La situation financière des étudiants continue de se dégrader. C'est le résultat de la nouvelle étude de l'Union étudiante publiée ce mardi, l’une des principales organisations syndicales estudiantines en France. Selon les résultats, 48% des étudiants ont déjà renoncé à s'alimenter pour des raisons financières, dont 23% plusieurs fois par mois.
Pour mener son enquête, l'Union étudiante a sondé un échantillon de 5 282 étudiants – de manière anonyme ou non – de tous niveaux, en ligne ou dans plusieurs campus en France, du 1er septembre au 20 décembre 2025. Ces derniers ont été interrogés sur leurs moyens financiers, sur la précarité alimentaire, la santé mentale ou encore sur les conditions d’accès au logement.
Un tiers des étudiants vit avec moins de 50 euros par mois
L’Union étudiante alerte sur la précarité étudiante qui touche de plus en plus de jeunes chaque année. Selon le syndicat, 30% des étudiants vivent avec un revenu inférieur à 50 euros, dont 10% « n’a même pas un euro » une fois leur loyer et les charges mensuelles payés.
« L’alimentation est la prinicipale variable d’ajustement dans les budgets étudiants », apprend-on dans l’enquête. « Non seulement les étudiants sont nombreux à sauter des repas et à dépendre des distributions alimentaires, mais ils doivent également renoncer à l’alimentation de leur choix ».

© Capture d’écran Union étudiante
Ainsi, 44% des étudiants ne sont pas en capacité de choisir leur alimentation. L’Union étudiante pointe une responsabilité de l'État sur les difficultés des étudiants à se sustenter. Le syndicat affirme que la précarité alimentaire « repose sur les réseaux des CROUS et des restaurants universitaires ». Il revendique, à nouveau, la mise en place du repas à un euro au CROUS pour l’ensemble des étudiants.
« 1 psychologue pour 1028 étudiants » : l’Union étudiante déplore le manque de professionnels
Les difficultés financières s'accompagnent souvent d’angoisse pour les étudiants. Par conséquent, 60% des étudiants interrogés estiment que leur manque de moyens est vécu comme un facteur d’anxiété. Pire encore, ils sont 90% à avoir vécu des périodes de détresse psychologique.
Depuis plusieurs années maintenant, la santé mentale des étudiants est largement documentée, tant par les professionnels que les établissements du supérieur. Si ces derniers proposent des solutions d’accompagnement, l'Union étudiante estime que« le système de santé est très insuffisant ».28% des étudiants affirment avoir déjà renoncé à se soigner, faute de moyens.
Santé mentale des étudiants : 5 conseils simples pour prendre soin de soi pendant les études
Le syndicat évoque également le manque de professionnels pour aider la communauté estudiantine et une inégalité territoriale prégnante. Selon le calcul indiqué dans l’étude, il y aurait 1 psychologue conventionné pour 1028 étudiants et aucun dans certains départements comme la Meuse, la Lozère ou dans les Outre-Mer.

© Capture d’écran enquête Union étudiante
Logement étudiant : près de 30 % d’étudiants sans solution à la rentrée 2025
Le constat est unanime au fil des années : le logement constitue le premier poste de dépenses des étudiants. Avec la hausse des loyers, l’inflation et la raréfaction des biens sur fond de tension locative, se loger devient un véritable parcours du combattant.
Dans son enquête, l’Union étudiante parle d’un « déséquilibre accentué par la prolifération des meublés touristiques (...) ainsi que par un déficit structurel de construction de logements sociaux et de résidences universitaires ». Résultat : 29% des sondés déclarent sans solution de logement pérenne à la rentrée 2025.
Crise du logement étudiant : « Sans toit, pas d'études, pas d'emploi, pas d'autonomie »
« J’ai mis 5 mois pour trouver un logement, j’ai dû faire des allers retour en train de pour 2h de cours, ça prenait 7h de ma journée à cause des trains peu fréquents », témoigne un étudiant interrogé. « Je vivais dans ma voiture, le CROUS m’a trouvé un logement en urgence », renchérit un autre.
Outre la difficulté à trouver un toit, le syndicat pointe les problématiques de mal-logement, marquées par les nuisances et l’insalubrité. 28 % des étudiantes disent habiter dans un logement insalubre, « notamment par la présence de moisissures ».
Face à ces constats qui se répètent au fil des années, l’Union étudiante continue de revendiquer plusieurs mesures, dont le revenu d’autonomie universel de 1 288 € pour tous les étudiants. Selon l’organisation, c’est un moyen d’endiguer la précarité étudiante et le « salariat contraint », qui peut être un frein à la réussite des études supérieures. Sur le logement, il réclame 5 milliards d'euros pour la rénovation thermique des bâtiments.






