Comment rédiger un mémoire ?

Comment rédiger un mémoire ? Voici tous les conseils pour réussir les différentes étapes de la rédaction de son mémoire.

Comment rédiger un mémoire

Crédit Diplomeo

Rédiger un mémoire. Dans nombre de formations de l’enseignement supérieur, lors de votre dernière année de master, cette mission vous sera confiée. Quelles sont les différentes étapes de la rédaction d’un mémoire ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Voici tous les conseils pour vous aider à réussir la rédaction de votre mémoire de fin d’études.

Les étapes de la rédaction du mémoire

La rédaction d’un mémoire passe par différentes étapes. De la recherche d’un sujet à la rédaction, en passant par la définition de la problématique et le travail de terrain, petit rappel des différentes phases par lesquelles vous devrez passer.

Trouver un sujet

La première étape, et non des moindres, est de trouver un sujet pour votre mémoire. Parfois, votre établissement vous aidera dans cette démarche. Mais souvent, vous vous sentirez livré à vous-même. La meilleure idée que vous puissiez avoir est de trouver un sujet qui vous plaît et que vous souhaitez creuser. Étant donné que vous allez passer des heures à travailler sur votre mémoire, autant que ce soit un sujet qui vous passionne. Vous n’en serez que plus impliqué !

Faites en sorte que votre sujet soit en adéquation avec la formation que vous suivez. Et faites également tout pour que ce mémoire puisse vous servir lorsque vous aurez terminé vos études. Certains sujets peuvent en effet directement vous aider à trouver un emploi lors de votre entrée sur le monde du travail.

Avant d’arrêter votre choix, parlez-en à vos camarades de promotion ainsi qu’à vos professeurs : ils sauront vous aiguiller si vous faites fausse route et vous encourager si votre sujet vaut le coup d’être traité.

Définir la problématique

« La définition de la problématique est une étape très importante dans la rédaction d’un mémoire »

Une fois que votre sujet sera défini, vous allez devoir essayer de dégager une problématique. Quel angle de votre sujet n’a pas encore été traité ? Quel phénomène est susceptible d’être creusé ? Pour définir votre problématique, vous allez devoir effectuer un certain nombre de recherches. « La définition de la problématique est une étape très importante dans la rédaction d’un mémoire », témoigne Jean-Christophe Hauguel, directeur général adjoint et directeur des programmes de l’EM Normandie. Au cours de cette période, vous allez devoir « étudier de la littérature, rechercher des articles académiques et scientifiques sur le sujet », précise-t-il.

Votre problématique devra être simple et cohérente. Souvent, les problématiques sont présentées sous forme de question fermée. Il vous sera alors possible de répondre par oui et par non, au cours de la rédaction de votre mémoire.

Voici trois exemples de sujets de mémoire présentés au cours de ces dernières années à l’EM Normandie :

  • Enjeux et perspectives pour un constructeur sur le marché après vente automobile face à une mutation sectorielle sans précédent.
  • Quelle est la vision des PME françaises sur les organismes de quotation à la suite de la crise des subprimes ?
  • Équilibrer le rapport de force entre contrôleur de gestion et manager opérationnel

Choisir son directeur de mémoire

L’étape suivante n’est autre que le choix de votre directeur de mémoire. Ne sous-estimez pas cette étape : le choix du directeur peut influencer la manière dont vous allez travailler.

La plupart du temps, vous aurez une idée du professeur que vous souhaitez choisir pour diriger votre mémoire. Si ce n’est pas le cas, demandez à votre responsable pédagogique : les établissements ont très souvent une liste complète des enseignants pouvant être directeurs de mémoire.

L’idéal est de choisir pour votre mémoire un directeur qui connaît bien le sujet que vous allez traiter. Si c’est un enseignant que vous connaissez, c’est encore mieux. Vous pourrez ainsi rapidement avoir une discussion franche au sujet de votre idée de sujet et vous servir de ses retours pour le faire évoluer.

Faire de la recherche

« Il faut éviter de mettre le plan en place immédiatement. C’est une erreur assez classique »

« Il faut éviter de mettre le plan en place immédiatement. C’est une erreur assez classique, évoque Jean-Christophe Hauguel. Il faut commencer par réfléchir, par lire, par synthétiser. Les étudiants doivent savoir de quoi ils veulent parler, le plan viendra facilement par la suite », ajoute-t-il.

La partie recherche est très importante : c’est grâce à elle quie vous arriverez à connaître votre sujet. Faites des recherches dans la bibliothèque de votre établissement pour trouver des œuvre qui évoquent votre sujet. Vos professeurs peuvent également être d’une aide précieuse dans votre recherche bibliographique. En outre, vous trouverez de nombreuses ressources sur internet.

« Il ne faut pas avoir d’idées préconçues sur la partie théorique et conceptuelle, reprend Jean-Christophe Hauguel. Les étudiants pensent qu’il y a forcément une réponse évidente, mais les sciences humaines ne sont jamais exactes il faut donc étudier les différentes écoles de pensée, les différentes façons de voir les choses. C’est une initiation à la recherche et tout sujet mérite débat. Il faut donc s’ouvrir un maximum et garder un regarde critique sur tout ce qu’on peut lire pour essayer de comprendre ce qui fait les débats », termine-t-il.

Faire le plan

Une fois que vous aurez votre problématique et que vous aurez avancé sur vos recherches, vous pourrez faire le plan. En fonction de l’établissement dans lequel vous étudiez, vous recevrez des consignes sur le type de plan à mettre en place. Plan de dissertation argumentative, plan de dissertation explicative, plan de dissertation narrative : les possibilités sont multiples.

