Le tableau noir, les craies de couleur, le laboratoire de physique-chimie où tu mettais le feu (au sens propre, parfois), la cour de récréation, les carnets de correspondance… Ce n'est qu'un au revoir ! Du CAP au master, plusieurs formations permettent de retourner dans une école, mais cette fois pour enseigner, conseiller ou soigner !
Tu as le sens de l'écoute, tu es pédagogue, patient et tu es ouvert aux autres ? Travailler dans une école, auprès d'enfants ou d'adolescents, peut être fait pour toi. Et les débouchés vont bien au-delà du professorat : l'encadrement, le conseil, l'accompagnement psychologique ou médical s'exercent eux aussi au sein des établissements scolaires. Quelles études suivre pour faire ton grand retour entre ces murs ? Diplomeo te guide.
Le master : le sésame pour devenir enseignant
Tu veux devenir professeur ? Autant te prévenir tout de suite : il va falloir prévoir de longues études. Pour enseigner en école maternelle, élémentaire, au collège, au lycée ou même dans le supérieur, un niveau bac+5 est requis. Et bonne nouvelle : le paysage de la formation vient justement d'être réformé en profondeur. Voilà de quoi t'offrir un parcours à la fois mieux rémunéré et plus lisible.
La grande réforme de 2025 : le MEEF laisse place au M2E
Jusqu'en 2025, le master MEEF (Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) était la voie royale pour préparer les concours de l'Éducation nationale. C'est en train de changer. Une réforme nationale, mise en œuvre dès la rentrée 2025, réorganise entièrement la formation des futurs enseignants autour de deux grandes évolutions :
- Les concours (CRPE, Capes, CAPLP…) sont désormais accessibles dès la fin de la licence (bac+3), et non plus seulement en M2.
- Un nouveau master, le M2E (master Métiers de l'Éducation et de l'Enseignement), remplace progressivement le master MEEF pour les mentions premier degré, second degré et encadrement éducatif. Le M1 MEEF n'existera plus à la rentrée 2026.
Attention, même si les concours s'ouvrent au niveau bac+3, tu devras quand même aller jusqu'au master. Concrètement, si tu réussis le concours dès le niveau L3, tu intègres le M1 M2E avec un statut d'élève-fonctionnaire rémunéré environ 1 400 € net par mois. En M2 M2E, tu passes fonctionnaire stagiaire à mi-temps avec une rémunération portée à environ 1 800 € nets. Pas mal pour faire ses études, non ?
La transition pour appliquer la réforme et passer du MEEF au M2E se fait sur deux ans (2025-2026 et 2026-2027) : les étudiants déjà inscrits en master MEEF peuvent aller au bout de leur formation et passer les concours en fin de M2 comme auparavant. Aucun étudiant en cours de route n'est laissé au bord du chemin.
C'est possible en tant que professeur contractuel, recruté en CDD à temps plein ou partiel. Les académies ouvrent régulièrement des postes pour pallier les besoins du terrain : les titulaires d'un bac+3 peuvent postuler pour enseigner en collège ou en lycée général et technologique, et ceux qui ont un bac+2 peuvent viser les lycées professionnels.
Pour suivre l'évolution de cette réforme et connaître les modalités précises selon ton académie, consulte le site officiel devenirenseignant.gouv.fr et le site de l'Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l'éducation) lié à ton université.
Les mentions du M2E (et ce qu'il reste du MEEF)
Le M2E se décline en trois mentions principales :
- La mention « Premier degré » : forme au métier de professeur des écoles (maternelle et élémentaire)
- La mention « Second degré » : prépare à enseigner en collège ou lycée, et au métier de professeur documentaliste
- La mention « Encadrement éducatif » : prépare au concours de conseiller principal d'éducation (CPE)
Une quatrième mention échappe à la réforme : le master MEEF mention« Pratiques et ingénierie de la formation » (PIF). Elle conserve son nom, son format et son fonctionnement, car elle ne prépare pas aux concours de l'Éducation nationale. Son objectif est différent : former aux métiers de la formation professionnelle pour adultes (concepteur pédagogique, ingénieur de formation, responsable de formation, formateur de formateurs…). Elle s'adresse aussi bien aux étudiants en formation initiale qu'aux professionnels déjà en poste qui souhaitent évoluer ou se reconvertir dans le domaine de l'ingénierie pédagogique.
