Loi Travail : qu’en pensent les étudiants ?

Depuis quelques jours, la réforme du Code du travail est vivement contestée par les syndicats. Du côté des jeunes, l’Unef (Union nationale des étudiants de France) a promis « une manifestation, avec des étudiants dans la rue ». Qu’en pensent vraiment les étudiants ? Sont-ils opposés à cette réforme ? Plusieurs d’entre eux donnent leur point de vue, pour Diplomeo.

Les jeunes vont-ils se mobiliser ?

Il y a dix ans, la jeunesse française s’élevait contre le CPE (contrat première embauche). S’en suivaient des mobilisations de très grande envergure qui provoquaient le retrait de la loi par Dominique de Villepin, alors Premier ministre. Une telle situation pourrait-elle avoir lieu aujourd’hui, avec la réforme du Code du travail ? Interrogé le 24 février sur RMC, William Martinet, président de l’Unef (Union nationale des étudiants de France), a parlé d’« un véritable ras-le-bol » étudiant. « On nous propose toujours la même chose : déréguler, fragiliser le Code du travail, expliquer aux jeunes qu’il va falloir accepter la précarité », a déclaré le président du syndicat étudiant.

Qu’en pensent les étudiants français ? Une grande mobilisation peut-elle avoir lieu ? Un « replay » du CPE est-il envisageable ? Pour prendre la température, Diplomeo a interrogé trois étudiants. Ils donnent leur avis sur le projet de loi El Khomri.

L’avis des étudiants

Paul, 23 ans, M2 Communication web à Lyon

« Cette réforme crée un grand déséquilibre »

« Je ne suis pas entré dans tous les détails de cette réforme, mais, de ce que j’ai vu, il y a un point qui me pose problème : celui de la rémunération fixée selon l’ancienneté*. Je suis clairement d’accord avec l’Unef, c’est une injustice pour les étudiants et jeunes diplômés. Cela me fait penser à ces offres d’emplois où on lit « deux ans d’anciennetés requis » alors qu’on entre à peine sur le marché du travail. Cette loi n’a aucun avantage pour les jeunes actifs. Je ne pense pas manifester, mais je soutiens le mouvement, car cette réforme crée un grand déséquilibre »

(*NDLR : Ce point concerne le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif. Celles-ci seront fixées en fonction de l’ancienneté du salarié. Si elle est inférieure à deux ans, l’indemnité sera de trois mois de salaire.)

Antoine, 18 ans, L1 Droit, à Saint-Brieuc

« Une bonne nouvelle pour endiguer la hausse du chômage »

« Je suis favorable à cette loi pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’elle laisse plus de libertés aux entreprises. Chaque société est différente et doit pouvoir se gérer tout en respectant les règles. Je pense également que les référendums au sein des entreprises sont une très bonne idée : les salariés pourront exprimer leurs souhaits. Puis, cette réforme vapermettre aux entrepreneurs d’avoir plus de facilités pour embaucher. C’est une bonne nouvelle pour endiguer la hausse du chômage. Cela permettra à notre économie d’être relancée. »

Claire, 18 ans, L1 Science de la Terre à Orléans

« Cette loi est mauvaise pour la jeune génération »

« En ce moment, j’entends beaucoup parler de la loi Travail : dans ma famille, avec mes amis, etc. Je suis totalement contre. Je trouve injuste la majoration des heures supplémentaires. Certaines entreprises vont en profiter. Des personnes se sont battues pour acquérir certains droits, et là, j’ai l’impression que l’on régresse. D’ailleurs, nous nous plaignons du chômage, mais si les travailleurs font des heures supplémentaires, cela empêche des jeunes de prendre ce travail. Cette loi est mauvaise pour la jeune génération. Nous avons déjà du mal à trouver du travail, maintenant, les entreprises pourront nous licencier très vite sous prétexte de « licenciement économique ». Le marché du travail continue de nous fermer des portes et cela va empirer si nous sommes seuls face à nos patrons pour négocier nos conditions de travail comme le veut cette loi. J’irai manifester!»

L’Unef a appelé à une journée nationale d’initiatives et d’actions mercredi 9 mars afin de manifester contre la loi Travail.

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