« Le plan, c’est la partie la plus simple, témoigne Jean-Christophe Hauguel. À l’EM Normandie, nous leur demandons de consacrer la première partie à une revue de la littérature, la deuxième partie est dédiée au terrain, et la troisième partie est constituée des recommandations. Puis il faut faire une conclusion avec une ouverture. Les plans les plus simples sont les plus efficaces », ajoute-t-il.

Pour composer votre plan, n’hésitez pas à feuilleter les mémoires rédigés par d’anciens élèves de votre promotion. Vous vous donnerez des idées et vous rendrez compte de ce qui peut (ou non) se faire.

Et si vous êtes plutôt du genre « visuel », vous pourrez aussi construire le squelette de votre mémoire grâce à des plans visuels, avec la technique du mind mapping. Elle vous permettra de bien organiser vos idées. Vous pourrez notamment vous en servir pour rayer les parties écrites et vous rendre compte de votre avancé !

Effectuer le travail de terrain

La plupart de temps, lorsque vous rédigez un mémoire de recherche, vous allez devoir faire une partie « terrain » afin d’avoir des données quantitatives à exploiter. Cette partie est d’ailleurs souvent appelée la « partie empirique » du mémoire.

« Il faut bien réfléchir à sa méthodologie afin que le terrain sur lequel on va aller soit bien représentatif des divers points de vue sur le sujet, précise Jean-Christophe Hauguel. Les élèves peuvent avoir tendance à aller dans un secteur et de penser que cela se passe forcément comme ça partout. Nous leur disons qu’ils doivent croiser leurs recherches : dans différents secteurs, dans différentes entreprises, avec des cadres, des salariés et des dirigeants. La méthodo doit être représentative des différentes tendances », termine-t-il.

Cette démarche vous permettra de vérifier les hypothèses que vous avez émises. En effectuant cette partie empirique, vous pourrez faire des observations de terrain et ainsi avoir une analyse plus poussée de votre sujet.

« Pour l’échantillon de personnes à interroger, tout dépend de la population mère, détaille Jean-Christophe Hauguel. Si vous interrogez 500 personnes et que votre étude porte sur la terre entière, le biais va être grand. Avec la méthode des quotas, on peut avoir échantillon représentatif. On conseille de lisser un certain nombre de résultats en considérant qu’il ne faut pas les prendre à la lettre. Il faut que les étudiants soient toujours prudents et conscient de tout cela. Ils ne doivent pas toujours tirer des généralités, ils doivent préciser les limites de leur échantillon, montrer qu’ils en ont conscience », ajoute-t-il.

Passer à la rédaction

Et aussi

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Puis, vient la partie rédaction. Vous avez votre problématique, votre plan, vos hypothèses, vos recherches documentaires et votre partie terrain est terminée. Vous n’avez plus qu’à articuler le tout et à rédiger votre mémoitre.

Pour le rédaction, essayez d’être exhaustif, de donner tous les éléments qui puissent aider à la compréhension de votre sujet et faire avancer votre argumentation. Essayez de faire des phrases courtes afin de donner plus de force à vos propos. N’hésitez pas à mettre des notes de bas de page si vous avez besoin de faire une précision qui n’apparaisse pas dans le corps de votre texte.

Les erreurs à ne pas commettre !

Un certain nombre d’erreurs ne doivent pas être commises durant la rédaction de votre mémoire. Jean-Christophe Hauguel en a listé quatre.

« Il faut bien travailler la partie forme, il faut avoir un rendu plutôt professionnel du travail »

Ne pas citer ses sources

« Il est très important de citer ses sources lors de la rédaction de votre mémoire », précise le directeur des programmes de l’EM Normandie. En effet, lorsque vous énoncez une idée, pensez à dire d’où celle-ci vient. Donnez le nom de l’auteur et le nom du texte. Cela donnera beaucoup plus de poids et de force à votre argumentation.

Faire du copier-coller

« Nous avons des logiciels anti-plagiat, s’ils n’y font pas attention ils vont se faire prendre et le mémoire sera nul et non avenu », lance Jean-Christophe Hauguel. Et toutes les écoles et universités disposent de tels logiciels. Ainsi, faites attention à ne pas faire de copier-coller lors de la rédaction de votre mémoire. Vous pouvez citer, mais mettez toujours les phrases entre guillemets. De même, n’hésitez pas à reformuler certaines citations en précisant l’auteur afin de ne pas être accusé de copier-coller.

Ne pas se lire

« Il faut bien travailler la partie forme, il faut avoir un rendu plutôt professionnel du travail qui passe par une relecture importante sur la partie orthographe, vocabulaire et grammaire », précise Jean-Christophe Hauguel.

La relecture est une partie importante de la rédaction de votre mémoire. Malheureusement, beaucoup la sous-estiment. Passez du temps à relire vos écrits et faites-les également relire par vos proches et vos camarades avant de les envoyer à votre professeur ou de les imprimer.

Négliger la forme

« Sur la mise en forme, les interlignes, la police, la pagination, les graphiques, les citations, un effort particulier doit être fait », termine Jean-Christophe Hauguel. Si le contenu est important, sa mise en forme l’est tout autant. Si vous ne lui donnez pas envie de lire, votre lecteur lâchera plus rapidement. Il est donc important que la mise en forme soit belle et soignée. Bon courage !

Charles Bret