98 % des jeunes considèrent que le vouvoiement n’est pas une marque de respect

Qui vouvoient le plus : les jeunes ou les seniors ? Qui, des hommes et des femmes, sont les plus polis ? Peut-on en finir avec cette réflexion sur le choix minutieux du pronom personnel?

Faut-il tutoyer son supérieur ?

Et vous, vous les tutoyez vos collègues de bureau ? Qapa.fr, la première plateforme digitale de travail en France, dévoile ce mois-ci un sondage concernant nos rapports au vouvoiement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette étude semble briser toutes les idées reçues, et notamment le traditionnel cliché concernant les jeunes et leur manque de respect !

Les jeunes seraient les plus respectueux et on le leur rend bien !

Les 18-24 ans ne seraient que 33 % à employer le tutoiement, là où, pour la grande majorité de leurs ainés (excepté les plus âgés d’entre eux), la familiarité dans les relations professionnelles ne pose pas de problème. Et ce qui en résulte est encore plus étonnant : les plus jeunes inspirent presque autant le respect que les plus de 65 ans. En effet, ce serait les deux catégories les plus vouvoyées pas leurs supérieurs hiérarchiques au travail.

Finalement, les plus cool sont sans conteste les trentenaires qui ont le tutoiement facile au boulot. Effectivement, 95 % d’entre eux n’hésitent pas à bannir cette marque de respect y compris avec leur patron !

Les hommes sont champions du tutoiement

Les hommes ne sont pas réticents à l’idée de gommer cette marque de politesse qu’est le vouvoiement, contrairement aux femmes qui seraient plus respectueuses de l’ordre hiérarchique et l’emploieraient plus volontiers. De fait, 90 % d’entre elles ne tutoient pas directement une autre personne quand les hommes sont seulement 65 %. Et en retour, ce sont les femmes qui y gagnent : bien que ces dernières attachent moins d’importance à cette civilité que les hommes, elles sont pour autant deux fois moins tutoyées qu’eux, et notamment par leur patron.

Qu’est ce qu’on en pense de tout ça ?

Les plus jeunes semblent avoir bien intégré les codes des relations interprofessionnelles, puisqu’ils sont peu nombreux à franchir le cap du tutoiement. Et paradoxalement, ils en sont les plus sceptiques : 98 % d’entre eux considèrent que le vouvoiement n’est pas une véritable marque de respect, contrairement à la très large majorité de leurs ainés, qui pourtant, l’emploie moins. Pour autant, 72 % des Français se déclarent gênés par le tutoiement.

Tout compte fait, le choix du pronom personnel pour s’adresser à son interlocuteur semble donner du fil à retordre aux Français ! D’autant plus que peu d’entre eux osent y remédier par le fameux « on se tutoie ? ». Et cet épineux problème semble être d’autant plus difficile à résoudre qu’il nécessite une concordance des opinions entre les générations et les genres. Et si, finalement, la solution a tous nos problèmes au bureau n’était pas de se mettre à l’anglais ?

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