Plan étudiants : les nouvelles mesures à retenir !

par Soizic Meur & Alice Meyer dans apb

Disparition de la plateforme, nouveau nom d’ABP, pistes de réflexion... Pour affecter les étudiants dans l'enseignement supérieur, le Plan étudiants se dévoile. Diplomeo récapitule pour vous l'histoire de la fin d'APB et les mesures du Plan étudiants.

Crédit Diplomeo

APB n’existera plus en 2018. C’est d’ailleurs l’une des seules certitudes que nous avons pour l’instant... La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, l’a annoncé début septembre. Zoom sur les problèmes de la plateforme APB et sur ce qui attend les bacheliers 2018.

La fin d’APB, oui mais pourquoi ?

À propos de l'algorithme...

Notre article dédié
au code source d'APB

Mise en place en 2009, la plateforme Admission Post-Bac a subi, depuis 2012, plusieurs critiques venues de toutes parts. La première émanait d’un groupe d’inspecteurs de l’Éducation nationale qui pointaient alors du doigt ses « défaillances et effets pervers », ainsi qu’une « obscurité » que n’ont pas manqué de dénoncer d’autres organisations plus tard. Début 2016 notamment, l’association Droits des lycéens a demandé au ministère de rendre public l’algorithme de sélection des candidats. Quelques mois après, le code source est envoyé sous forme d’un document papier incomplet et quasi illisible, même pour les spécialistes... « Un acte de transparence » selon le ministère qui n’a pas satisfait les organisations concernées par APB puisque les demandes de clarté ont continué d’affluer.

La procédure APB 2017 a marqué un tournant. En effet, sous-entendus et peu médiatisés jusqu’à lors, les problèmes de la plateforme ont été mis en lumière. Notamment, par de nombreux témoignages d’étudiants se retrouvant sans formation pour la rentrée ou encore refusés malgré de solides dossiers et pour des raisons plus que floues... Une des raisons pour laquelle APB a fait plus de « naufragés » cette année : une augmentation du nombre de lycéens inscrits sur la plateforme qui n’a pas été anticipée par les établissements. Forcement, ça bloque... Sont ainsi nées des inégalités de traitement selon les profils, leurs académies, le classement de leurs souhaits, etc. Fin septembre 2017, 3 700 jeunes étaient encore sans formation.

Fraîchement nommée ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal a donc dû s’atteler dès le début de son mandat à ce dossier chaud... Première prise de parole sur le sujet : l’annonce de la fin d’APB pour la prochaine rentrée 2018. Voilà qui rassure, ou pas... ! Depuis cette annonce, des concertations ont lieu mais rien de concret n'est sorti.

La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a épinglé la plateforme à la fin du mois de septembre. Elle a notamment sommé le ministère de l’Enseignement supérieur de se mettre en conformité avec la loi, après lui avoir demandé de « cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme et de faire preuve de plus de transparence ». À son tour, la Cour des comptes a réagi mi-octobre, prônant « une réforme à mener sans délai » et insistant bien sur la gestion des admissions à l’université, non sélectives en théorie.

Du côté des étudiants

Que pensent-ils d'APB ?
Les résultats de l'enquête

À mi-octobre, soit 3 mois avant la date de début de la procédure (le 20 janvier en 2017), très peu d’informations ont donc été officiellement communiquées. Futurs bacheliers, parents, organisations étudiantes, universités et écoles sont dans l’expectative. Comme suspendus à la naissance d’une nouvelle plateforme qu’ils vont devoir apprivoiser très rapidement !

Les propositions qui ont émergé

Jeudi 19 octobre 2017, un rapport a été remis par le groupe de travail composé de nombreux acteurs du secteur. Ou plutôt 12 petits groupes en charge de guider la ministre dans ses futurs choix en matière d’APB et d’accès à l’université, avec notamment la question des prérequis. Parmi les axes de réflexion, on trouve notamment :

  • la prise en compte des caractéristiques de l’élève lors de son entrée dans l’enseignement supérieur
  • les prérequis comme outil de sélection pour entrer à l’université
  • l’accompagnement à l’université, notamment pour faire baisser le taux d’échec
  • l’adaptation des parcours avec des dispositifs spéciaux
  • le choix final laissé à l’étudiant
  • etc.

Concrètement, la liste des propositions compose le rapport Filâtre, du nom du rapporteur chargé de les transmettre à la ministre. Elles sont détaillées dans le document accessible depuis jeudi 19 octobre sur le site du ministère.

À la suite de ces concertations et propositions, la ministre a synthétisé toutes les recommandations, malgré parfois des désaccords entre les groupes de travail.

