Le match des études : France vs Canada

Des paysages à couper le souffle, un rythme de vie plus détendu, des habitants connus pour leur gentillesse à toute épreuve… Le Canada a de quoi faire rêver autant pour travailler qu'étudier. Découvrez toutes les différences entre la France et le Canada, ce pays qui accueille de plus en plus d'étudiants français.

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Crédit Diplomeo

Vous hésitez peut-être à vous lancer et choisir le Canada, cette immense contrée (pas si lointaine), pour effectuer vos études ou votre échange universitaire. Diplomeo vous fait découvrir toutes les différences entre la France et le Canada afin de vous aider à vous décider ! 

L’enseignement supérieur

Les étudiants français sont de plus en plus nombreux à ne pas se laisser impressionner par le froid canadien afin de poursuivre leurs études. Si ces dernières sont payantes, elles demeurent tout de même moins chères que chez le voisin américain, tout en gardant à l’esprit un système éducatif rigoureux mais efficace.

Présentation générale

Le Canada est un grand pays fédéral composé de 10 provinces et 3 territoires, chacun étant indépendant par rapport aux autres. Ces derniers ont ainsi leur propre système éducatif. Par exemple, le Cégep, uniquement présent au Québec, est un établissement préuniversitaire permettant aux élèves de s’orienter avant d’entamer leurs études supérieures. Il est l’équivalent d’une terminale mais aussi d’une prépa française car les lycéens québécois terminent leurs études du secondaire à l’âge de 16 ans.

Quant aux universités aux provinces anglophones, elles se calquent principalement sur le système britannique et américain avec un cycle undergraduate, graduate, et postgraduate, comprenez respectivement licence, master et doctorat. Par ailleurs, le baccalauréat au Québec et Bachelor pour les anglophones, est l’équivalent d’une licence en France. Pour ce qui est de la maîtrise, diplôme de 2ème cycle, elle dure 2 ans avec la rédaction d’un mémoire. Le doctorat se déroule sur 4 ans avec la possibilité de travailler en plus de finir ses études.

Le rythme scolaire

Au Canada, les cours sont moins nombreux mais la charge de travail plus conséquente. En effet, durant le premier et deuxième cycle, c’est-à-dire en licence et master, il est possible de suivre entre 4 et 5 cours maximum, soit 15 crédits contre 30 par semestre en France. Il faut noter qu’un cours dure trois heures chaque semaine et requiert 45 heures de travail personnel. Le semestre s’organise en général en deux périodes, que ce soit pour la session d’automne, de septembre à décembre, ou la session d’hiver, de janvier à avril. Lors de la mi-session, les étudiants passent des examens sur la première partie du cours mais rédigent également leur plan et problématique pour la dissertation à rendre en fin de session.

La notation est annoncée dès le début avec des pourcentages pour chaque épreuve ou devoir sur un plan de cours distribué par le professeur. Cette étape permet de s’organiser mais aussi de se rattraper lorsqu’on a échoué à l’examen en calculant le nombre de points qu’il manque pour obtenir une note suffisante. Il est également possible de suivre une session d’été qui ne dure que deux mois, d’avril à juin, afin de rattraper un cours que l’on a raté. Enfin, sachez que les vacances comme nous les appelons en France, se nomment semaine de lecture au Québec, pour indiquer aux étudiants de ne pas se reposer sur leurs lauriers et d’avancer sur les lectures au programme.

L’anglais

La langue de Shakespeare est un sujet qui fâche au Canada. Bien entendu, si vous partez étudier à Vancouver ou Toronto, elle sera nécessaire car bien que le pays soit bilingue et que des communautés francophones soient présentes dans les provinces, il est obligatoire de parler anglais. Cependant, il est toujours possible de demander à avoir un interlocuteur maîtrisant la langue de Molière lors de vos interactions avec le gouvernement et même de grosses entreprises.

Néanmoins, certains établissements anglophones comme l’Université d’Alberta possèdent des campus français avec des programmes entièrement donnés dans notre langue nationale. Au Québec, maîtriser l’anglais n’est pas obligatoire pour poursuivre ses études. En général, les universités sont exclusivement francophones. Toutefois, à Montréal, l’Université de Concordia demeure bilingue, et l’Université McGill propose principalement des cursus en anglais.

Les cours

À l’instar de la France, au cours d’un baccalauréat canadien, un tronc commun est souvent imposé. Toutefois, on peut s’inscrire à ces cours comme on le souhaite durant les trois années du cursus. Outre les matières obligatoires pour obtenir son grade, un nombre de cours optionnels sont à choisir permettant de se spécialiser dans un domaine ou non. Par exemple, lors d’un baccalauréat en cinéma, il est possible de suivre des cours en scénarisation afin d’apprendre à écrire un scénario en plus de la formation théorique sur le 7ème art.

