Comment améliorer son expression orale ?

À l’école, tu avais du mal à prendre la parole, et ça ne s’est pas arrangé depuis. Comment faire face à ces effets secondaires et améliorer ton expression orale ? Suis nos conseils pour être à l’aise comme un pro ! 
Mis à jour le / Publié en octobre 2024
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© deagreez / Adobe Stock

Peut-être as-tu déjà fait ce cauchemar : tranquillement installé dans la salle pour écouter les orateurs d'un TEDx, ces conférences qui essaiment partout dans le monde, tu entends soudain le speaker scander ton nom. C'est à ton tour de monter sur scène affronter l'auditoire !

Si cette seule perspective t'affole, c'est le signe qu'il est temps de travailler ton expression orale. Bouffée de chaleur devant les autres, phrases qui se bousculent, blocage à l'oral : ces réactions n'ont rien d'une fatalité, et elles s'améliorent situation après situation, à force de pratique.

Que tu doives t'exprimer en face à face lors d'un entretien ou prendre la parole en cours pour ton exposé, chacun peut apprendre à poser sa voix, soigner sa prononciation et gagner en confiance. Quelques conseils, un peu de travail régulier, et te voilà prêt à exercer ton expression orale comme un pro !

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Conseil n°1 : améliore ta diction

Parler haut et distinctement de façon naturelle n'est pas donné à tout le monde, et ça se travaille comme n'importe quelle compétence. Les cours de théâtre et d'improvisation restent une valeur reconnue pour apprendre à poser ta voix, jouer sur les intonations, parler sans bafouiller et gagner en assurance devant les autres. Un professeur t'y corrige en direct sur ta diction, ce qu'un entraînement en solo ne remplace jamais tout à fait. Beaucoup de villes proposent aussi des ateliers d'éloquence ou de prise de parole, parfois dès le lycée : renseigne-toi auprès de ton établissement ou d'une association près de chez toi.

Si tu n'as ni le temps ni l'envie de te mettre au théâtre, tu peux réaliser des exercices d'élocution seul ou avec un proche de confiance qui ne te jugera pas. L'idée est de répéter souvent, un peu chaque journée, pour que l'articulation devienne un réflexe et non un effort. En effet, 5 minutes le matin suffisent à sentir la différence au bout de quelques semaines de pratique.

Un des premiers apprentissages est celui des « virelangues ». Ce sont des phrases aux sonorités très proches qui t'obligent à bien articuler pour ne pas avoir la langue qui fourche.

Voici 5 expressions à tester, garantit sans langue qui fourche après l'entraînement :

  • Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien
  • Seize chaises sèchent
  • Un généreux déjeuner régénérerait des généraux dégénérés
  • Ces cerises sont si sûres qu'on ne sait si c'en sont
  • Je vais chez ce cher Serge

Répète-les de plus en plus vite, en soignant chaque son. Ta prononciation y gagnera, et ta bouche prendra l'habitude des enchaînements difficiles. Ce genre d'exercice te servira aussi bien pour un exposé en cours que pour n'importe quelle situation où ta voix doit porter.

Conseil n°2 : lis à voix haute et travaille ce que tu vas dire

Chaque journée, installe-toi au calme et lis à voix haute. D'abord assis, puis debout dès que tu te sens plus à l'aise, comme si tu t'adressais à un véritable auditoire. Pense à t'enregistrer et à réécouter plusieurs fois l'audio de tes propos :

  • repérer si ton débit de parole est trop lent ou trop rapide
  • comprendre à quel moment tu te mets à bafouiller ou à perdre confiance
  • améliorer ton élocution et abandonner le ton monocorde
  • identifier tes tics de langage et essayer de les gommer
  • apprécier tes progrès d'un enregistrement à l'autre

Ce petit exercice d'écoute demande un peu d'attention, mais il paie vite : entendre sa propre voix reste le meilleur moyen de corriger ce qu'on ne perçoit pas en parlant.

Et un bon oral se prépare aussi à l'écrit. Avant une prise de parole importante, prends le temps d'écrire tes idées, ou au moins de les noter dans l'ordre. Soigner la production de ton texte, sa grammaire et son orthographe, t'aide à clarifier ta pensée et ton propos : ce que tu écris proprement, tu le dis plus sûrement. Tu peux même te constituer des fiches avec les tournures que tu veux placer, pour ne pas chercher tes mots le jour J.