Les 20 mesures du Plan étudiants

On l’attendait, il est enfin révélé au grand jour ! Le nouveau plan du ministère vise à affronter la massification dans l’enseignement supérieur, et mettre, une bonne fois pour toutes, un terme à ce système d’orientation que le Premier ministre, Édouard Philippe, qualifie de « sélectif, brutal et profondément inégalitaire ». Zoom sur les 20 mesures de ce plan.

Mieux accompagner l’orientation au lycée

Pour Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, l’orientation doit être pensée au plus tôt : « Nous avons une conception de l’orientation bac +3... et bac-3 » ! Voici les 5 points qui seront développés dans le champ de l’orientation dès le lycée :

  1. Deux professeurs principaux en classe de terminale pour accompagner individuellement les élèves dans la construction de leur projet d’études.
  2. Intégration dans l’année de terminale de deux semaines dédiées à l’orientation pour tous les élèves
  3. Examen approfondi par le conseil de classe du projet d’orientation de chaque élève
  4. Dialogue renforcé, sous l’autorité du recteur, entre enseignement secondaire et enseignement supérieur
  5. Déploiement du dispositif « étudiant ambassadeur »

Un accès plus juste et plus transparent dans le supérieur

Jean-Michel Blanquer souhaite « remettre de l’humain dans les processus d’orientation et de réussite ». Anonymat, hasard pur contraire à toute justice, autant de points sur lesquels le gouvernement va intervenir à travers les points suivants :

  1. Suppression de la sélection par le tirage au sort
  2. Une nouvelle plateforme plus simple et plus transparente
  3. 10 vœux maximum et non hiérarchisés pour éviter les choix par défaut
  4. Meilleure connaissance des attendus pour réussir dans la filière souhaitée
  5. Prise en compte du projet professionnel de chaque lycéen et de ses choix

Une offre de formation post-baccalauréat sur mesure et rénovée

« Nous souhaitons rénover et repenser le premier cycle universitaire afin de passer du supérieur pour tous à la réussite dans le supérieur pour chacun », a annoncé Frédérique Vidal ce matin. Un signe que la licence ne sera plus à considérer de la même manière. Les chantiers qui suivent en sont la preuve :

  1. Un « contrat de réussite pédagogique » pour mieux suivre le parcours de l’étudiant
  2. Un premier cycle sur mesure, personnalisé et modulable (+ ou – de 3 ans)
  3. Renforcement du tutorat et de l’accompagnement des étudiants, notamment avec la nomination d’un directeur des études par champ disciplinaire. Il sera le « garant du parcours pédagogique ».
  4. Encouragement des nouvelles formes de pédagogie (pédagogie par projet, pédagogie inversée, enseignements par les pairs...)

Des conditions de vie étudiante au service de la réussite

« Je n’ai pas les moyens d’aller chez le dentiste », « je ne peux pas me permettre de m’éloigner du domicile parental pour suivre mes études ». Voici des phrases que le gouvernement ne veut plus entendre. Selon lui, les conditions matérielles sont source d'inégalités. La situation des étudiants promet donc de s’améliorer de façon notable... grâce aux évolutions suivantes :

  1. Rattachement des nouveaux étudiants au régime général de la Sécurité sociale dès 2018
  2. Fusion des contributions « vie étudiante » pour rendre le système plus lisible avec une « cotisation vie étudiante »
  3. Soutien à la mobilité jusqu’à 1 000 euros pour un étudiant qui change d’académie
  4. Création de nouveaux centres de santé au sein des universités pour améliorer l’accès aux soins de proximité

Pour bien comprendre le système de la cotisation étudiante, voici des exemples de cas (source ministère de l'Éducation nationale) :

Un engagement financier massif de l’État de près d’un milliard d’euros

« Au moins 3 000 places vont être créées en BTS ». C’est une des mesures que Jean-Michel Blanquer a énoncées lors de la conférence de presse. Les effectifs en BTS ne sont pas les seuls à s’apprêter à être gonflés. Frédérique Vidal a annoncé prévoir « plus d'un milliard d'euros sur 5 ans pour prendre le virage de l'accompagnement et la personnnalisaton ». Voici le détail de cet investissement :

  1. 450 millions d’euros du Grand Plan d’Investissement (GPI) pour accompagner la mise en place des nouveaux cursus, la modularisation, la mise en œuvre des contrats de réussite et l’accompagnement personnalisé de chaque étudiant
  2. 500 millions d’euros sur l’ensemble du quinquennat permettant d’ouvrir des places, de créer des postes dans les filières en tension et de valoriser l’engagement des enseignants dans la mise en place de la réforme

Les chiffres clés du Plan Étudiants

Les constats réalisés

  • 40,1 % des étudiants inscrits en licence passent en 2e année
  • 60 % de taux d’abandon pour les bacheliers professionnels
  • 50 % pour les bacheliers technologiques
  • 20 % pour les bacheliers généraux
  • 28 000 étudiants en plus sur APB entre 2017 et 2018
  • 135 216 places vacantes à la fin de la procédure complémentaire
  • le logement représente 54 % du budget d’un étudiant
  • 697 000 boursiers en 2017

