par an, à 170 000 seulement. Une façon de sélectionner encore plus ses étudiants étrangers sur leurs qualités ou une façon déguisée, et un peu absurde, de mettre le problème de l’immigration sur la table  ?

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Un conflit autour des visas oppose actuellement politiques et directeurs d'universités.

Ce n’est pas une baisse mais bien une amputation drastique. Le nombre de visas étudiants délivrés par le pays de la Queen Élisabeth va considérablement baisser : il sera presque divisé par deux. L’information a été révélée par le Guardian, et relayée par le Figaro.

Une sélection des meilleurs

Les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni avaient prévenu, et notamment par la voix de la secrétaire d’État à l’intérieur, Amber Rudd. En octobre dernier, cette dernière avait prédit une baisse du nombre de visas étudiants pouvant être délivrés. Selon les informations du journal The Guardian, le nombre de laissez-passer accordés par an passera de 300 000 à 170 000.

« Nous voulons simplement rendre le système plus sélectif pour favoriser les meilleures universités et leur permettre de recruter les meilleurs », avait déclaré Amber Rudd.

Les étudiants étrangers : un apport pour l’économie

L’un des paradoxes qui agacent particulièrement les présidents d’universités outre-Manche est que les étudiants étrangers qui viennent se former au Royaume-Uni rapportent près de 11 milliards d’euros à l’État… « Cette mesure est insensée, la politique va à l’encontre de l’économie », s’insurge un président d’université ayant préféré conserver l’anonymat.

L’immigration en toile de fond…

Ce que les présidents d’université reprochent aussi à cette coupe des visas, c’est de cacher une excuse migratoire. Amber Rudd avait, à ce sujet, noté que « les Anglais ont clairement voté pour un plus grand contrôle de l’immigration, donc les universités doivent aussi faire leur part ». Une excuse qui ne semble pas convaincre les présidents d’établissements qui semblent avoir du mal à faire le lien entre visas étudiants et politique migratoire : « Couper les quotas d’étudiants étrangers semble être le seul moyen que le gouvernement a trouvé pour limiter l’immigration, explique Colin Riordan, vice-président de l’université de Cardiff. Mais les problèmes constatés par la population sur le sujet des migrants ne proviennent pas du tout des étudiants internationaux. »

L’article du Guardian met aussi en avant des techniques subtiles utilisées pour démotiver les étudiants étrangers de candidater dans les écoles d’outre-Manche. Un autre vice-président d’université témoigne de remarques du type : « Des formations de même qualité sont disponibles en Inde, alors pourquoi venez-vous ici ? ». À certains candidats, on demande aussi combien d’argent ils comptent gagner à 40 ans. Et l'universitaire d’ajouter des anecdotes d’étudiants s’étant vus refuser leur visa parce qu’il n’était pas capable de citer le nom du vice-président de l’université ou les horaires d’ouverture de la bibliothèque pour un autre…

Soizic Meur