Les formations proposées

Tout comme en France, les formations canadiennes sont divisées en faculté avec des spécialisations dans tous les domaines. Il est possible de trouver quelques différences, en raison de l’histoire et la culture avec par exemple des programmes en études autochtones ou une maîtrise en théologie.

Les villes universitaires

Deuxième plus grand pays du monde, le Canada compte quelques grandes villes universitaires. Ces dernières sont souvent les capitales provinciales, comme Montréal pour le Québec, Winnipeg dans le Manitoba, Vancouver en Colombie-Britannique ou Halifax pour la Nouvelle-Écosse. Toronto, Edmonton, Calgary et Ottawa, la capitale du Canada, sont aussi des cités majeures dans l’accueil des étudiants. En tout, il existe 95 universités dispersées dans les 10 provinces canadiennes contre 75 pour la France.

Les examens

En France, les cours magistraux (CM) et travaux dirigés (TD) font partie du programme afin d’acquérir à la fois des connaissances théoriques et pratiques. Au Canada, il en est de même et tout comme nos formations nationales, il n’est pas rare d’avoir des travaux en groupe à réaliser. Des examens sont aussi organisés et lors de ces périodes, les étudiants font preuve d’une vraie rigueur. En effet, chaque cours étant payant, il est souvent hors de question de le rater. Les bibliothèques, ouvertes 24 h/24 7jours/7, sont alors remplies d’étudiants en plein stress et parfois en pyjama.

La notation

Les systèmes de notation français et canadien sont très différents. Les universités nord-américaines ne prennent pas en compte les crédits ECTS mais en général, un cours permet d’obtenir trois crédits. Pour ce qui est des notations aux examens, les choses se compliquent. Les étudiants ne sont pas notés sur 20 comme en France mais reçoivent un grade allant de A (Excellent) à E (Échec) déterminé par le pourcentage de bonnes réponses à l’examen.

En général, chaque université possède le même barème de notation. Par exemple, une note chiffrée entre 75 et 77 % donne un grade B, c’est-à-dire très bien. Par la suite, la moyenne du trimestre nommée le GPA, est calculée via la cote R prenant en compte tous les résultats des élèves du cours. Sachez que si vous effectuez un échange universitaire au Canada, il est possible que vous soyez bien noté mais qu’une fois en France, le processus d’équivalence baisse légèrement votre note.

Financer son voyage

Le dollar canadien est en baisse depuis quelques années. Ainsi, vous serez gagnant au change. Toutefois, le coût de la vie varie très fortement selon les provinces.

Les études

Depuis 2015, l’accord de 1978 qui permettait aux étudiants français de payer les mêmes frais que les résidents québécois, entre 1500 et 2000 dollars par semestre, a cessé d’être en vigueur. Désormais, les élèves français déboursent le même tarif que les étudiants internationaux, des frais pouvant monter de 12 200 $ jusqu’à 60 000 $ par an pour certaines disciplines et établissements. Une énorme différence comparée aux universités françaises quasi gratuites avec seulement 184 euros à verser !

La nourriture

Si le taux de change est en notre faveur, la nourriture représente quand même un vrai budget pour les étudiants souhaitant s’installer au Canada. Au premier abord, les supermarchés affichent des prix proches des nôtres sur les produits communs tels que les pâtes, le riz, la farine, etc. Toutefois, pour ne pas avoir de mauvaises surprises à la caisse, il faudra rapidement s’habituer à calculer les taxes car les étiquettes affichent toujours les prix hors taxes, à l’exception de l’alcool.

De plus, les produits ne sont pas les mêmes et si la nostalgie gastronomique vous frappe, celle-ci sera tuée dans l’œuf face aux coûts élevés des produits français que l’on retrouve là-bas. Cependant, manger au restaurant est possible car les prix demeurent très proche des tarifs français selon les établissements bien entendu. Par exemple, pour une poutine, la spécialité québécoise, il faudra débourser la somme de 10 dollars soit environ 8 euros pour une assiette très conséquente.

Le logement

Le coût du logement varie également selon les provinces et les villes tout comme en France. Si l’on prend l’exemple de Paris, l’une des métropoles les plus chères au monde, Montréal affiche des prix bien plus bas. Dans un quartier en centre-ville, la location peut être comprise entre 480 et 800 euros. En plus, pas de pénurie comme à Bordeaux ! En effet, il ne faut pas oublier qu’à Montréal, il est très facile de trouver un appartement et encore plus facile de trouver une colocation.

Néanmoins, si l’on compare avec la Colombie-Britannique et l’Ontario, les prix connaissent une forte augmentation, en particulier à Vancouver et Toronto, les villes les plus chères du Canada où un studio coûte environ 1000 euros jusqu’à 1500 euros en centre-ville.