Et si tu y prends goût, pourquoi ne pas lancer un podcast sur un sujet qui te passionne ? C'est un terrain d'entraînement idéal pour t'exercer à parler face à un public, à ton rythme.

Conseil n°3 : dompte ton stress et gagne en confiance

La technique compte, mais c'est souvent la peur qui bloque tout le reste. Cette bouffée de chaleur au moment de te lancer, ces mains qui tremblent et cette voix qui déraille, chaque personne confrontée à un auditoire les connaît, même les orateurs les plus aguerris. La seule différence, c'est qu'ils ont appris à faire avec plutôt qu'à les faire disparaître.

Le premier réflexe à adopter tient dans ta respiration. Avant de prendre la parole, inspire lentement par le nez puis souffle par la bouche à deux ou trois reprises, parce que ce geste tout simple ralentit ton rythme cardiaque et repose ta voix, qui a tendance à monter dans les aigus dès que le stress s'en mêle. Tu changes ainsi l'effet que tu produis sur les autres avant même d'avoir dit un mot.

Vient ensuite la préparation, qui reste ton meilleur rempart contre la panique. Plus tu maîtrises ton sujet, moins la peur trouve de prise, car ton cerveau n'a plus à gérer le fond et l'angoisse en même temps et peut se concentrer sur ce que tu veux transmettre. La confiance ne tombe pas du ciel pour autant, elle se construit dans chaque situation où tu t'exposes, à force de répétitions, jusqu'à ce que la prise de parole devienne presque un automatisme.

Il te reste enfin à dédramatiser l'erreur, sans doute le levier le plus libérateur. Trébucher sur un mot ou perdre le fil quelques secondes n'a rien de grave, et personne dans la salle ne te jugera là-dessus. Le public retient d'abord une énergie et une sincérité, bien plus qu'une phrase parfaitement lissée, si bien qu'en t'accordant ce droit à l'imperfection tu relâches la pression et le trac s'allège souvent de lui-même.

Conseil n°4 : soigne ta gestuelle quand tu prends la parole

Tes idées passent par les mots, mais ton corps parle lui aussi, et il en dit parfois plus long que ton propos. Quand tous les regards se tournent vers toi, tu peux te figer d'un coup ou, à l'inverse, multiplier les gestes trop amples qui trahissent ta nervosité. Le meilleur moyen de progresser reste de te filmer, puis de scruter chaque vidéo pour repérer les détails qui t'échappent en direct.

Avant même de te lever, un petit exo à l'écrit t'aide à tenir la posture : tu peux écrire noir sur blanc les deux ou trois gestes que tu veux corriger, comme tu le ferais pour n'importe quel exercice, et relis cette liste avant de passer. Cet exo rapide transforme une intention floue en objectif clair, et ton corps suit d'autant mieux que ta tête sait où elle va.

À chaque visionnage, travaille un point précis plutôt que tout à la fois. Vérifie d'abord ton ancrage au sol, les pieds écartés de la largeur des épaules, bien posés et sans balancement répétitif. Observe ensuite ce que tu fais de tes mains, sans triturer ton stylo ni croiser les bras, deux réflexes qui ferment ta posture. Termine par ton regard, qui doit balayer la salle et se poser sur ceux qui t'écoutent, jamais rester scotché à tes notes.

Répété une journée après l'autre, ce genre d'exercice installe une présence qui rassure ton public et te rend bien plus à l'aise pour t'exprimer, quelle que soit la situation.

Le savais-tu ? 💡

Ton miroir est ton allié dans cet exercice. Regarde-toi et affirme ta présence par une posture assurée et souple. Si tu es face à un auditoire, tu peux te déplacer d’un côté à l’autre de l’estrade pour mieux investir l’espace.

Conseil n°5 : prépare tes prises de parole

Si certains échanges au sein d’un groupe se font de manière spontanée et sans notes, de nombreuses situations exigent d’avoir préparé ce que tu vas dire. C’est là que l’entraînement, les enregistrements audio et vidéo vont prendre sens. Écris ton discours ou au moins les grandes idées dans l’ordre dans lequel tu souhaites les aborder et répète jusqu’à ce que tu sois satisfait.

