Tu scrolles tranquillement sur X et voilà que tu tombes sur LE post qui te donne envie de fermer l’appli : « Voici les 40 métiers qui seront remplacés par l’IA selon Microsoft ». Et là, c’est la panique à bord. Tu penses à ton avenir et te demandes si tu dois changer complètement de plan de carrière. C’est une vraie angoisse, surtout quand on prépare son orientation et qu’on se demande quelle filière choisir avant ou après le bac. Mais bonne nouvelle : la réalité est plus complexe (et plus rassurante) que ces tweets alarmistes !
On t’aide à comprendre ce que dit vraiment l’étude de Microsoft et surtout quelles études choisir, et quelles stratégies adopter pour garder une vraie place dans le monde du travail de demain !
Ce que dit vraiment l’étude Microsoft
Avant d’aller plus loin, pose-toi ces trois questions :
1. Ton futur métier implique-t-il un contact humain direct et physique ? (soin, accompagnement, terrain)
2. Ton futur métier nécessite-t-il des décisions en temps réel dans des contextes imprévisibles ?
3. Ton futur métier repose-t-il principalement sur de la rédaction, de l’analyse ou de la gestion que tu pourrais déléguer à un outil ?
Si tu as répondu « oui » aux deux premières questions, tu es plutôt bien positionné. Si c’est la troisième qui te parle, pas de panique : ça ne veut pas dire que ton projet est menacé à tout prix, mais qu’il va falloir t’adapter.
Dans la famille des métiers pointés du doigt par l’étude Working with AI : Measuring the Applicability of Generative AI to Occupations de Microsoft sortie en juillet 2025, je voudrais l’interprète, le traducteur, l’historien, l’agent de bord ou encore l’écrivain…

En réalité, l’étude ne désigne pas les métiers condamnés, mais plutôt les métiers les plus compatibles avec une certaine utilisation de l’IA. Ce qu’il faut conclure, c’est donc que ces métiers sont amenés à évoluer en intégrant plus d’IA pour aller plus vite et automatiser des tâches, par exemple. Ce sont essentiellement des professions en lien avec la rédaction, la relation-client, l’animation commerciale, la communication, l’analyse et la gestion administrative.
200 000 conversations anonymisées entre des utilisateurs et Bing Copilot ont été analysées. L’objectif : comprendre pour quelles activités de travail l’IA est vraiment « utilisable » ou « applicable »), selon ce que les gens lui demandent et ce qu’elle réussit à faire.
Un « score d’applicabilité de l’IA » (AI applicability score) par métier a été attribué.
Les formations conduisant aux métiers peu automatisables
Tu rêves d’un métier au sein duquel l’IA n’aura qu’une petite place ? Tu peux jouer la carte de la sécurité et t’orienter vers des domaines où la valeur humaine est quasi irremplaçable — en tout cas pour l’instant. Ce sont des domaines où il faut du geste technique, toucher, observer, soigner, improviser, prendre des décisions en temps réel… bref, être là !
L’étude Microsoft liste aussi des métiers très peu compatibles avec l’IA. Il s’agit surtout de professions paramédicales, à risque et manuels comme : préleveur sanguin, infirmier, chirurgien maxillo-facial, technicien en élimination des déchets dangereux, thanatopracteur, maçon, réparateur ou encore femme de ménage.
