Goncourt des Lycéens 2017 : le prix à Alice Zeniter

par Camille Wong et Soizic Meur

Le prix du Goncourt des lycéens est décerné chaque année par un jury composée d'une cinquantaine de classes de lycée. Parmi une liste d'ouvrages sélectionnés, ils ont fait leur choix : le prix 201 revient à Alice Zeniter pour son roman L'Art de Perdre.

Devenu une insitution et surtout un beau tremplin pour l'auteur vainqueur, le Goncourt des lycéens désigne tous les ans un roman. Particularité du jury du prix : il est composé de jeunes lycéens (seconde, première, terminale et BTS).

Le Goncourt des lycéens 2017 : Alice Zeniter avec L'Art de perdre

Ce jeudi 16 novembre 2017, le roman vainqueur Goncourt des lycéens a été dévoilé, à l’Académie de Rennes. C’est celui d’Alice Zeniter, L’Art de perdre, que les jeunes lecteurs ont choisi de consacrer. Le roman, autour d’une histoire familiale qu’essaye de démêler l’héroïne Naïma, une jeune Algérienne, a déjà remporté cette année le prix littéraire du Monde et le prix littéraire de Nancy - Le Point.

Le pitch de L'Art de Perdre

En plus

Pour feuilleter L'Art de perdre,
c'est par ici !

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoirefamiliale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Les nommés en 2017

Voici la listes des 15 nommés de l'édition 2017 :

  • Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil)
  • Taba-Taba de Patrick Deville (Seuil)
  • Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard)
  • Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud (Flammarion)
  • La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez (Grasset)
  • Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard)
  • La serpe de Philippe Jaenada (Julliard)
  • Nos vies de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel)
  • Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel)
  • Niels d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy)
  • Trois jours chez ma tante de Yves Ravey (Minuit)
  • Summer de Monica Sabolo (J-C. Lattès)
  • Les rêveuses de Frédéric Verger (Gallimard)
  • L'ordre du jour d'Eric Vuillard (Actes Sud)
  • L'art de perdre d'Alice Zeniter (Flammarion)

Le Goncourt des lycéens 2016 : Gaël Faye avec Petit Pays

Le Goncourt des Lycéens a son gagnant 2016. Sous l’impulsion du ministère de l’Éducation nationale et de la Fnac, avec l’aval de l’Académie Goncourt, quelque 2 000 lycéens dans toute la France ont voté en faveur de l’un des quatorze ouvrages proposés pour le prix. And the winner is... Gaël Faye pour son roman Petit pays.

Par une cinquantaine de classes

Pour élire le Goncourt des lycéens, le jury est composé d'une cinquantaine de classes de lycée (seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques). Près de 2 000 jeunes, âgés entre 15 et 18 ans, ont donc eu la chance de lire les 14 ouvrages sélectionnés et de voter pour celui qu'ils ont le plus aimé. En plus de la lecture, des rencontres avec les auteurs ont eu lieu. Pour sa 29e édition, le prix Goncourt des lycéens a donc désigné le roman Petit Pays de Gaël Faye, aux éditions Grasset.

Voici la liste des 14 ouvrages qui avaient été seléctionnés en 2016 :

  • Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)
  • Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde (Grasset)
  • Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois (Actes Sud)
  • Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard)
  • Jean-Paul Dubois, La succession (L’Olivier)
  • Gaël Faye, Petit pays (Grasset)
  • Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel)
  • Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil)
  • Régis Jauffret, Cannibales (Seuil)
  • Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit)
  • Yasmina Reza, Babylone (Flammarion)
  • Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard)
  • Romain Slocombe, L’affaire Léon Sadorski (Robert Laffont)
  • Karine Tuil, L’insouciance (Gallimard).

Le pitch de Petit Pays

Gaby, 10 ans, vit au Burundi avec son père, entrepreneur français, sa mère, rwandaise, exilée, et sa jeune sœur Ana. Il habite un agréable quartier d’expatriés, fait les quatre cents coups avec ses copains, goûte une enfance heureuse et privilégiée. Jusqu’au moment où il voit ses parents se déchirer et les tensions croître entre hutus et tutsis. Au milieu de ce chaos, il trouve refuge dans la lecture. Il se bâtit un monde à part, une forteresse de livres, pour échapper aux atrocités qui l’entourent. Le génocide rwandais est au cœur du roman mais il n’en est pas le sujet principal. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, c’est avant tout un livre magnifique, parcouru d’ombres et de lumière, sur la fin des illusions de l’enfance et sur le passage à l’âge adulte. 

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