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Service militaire volontaire : 5 choses à savoir sur le dispositif annoncé par Emmanuel Macron

Le président de la République a dévoilé jeudi 27 novembre les contours d'un nouveau service militaire volontaire destiné aux 18-25 ans. Voici ce qu'il faut retenir de cette annonce qui marque un tournant dans la politique de défense française.
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© Dragoș Asaftei - Adobe Stock

Dans un monde où « la force prime sur le droit », la France doit renforcer sa capacité de défense et son lien entre la Nation et son armée. C’est par ces mots que le président de la République, Emmanuel Macron, a officialisé, depuis la base militaire de Varces (Isère), jeudi 27 novembre, la création d'un service militaire volontaire destiné aux jeunes de 18 à 25 ans.

Ce dispositif, qui s’inscrit dans un climat géopolitique particulièrement tendu, marqué par les menaces croissantes liées à la Russie et la persistance de la guerre en Ukraine, signe l'abandon définitif du Service national universel (SNU). Avec cette annonce, l'exécutif mise désormais sur un engagement purement militaire et volontaire, censé à la fois répondre aux besoins opérationnels des armées et offrir aux jeunes une expérience structurante. On fait le point sur les cinq principales choses à retenir de ce dispositif.

Des profils de 18 à 25 ans sélectionnés sur dossier

Si le service militaire volontaire est ouvert aux Français de 18 à 25 ans, l'armée cible en priorité les tout jeunes majeurs. Environ 80% des recrues auront entre 18 et 19 ans, a précisé Emmanuel Macron lors de son discours. Ce choix n'est pas anodin : à cet âge, beaucoup de jeunes viennent de décrocher leur bac et hésitent encore sur leur orientation. Pour eux, ces dix mois de service pourraient s'inscrire comme une année de césure avant d'entamer des études supérieures ou de se lancer dans la vie active.

Les 20% restants concernent des profils plus âgés, jusqu’à 25 ans et surtout plus spécialisés : ingénieurs, analystes de données, infirmiers ou encore traducteurs, des compétences particulières recherchées par l’armée. Ces derniers pourront rejoindre le dispositif avec le grade d'aspirant, soit le premier grade d'officier.

La sélection est prévue sur dossier, entretien, visite médicale et contrôle de sécurité. Les candidatures pourront être examinées dès mi-janvier 2026, avec une réponse définitive promise au plus tard le 1er juillet, en phase avec le calendrier Parcoursup pour permettre aux futurs étudiants de s'organiser sereinement. Pour candidater, il faudra manifester son intérêt lors de la nouvelle « Journée de mobilisation », qui remplace l'actuelle Journée Défense et Citoyenneté, ou via une future application baptisée Défense+.

3000 recrues dès l'été 2026

Le lancement du dispositif sera progressif, a précisé le président de la République. Dès l'été 2026, les premiers 3 000 volontaires revêtiront l'uniforme pour dix mois de service. L'objectif affiché par Emmanuel Macron est ensuite d'atteindre 10 000 jeunes par an en 2030, puis 50 000 par an d'ici 2035.

Cet objectif de 50 000 inclut toutefois les dispositifs déjà existants comme le Service militaire volontaire (SMV) et le Service militaire adapté (SMA) en outre-mer, qui perdurent avec leurs missions d'insertion professionnelle.

Un budget colossal attendu

Pour financer cette montée en puissance militaire, l'État prévoit un budget colossal : plus de 2 milliards d'euros sur la période 2026-2030, dont 1,4 milliard rien que pour construire ou rénover les infrastructures d'hébergement.

Opération Sentinelle, protection de sites sensibles… Des missions bien définies

Contrairement au SNU qui peinait à trouver son identité entre missions citoyennes et engagement militaire, ce nouveau service national affiche clairement la couleur : les futures recrues seront plongées dans un bain 100% militaire.

Après un mois de formation initiale pour apprendre les rudiments (maniement des armes, marche au pas, chants militaires), les jeunes rejoindront des unités opérationnelles où ils effectueront les mêmes missions que les militaires d'active, mais uniquement sur le territoire national. Exit donc tout fantasme d'envoi au front en Ukraine, comme l'a martelé le président.

Les volontaires pourront participer à l'opération Sentinelle, ce dispositif antiterroriste qui mobilise actuellement environ 10 000 soldats pour sécuriser les lieux sensibles : gares, aéroports, lieux de culte, sites touristiques. Ils assureront également la protection des emprises militaires, surveilleront les approches maritimes dans les sémaphores le long du littoral, ou encore contribueront aux missions de soutien logistique (maintenance, restauration, gestion des stocks).

Quant aux jeunes les plus qualifiés, ils interviendront dans des domaines d'expertise comme la cyberdéfense, l'ingénierie ou les fonctions médicales. À partir de 2027, il sera même possible d'effectuer son service au sein de la gendarmerie nationale, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ou du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Salaire, frais de déplacements, aménagement d’études : les avantages mis en avant par Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat a aussi évoqué certains avantages à rejoindre ce service militaire volontaire. À commencer par une solde mensuelle de 800 euros brut minimum, avec un alignement des primes de terrain sur celles des militaires d'active. Les jeunes militaires seront en outre logés, nourris et équipés aux frais de l’armée. Pour les déplacements, ils bénéficieront d'une carte de circulation militaire offrant 75% de réduction dans les trains.

Côté études, le dispositif est censé ne pas pénaliser les parcours académiques. Cette année sous les drapeaux sera considérée comme une année de césure, permettant de reporter ses vœux sur Parcoursup sans perdre d'année. Les jurys de l'enseignement supérieur seront même « incités » à valoriser cette expérience militaire lors des délibérations. Cette expérience permettra aux volontaires de valider environ 15 crédits ECTS grâce à leur service, et la solde perçue ne sera pas prise en compte dans le calcul des bourses.

Armée de l’Air et de l’Espace, Marine nationale

Ils ont décidé de s’engager

Et après ? Des jeunes mobilisables 5 jours par an pendant 5 ans

À l'issue de leur engagement, l’aventure se poursuit. Les volontaires basculeront automatiquement dans la réserve opérationnelle de disponibilité, aussi appelée RO2 ou réserve de second niveau. Concrètement, ça signifie qu'ils restent mobilisables pendant cinq ans, 5 jours par an.

L’avantage pour l’armée ? Alimenter le « robinet de la réserve », comme l'a formulé le général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre, suite au discours d’Emmanuel Macron, et constituer une force d'appoint en cas de crise grave.

Si les volontaires le souhaitent, ils pourront s'engager à l’issue de leur service dans la réserve opérationnelle de premier niveau, qui doit atteindre 80 000 personnes en 2030 contre 47 000 actuellement. Emmanuel Macron a d'ailleurs prévu une clause exceptionnelle : en cas de crise majeure, le Parlement pourrait autoriser l'obligation de service pour ceux dont les compétences ont été repérées lors de la Journée de mobilisation. Le service resterait donc volontaire en temps normal, mais pourrait devenir obligatoire dans des circonstances extraordinaires. Une sorte de soupape de sécurité pour faire face aux « bascules » géopolitiques que redoute tant le président.

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