Besoin d’inspi pour ton orientation ? Tu peux viser les domaines d’études suivants :
- Paramédical & santé
- Technique, maintenance, entretien, évaluation des risques & agriculture
- Bâtiment, travaux publics & artisanat
- Métiers du soin, du bien-être & de l’esthétique
- Animation & accompagnement de publics spécifiques (enfants, personnes âgées, publics fragiles)
| Domaines d’études conduisant aux métiers les moins compatibles avec l’IA | Exemples de cursus |
| Paramédical & santé | IFSI (infirmier)
Formation de manipulateur d’électroradiologie médicale PASS et LAS pour accéder à cinq filières de santé : Maïeutique, Médecine, Odontologie, Pharmacie et Kinésithérapie Institut de formation en ergothérapie BTS Diététique et nutrition / Orthoprothésiste DE Aide-soignant (DEAS) / Auxiliaire de puériculture (DEAP) Etc. |
| Technique, maintenance, entretien, évaluation des risques & agriculture | BTS Métiers de la chimie / Métiers de l’eau / Environnement nucléaire / Maintenance
BTSA (production animale, agronomie, viticulture, gestion forestière, etc.) BUT Hygiène sécurité environnement École d’ingénieurs CAP, BP Licence Electronique Licence Sciences de la vie Licence pro Métiers de l’électricité et de l’énergie Titre professionnel Agent de Propreté et d’Hygiène Etc. |
| Bâtiment, travaux publics & artisanat | CAP Maçon / Installateur sanitaire / Électricien / Peintre applicateur de revêtements / Charpentier bois / Souffleur de verre / Orfèvre
BTS Travaux publics / Bâtiments / Métiers de la mode Licence pro Métiers du BTP BUT Génie civil École d’ingénieurs BMA (brevet des métiers d’art) DN MADE et école d’arts appliqués Etc. |
| Métiers du soin, du bien-être & de l’esthétique | CAP Esthétique cosmétique parfumerie
BTS Métiers de l’esthétique BP esthétique cosmétique parfumerie Titres pro Etc. |
| Animation & accompagnement de publics spécifiques (enfants, personnes âgées, publics fragiles) | BAFA
BPJEPS BUT Carrières sociales DE Educateur spécialisé CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE) / Agent accompagnant au grand âge DE Accompagnant éducatif et social (DEAES) DE aide médico-psychologique (AMP) Etc. |
Attention tout de même ! Si l’essentiel des tâches liées aux métiers de ces domaines n’est pas forcément compatible avec l’IA, celle-ci pourra quand même s’inviter dans ton quotidien professionnel. Elle pourra t’aider à planifier une tournée de soins, analyser une parcelle agricole, gérer des stocks, préparer une animation, etc.
Les formations aux métiers qui construisent l’IA
L’intelligence artificielle, c’est bien beau, mais elle ne vient pas de nulle part ! Derrière, il y a bien des humains pour superviser tout ça. Des professionnels la créent, l’encadrent, la maintiennent à flot et la régulent.
Te tourner vers les cursus qui préparent à ces métiers autour de l’IA peut être une bonne stratégie pour rester dans le coup. Ils concernent la data, le développement, l’informatique, les maths, l’UX design ou encore la gouvernance du digital :
- CPGE scientifique
- Cycle ingénieur en école d’ingés
- Licence Informatique / Mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales ou MIASHS / Maths
- École spécialisée en informatique, développement web et mobile et UX design
- Master Droit du numérique
- Master Droit, gouvernance et digital
- Etc.
Intelligence artificielle : comment en faire son alliée dans ses études… sans se faire piéger ?
J’ai déjà choisi com, marketing ou RH : je fais quoi maintenant ?
Tu as lu la liste des métiers « compatibles avec l’IA » et tu as reconnu ton projet dedans ? Communication, marketing digital, ressources humaines, gestion, commerce… Ne t’inquiète pas. Il n’y a pas de quoi jeter ton dossier Parcoursup à la poubelle.
L’IA ne va pas remplacer le chargé de com qui gère une crise sur les réseaux, le commercial qui négocie un contrat complexe ou le RH qui accompagne un salarié en difficulté. En revanche, elle va transformer la façon dont ces métiers fonctionnent au quotidien.
Voici ce que tu peux faire dès ton orientation :
- Cherche les formations qui intègrent l’IA dans leur programme : certaines écoles de commerce, certains BUT et BTS ajoutent désormais des modules sur les outils d’IA générative, l’automatisation ou la data. Ce n’est pas un gadget : c’est ce qui te différenciera sur le marché du travail.
- Développe les compétences que l’IA ne peut pas reproduire : la stratégie créative, la négociation, la gestion de crise, l’intelligence relationnelle… Ce sont ces compétences « humaines » qui te rendront indispensable, même dans un environnement ultra-automatisé.
- Accepte l’idée de te former en continu : l’IA évolue à une vitesse folle. Ta formation initiale te donnera un socle, mais ce n’est pas une ligne d’arrivée. Les pros qui s’en sortiront le mieux sont ceux qui resteront curieux et adaptables.
