L'élection de Trump vue par un étudiant en finance

Baptiste Hoffmann, étudiant en master 2 à l'IUP BFA-IAE Caen et au sein du programme grande école de l'EM Normandie, raconte comment il a vécu l'élection de Donald Trump, le nouveau président des États-Unis.

Baptiste Hoffmann devant son ordinateur à l'école.
Baptiste Hoffmann étudie l'évolution de la bourse après l'élection de Donald Trump.

Baptiste Hoffmann est étudiant au sein du M2 Gestion d’actifs, Contrôle des risques et Conformité de l’IUP BFA-IAE Caen et du programme Grande Ecole de l’EM Normandie. Il est passionné par la finance de marché, l’économie et la géopolitique. Durant cinq années, il a vécu au Maroc et a également effectué des échanges universitaires en Corée du Sud et au Mexique ainsi qu’un semestre à Oxford en Angleterre. En plus d’avoir vécu dans ces pays, Baptiste Hoffmann a réalisé plusieurs séjours de longue durée aux Etats-Unis et a eu une expérience d’un an au sein d’une banque américaine au Luxembourg. Pour Diplomeo, il raconte comment il a vécu l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et explique comment, avec sa promotion, il a analysé l'impact de cet événement historique sur les marchés financiers. Épisode 1 sur 3.

Un réveil difficile

Non, nous ne sommes pas vendredi matin. Nous sommes mercredi et la gueule de bois que je ressens n’est pas due à une soirée étudiante mais bien à l’élection de Donald Trump comme président des États-Unis. 

« La gueule de bois que je ressens n'est pas due à une soirée étudiante »

Je m’assoie dans le tramway et commence à lire les publications de mes amis sur Facebook. Je constate tout de suite que mes amis mexicains sont ceux qui ont le plus d’humour (« Il est temps d’aller dormir, demain matin on a un mur à construire. ») tandis que les américains pro-démocrates partagent des messages et vidéos accusant majoritairement le bipartisme.

Je vois également une connaissance coréenne partager le fait qu’elle considère l’élection de Donald Trump comme la confirmation que c’est la fin de la domination occidentale sur le monde et que l’avenir est désormais en Asie. Les français semblent abasourdis et étonnés. Il y a un mélange d’incompréhension et de peur avec la confirmation de la montée du populisme.

Des évolutions boursières importantes

D’un coup, je prends conscience que je suis arrivé. Je rentre à l’IAE de Caen et me dirige directement vers la salle des marchés. Là, je commence à observer les évolutions boursières sur Bloomberg. Les marchés détestent les surprises et l’incertitude et ce qui se passe devant nos yeux en est la preuve. Il est 9 heures et l’or, valeur refuge historique, s’apprécie de 4,5%.

« Le Nikkei est le premier à subir de plein fouet l'impact de cette élection »

Le Nikkei perd lui 5,5% et est le premier à subir de plein fouet l’impact de cette élection. Le pesos mexicain (MXN) perd quant à lui 8% alors qu’il était déjà à son niveau historique le plus bas ces derniers jours. Les propos très durs vis-à-vis du Mexique et la remise en cause par M. Trump de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) y sont pour beaucoup. 

Il est à présent 15 heures et les bourses américaines ouvrent. L’allocation des actifs financiers s’adapte très rapidement au futur environnement défini lors de la campagne présidentielle. Le géant de la production de charbon, Glencore, prend 4% alors que le producteur d’éoliennes Vestas plonge de 13,5%.

« Le secteur pharmaceutique semble reprendre des couleurs »

Dans le même temps, l’entreprise qui s’occupe de la gestion des prisons privées Corrections Corporation of America a vu son action monter jusqu’à 60%. Le secteur pharmaceutique, vivement critiqué par Hillary Clinton durant la campagne, semble reprendre des couleurs avec des entreprises américaines comme Pfizer et Mylan qui étaient respectivement en hausse de 9,92% et 7,92% en fin d’après-midi.

Une incertitude sans précédent

Cela confirme que l’élection de Donald Trump risque de redessiner l’idéal vers lequel on évoluait. Idéal partagé par la jeunesse étatsunienne qui a voté majoritairement pour la démocrate Hillary Clinton.

En attendant, la réalité est que cette élection introduit une incertitude sans précédent. À la fois aux Etats-Unis, mais également en Europe où la perspective de voir arriver des mouvements populistes au pouvoir est plus que jamais présente dans nos esprits.

Baptiste Hoffmann