Lors de la rédaction de ton discours, utilise un ton engageant et implique ceux qui t’écoutent dans tes arguments. Rien de tel qu’une anecdote personnelle pour capter l’attention dès les premières phrases.

Varie aussi ton vocabulaire et adapte-le à tes interlocuteurs ou ton public. Plus ton vocabulaire est riche et nuancé, plus ton discours sera percutant.

Conseil n°6 : prépare et personnalise tes prises de parole

Certains échanges se font au débotté, sans notes, mais beaucoup de situations exigent d'avoir préparé ton propos à l'avance. C'est là que l'entraînement, les enregistrements et l'exercice à l'écrit prennent tout leur sens. Commence par écrire ton discours, ou du moins les grandes idées dans l'ordre où tu comptes les dérouler, puis répète jusqu'à te sentir vraiment au point.

Par ailleurs, le fond compte autant que la forme. Lorsque tu rédiges, adopte un ton engageant et implique celles et ceux qui t'écoutent dans ton raisonnement, car rien ne capte mieux l'attention qu'une anecdote personnelle glissée dès les premières phrases. Pense aussi à varier ton vocabulaire et tes expressions : plus ta langue française est riche et nuancée, plus ton discours gagne en relief et marque les esprits.

Reste un réflexe qui fait toute la différence, celui de personnaliser ton intervention selon le public en face. On ne s'adresse pas de la même manière à un jury d'examen, à des camarades de classe ou à des recruteurs, et adapter ton niveau de langue comme tes exemples à chaque public te fait immédiatement progresser dans l'art de convaincre. Tu peux même piocher des idées dans des articles de presse ou des podcasts qui traitent de ton sujet, histoire de nourrir ton propos et de t'exprimer avec des références qui parlent à ton public.

Conseil n°7 : sois indulgent et multiplie les occasions de t'exprimer

« C'est en forgeant qu'on devient forgeron », et la maxime n'a jamais été aussi vraie que pour la parole. Tu as hésité entre deux phrases, trébuché sur un mot ou déroulé un débit trop rapide, mais personne ne t'en tiendra rigueur, alors accorde-toi le droit à l'erreur. Ce qui compte, c'est de multiplier les situations où tu prends la parole, parce que chaque tentative te fait progresser un peu plus que la précédente.

Multiplie donc les occasions, sans attendre le grand oral ou l'entretien décisif pour t'entraîner. Les médiathèques organisent souvent des soirées d'échange autour de lectures, ton association étudiante cherche sûrement des volontaires pour animer un événement, et même un exposé en classe devient un terrain de jeu dès que tu le vois comme un exercice plutôt que comme une épreuve. Plus tu t'exposes une journée après l'autre, plus l'aisance à l'oral s'installe et remplace le trac.

Garde enfin en tête que s'exprimer à l'oral n'est pas un don réservé à quelques élus, mais une compétence qui se construit à force de pratique et d'indulgence envers soi-même. Tu veux faire entendre ta différence et convaincre ? Lance-toi, trébuche, recommence, et le tour est joué.

Comment réussir l'épreuve du grand oral ? 🗣️

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Conseil n°8 : parler une langue étrangère

L’exercice de la prise de parole se corse quand il s’agit de le faire dans une autre langue que ta langue maternelle. Pour gagner en aisance à l’oral, il faut te familiariser avec les sonorités, le rythme de la langue, la prononciation, etc.

Dans un premier temps, visionne les films, documentaires ou émissions de télé dans la langue d’origine et mets les sous-titres en français si tu penses être perdu. Tu peux aussi écouter un podcast dans une autre langue, si tu te sens suffisamment à l’aise.

Ensuite, à toi de t’entraîner en t’enregistrant et surtout en enrichissant ton vocabulaire chaque jour. Prépare-toi des listes de mots, des tournures faciles à utiliser pour te créer des automatismes et des repères à l’oral.

Bon à savoir

Il existe de nombreuses applications gratuites ou payantes pour progresser en langues. Tu peux aussi prendre des cours en ligne avec des natifs d’un pays pour échanger en visio avec eux.

 

As-tu pensé aussi à participer à un « café langues » ? Ce sont des ateliers, souvent gratuits, où chacun vient échanger dans une langue pour aider les autres à progresser ! Tu veux faire entendre ta voix ? Applique ces conseils et le tour est joué !

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