Année de césure : tous les détails sur cette année de « pause » pour les étudiants

Vous ne savez plus très bien où vous en êtes dans vos études et avez besoin de temps pour réfléchir ? Vous voulez acquérir de l’expérience professionnelle avant de passer à l’année supérieure ? Pourquoi ne pas effectuer une année de césure ? Diplomeo vous présente l’année de césure de A à Z.

La césure pour être mieux dans ses baskets...

Vous n’avez que très peu, voire jamais, entendu parler de l’année de césure ? Diplomeo vous donne toutes les informations à ce sujet et vous conseille si vous envisagez de vous lancer dans cette grande aventure !

Qu’est-ce que l’année de césure ?

Voici d’abord cinq avantages que peut vous procurer une année de césure dans l’enseignement supérieur !

L’année de césure : pourquoi faire une année de pause dans ses études ?

La césure, c’est six mois ou une année de pause dans vos études afin de vous consacrer à une expérience professionnelle. Elle se pratique depuis bien longtemps dans les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs, mais est bien plus récente à l’université

Année de césure à l’étranger, stage, emploi : tout sauf une année sabbatique

Si la césure permet très certainement de faire une pause dans les études, elle n’est pourtant pas du tout synonyme de vacances ! En effet, la césure vise à s’investir dans d’autres domaines que les études afin de pouvoir prendre un certain recul sur votre orientation. Durant cette année très spéciale, vous pourrez ainsi vous lancer dans des stages à long terme, faire « le grand saut » en vous engageant dans le service civique, vous investir dans l’association de votre choix, ou encore vous envoler pour effectuer votre année de césure à l’étranger, par exemple à New-York, à Londres ou pourquoi pas à Singapour ! Bref, la césure, c’est avant tout l’occasion de découvrir de nouvelles choses.

Mûrir son projet professionnel grâce à l’année de césure

En entreprenant de nouvelles expériences vous aurez non seulement l’occasion d’ouvrir votre esprit, mais aussi et surtout, vous pourrez gagner en maturité ! En effet, en vous séparant de votre petite bulle estudiantine, vous aurez l’occasion de vous lancer dans une vie avec plus de responsabilités Quoi de mieux pour gagner en maturité ?

Sylvain, qui était en deuxième année de licence AES à Toulouse et avait décidé d’effectuer sa césure en Australie, est très satisfait de ce que lui a apporté sa césure : « Je sais que j’ai beaucoup mûri durant cette année, elle m’a fait ouvrir les yeux sur une autre culture, sur un autre mode vie. Mais aussi elle m’a appris à mieux m’organiser, à savoir gérer les difficultés, et ne pas avoir peur des problèmes qui peuvent arriver dans la vie. Pour vous résumer cette année de césure, je pense que cette citation de Pierre Fillit est bien appropriée : partir, c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » Ça donne envie !

Ajouter de belles lignes sur son CV grâce à l’année de césure

« Vous n’avez pas assez d’expérience professionnelle » : vous ne voulez pas être de ceux qui entendent cela des milliers fois lors d’entretiens d’embauches juste après l’obtention de leur diplôme ? L’année de césure est une bonne occasion de la gagner, cette satanée expérience professionnelle et elle est donc sans aucun doute un très bon moyen d’étayer votre CV.

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles Chloé, aujourd’hui étudiante à Montpellier Business School, a choisi la césure après son master 1 : « Après deux années composées uniquement de cours, j’ai estimé qu’il manquait des expériences professionnelles dans mon cursus. J’ai choisi de me concentrer sur des stages en entreprise, pour accumuler un maximum d’expériences professionnelles. J’ai fait un premier stage dans la communication chez Esso S.A. F puis un deuxième stage en marketing digital chez Orange. Certaines personnes décident de monter leur entreprise ou de partir en mission humanitaire, personnellement j’ai préféré jouer à fond la carte de l’expérience, je savais que ces deux stages allaient m’être utiles pour la suite. Je suis actuellement en pleine recherche d’une entreprise et je constate que mes deux expériences de six mois constituent un avantage majeur pour les recruteurs ! Les entreprises font souvent le choix de l’expérience, par conséquent je suis bien contente de pouvoir vendre mes deux stages ! » 

Reprendre ses études après son année de césure

Si l’année de césure est une bonne occasion de « faire un break » dans les études, elle est d’autant plus bénéfique qu’une place vous est réservée pour votre retour l’année suivante de vos études. Par exemple, si vous êtes en première année de commerce, votre place pour la deuxième année vous sera automatiquement réservée.

