L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a publié son rapport Regards sur l’éducation 2025 et, avec, de nouvelles données sur le temps que les élèves passent en classe à travers une quarantaine de pays.
La France, souvent pointée du doigt pour la densité de ses journées, est-elle vraiment au-dessus de la moyenne ? Les élèves travaillent-ils plus ou moins que leurs camarades étrangers ? Et surtout : plus de temps en classe rime-t-il avec de meilleures performances scolaires ? Diplomeo fait le point !
La France dans le top 15 mondial mais loin du podium
L’Australie est le premier pays de l’OCDE en nombre d’heures d’instruction obligatoire dans l’enseignement primaire et le premier cycle du secondaire (le collège). Les élèves y cumulent un total de 11 000 heures de cours entre le début de la primaire et la fin du collège.
La moyenne des pays et économies de l’OCDE se situe à 7 604 heures d’enseignement obligatoire. Avec plus de 8 000 heures cumulées, la France se situe au-dessus de cette moyenne et de celle de l’UE, qui atteint les 7 000 heures. La France arrive au 11e rang mondial, dans le premier quart du classement donc, mais sans décrocher le podium.
| Rang | Pays | Nombre d’heures de cours (primaire et collège) |
|---|---|---|
| 1 🥇 | Australie | 11 000 |
| 2 🥈 | Danemark | Plus de 10 000 |
| 3 🥉 | Costa Rica | Un petit peu plus de 10 000 |
| 4 | Pérou | 10 000 |
| 5 | Colombie | 10 000 |
| 6 | États-Unis | 9 000 |
| 7 | Israël | Un petit peu moins de 9 000 |
| 8 | Pays-Bas | Un petit peu moins de 9 000 |
| 9 | Canada | Un petit peu plus de 8 000 |
| 10 | Chili | Un petit peu plus de 8 000 |
À l’autre extrémité du classement, la Bulgarie affiche seulement 4 000 heures, soit deux fois moins qu’en France : l’écart est vertigineux.
Beaucoup de cours… mais beaucoup de vacances aussi
Le rapport de l’OCDE fait aussi la lumière sur les vacances scolaires à travers le monde, et là, la France change de registre. La Lettonie remporte le palmarès du pays qui offre le plus de semaines de congés à ses élèves de primaire, avec 18 semaines par année scolaire. Suivent la Lituanie, l’Estonie, la Grèce et la Roumanie, toutes au-dessus des 15 semaines.
La France arrive en 6e position avec un total d’un petit peu plus de 15 semaines de vacances scolaires dans l’année en primaire, soit deux semaines de plus que la moyenne de l’OCDE, qui se situe à 13 semaines. Beaucoup de cours, beaucoup de repos : un équilibre à la française, finalement !
La Corée du Sud est de loin le pays qui prévoit le moins de pauses, avec un petit peu plus de 5 semaines dans l’année. Cinq semaines, c’est à peu près la durée des grandes vacances françaises, sans tenir compte des autres périodes de congés : de quoi relativiser les complaintes de rentrée ! L’avant-dernier pays est la Suisse, avec une dizaine de semaines.
Le vrai sujet : combien d’élèves par prof ?
Passer beaucoup d’heures en classe, c’est une chose. Mais être réellement suivi par son enseignant, c’en est une autre. C’est là qu’intervient le taux d’encadrement, c’est-à-dire le nombre d’élèves par enseignant.
Plus cet effectif est élevé, plus l’enseignant peut avoir du mal à « fournir des conseils personnalisés et à suivre efficacement l’apprentissage », précise le rapport de l’OCDE. Autrement dit : peu importe le volume d’heures, si un prof gère trente élèves simultanément, l’attention accordée à chacun s’en trouve mécaniquement réduite.
À noter que le taux d’encadrement ne désigne pas tout à fait la même chose que la taille des classes. Au lycée, les élèves sont souvent répartis par filières, spécialités ou groupes pour certains cours, par exemple, ce qui divise l’effectif total de la classe.
En moyenne, dans les pays de l’OCDE et de l’UE, un enseignant du premier et du deuxième cycle du secondaire supervise 13 élèves. L’Afrique du Sud se distingue par un taux très élevé, avec plus de 30 élèves par enseignant au lycée. L’Inde arrive en deuxième position avec un peu plus de 20 lycéens par enseignant. Plusieurs pays d’Amérique du Sud (Colombie, Mexique, Brésil, Pérou et Chili) affichent des taux qui tournent autour de 20 à 23 élèves.
La France, elle, se situe en dessous de la moyenne de l’OCDE et de l’UE, avec environ 12 élèves par enseignant au lycée. Un chiffre plutôt favorable et qui confirme que ce n’est pas tant la quantité de cours qui distingue le système français, mais la densité de l’accompagnement individuel, selon le rapport.
Les 2e et 3e pays au classement des heures de cours (le Danemark et le Costa Rica) enregistrent des taux d’encadrement proches, à environ 14 élèves par enseignant. Le taux n’a pas été communiqué pour l’Australie, le pays champion en matière d’heures de classe.
Ce que ces données dessinent, finalement, c’est qu’il n’y a pas de recette universelle : ni le plus grand nombre d’heures ni le moins de vacances ne garantissent de meilleurs résultats. Ce qui compte autant, c’est la qualité de l’accompagnement. Et ça, c’est une variable sur laquelle tu peux agir dès maintenant, en choisissant une formation avec le suivi qui te correspond, dès la fin du collège ou plus tard, à la fin du lycée et même encore après !
Et si tu n’as pas encore les idées claires, pas de panique : l’orientation, ce n’est pas un verdict rendu une bonne fois pour toutes à 15 ans. Se réorienter en cours de licence, bifurquer après un BTS, reprendre des études après quelques années en entreprise, c’est non seulement possible, mais souvent salutaire. Ce qui compte, c’est de trouver un cadre dans lequel tu peux vraiment progresser. Le reste, ça s’ajuste.






