Hypokhâgne, khâgne : définition, différences et tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Hypokhâgne, khâgne : quelle différence, comment y entrer et quels débouchés après ? Tout ce qu’il faut savoir sur la prépa littéraire A/L et B/L avant de candidater sur Parcoursup.
Mis à jour le / Publié en septembre 2024
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Tu es encore un amateur dans l’univers des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et certains termes te laissent perplexe ? Il faut dire que les prépas ont leur propre jargon, et pas des moindres. Entre l’hypokhâgne et la khâgne, difficile de savoir où donner de la tête. Et pourtant, derrière ces mots à consonance greco-pompeuse se cachent deux années de formation qui peuvent t’ouvrir des portes insoupçonnées : ENS, écoles de commerce, Sciences Po, journalisme… Diplomeo te guide !

Tu hésites encore entre prépa et d'autres voies ?

Deux termes principalement attribués aux prépas littéraires

L’hypokhâgne et la khâgne désignent la première et la deuxième année en prépa littéraire. Mais d’où viennent ces mots étranges ? Ils semblent tout droit sortis du grec ancien, et pourtant, c’est seulement la moitié de leur origine !

La khâgne désigne la deuxième année de formation. Curieusement, ce terme est apparu avant celui qui décrit la première année : l’hypokhâgne. De fait, on associe communément l’usage du mot khâgne aux étudiants de prépas scientifiques qui l’utilisaient pour se moquer des étudiants en prépa littéraire, courant XIXe siècle. Il s’agit d’une déformation pompeuse de l’adjectif « cagneux », lequel se rapporte à une déformation des genoux.

L’idée pour les étudiants de la voie scientifique était de taquiner leurs pairs de la voie littéraire qui, contrairement à eux, ne bénéficiaient d’aucun cours d’éducation physique et sportive. Dans l’imaginaire, les « kagneux » passaient une grande partie de leur temps à étudier ou disserter, reclus, en position assise et n’avaient donc pas une très bonne constitution physique. Les prépas littéraires prévoient aujourd’hui de l’EPS, même si elle reste facultative selon les établissements.

Leurs noms officiels sont moins glamours 🪩

L’hypokhâgne s’appelle officiellement « Lettres supérieures », et la khâgne « Première supérieure ». Mais avouons-le, personne n’utilise jamais ces appellations.

Le terme hypokhâgne s’est formé à partir de la racine « khâgne », (laquelle n’a rien de grec, mais a été stylisée ainsi pour coller à l’élitisme et aux humanités au cœur du programme des CPGE littéraires) et du préfixe bien grec, cette fois, « hypo » qui signifie « en dessous de » ou « avant ». En bref, hypokhâgne signifie : avant la deuxième année (la khâgne), c’est-à-dire la première année.

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Quels termes pour les autres filières de prépa ?

De nombreux termes existent pour désigner les années en CPGE :

En prépa littéraire A/L (la filière lettres classiques, la plus répandue) : la première année s’appelle hypokhâgne, la deuxième est la khâgne. On dit des élèves qui redoublent leur khâgne qu’ils effectuent une « cube » ou « khûbe », et ceux qui la redoublent une deuxième fois sont appelés les « bicarrés ».

En prépa littéraire B/L (lettres et sciences sociales) : on parle aussi d’hypokhâgne et de khâgne, mais la filière se distingue dès le départ par un programme mêlant lettres, mathématiques et sciences économiques et sociales. C’est une voie moins répandue (une trentaine d’établissements la proposent en France contre une centaine pour la A/L), mais qui ouvre des débouchés très variés, y compris vers les écoles d’ingénieurs pour certains profils.

Prépa A/L ou B/L 🤔

Laquelle est faite pour toi ?

En prépa scientifique : l’année de « Sup » est la première année et celle de « Spé », la deuxième. Les élèves inscrits en « Spé » pour la première fois sont des « 3/2 ». Ceux qui redoublent cette deuxième année sont appelés les « 5/2 ».

En prépa économique, on parle simplement de première et deuxième année. Le terme « bizuth », dont dérive le mot « bizutage », désigne les étudiants en première année, et « carrés », ceux en deuxième année. Les mots « cube » ou « khûbe » désignent à la fois la troisième année et les étudiants qui la suivent.

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Par ailleurs, le bizutage (ou « intronisation » selon les établissements) est officiellement interdit depuis 1998. Ce qui subsiste aujourd’hui en étant légal prend plutôt la forme de soirées d’intégration ou d’événements festifs organisés en début d’année, consentis et encadrés par les étudiants eux-mêmes.

Deux années différentes selon la voie choisie

En prépa littéraire, la première année (l’hypokhâgne) est commune à tous les élèves, quelle que soit la voie choisie. C’est seulement en deuxième année, la khâgne, que les chemins se séparent.

En A/L, deux options s’offrent à toi à l’issue de l’hypokhâgne :

  • La khâgne classique (aussi appelée khâgne Ulm), qui prépare au concours de l’ENS PSL. Elle impose au moins une langue ancienne (latin ou grec) à l’écrit et à l’oral.
  • La khâgne moderne (aussi appelée khâgne Lyon ou khâgne LSH pour Lettres et Sciences Humaines), tournée vers les concours de l’ENS de Lyon et de l’ENS Paris-Saclay. Les langues anciennes n’y sont pas obligatoires.