Alors, finalement, la césure : pour ou contre ? Si tous nos arguments ne vous ont pas convaincu, on ne peut plus rien pour vous !

Réussir sa lettre de motivation pour son année de césure

Pour que vous puissiez faire une année de césure, vous devez d’abord convaincre votre école ou votre université de votre projet. Pour cela, vous devez constituer un dossier et leur soumettre. En effet, chaque année, de nombreux étudiants souhaitent se lancer dans une année de césure et toutes les candidatures ne sont pas acceptées.

Premier conseil : passez du temps pour rédiger votre lettre de motivation. Expliquez votre projet : vous souhaitez créer votre entreprise, partir effectuer un stage à l’étranger, vous impliquer dans un projet humanitaire, trouver un emploi d’un an pour avoir une première expérience professionnelle, suivre d’autres cours pour vous former dans un domaine particulier,... Expliquez tout cela dans votre lettre de motivation. Faites preuve de sincérité, évoquez vos motivations, donnez du relief à votre projet. Vous devez convaincre la personne qui lira cette motivation que votre année de césure sera un plus indéniable dans votre cursus. Par exemple, ne mettez pas dans votre lettre de motivation que vous avez envie de faire une pause avec les cours et de changer d’air : cela ne prouvera pas votre motivation, au contraire.

Réaliser son année de césure en stage

Les stages peuvent vous apporter énormément d’expérience et constituer un superbe tremplin pour intégrer le monde professionnel à la fin de vos études. Si vous parvenez à trouver un stage dans une bonne ou dans plusieurs bonnes entreprises, vous pourrez valoriser vos expériences lors de votre entrée dans le monde de l’emploi. Et votre profil fera la différence par rapport à un étudiant n’ayant effectué que les stages obligatoires au cours de son cursus.

L’idéal est que vous ayez déjà commencé vos démarches de recherche, et même, trouvé une ou plusieurs entreprises pour vous prendre en stage avant de faire votre demande d’année de césure. Vous pourrez ainsi plus facilement justifier votre projet.

Trouver un emploi pour son année de césure

Si vous êtes avancé dans vos études, vous pouvez également trouver un emploi pour votre année de césure. Par exemple, si vous souhaitez travailler dans le marketing, pourquoi ne pas vous lancer à la recherche d’un CDD d’un an dans le domaine ? De même, si vous avez envie de trouver un emploi dans la communication à la suite de vos études, pourquoi ne pas trouver un poste de chargé de communication pendant un an ? Cela pourrait être pour vous une expérience de taille que vous pourrez mettre en valeur une fois vos études terminées.

De plus, pour votre dossier de candidature en année de césure, une promesse d’embauche en CDD est une preuve indéniable de votre motivation.

Un projet humanitaire pour votre année de césure ?

Vous souhaitez vous engager pour la protection de l’environnement, contre la pauvreté dans les pays en difficultés, pour aider à l’alphabétisation des jeunes dans certaines régions du monde ? L’année de césure peut être l’occasion pour vous de réaliser ce projet ! De plus, il existe de nombreuses possibilités. Le service civique est par exemple un moyen de réaliser des missions de quelques mois ou d’une année en France ou à l’étranger. Alors préparez au préalable votre projet et soumettez votre candidature pour effectuer une année de césure.

Une année de césure à l’étranger ?

La plupart des projets d’année de césure sont des projets à l’étranger. En effet, nombre d’étudiants souhaitent s’offrir une expérience professionnelle à l’étranger. Si beaucoup d’entre eux ont la possibilité de le faire à travers Erasmus ou grâce à des partenariats tissés par leurs établissements avec des écoles étrangères, nombre de jeunes n’ont pas cette chance. Alors, si vous avez un projet de stage, d’emploi, entrepreneurial ou humanitaire à l’étranger : n’hésitez plus, lancez-vous et expliquez votre projet à votre établissement !

Comment organiser son année de césure ?

Si vous êtes arrivé jusqu’à ce paragraphe, c’est que vous êtes plutôt partant pour l’année de césure ! Prêts à recevoir tous les conseils pour bien la préparer ? C’est parti !

