Les frais de scolarité des écoles de commerce ne cessent d'augmenter

Entre 2015 et 2016, les frais de scolarité des écoles de commerce ont augmenté de 4,3 % et de plus de 50 % sur sept ans. Une récente enquête montre une augmentation constante et homogène, notamment auprès des plus Grandes écoles de commerce françaises.

Une nouvelle qui ne risque pas de faire sourire les étudiants...

Le site major-prepa.com, tenu par cinq étudiants en école de commerce, publie une nouvelle enquête sur la hausse des frais de scolarité des écoles de commerce pour l’année 2016. Le consortium de jeunes étudiants réitère son coup d’éclat de 2015. L’année dernière, la révélation de la hausse considérable des tarifs des grandes écoles avait fait polémique, autant auprès de l’opinion publique que des étudiants. Le site ironise : « le sujet risque bien de devenir un marronnier », peut-on lire.

Une augmentation constante des frais de scolarité

Cette année, les écoles de commerce observent une augmentation moyenne de 4,3 %, elle atteint même le chiffre de 50,3 % depuis 2009. En 2016, la hausse la plus considérable revient à l’EM Lyon, avec +17,3 % : les frais de scolarité passent de 37 500 euros à 44 000 euros pour un cycle entier d’études. Autre constat : si certaines écoles de commerce voient leurs frais de scolarité stables (EDHEC, TBS, NEOMA entre autres), aucune n’a baissé ses tarifs. Néanmoins, de grandes disparités existent entre les écoles : une scolarité complète à TELECOM École de Management coûte 18 750 euros tandis qu’à l’EDHEC Business School, 45 000 euros.

 

Tableau comparatif des frais de scolarité des écoles de commerce depuis 2009. © — major-prepa.com

Des écoles de commerce très sélectives et onéreuses

L’enquête soulève une autre interrogation : les cinq écoles les plus onéreuses du classement sont aussi les plus réputées : HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC. De prestigieux établissements, admissibles sur concours, souvent après deux années de classes prépa économiques. Des écoles reconnues pour la qualité de leurs enseignements et leurs débouchés professionnels, qui mettent l’accent sur le mérite scolaire. Mais un mérite qui a un prix : ces cinq écoles ont presque toutes augmenté leurs frais de scolarité, situés en 2016, entre 41 000 euros (ESCP) et 45 000 euros (EDHEC). Des tarifs records, qui dépassent tous la barre des 40 000 euros. D’ici 2017, HEC Paris, première école de commerce au classement des Grandes Écoles, prévoit d’augmenter ses tarifs à 44 000 euros, contre 42 450 euros aujourd’hui pour une scolarité complète. S’il n’est pas nouveau que les écoles de commerce dispensent des formations onéreuses, l’augmentation constante et annuelle des tarifs pose la question d’un plafond. Loïck Roche, directeur de Grenoble École de management a fait sur son blog, une estimation des plafonds l’école HEC, « un étudiant HEC accepterait, si les frais de scolarité venaient à “s’envoler”, de s’acquitter de droits jusqu’à 30 000, 40 000 euros par an. Voire davantage ! Soit entre 90 000 euros et 120 000 pour les 3 années d’études. » Des tarifs mirobolants, mais pour des Grandes écoles indispensables à la compétitivité française sur le plan international.

Diminution des finances publiques et renforcement international

L’augmentation des frais de scolarité des écoles de commerce marque un besoin crucial de développement. Souvent privées ou consulaires, les subventions publiques (chambres de commerce, villes, régions) et la taxe d’apprentissage versée par les entreprises baissent depuis plusieurs années. Ces écoles doivent généralement assumer la plus grande partie de leurs dépenses, tout en renforçant leur ouverture internationale. Elles financent l’ouverture de nouveaux campus (six campus pour l’ESCP en Europe) et la recherche, dans le but de renforcer leurs formations et continuer à apparaître dans les classements des Grandes écoles. Des sources de financement se développent pour permettre aux étudiants de pallier les frais de scolarité. On peut noter l’alternance ou encore les bourses. Les prêts étudiants en école de commerce sont facilement accordés par les banques grâce à des établissements qui observent une bonne insertion professionnelle des étudiants et des salaires attractifs.

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