Les deux partagent un tronc commun solide : lettres, philosophie, histoire, géographie et langues vivantes. C’est en khâgne que chaque étudiant choisit également une spécialité à programme renforcé, parmi lettres classiques ou modernes, histoire-géographie, philosophie, langues vivantes, ou encore une discipline artistique (cinéma, musique, théâtre, histoire des arts) selon les établissements.

Bon à savoir 💡

Tous les élèves de CPGE littéraire accumulent des crédits ECTS au fil des années : 60 crédits en fin d’hypokhâgne (équivalent L1), 120 en fin de khâgne (équivalent L2), et 180 pour les cubes (équivalent L3). Une sécurité non négligeable si tu souhaites rejoindre l’université à l’issue de ta prépa.

En B/L, la logique est différente : la filière se distingue dès la première année, avec un programme qui mêle lettres, philosophie, histoire, mathématiques et sciences économiques et sociales. Pas de distinction classique/moderne en deuxième année. Les khâgneux B/L préparent le concours ENS B/L, qui comporte une épreuve de mathématiques et une épreuve de sciences sociales en plus des disciplines littéraires communes.

Tu t'intéresses aux sciences sociales mais pas à la prépa ?

La khâgne : l’année des concours

La deuxième année de prépa littéraire, c’est l’année où tout se joue. Après une hypokhâgne consacrée à poser des bases solides, la khâgne est entièrement tournée vers la préparation aux concours des grandes écoles.

Le mécanisme central : la BEL

Toutes les épreuves écrites des khâgneux convergent vers un dispositif commun appelé la Banque d’Épreuves Littéraires (BEL). Concrètement, tu passes les épreuves écrites des concours ENS et les notes obtenues servent ensuite à candidater à une vingtaine d’autres écoles partenaires, sans repasser d’écrits supplémentaires. Un seul effort pour de nombreuses portes, en somme !

Les concours accessibles depuis la khâgne A/L

La khâgne A/L ouvre des portes bien plus larges qu’on ne l’imagine souvent. Au-delà des ENS (le Graal de la filière), la Banque d’Épreuves Littéraires (BEL) permet d’accéder à une vingtaine d’écoles partenaires avec un seul et même concours écrit. Commerce, journalisme, traduction, patrimoine, sciences politiques : les profils littéraires sont plus recherchés qu’ils n’y paraissent :

  • Les Écoles normales supérieures (ENS) : ENS PSL (ex-Ulm), ENS de Lyon et ENS Paris-Saclay. Ce sont les débouchés les plus prestigieux et de loin les plus sélectifs. Les normaliens ont le statut de fonctionnaires stagiaires et sont rémunérés environ 1 500 € nets par mois pendant leurs quatre années de scolarité.
  • Les écoles de management, via les banques d’épreuves BCE et Ecricome (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, NEOMA, Rennes SB, EM Strasbourg…)
  • Le CELSA (école de communication et des médias, rattachée à Sorbonne Université)
  • L’École nationale des chartes (métiers des archives, du patrimoine et des bibliothèques), accessible après une khâgne A/L avec option spécifique
  • L’École du Louvre pour les khâgneux ayant suivi l’option histoire des arts
  • L’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs) et l’ISIT (management interculturel)
  • L’ISMaPP (management public et politique)
  • Les IEP (Sciences Po) : les khâgneux disposent de plusieurs voies d’accès selon l’IEP visé, comme le concours commun des IEP de province accessible dès la fin de l’hypokhâgne ou l’admission en master pour les cubes à Sciences Po Paris. À noter : depuis 2026, les IEP de Lille, Lyon et Aix-en-Provence ne sont plus accessibles via la BEL. Renseigne-toi directement auprès de chaque établissement pour connaître les modalités en vigueur.
Des formations recrutent hors Parcoursup et hors prépa 📩

Les concours accessibles depuis la khâgne B/L

La B/L ouvre elle aussi un large éventail de débouchés, via la banque d’épreuves BL-SES (distincte de la BEL) :

  • Les ENS : ENS PSL (section sciences économiques et sociales), ENS de Lyon et ENS Paris-Saclay, avec une épreuve de mathématiques et une épreuve de sciences sociales en plus des disciplines littéraires communes
  • Les écoles de management, via la BCE et Ecricome. Les mêmes que pour la A/L
  • Le CELSA, via le protocole BL-SES
  • Les écoles d’ingénieurs du groupe GEIDIC (ENSG, ENSAI, ENSAE…). C’est un débouché spécifique à la B/L, inaccessible depuis la A/L
  • Les IEP selon les mêmes modalités que pour la A/L
  • L’ESIT et l’ISIT (traduction et management interculturel)

La B/L est souvent décrite comme un hybride entre prépa littéraire et prépa économique. C’est une voie particulièrement attractive pour les profils qui aiment autant disserter que raisonner avec des chiffres et qui veulent garder un maximum d’options ouvertes.

