L'État souhaite trier les différents bachelors existants

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Le Ministère de l'Enseignement Supérieur a pour intention de différencier les bachelors des grandes écoles en octroyant le grade de licence à certains d'entres eux, en fonction de critères spécifiques : une façon de faire le tri dans une offre de diplômes conséquente mais hétérogène.

Il existe aujourd’hui une multitude de diplômes appelés bachelors, proposés dans une majorité de grandes écoles de l’enseignement supérieur français. Ces formations diplômantes en trois ans, accessible juste après le baccalauréat, sont généralement prisées des étudiants par leur aspect professionnalisant et internationalisant, cependant, il est important de savoir que tous les cursus rassemblés sous cette dénomination ne sont pas égaux en termes de qualité d’enseignement ou encore de débouchés, par exemple.

Face à ce constat, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) a souligné la nécessité d’opérer un tri entre les différents bachelors existants. Ce sera chose faite au moyen d’un label gratifiant certains d’entre eux, a annoncé le Ministère de l’Enseignement Supérieur à la conférence des présidents d’université (CPU) en décembre dernier. Autrement dit, l’objectif est d’octroyer le grade de « licence » aux bachelors qui remplissent certaines conditions : par exemple, le fait d’être accrédité par des organismes internationaux. Par cette reconnaissance, les étudiants pourront donc différencier les bachelors les plus qualitatifs des autres. En intégrant un diplôme « labellisé » par l’État, le jeune pourra gagner en certitudes quant à sa poursuite d’études en master, à ses débouchés à l’international, etc.

Le but est également pour l’État de remettre la main sur des diplômes qui pullulent tout en échappant de plus en plus à son contrôle. Du côté des universités, l’avantage sera de pouvoir s’approprier le terme de « bachelor » pour certaines de leurs licences, et ainsi tenter d’en finir avec une traditionnelle dualité des représentations collectives, s’imaginant que la licence est un diplôme national et la bachelor une formation à rayonnement international. Voilà donc une façon de redonner de la perspective aux facs et leur permettre de concurrencer davantage les grandes écoles.

Amandine Martinet

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