Tandis que les élèves se préparent à retourner sur les bancs de l’école, le ministère de l’Éducation nationale fait sa rentrée et clarifie ses positions. La ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, Élisabeth Borne, a annoncé plusieurs mesures à destination de la communauté éducative lors d’une conférence de presse ce mercredi.
Au menu pour les collégiens, les lycéens et leurs enseignants : un plan de lutte pour la santé mentale, les ajustements du contrôle continu et de la nouvelle épreuve du bac, la formation à l’intelligence artificielle ou encore la pérennisation du plan “filles et maths”. Tour d’horizon.
La santé mentale : « l’un des plus grands défis de notre temps »
Aujourd’hui, 1 jeune sur 5 présente des signes de souffrance psychique, a rappelé Elisabeth Borne. C’est la raison pour laquelle la ministre de l’Éducation a rappelé l’interdiction des téléphones portables au collège, effective dès lundi 1er septembre 2025. «L’enjeu des écrans est un enjeu de santé publique, un enjeu de santé mentale dont nul ne peut nier les effets et qui est l’un des plus grands défis de notre temps », a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, la ministre souhaite que les établissements scolaires puissent mieux accompagner les élèves en difficulté. Elle propose donc la mise en place d’un protocole pour repérer et accompagner ces élèves-là. Cela passera par la formation de personnels éducatifs sur ces sujets avec l’aide de professionnels de santé.
«Une formation sur la base du volontariat sera également proposée aux élèves, à commencer par les classes de quatrième et de seconde, afin de renforcer la vigilance collective », poursuit Elisabeth Borne. «Ils apprendront à repérer les signaux de mal-être et à les relayer aux professionnels de santé et de vie scolaire ».
Prépa seconde : lancement de la 2e année d’expérimentation
Le dispositif Prépa seconde se poursuit. Cette classe préparatoire vise à remettre à niveau les collégiens volontaires pour les préparer à intégrer la seconde. Cela permet notamment aux élèves qui n’ont pas décroché leur brevet des collèges de bénéficier d’une année de consolidation et d’orientation.
Dans le sillage de la prépa-2de, Elisabeth Borne lance un nouveau dispositif : des parcours renforcés en seconde pour les élèves non-titulaires du DNB. «L’objectif est que, dès la rentrée 2026, tous les élèves ayant échoué au brevet bénéficient d’un accompagnement », précise la ministre.
Valoriser le baccalauréat et repenser le contrôle continu au lycée
«J’ai également entendu les interrogations sur la valeur du baccalauréat. Je ne laisserai pas s’installer le doute sur ce diplôme » , promet Élisabeth Borne. Ainsi, la ministre veut agir sur les modalités de correction du bac et sur le contrôle continu.
À compter de la session 2026, les élèves ayant obtenu moins de 8 sur 20 ne pourront plus accéder aux épreuves du rattrapage. «Les points de jury qui permettaient jusqu’ici de compenser cette situation ne seront plus autorisés », ajoute-t-elle. De même, les jurys ne pourront pas attribuer plus de 50 points de rattrapage à un élève n’ayant pas la moyenne, contre parfois plus de 100 aujourd’hui. «Aucun élève ne pourra donc obtenir le bac sans avoir atteint au moins 9,5 de moyenne. Le niveau d’exigence des épreuves de rattrapage sera identique à celui des épreuves écrites », rappelle-t-elle, après ses annonces dans les colonnes du Parisien.
Concernant le contrôle continu en terminale, la ministre veut le repenser pour «diminuer la pression et l’anxiété » des lycéens à ce sujet et tout en «en reflétant plus fidèlement le niveau réel des élèves ». Une instruction demandera «dès cette semaine » aux proviseurs des lycéens d’élaborer un projet d’évaluation précisant quelles évaluations seront prises en compte, y compris pour Parcoursup.
Selon la ministre, chaque lycée doit avoir un «projet d’évaluation » : les enseignants, les chefs d’établissement, et même les parents et les élèves décident ensemble comment organiser les contrôles. Le but, c’est que les notes servent à la fois à vérifier la progression et les acquis des compétences pour le bac. «Tout cela doit être défini avant les vacances de la Toussaint et partagé avec tout le monde pour que chacun sache comment ça va se passer» , a détaillé la ministre.
Lycée pro : un parcours différencié resserré
Autre mesure annoncée par Elisabeth Borne pour les lycéens de la voie professionnelle : les ajustements du parcours différencié (aussi appelée “année Y”). Pour rappel, le parcours différencié permet aux élèves, en fin de terminale pro, de choisir entre un stage s’ils souhaitent intégrer le monde professionnel ou des cours intensifs dans le cadre d’une poursuite d’études.
À partir de la session 2026, les épreuves du bac professionnel seront décalées de 15 jours, pour permettre aux élèves de bénéficier de plus de temps pour se préparer. En conséquence, la durée du parcours différencié sera réduite de 6 à 4 semaines.
Le ministère souhaite également, dans la continuité de la réforme du lycée professionnel voulue par Emmanuel Macron, mieux adapter la carte des formations de la voie pro aux réalités du monde du travail. «Avec les régions, nous devons ouvrir davantage de parcours menant à l’emploi, renforcer les partenariats avec les entreprises et ajuster sans hésiter là où cela est nécessaire », explique Elisabeth Borne.
Lancement du Plan Avenir et poursuite du plan “Filles et maths”
Avec l’objectif de mieux accompagner les élèves dans leur orientation, le ministère va lancer dès la rentrée la plateforme Avenir qui regroupe « des ressources pédagogiques et des événements régionaux ». Il s’agit, pour chaque jeune, de construire « son journal de bord» de l’orientation. « Je veux qu’un jeune puisse dire non pas ‘voilà où l’on m’a affecté, mais ‘voilà la voie que j’ai choisie' », insiste Elisabeth Borne.
En outre, la lutte contre les stéréotypes de genre se perpétue. « Un combat me tient particulièrement à cœur : l’accès des jeunes filles aux sciences, au numérique et aux mathématiques », précise la ministre. Pour susciter des vocations vers les métiers scientifiques auprès des jeunes filles et limiter l’autocensure, le ministère de l’Éducation nationale a initié le Plan Filles et maths l’année dernière.
À compter du 15 septembre, des séances de sensibilisation seront organisées dans tous les établissements. L’objectif du ministère est que 5 000 filles supplémentaires choisissent la spécialité mathématiques en première générale chaque année. «L’ouverture de 60 classes à horaires aménagés en maths et sciences, accueillant au moins 50 % de filles, y contribuera », veut croire la ministre.
Plan “Filles et maths” : 8 mesures pour attirer les femmes vers les sciences
Des formations en IA déployés dans les collèges et lycées
Face à l’émergence de l’intelligence artificielle, la ministre a annoncé des mesures pour former élèves et enseignants. Elle a rappelé que « la grande majorité des élèves utilisent une IA générative sans toujours en comprendre les ressorts » et que « dès cette rentrée, des formations seront proposées à tous les collégiens et lycéens, et rendues obligatoires pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP ». Les enseignants ne seront pas en reste : « Ils seront eux aussi formés massivement, et une IA sera mise à leur disposition dans les prochains mois », a précisé la ministre.