Et après, si les concours ne donnent pas satisfaction ?

Pas de panique et c’est l’un des grands atouts de la prépa littéraire. Grâce aux conventions signées entre les CPGE et les universités (et grâce aux inscriptions cumulatives), chaque année de prépa donne droit à des crédits ECTS : 60 crédits en fin d’hypokhâgne (équivalent L1), 120 en fin de khâgne (équivalent L2). Autrement dit, tu ne pars jamais de zéro si tu rejoins l’université à l’issue de ta prépa.

Continuer à la fac après une prépa littéraire 💭

Est-ce vraiment un échec ? (spoiler : non)

En fin d’hypokhâgne, tu peux rejoindre une L2, en fin de khâgne, une L3. Pour la A/L, les licences accessibles tournent autour des lettres, de la philosophie, de l’histoire, des langues et de la géographie. Pour la B/L, l’éventail s’élargit à l’économie, à la sociologie et aux mathématiques appliquées.

Zoom sur les inscriptions cumulatives 🔎

Depuis 2015, tous les étudiants en CPGE ont l’obligation de s’inscrire en parallèle à l’université. Cette double inscription te permet de valider des crédits ECTS chaque année et de rejoindre l’université à tout moment de ton parcours, sans repartir de zéro.

Pour connaître les universités partenaires de ton lycée et les licences accessibles, rends-toi sur la fiche de ta formation sur Parcoursup, dans l’onglet « Découvrir la formation et ses caractéristiques », rubrique « Double inscription » : toutes les conventions y sont listées.

Les khâgneux qui souhaitent retenter leur chance peuvent redoubler leur deuxième année. C’est la fameuse année de « cube » ou « khûbe ». Cette troisième année donne droit à une équivalence L3, et ouvre même l’accès direct à certains masters. Dans de rares cas, certains optent pour une quatrième année : c’est la « bicarrée ».

Tu vises le journalisme, la communication ou la traduction ?

Comment intégrer une hypokhâgne ?

Tu es convaincu par la prépa littéraire. Reste à savoir comment y entrer. Tout passe par Parcoursup pour les CPGE, qu’elles soient littéraires, scientifiques ou économiques. Suis le guide !

Un dossier avant tout

Les CPGE littéraires sont accessibles à tous les bacheliers généraux. Pas de spécialité obligatoire, mais certains profils sont clairement avantagés : un bon niveau en français, en philosophie, en histoire-géographie et en langues vivantes sera apprécié.

Et si tu arrêtes la prépa après quelques mois ? 🤔

Plusieurs voies existent pour te réorienter ! On t'explique

En A/L, la maîtrise d’une langue ancienne (latin ou grec) n’est pas exigée à l’entrée, mais tu en feras dès la première année, en débutant si nécessaire. L’avoir pratiquée au lycée reste un avantage, notamment si tu envisages la khâgne classique où une langue ancienne est obligatoire au concours. En B/L, un niveau solide en mathématiques est en revanche indispensable : avoir suivi la spécialité maths en première est le seul prérequis officiel, avec ensuite soit la spécialité maths en terminale, soit l’option maths complémentaires.

La sélection repose sur l’examen du dossier scolaire : notes, appréciations, régularité du travail et lettre de motivation. Les appréciations des professeurs comptent souvent autant, voire plus, que les moyennes brutes. Un dossier régulier et des commentaires élogieux sur l’implication et la curiosité intellectuelle feront la différence.

Besoin d’aide pour formuler tes voeux Parcoursup ? 🧭

Sur Parcoursup, les CPGE fonctionnent différemment des licences. Un vœu correspond à une voie de prépa à l’échelle nationale (A/L, B/L…), que tu déclines ensuite établissement par établissement grâce aux sous-vœux. Tu as droit à jusqu’à 10 sous-vœux par vœu de CPGE.

Pour chaque sous-vœu, tu précises si tu souhaites l’internat, sans l’internat, ou les deux options, à condition que le lycée en dispose.

Le quotidien en prépa : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

La prépa littéraire, c’est environ 28 à 32 heures de cours par semaine en hypokhâgne, auxquelles s’ajoutent les khôlles ou colles (des interrogations orales passées seul ou en petit groupe devant un professeur, chaque semaine ou toutes les deux semaines selon les matières, avec un temps de préparation variable : une vingtaine de minutes pour certaines matières, jusqu’à 1 h 30 pour les matières littéraires, suivi d’un passage oral d’une vingtaine de minutes). Sans compter des devoirs sur table réguliers.

Tu as un projet mais tu cherches la meilleure voie pour y arriver ?

Le rythme est soutenu, mais le suivi est à la hauteur : les effectifs sont réduits, les enseignants accessibles et la progression souvent spectaculaire.

Ce que la prépa développe en deux ans (rigueur, capacité d’analyse, expression écrite et orale, culture générale) est reconnu bien au-delà des seuls concours des ENS. C’est pourquoi les anciens khâgneux, même ceux qui n’ont pas intégré une grande école, s’en sortent généralement très bien à l’université et sur le marché du travail.

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