Mon Master 2024 : anatomie d’un espoir

Les candidats peuvent dès aujourd’hui commencer à indiquer leurs vœux sur la plateforme nationale des masters. Si des évolutions sont visibles pour cette deuxième édition, ambitions et craintes s’entremêlent pour la communauté estudiantine.
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Un campus universitaire de la faculté de Bordeaux (Gironde). © Ocean Prod / Adobe Stock

Pour qu’aucun étudiant ne se retrouve sur la touche pour la suite de ses études supérieures. Tel est l’objectif prôné par la plateforme Mon Master, créée en 2023 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Une interface centralisée, permettant à tous les candidats de postuler à l’ensemble des masters,essentiellement universitaires, de l’Hexagone.

Ce lundi 26 février 2024 marque l’ouverture des candidatures. Les actuels et futurs titulaires d’un diplôme de niveau bac+3 peuvent, dès à présent, saisir jusqu’à 30 vœux (15 en initiale et 15 en alternance) sur la plateforme d’admission en master. Celle-ci recense plus de 3 500 formations et 8 000 parcours sur l’ensemble du territoire. Tandis que les étudiants s’apprêtent à candidater, les équipes pédagogiques s’organisent, après un premier bilan mitigé. 

Essuyer les plâtres de la première édition 

Pour cette édition 2024, Mon Master revoit sa copie. Le lancement de la plateforme l’année dernière, inédite, a bousculé les habitudes de recrutement. « Pour toutes les facultés françaises, c’était assez nouveau. Cela n’a pas été évident non plus pour les étudiants de rechercher toutes les possibilités d’un seul coup et ça a suscité des inquiétudes », explique Fabrice Goubard, vice-président délégué à la formation à CY Cergy Paris Université. « Nos responsables de formations ont reçu énormément de candidatures, ce qui a pu parfois être difficile à gérer », ajoute-t-il. 

D’autant plus que la plateforme d’accès en master a été le théâtre de dysfonctionnements et de problèmes informatiques, tant du côté des étudiants que des responsables de formations. « Cela a quand même été une véritable source de stress pour les candidats », estime Julien Valiergue, vice-doyen responsable des masters et co-directeur du master droit des affaires approfondi et droit privé à l’université de Bordeaux. « Un certain nombre d’étudiants sont restés sans master à l’issue de la phase principale. »

Alors que le dispositif a été sous le feu des critiques, le ministère de l’Enseignement supérieur a procédé, cette année, à des ajustements. En tête : un calendrier resserré. Si l’ouverture de la plateforme Mon Master a débuté trois jours plus tôt que lors de son premier lancement, le dépôt des candidatures, qui commence aujourd’hui, a été avancé d’un mois. De même, pour la phase principale d’admission qui aura lieu dès le 4 juin (soit trois semaines plus tôt qu’en 2023). L’objectif ? Permettre aux candidats de connaître leurs résultats d’affectation plus rapidement et, ainsi, amoindrir les craintes de ne pas trouver chaussure à son pied pour la prochaine rentrée.

La phase complémentaire : oral de rattrapage tant attendu

C’est une étape perçue comme essentielle et qui a été réclamée à moult reprises par le monde estudiantin : la mise en place de la phase complémentaire sur Mon Master. Une seconde chance, au mois de juillet, pour celles et ceux qui n’auront pas eu de réponse favorable ou qui seront sur liste d’attente, à l’issue de la phase principale. Ces candidats pourront saisir jusqu’à 20 vœux supplémentaires, pour des formations qui auront des places vacantes. « On n’a pas encore d’informations de la part du ministère, mais je pense que c’est en réponse à ce qu’il s’est passé l’an dernier et aux difficultés d’organiser une phase de rattrapage pour des étudiants sans master », indique Julien Valiergue. 

« Les responsables de formations sont très contents de cette phase complémentaire », Fabrice Goubard, vice-président délégué à la formation à CY Cergy Paris Université

« Les responsables de formations sont très contents de cette phase complémentaire pour revoir les candidatures des étudiants », affirme de son côté Fabrice Goubard.Le vice-président délégué à la formation de l’université du Val-d’Oise se dit également ravi de son agencement au début de l’été. « S’occuper des dossiers d’étudiants en août et en septembre, c’est fastidieux pour les équipes pédagogiques », juge-t-il.