Un master en psychologie pour devenir psychologue de l'Éducation nationale
Au collège et au lycée, on croise aussi le psychologue de l'Éducation nationale (PsyEN dans le jargon), que beaucoup connaissent encore sous le nom de conseiller d'orientation. Pour exercer ce métier, il faut réussir un concours spécifique, ouvert aux titulaires d'un master en psychologie.
Certaines universités proposent des parcours de préparation à ce concours, d'une durée d'environ six mois. Les candidatures sont ouvertes aux étudiants en M2 de psychologie ou déjà titulaires de leur master.
Un master sciences de l'éducation pour les métiers de la formation et de l'accompagnement
Le master Sciences de l'éducation et de la formation ne forme pas des professeurs des écoles ou du secondaire (c'est une chose bien distincte du M2E ça). Son périmètre est bien plus large : il couvre les métiers de la formation professionnelle, de l'ingénierie pédagogique, de l'accompagnement et de l'orientation, mais aussi le secteur associatif, sanitaire et social.
En M2, les étudiants choisissent un parcours de spécialisation. Selon l'université les intitulés varient, mais les débouchés tournent autour des mêmes familles de métiers : ingénieur de formation, concepteur pédagogique, responsable de formation, animateur socio-éducatif, chargé d'insertion professionnelle, et bien d'autres encore.
Un CAP ou diplôme d'État pour les métiers de la petite enfance
Veiller au bien-être, au confort et à l'hygiène des tout-petits, tout en les accompagnant vers l'autonomie et l'épanouissement social : c'est la mission de l'auxiliaire petite enfance, de l'Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) ou encore de l'accompagnant éducatif et social (AES). Ces professionnels exercent en centres de loisirs, en école maternelle, dans des services médico-sociaux et dans d'autres structures d'accueil pour enfants.
Pour se former à ces métiers, deux cursus accessibles dès la troisième, sans baccalauréat :
- Le CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE) est le cursus le plus direct pour viser spécifiquement la petite enfance. Il se prépare en deux ans ou en un an si tu le suis après le bac, un BEP ou un autre CAP.
- Le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social (DEAES) est une autre porte d'entrée, mais avec un périmètre bien plus large : ce diplôme du travail social prépare à accompagner des enfants, des adultes en situation de handicap et des personnes âgées, dans des contextes très variés (domicile, EHPAD, structures médico-sociales, petite enfance…). Il se prépare en environ 12 à 13 mois.
Pour exercer en tant qu'Atsem, obtenir son CAP AEPE ne suffit pas : il faut aussi réussir le concours spécifique de la fonction publique territoriale.
Pour intégrer ces formations, rapproche-toi directement des organismes de formation concernés : un dossier de candidature mettant en avant ta connaissance du secteur et ta motivation sera attendu.
Un bac+3 pour devenir éducateur dans le social
Il existe plusieurs formations de niveau bac+3 qui mènent à des métiers d'encadrement éducatif dans le milieu social. En tête, deux diplômes d'État (DE) préparés en trois ans après le baccalauréat :
- Le DE d'éducateur spécialisé (DEES). Ce professionnel peut exercer dans plusieurs établissements : foyers de l'enfance, centres maternels, centres de prévention spécialisée, centres d'hébergement et de réinsertion sociale, établissements scolaires, instituts d'éducation motrice et médico-éducatifs, et bien d'autres encore.
- Le DE d'éducateur de jeunes enfants (DEJE). On le croise dans les crèches, ludothèques, centres de loisirs ou de vacances, hôpitaux, instituts médico-éducatifs (IME), centres médico-psychologiques (CMPP), et dans les services départementaux de PMI (Protection maternelle et infantile).
Ces formations recrutent via Parcoursup.