L’année de césure : un projet structuré et mûrement réfléchi

Avant de vous engager dans une année de césure, et même si elle semble n’avoir que des points positifs, il est important de bien réfléchir avant de vous lancer. D’abord, il faut être sûr de vous engager dans une année de césure, qui se révélera être un projet de poids. Ensuite, vous devrez penser à bien faire murir votre projet afin de définir le plus précisément possible ce que vous prévoyez durant cette année. Pour Chloé, « il est vrai que l’année de césure nous fait arriver plus tard sur le marché du travail, puisque l’on est diplômé un an après la date prévue. Il est donc important de réfléchir au préalable à son projet d’année de césure. »

L’année de césure : des spécificités différentes pour chaque école

En parallèle de votre réflexion, vous devez absolument vous renseigner sur les modalités appliquées au sein de votre établissement. En effet, dans certaines écoles, notamment les universités, l’année de césure n’est attribuée que si vous partez en voyage, ou ne vous autorise pas à effectuer des stages. Puisque la césure est encore récente dans le milieu universitaire, il est encore possible que votre établissement ne l’ait pas encore intégrée. C’est pourquoi il faut absolument vous renseigner auprès de votre département ou de votre CFVU (Commission de la Formation et de la Vie Universitaire), afin d’affiner votre projet d’année de césure.

Constituer son dossier pour l’année de césure

Place désormais au dossier que vous devrez constituer ! En effet, l’année de césure n’est pas gagnée d’emblée ! Avant de pouvoir vous lancer, vous devez montrer votre motivation auprès de votre établissement et leur présenter un projet le plus concret possible, c’est pourquoi il est utile, par exemple dans le cas des stages, de bien cibler les entreprises dans lesquelles vous souhaitez vous investir. Si l’année de césure est une belle opportunité, elle est aussi très prisée par les étudiants. Ainsi, les places sont comptées et vous n’êtes absolument pas assurés de voir votre demande d’année de césure acceptée par votre établissement, d’où la nécessité de présenter un dossier solide et complet.

Dans ce dossier, vous devrez présenter des documents essentiels tels que votre CV et une lettre de motivation décrivant votre projet. Il est possible d’y ajouter une lettre de recommandation d’un professeur pour vous appuyer.

Un contrat avec votre établissement

Après avoir effectué une année de césure, vous devrez rendre compte de votre expérience. De fait, votre école pourra vous demander de rendre un rapport de stage ou bien un compte rendu de l’année, voire organisera un entretien afin que vous exposiez ce que cette année vous a apporté.

En échange de l’assurance d’une place dans l’année supérieure de votre cursus, votre école souhaite souvent vérifier que cette année de césure n’a pas été vaine : quand on vous dit que ce ne sont pas des vacances !

L’année de césure à l’université : un cadre encore très instable

L’année de césure à l’université ne date que de l’été 2015 ! En effet, le ministère de l’Éducation nationale a publié le 22 juillet une circulaire pour développer l’année de césure en milieu universitaire. 

L’année de césure à la fac : une mise en place trop récente…

Résultat de la circulaire de l’été 2015 ? Panique dans l’administration ! Si le personnel des universités a probablement pagayé pour faire appliquer la circulaire, il a tout de même réussi son objectif dans de nombreuses universités, bien que de manière hâtive, et a permis à plusieurs étudiants de partir en année de césure.

Restent certains problèmes comme par exemple lorsque l’année supérieure est sélective. C’est le cas d’un étudiant de la fac qui souhaiterait effectuer une année de césure entre sa maîtrise et une deuxième année de master sélective : on ne peut assurer l’année de césure puisque cela implique de lui réserver une place en master 2, ce qui serait injuste pour les autres candidats à cette formation. Ainsi, l’année de césure a encore de nombreuses années devant elle avant d’être réellement effective, et ce sans accrocs, en milieu universitaire…

… mais une année de césure qu’il faut promouvoir !

Si la césure à l’université rencontre des « ratés à l’allumage » comme expliqué dans Le Monde, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas sauter le pas ! L’année de césure est encore peu connue et peu exploitée, notamment à l’université, mais elle reste une très bonne occasion pour vous de sortir des sentiers battus afin d’explorer de nouveaux horizons, et surtout, d’évoluer. Animafac, un réseau d’associations étudiant qui accompagne les initiatives étudiantes, insiste sur le fait que c’est en se lançant dans une année de césure qu’elle deviendra une pratique plus populaire ! Alors, n’ayez pas peur, lancez-vous !

Retour en haut de page