Comment gérer son éco-anxiété ?

Plus d’un jeune sur deux est touché par l’éco-anxiété en France. Comment identifier ce phénomène ? Quels sont les risques ? Comment le combattre ? On fait le point avec une psychologue spécialiste de la santé mentale des jeunes et une étudiante engagée pour le climat.
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D Lahoud/peopleimages.com © Adobe Stock

C’est un phénomène dont on entend de plus en plus parler ces dernières années. Entre la dégradation de l’environnement, l'intensification des événements liés au dérèglement climatique et autres prévisions sombres pour l’avenir de la planète, une grande partie de la population est en proie à l’éco-anxiété. En première ligne : les jeunes, qui sont de loin les plus touchés.

Près de 70% des 16-25 ans dans le monde se disent ainsi  “très inquiets” ou “extrêmement inquiets” du changement climatique, selon une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet. Et en France, cette éco-anxiété touche plus d’un jeune sur deux. Pour autant, ce phénomène n’est pas une fatalité. Il est tout à fait possible d’en limiter les effets avec des actions concrètes. 

Diplomeo a interrogé à ce sujet Anne-Claire de Pracomtal, psychologue spécialisée dans la santé mentale des jeunes, qui a lancé Iamstrong, une plateforme en ligne de coaching pour aider les jeunes à gérer leur stress et leur anxiété. La rédaction a également contacté Maéva Callewaert, une étudiante en ingéniérie de l’ESILV engagée dans une association tournée autour du développement durable. Nos deux interlocutrices te dévoilent ce qu’il faut savoir sur l’éco-anxiété et comment la surmonter ! 

Éco-anxiété chez les 16-25 : chiffres clés

  • Plus d’un Français sur deux se dit “très” ou “extrêmement inquiet” du changement climatique 
  • 35% des jeunes pensent que cette éco-anxiété affecte négativement leur manière de vivre
  • 74% d’entre eux sont pessimistes sur le sujet du climat 
  • 67% considèrent que les gouvernements n’agissent pas assez pour éviter les catastrophes climatiques

Source : étude parue dans The Lancet en 2021, menée sur près de 10.000 jeunes dans 10 pays. 

Qu’est-ce que l’éco-anxiété ?

Le terme éco-anxiété a pris une place grandissante dans le vocabulaire du dérèglement climatique ces dernières années. “C’est une forme d’angoisse liée à la crise environnementale et à l'évolution de notre monde qui inquiète particulièrement les jeunes”, explique Anne-Claire de Pracomtal. “Une très grande majorité des jeunes manifestent une perte de sens. Cela se traduit par une baisse de motivation, à l’école et dans la vie, et une grande inquiétude” poursuit la psychologue. “L’avenir est brouillé, il n’est pas très joyeux donc ce sont des sentiments très négatifs

Maéva ressent ce sentiment d’éco-anxiété régulièrement, mais pas au quotidien. “C’est plus au détour de conversations à propos du futur, comme la question de savoir comment on va réellement faire niveau écologie. Parce que les prévisions ne sont pas du tout bonnes et les modèles économiques ne changent pas beaucoup, ou pas assez pour le voir”, témoigne l’étudiante en 4e année de l’ESILV. “C’est plus de la réflexion intellectuelle que des symptômes”, ajoute la jeune femme engagée dans l’association De Vinci Durable. Cette asso vise à sensibiliser au climat, autour d’ateliers ludiques et de rencontres, en désapprenant les petits gestes du quotidien pour les remplacer par des pratiques plus respectueuses de la planète. 

Quels sont les risques liés à l’éco-anxiété ?

“Les risques pour les jeunes, c’est qu’ils développent par exemple, au niveau de l’école ou des études supérieures, des phobies, ou qu’ils décrochent complètement”, égrène Anne-Claire de Pracomtal. “L’éco-anxiété favorise aussi le développement de dépressions. Et qui dit dépression dit risques suicidaires, ça peut aller loin”. 

Les comportements liés à l’éco-anxiété s’ajoutent à la hausse des signaux dépressifs observée chez les jeunes aujourd’hui - un jeune sur trois souffre d’un trouble de santé mentale. “Ces dernières années, les facteurs anxiogènes pour les jeunes ont grandi, comme la crise sanitaire ou la sur-utilisation des réseaux sociaux, sur fond de guerres et de crises politiques, économiques et environnementales. Tous ces facteurs-là peuvent vraiment avoir un impact sur leur santé mentale, explique Anne-Claire de Pracomtal.

 

Comment combattre l’éco-anxiété ?

Tous ces symptômes ne sont pas une fatalité ! Il existe des méthodes à mettre en place pour combattre l’éco-anxiété, selon la psychologue. “Le but est de se mettre dans une logique beaucoup plus positive et dynamique, explique-t-elle. La spécialiste nous dévoile quelques pistes pour “se remettre en ordre de marche”

  • Développer sa pensée critique : “il faut sélectionner ses sources d’information, ne pas lire et écouter tout et n’importe quoi. J’incite aussi les jeunes à regarder ce qui va bien. C’est important de se concentrer sur le positif, sur tous les projets novateurs et les avancées technologiques”, explique Anne-Claire de Pracomtal.
  • Agir : “l’action est un bon moyen pour réduire l'anxiété, pour affronter l'incertitude et accepter de lâcher prise là où on n'a pas le contrôle. Il y a des choses sur lesquelles on a un impact. On peut mettre en place des actions, en s’engageant sur un plan associatif ou en modifiant sa manière de se nourrir ou de s’habiller par exemple. Ces processus sont un cercle vertueux”, assure la psychologue. 
  • Mettre en place une routine, en organisant son temps et en s’accordant des moments relaxants parmi les obligations du quotidien. “Cela peut être la pratique régulière du sport par exemple, ou des outils de respiration, comme la méditation, le yoga, la visualisation positive… Il faut s’adapter selon son profil !”, explique Anne-Claire de Pracomtal. “La mise en place d’un plan d’action vise à s’extraire d’un mal être en l’identifiant. C’est le point de départ pour apprendre à gérer son stress”. 

Maéva, elle, a choisi l’action. Elle opte pour des réflexes du quotidien vertueux pour la planète qui ne perturbent pas pour autant son mode de vie, comme ne pas prendre la voiture quand elle est seule. “Ce sont plus des actions simples qui s’appliquent à tout le monde et qui vont participer à diminuer notre empreinte carbone et cela va aider à diminuer l’éco-anxiété”, selon elle. “Il y a forcément des solutions à trouver. Agissons au maximum, et on ne pourra pas le regretter plus tard. En ayant conscience de la problématique climatique, cela nous permet d’avancer”, conclut-elle. 

 

 

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