Il y a de quoi philosopher partout pour ceux qui acceptent de le voir. Dans l’actualité, les faits historiques, la mode, le design et même le septième art !
C’est une bonne nouvelle pour toi : ce sont autant de domaines qui peuvent t’inspirer des exemples pour agrémenter ta copie du bac. Ils représentent également un moyen d’appréhender autrement la philosophie pour peut-être mieux comprendre certaines notions au programme et les confronter avec des cas concrets.
Tu es d’humeur cinéphile ? Installe-toi confortablement, active ta 5G ou ton wifi : Diplomeo te propose cinq films avec lesquels réviser ta philo. Tu les as déjà vus ? Visionne-les avec un regard neuf, enrichi des problématiques que l’on te propose dans trois, deux, un, action !
The Truman Show (1998) : vérité, bonheur et liberté
Vit-on dans une simulation ? Le film réalisé par Peter Weir soulève cette question devenue incontournable dans le monde de la fiction. L’œuvre suit Truman dans sa vie quotidienne bien réglée : travail, amis, mariage… En réalité (ceci n’est pas un spoil !), il est le héros d’une téléréalité. Lui ne le sait pas, mais sa ville est un énorme studio de cinéma et son entourage n’est composé que d’acteurs et de figurants.
The Truman Show aborde plusieurs notions phares du programme de philosophie :
- La vérité : Truman vit dans un monde d’illusions, à la manière des prisonniers au fond de la grotte, dans l’Allégorie de la Caverne (Platon). Petit à petit, il s’interroge puis mène l’enquête, jusqu’à se confronter à des mensonges et de dures vérités.
- Le bonheur : Pour vivre heureux, vaut-il mieux faire le deuil de certaines vérités ? Ou est-il préférable de faire tomber chaque mensonge ? Y a-t-il des mensonges qui nous veulent du bien ?
- La liberté et l’État : Le film envisage le monde comme une scène de théâtre (« All the world's a stage », disait Shakespeare). Chacun joue son rôle, parce que tous sont des acteurs, mais dans la vie réelle, ne portons-nous pas tous un masque ? Les individus sont-ils tenus d’agir selon ce que la société attend d’eux ? Si oui, l’État n’agirait-il pas comme un chef d’orchestre ? À méditer !
Durée : 1 h 40
Réalisateur : Peter Weir (Australie)
Tête d’affiche : Jim Carrey
Interstellar (2014) : science, temps et travail
Il fallait absolument qu’un film de Christopher Nolan se glisse dans cette liste ! Exit Inception, Le Prestige ou même la trilogie Batman. C’est Interstellar qui retient notre attention. Et pour cause, il aborde le thème de la conquête spatiale de manière super originale, en mêlant les thèmes de l’amour, de la famille, mais surtout, du temps qui passe.
S’ensuit alors un récit axé sur la science et l’universalité, d’un côté, et les regrets et l’individualité, de l’autre.
Le visionnage de ce film offre alors un cocktail complexe de problématiques philosophiques autour de plusieurs notions :
- La science : Interstellar, c’est avant tout l’histoire d’une équipe de scientifiques en prise avec la physique. La sécheresse bat son plein et les denrées se raréfient. L’objectif : trouver une planète habitable pour préserver l’humanité. S’agit-il d’un rêve atteignable ou du propre de l’homme que de s’en penser capable ?
- Le temps : La notion du temps, en veux-tu en voilà dans le film ! On voit que le temps peut faire mal, que le temps passe irrémédiablement, mais aussi qu’il est modulable. Réalités parallèles, unités de temps qui changent d’une planète à l’autre… En bref, le temps est-il une invention, un ressenti ou une réalité ?
- Le travail et la raison : Est-il moral de sacrifier ses intérêts personnels au profit de l’humanité et de son travail ? Ou alors l’inverse ?
Durée : 2 h 50
Réalisateur : Christopher Nolan (USA et Royaume-Uni)
Tête d’affiche : Matthew McConaughey, Anne Hathaway
Nope (2022) : nature et technique
Parler de Nope, c’est comme ouvrir un robinet qui fuit : une fois que l’on commence à évoquer le synopsis, difficile de ne pas tout déverser ! Concrètement, c’est l’histoire d’un OVNI (Objet volant non identifié) qui apparaît au-dessus d’une plaine en Californie. Constitue-t-il une menace ? Qu’est-ce que cet objet exactement ? Le film réalisé par Jordan Peele tient autour de ces questions, mais pas seulement !