Si tu te destines spécifiquement à devenir professeur des écoles, sache que le paysage post-bac vient de changer aussi au niveau du bac+3. Le PPPE (Parcours préparatoire au professorat des écoles) qui permettait jusqu'ici de se préparer au concours dès la licence, disparaît progressivement : la L1 et la L2 PPPE ne recrutent plus à partir de la rentrée 2026, et la L3 suivra à la rentrée 2027. Ce parcours est remplacé par la nouvelle licence professorat des écoles (LPE), construite autour d'un référentiel national de 1 500 heures de formation en trois ans, et accessible via Parcoursup, en prmeière année dès la rentrée 2026.
Infirmier scolaire, CPE, professeur, documentaliste, conseiller d’orientation : zoom sur les concours de la fonction publique
Devenir professeur implique de passer par au moins un concours de la fonction publique. Avec la réforme de 2025, ces concours sont désormais accessibles dès la fin de licence (bac+3), contre la fin du master 2 auparavant. Attention toutefois : réussir le concours en L3 ne signifie pas qu'on peut enseigner dans la foulée. Les lauréats intègrent ensuite le master M2E (Métiers de l'éducation et de l'enseignement) pour deux ans de formation rémunérée, et c'est à l'issue de ce master que la titularisation intervient.
Le niveau de qualification final reste donc bac+5. Simplement, le concours a lieu plus tôt dans le parcours. Voici les principaux concours qui permettent d'accéder au métier :
- Le CRPE : Concours de recrutement de professeurs des écoles. Il permet de devenir professeur dans une école maternelle ou une école élémentaire
- Le Capes : Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré. Il s’agit du sésame incontournable pour enseigner dans un collège ou un lycée public, d’une part, mais également pour devenir professeur documentaliste, au sein du centre de documentation et d’information (CDI) d’un collège ou lycée
- Le Capeps : Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive. Il permet d’enseigner l’éducation physique et sportive (EPS) dans un collège ou un lycée public
- Le Capet : Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique. Il ouvre la voie de l’enseignement dans un lycée technologique public
- Le CAPLP : Concours d’accès au corps des professeurs de lycée professionnel. C’est le passeport pour enseigner dans un lycée professionnel public
- L’agrégation : le Graal pour devenir professeur agrégé et enseigner au lycée, en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) et en BTS. La préparation à l’agrégation est dispensée dans les INSPE (rattachés aux universités) et directement dans les universités, grâce à des modules ou parcours à part entière.
Un profil particulier mérite d'être mentionné : l'infirmier scolaire. Pour exercer à l'infirmerie d'un établissement scolaire, il faut être titulaire du diplôme d'État d'infirmier (DEI, de niveau bac+3 et de grade de licence) et réussir le concours d'infirmier du ministère de l'Éducation nationale.
Le DEI se prépare dans un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), accessible via Parcoursup après le bac.
Comment devenir enseignant dans le supérieur ?
Parce qu'on ne cesse jamais d'apprendre, les études se poursuivent même une fois adulte. À l'université ou en école spécialisée, les étudiants sont formés par des maîtres de conférences, des professeurs des universités, des professeurs associés et, depuis 2021, des titulaires de chaires de professeur junior. Chacun de ces statuts obéit à ses propres conditions d'accès. Voici un tableau récapitulatif :
| Statut | Conditions principales |
|---|---|
| Maître de conférences | Doctorat (bac+8) + qualification par le Conseil national des universités (CNU) + réussite au concours de recrutement ouvert par chaque établissement |
| Professeur des universités | HDR (habilitation à diriger des recherches) + qualification CNU + concours de recrutement. Le passage par le poste de maître de conférences est fréquent mais pas obligatoire |
| Professeur des universités (droit, éco, gestion, sciences politiques) | Idem + agrégation du supérieur |
| Chaire de professeur junior (CPJ) | Doctorat + sélection sur dossier et audition, sans qualification CNU obligatoire |
| Professeur associé | Activité principale dans le secteur privé + au moins 5 ans d'expérience professionnelle en lien avec la discipline enseignée. Statut temporaire : nommé pour 3 ans, renouvelable une fois |