Les mesures d’accompagnement avant l’entrée dans le supérieur 

  • 2 semaines de l’orientation en terminale pour mieux formuler ses choix
  • 2 professeurs principaux pour accompagner les lycéens vers l’enseignement supérieur en terminale

La nouvelle plateforme

  • ouverture le 15 janvier 2018
  • 10 vœux maximum pour chaque lycéen

L’accompagnement à l’université 

  • 1 directeur des études par champ disciplinaire pour accompagner les étudiants

Pour améliorer le quotidien des étudiants 

  • 100 millions d’euros par an de pouvoir d’achat rendu aux étudiants
  • 100 millions d’euros par an pour faire baisser le coût de la rentrée dès 2018
  • 60 000 nouveaux logements étudiants
  • la suppression de la cotisation sociale étudiante de 217 euros (rentrée 2018)
  • création de 10 nouveaux centres de santé étudiante d’ici 2019 (24 actuellement)
  • 60 000 nouveaux logements étudiants en 5 ans, auxquels s’ajoutent les 40 000 créations de logements d’ici fin 2017 : 100 000 logements créés d’ici 2022
  • le 5 du mois : date de versement fixe pour les bourses
  • un montant fixe de 120 euros de « cotisation vie étudiante » pour adhérer à la sécurité sociale, la médecine préventive et aux offres culturelles et sportives de son campus. Les boursiers ne payent pas cette cotisation.

La réforme côté budget 

  • 450 millions d’euros pour transformer le premier cycle
  • 500 millions d’euros de moyens supplémentaires pour accompagner la réforme

Le calendrier du Plan étudiants

Annoncée quelques mois seulement avalant sa mise en place, la nouvelle procédure d’accès à l’enseignement supérieur s’accompagne d’un calendrier, très ressemblant à celui d’APB les années précédentes.

1. S’informer

La première phase est une phase d’information qui vise à présenter ce nouveau plan. Elle vient de commencer avec les annonces du Premier ministre, de Frédérique Vidal et de Jean-Michel Blanquer. Les lycéens sont d’ores et déjà invités, en novembre et décembre, à s’informer :

Début décembre, le conseil de classe marque un premier tournant puisque celui-ci va prendre connaissance des intentions de l’élève et émettre des conseils et recommandations en matière d’orientation.

2. Faire ses vœux

Lors du deuxième trimestre, les élèves vont continuer à s’informer et participeront à une seconde semaine de l’orientation. L’occasion notamment de faire le point sur l’évolution des projets !

Le 15 janvier 2018, la nouvelle plateforme d’affection, qui n’est pas encore baptisée, ouvrira ses portes et les futurs étudiants pourront y faire leurs vœux : 10 au maximum.

En mars 2018, la formulation des vœux sera terminée. Le conseil de classe se chargera d’examiner ceux-ci et le chef d’établissement émettra un avis pour chaque vœu. Il transmettra ensuite des « fiches Avenir » aux établissements. Attention donc aux écarts de conduite au lycée, ils pourraient jouer sur l’avis du directeur... qui sait ?

3. Recueillir les propositions

Une fois les vœux « commentés » et transmis par le lycée viennent les phases d’analyse des dossiers par les établissements et la publication des propositions. Cette phase aura lieu en mai 2018. L’étudiant devra ensuite répondre à ces propositions avant le bac ! La procédure d’affectation se met en pause lors des épreuves, avant de reprendre une fois les résultats publiés, avec la phase complémentaire.

4. Saisir sa dernière chance

Une fois les résultats du bac affichés, les dossiers des élèves n’ayant reçu aucune réponse positive passent par la phase complémentaire, avec une commission rectorale d’accès au supérieur. Elles se réuniront toutes les semaines pour aider ces étudiants et leur trouver une place dans une formation correspondant au maximum avec son projet.

L’affectation se termine en septembre où, en théorie, tous les étudiants seront sur les bancs de l’université ou de l’école de leurs rêves !

Un nouveau nom pour APB : à vous de voter !

Un vote vient d'ouvrir ses portes sur le site du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Inovation, afin que le choix du nom du nouvel APB soit laissé aux lycéens, parents et étudiants. Le vote se clôturera le dimanche 19 novembre 2017. Voici les propositions :

  • Parcoursup
  • Devenir Étudiant
  • Mes études post-bac
  • Réussir Sup
  • Parcours étudiants

À vos votes !

Les ministres nous éclairent

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation et le Premier ministre ont répondu aux questions des internautes lors d'une séance de Facebook Live. Ils y précisent certains points du plan Étudiants.

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