Pour les étudiants actuellement en troisième année de licence qui préparent leurs candidatures, cette phase complémentaire n’est pas de refus.« C’est beaucoup plus rassurant d’avoir cette deuxième étape, car ça nous évitera d’avoir à engager des procédures supplémentaires comme les recours au rectorat », estime Jessy, 20 ans, étudiant en L3 informatique à l’université de Paris-Saclay. « Même s’il est impossible d’être sûr à l’avance, j’ai préparé des candidatures pour 36 parcours, dans une dizaine d’universités, pour espérer avoir un de mes vœux dès la phase principale. » 

Le jeune homme qui s’est énormément renseigné en amont de l’ouverture de la procédure a soigneusement répertorié tous ses choix dans un tableur Excel. Il bénéficie d’un parcours académique satisfaisant et des résultats « qui ne sont pas catastrophiques » : un baccalauréat mention très bien et des moyennes à 14/15 en licence. Jessy espère, tout de même, être accepté dans des masters liés à la cybersécurité et aux systèmes réseaux des universités franciliennes, sans passer par la phase complémentaire. « Je vais demander Saclay, mais aussi des facultés de la capitale, comme Sorbonne université et Paris-Cité », précise-t-il.

Les spécialités du master de droit plébiscitées

Si les formations liées à l’informatique ne figurent pas parmi les plus convoitées, d’autres attirent toujours pléthore d’étudiants. Les filières en tension, comme le droit et les sciences politiques, sont nettement sollicitées. « Dans les masters que je co-dirige, on a un nombre de candidatures très supérieur aux places disponibles », affirme Julien Valiergue, avant d’ajouter : « On a vingt places disponibles dans chaque master de droit et l’an dernier, on a reçu un total de 1 300 candidatures pour chaque parcours ». Un phénomène confirmé par le ministère de l’Enseignement supérieur : en 2023, 20,4 % des candidats inscrits sur Mon Master ont opté pour cette discipline, note le SIES. 

Face à la demande colossale, le co-directeur des masters droit des affaires approfondi et droit privé à l’université de Bordeaux doit s’adapter. « On trie les candidatures en fonction des dossiers académiques et des lettres de motivation », explique-t-il. « Pour certains parcours, certains responsables font le choix de conduire des entretiens de motivation, après une première sélection ». Selon Julien Valiergue, au sein de la faculté, beaucoup d’étudiants déjà inscrits décident d’y rester après la L3. Néanmoins, il assure qu’il n’est pas question de prioriser ces candidats. « À titre personnel, je consulte toutes les candidatures bordelaises, mais cela ne signifie pas que je les sélectionnerai », affirme-t-il. 

« Je suis stressée, parce que la sélection est difficile et encore plus quand on a un dossier moyen », Brandy, en L3 de droit à l’UPEC

Une concurrence rude pour la discipline, dont les étudiants sont conscients. À l’image de Brandy, 21 ans, étudiante en troisième année de licence de droit à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC). « Je suis stressée, parce que la sélection est difficile et encore plus quand on a un dossier moyen », s’inquiète-t-elle. « J’ai loupé mon semestre 5, car je n’ai pu assister à aucun cours à cause de mon emploi dans un cabinet d’avocats. J’ai dû me mettre en arrêt maladie en plein partiel pour essayer de sauver quelques matières ». Cette dernière, qui rêve d’exercer en tant qu’avocate ou juriste, souhaite redoubler d’efforts, malgré la sélection qui bat son plein pour le master de droit. 

La motivation : un facteur clé pour la réussite 

Sur la plateforme, les résultats scolaires comptent, c’est indéniable. Cependant, la motivation du candidat est tout aussi importante, selon les responsables pédagogiques. « Dans le cas où un étudiant a des notes moyennes, qui tournent autour de 10 par exemple, il ne faut pas qu’il hésite à argumenter ses capacités dans sa lettre de motivation et dans son dossier », insiste Fabrice Goubard. « S’il reste des places disponibles ou que vraiment le profil nous intéresse, on va tout de même le sélectionner », ajoute-t-il. 

Pour favoriser la réussite de ses étudiants, les universités de l’Hexagone organisent parfois des séances d’aide à la préparation des dossiers pour la procédure Mon Master. C’est le cas de l’UPEC, où étudie Brandy. « Il y a des ateliers de préparation pour le CV et la lettre de motivation, proposés par l’université », informe-t-elle. « Cela se compose de petits groupes d’aides, sur la base du volontariat, où chacun peut s’inscrire sur une page dédiée ».

L’étudiante compte mettre en avant ses expériences professionnelles dans sa lettre de motivation. « Je vais évoquer mes différents postes en cabinets d’avocat et mon service civique effectué à la Préfecture de police de Paris », relate-t-elle. 

La plateforme Mon Master a essuyé plusieurs critiques, mais les étudiants préfèrent de loin un système centralisé qui permet de multiplier leur champ d’actions. « Comme je vais candidater dans 10 établissements distincts, il aurait fallu que j’aie une plus grande logistique et que je coure partout pour connaître mes résultats », admet Brandy. « Le guichet unique me semble moins complexe que les années précédentes », estime de son côté Jessy, avant de conclure : « Ce sont surtout les résultats de juin qui me font peur, mais c’est le jeu, on est obligés de passer par là. »  

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