Certes, il met en scène l’un des design d’OVNI les plus fascinants vus sur grand écran, mais en plus, plusieurs notions philosophiques sont abordées :
- La nature : Nope parle sans conteste du rapport des hommes à la nature. Pour nous, la nature n’est-elle qu’un moyen pour arriver à nos fins (globalement, notre bonheur) ? Dans quelle mesure l’homme l’exploite-t-il ? Et les animaux : peut-on les comprendre au-delà de la barrière du langage ?
- La technique : cette notion marche de concert avec la nature. Dans Nope, la question posée est de savoir à quel point les outils de l’homme lui permettent de garder un certain ascendant sur les animaux et la nature en général.
Durée : 2 h 10
Réalisateur : Jordan Peele (USA)
Tête d’affiche : Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Steven Yeun
Pauvres Créatures (2023) : conscience, liberté et langage
Le terme de Bildungsroman, ça te parle ? Tu l’as peut-être découvert en cours de français. Il désigne le genre du roman d’apprentissage, aussi appelé conte initiatique. Un des exemples les plus connus est l’œuvre Candide (Voltaire).
Le film Pauvres Créatures met en scène Bella, une femme à l’esprit ingénu. Au début du récit, elle a le comportement d’une petite enfant. Progressivement, elle prend conscience d’elle-même, de son corps, de ses envies, du monde et de l’autre. Elle développe de nouveaux sentiments et est confrontée à de nouvelles réalités, à mesure que son esprit grandit : curiosité, plaisir, violence…
La forme est originale : l’univers est folklore et coloré. Pour ce qui est du fond, des notions phares du programme de philo sont abordées :
- La liberté : Le début du film est en noir et blanc et lorsque Bella s’émancipe, place aux couleurs ! De quoi t’interroger sur le lien entre savoir et bonheur. L’acquisition de connaissances est-elle une condition pour gagner en liberté ?
- La conscience : Qu’est-ce que cela implique de prendre conscience de soi et des autres ?
- Le langage : Bella commence par s’exprimer avec des termes simples. Ensuite, à mesure que sa vision du monde se complexifie, elle emploie des termes plus précis et son langage s’étoffe. Ou peut-être est-ce le contraire : son langage se développe, donc son savoir devient plus complet ?
Tu l’as compris, l’œuvre regorge de thématiques contemporaines et fortes de sens, tout en plongeant le spectateur dans l’action !
Durée : 2 h 20
Réalisateur : Yorgos Lanthimos (Grèce)
Tête d’affiche : Emma Stone, Mark Ruffalo, Willem Dafoe
Je verrai toujours vos visages (2023) : justice, langage et la raison
Le film de Jeanne Herry place au premier plan une thématique qui ne t’est peut-être pas familière : la justice restaurative. Il s’agit d’un modèle introduit en France en 2014 et qui consiste en l’instauration d’un dialogue entre la victime d’une infraction et son auteur.
L’œuvre fictive montre à l’écran plusieurs séances, au cours desquelles des victimes font face à leur agresseur et apprennent leurs motivations. De l’autre côté, les agresseurs se rendent compte des conséquences sur le long terme que peut avoir une action qui n’a duré que quelques minutes.
Zoom sur les notions philosophiques que le film explore :
- La justice : Quelles formes une punition peut-elle prendre ? Et une réparation ?
- Le langage et la raison : Quel est le pouvoir du dialogue ? En échangeant, les agresseurs et les victimes se rendent compte que chaque individu a sa vérité.
Les deux parties n’ont pas la même perception de l’évènement. Peut-être y a-t-il de la souffrance des deux côtés ? Dans le même temps, les peurs irrationnelles des uns sont calmées grâce à l’aveu des stratégies criminelles des autres.
Durée : 2 h
Réalisateur : Jeanne Herry (France)
Tête d’affiche : Élodie Bouchez, Adèle Exarchopoulos, Leïla Bekhti, Gilles Lellouche