Les modalités d’études

Ah, l’administration ! Ce mot qui peut faire frémir n’importe quel être humain. Bien que nous râlions souvent à propos de l’administration française, elle n’est pas plus mauvaise qu’ailleurs car au Canada, le processus pour venir étudier est parfois long, très long…

Le Visa

Que ce soit lors d’un échange universitaire ou la poursuite d’un programme en entier, il est obligatoire d’obtenir un permis d’études au Canada pour un séjour de plus de 3 mois. Ce dernier est décerné par le gouvernement et requiert une multitude de documents comme la lettre d’acceptation de l’établissement, la preuve de ressources financières d’un montant de 10 000 $ environ, un dossier à remplir et des preuves d’identité. Comme le pays est fédéral, d’autres documents peuvent être demandés selon la province que vous choisissez. Par exemple, au Québec, afin d’obtenir le permis d’études, le postulant doit d’abord acquérir le CAQ, Certificat d’Acceptation du Québec.

Ainsi, une fois que votre choix est fait sur la ville et l’établissement dans lequel vous souhaitez poursuivre vos études, il faut faire preuve de patience et se mettre directement au travail pour constituer votre demande de visa. Enfin, il est important de noter que seuls les étudiants étrangers inscrits à temps plein se voient conférer la possibilité de travailler 20 heures hors campus.

Les bourses

Il est très rare que des bourses soient accordées aux étudiants étrangers, sauf si ces derniers remplissent certaines conditions. Il est ainsi préférable de privilégier les bourses françaises. En effet, les collectivités territoriales offrent des aides financières aux étudiants souhaitant partir à l’étranger.

L’assurance maladie

Comme aux États-Unis, le système de santé est payant au Canada mais il existe des assurances pour bénéficier de traitements et se faire rembourser. Toutefois, les étudiants français profitent d’un accord avec le Québec et peuvent être inscrits à la RAMQ, la Régie de l’Assurance Maladie du Québec. Ils ne payent ainsi pas les frais lors de visites médicales ou à l’hôpital. Outre la RAMQ, seulement disponible Québec, les autres provinces disposent de leur régime de santé. Tout comme en France, il s’agit d’effectuer une affiliation à une assurance maladie à travers son emploi qui finance les traitements et d’éventuelles prises en charge médicales.

Les infos en vrac

Les transports : tout est plus grand en Amérique du Nord. Ainsi, les transports en commun font partie du quotidien, surtout dans les provinces les plus froides. À Montréal, la carte opus, l’équivalent du pass Navigo, coûte 50 $ pour les étudiants, soit 35 euros environ, contre 75 euros dans la capitale française. En revanche, à Toronto, il faudra compter 117 $ le mois donc 70 euros. Toutefois, à l’exception de la Colombie-Britannique, il sera difficile de privilégier l’utilisation du vélo en raison des conditions météorologiques.

La météo : en effet, entre tempêtes de neige et verglas avec des températures en moyenne de -15° degrés comparés aux 13° degrés français, le Canada est l’un des pays les plus froids. L’hiver dure environ 6 mois au Québec, en Ontario ou encore en Alberta. Dans ces provinces, il n’est pas rare d’avoir d’abondantes chutes de neige entre 200 et 500 cm par an. L’automne et le printemps sont très courts s’étalant sur moins d’un mois tandis que l’été, plutôt humide se prolonge de mai à fin septembre selon les provinces. Cependant, avec l’étendue importante du territoire canadien, il existe d’autres climats. Celui de Vancouver ressemble beaucoup plus à celui de Paris ou encore de la Bretagne avec des températures tempérées et autant de jours de pluie.

Les sorties : oubliez le vin, au Canada, c’est la bière qui est la moins chère. Il faudra débourser environ 4 euros pour une pinte contre 5 euros en France. Quant à notre alcool national, une bouteille peut coûter 9,82 au Canada et 6 euros en France. Dans les bars et clubs, l’alcool est très cher car le pourboire est obligatoire. Ainsi, il faudra calculer systématiquement des pourcentages en plus lorsque vous commanderez un verre. De plus, si en France, de nombreux musées permettent aux étudiants de moins de 26 ans d’entrer gratuitement, ce n’est pas le cas au Canada. Même si vous profiterez de tarifs réduits, les visites demeurent tout de même assez chères.

Quelques chiffres : vous ne serez pas à l’étroit si vous partez au Canada. Même dans les grandes villes, il est rare de monter dans un métro totalement bondé comme en France ou l’impossibilité de trouver un logement. En effet, le Québec, la plus grande province, compte 8, 215 millions d’habitants, soit seulement 2 millions d’habitants de plus que dans le Grand Paris. Pour vous donner un ordre d’idée, la province francophone fait l’équivalent de trois fois la France. Finalement, le pays est aussi reconnu pour son riche environnement multiculturel et accueille chaque année en moyenne 250 000 personnes venues du monde entier sur son territoire.

Janis Koparanian