- Ne choisis pas par défaut : si tu vas en com ou en marketing juste parce que tu ne sais pas quoi faire, tu risques de subir les évolutions du secteur au lieu de les anticiper. Choisis un domaine qui te motive vraiment ! C’est cette motivation qui te poussera à évoluer avec lui.
Quand tu regardes une formation, vérifie si elle mentionne l’IA, le digital ou la data dans son programme. Si ce n’est pas le cas, pose la question en journée portes ouvertes, par exemple. Une école qui n’a pas encore intégré ces sujets en 2026, c’est un signal d’alerte.
Les études qui t’apprennent à intégrer l’IA dans ton futur métier
Peu importe la filière que tu vises (commerce, communication, marketing, ressources humaines, gestion, tourisme, comptabilité, finance, logistique ou encore immobilier), une chose est sûre : tu devras apprendre à composer avec l’IA ! Pas pour te remplacer — on l’espère en tout cas — mais pour t’aider au quotidien.
Vu comme les choses se profilent, dans les métiers liés à ces domaines, l’IA sera un outil comme un autre : pour rédiger plus vite, analyser des données, organiser ton travail, préparer une réunion, répondre à des clients ou créer des supports, par exemple.
Bonne nouvelle : ça ne veut pas dire qu’il faut abandonner ces domaines d’études ! Ces secteurs restent d’excellents choix d’orientation selon ton profil et tes aspirations, à condition d’être prêt à intégrer l’IA dans ta boîte à outils. Et tu n’as pas forcément besoin de suivre un cursus ultra-tech pour ça ! La plupart des formations ajoutent désormais des modules IA, que ce soit en école de commerce, en BUT, en BTS ou à l’université.
Certaines formations vont même plus loin et affichent l’IA directement dans leur intitulé. C’est le cas en logistique, en management de la supply chain, en marketing digital, en communication ou encore dans certains bachelors et masters spécialisés en innovation ou transformation numérique.
Les compétences qui te rendront irremplaçable, quel que soit ton domaine
Au-delà du choix de filière, il y a des compétences qui te serviront partout et que l’IA aura du mal à reproduire. Ce sont elles qui feront la différence sur ton CV et dans ta carrière, que tu choisisses la santé, le commerce ou l’artisanat, par exemple :
- La pensée critique : savoir quand l’IA se trompe, challenger ses résultats, ne pas tout accepter comme argent comptant. C’est ce qui distinguera le pro du simple exécutant.
- L’intelligence relationnelle : négocier, convaincre, gérer un conflit, accompagner quelqu’un dans un moment difficile… Tout ce qui implique de comprendre l’autre et de s’adapter à lui en temps réel.
- La créativité stratégique : ne pas juste « avoir des idées », mais savoir innover dans un cadre contraint, avec des objectifs précis et des ressources limitées. L’IA peut générer mille propositions, mais c’est toi qui choisiras la bonne.
- L’adaptabilité : le monde du travail de 2030 ne ressemblera pas à celui de 2026. Ta capacité à apprendre, désapprendre et réapprendre sera ton meilleur atout.
- La maîtrise de l’IA comme outil : tu n’as pas besoin de savoir coder, mais savoir utiliser les outils d’IA pour gagner du temps, vérifier leurs résultats et les intégrer dans ton travail deviendra aussi basique que savoir utiliser Excel.
Ces compétences, certaines formations les développent mieux que d’autres. C’est un critère à garder en tête quand tu compares tes options.
L'IA ne va pas faire disparaître ton futur métier du jour au lendemain. Elle va transformer certaines tâches, en automatiser d'autres et créer de nouveaux besoins qu'on n'imagine même pas encore. Ce qui compte, ce n'est pas de choisir une filière « anti-IA » ou « pro-IA ». C'est de choisir un domaine qui te motive vraiment, dans lequel tu auras envie d'évoluer et de te former tout au long de ta carrière. L'IA sera un outil parmi d'autres. Ce qui fera la différence, c'est toi : ta curiosité, ta capacité à t'adapter et ta façon de travailler avec les autres.
Et si tu ne sais toujours pas par où commencer, ce n'est pas grave. L'orientation, c'est rarement une ligne droite et c'est justement pour ça qu'on est là !






