Média

Études supérieures sans maths : quelles formations choisir après le bac ?

Tu n’as pas pris la spé maths ? Rassure-toi, plein de formations t’attendent. On fait le tour des cursus accessibles sans équations, de la fac aux grandes écoles.
Publié le
Lecture
Trouver mon école
© Deagreez / Adobe Stock

Les équations, les fonctions et les théorèmes te donnent des sueurs froides ? Rassure-toi, tu n’es pas seul : selon la DEPP (Note d’Information n° 26.06, février 2026), plus de la moitié des lycéens de terminale générale ont choisi de ne pas conserver la spécialité mathématiques. Et parmi eux, près des trois quarts ne suivent même pas l’option mathématiques complémentaires. Autant dire que tourner la page des équations après le bac, c’est un choix partagé par beaucoup !

Et, n’en doute pas, l’enseignement supérieur regorge de cursus passionnants qui ne te demanderont pas de résoudre des intégrales. Mais attention aux idées reçues : certaines formations qu’on imagine 100 % littéraires cachent en réalité quelques surprises. On fait le point ensemble.

Trouves des formations qui te correspondent 🎯

Les licences universitaires : un large éventail de possibilités

L’université offre un terrain de jeu immense pour ceux qui souhaitent tourner la page des mathématiques. Parmi les filières les plus plébiscitées, on retrouve des cursus où la réflexion, l’analyse et l’expression écrite priment sur le calcul.

La licence de droit constitue un choix évident. Le raisonnement juridique repose sur la logique argumentative, la rigueur de l’analyse et la maîtrise de la langue française. Aucune équation à l’horizon, mais prépare-toi à développer une capacité de synthèse et de structuration redoutable. Les débouchés sont vastes : avocat, magistrat, juriste d’entreprise, notaire et même des carrières dans la fonction publique.

Les licences de langues (LLCER et LEA) représentent également une voie royale pour les profils littéraires. La licence Langues, littératures et civilisations étrangères et régionales (LLCER), comme son nom l’indique, t’immerge dans la littérature, la civilisation et la culture d’une aire linguistique.

LEA (Langues étrangères appliquées) combine deux langues étrangères avec des enseignements appliqués (économie, droit, gestion). Attention toutefois : si tu choisis un parcours commerce international ou affaires, tu rencontreras des outils statistiques et comptables. Rien d’insurmontable, on te rassure ! Il s’agit de mathématiques appliquées, accessibles en suivant les cours sans avoir nécessairement fait la spécialité maths au lycée.

En revanche, si tu optes pour une double licence LEA + Économie-Gestion, les mathématiques feront clairement partie du cursus et le niveau attendu est plus élevé : certaines universités indiquent même qu’il est « difficile de réussir sans la spécialité maths ».

Les licences en lettres, philosophie et histoire offrent quant à elles un parcours purement humaniste. Tu y développeras une culture générale solide, des compétences analytiques et une plume affûtée. Ce sont autant d’atouts précieux pour la suite de ton parcours, que tu te destines à l’enseignement, à la recherche, au journalisme ou à la communication.

Droit, langues, lettres, histoire… Tu veux explorer ces filières ? 🔎

La psychologie : attention aux statistiques !

Voilà un piège dans lequel beaucoup tombent. La licence de psychologie attire souvent des profils littéraires qui imaginent un cursus exclusivement tourné vers la compréhension de l’humain, les théories freudiennes et l’écoute empathique. Or, la psychologie est une discipline scientifique à part entière et elle s’appuie sur des outils statistiques pour valider ses hypothèses.

Sociologie ou psychologie 💡

Quelle licence choisir selon ton profil ?

Dès la première année, tu devras te familiariser avec les statistiques descriptives, les moyennes, les écarts-types, les médianes et autres notions de probabilités. En L2, les choses se corsent avec les statistiques inférentielles : tests d’hypothèses, comparaisons de moyennes entre groupes, calculs de corrélation. Ces enseignements sont obligatoires et constituent une part non négligeable de la formation.

Pas de panique pour autant ! Ces statistiques restent appliquées et accessibles et sont bien différentes des mathématiques abstraites du lycée. Les cours reprennent les bases et des ressources de mise à niveau en ligne existent pour les étudiants moins à l’aise. Néanmoins, si tu éprouves une véritable aversion pour tout ce qui touche de près ou de loin aux données chiffrées, mieux vaut le savoir avant de t’engager.

Tu préfères une formation courte et concrète ? 🤔

Les BTS et BUT : des formations professionnalisantes ouvertes aux littéraires

Les formations courtes et professionnalisantes ne sont pas réservées aux profils scientifiques ou techniques. Plusieurs BTS accueillent à bras ouverts les étudiants dotés de solides compétences rédactionnelles et d’une bonne culture générale, sans épreuve de mathématiques au programme.

Le BTS Communication forme aux métiers de la stratégie de communication, de la création de contenus et de la gestion de projets événementiels. Ton aisance à l’écrit, ta créativité et ta capacité à construire un message percutant seront tes meilleurs atouts. Le programme se concentre sur la culture de la communication, les langues vivantes et la culture économique, juridique et managériale : aucune équation en vue !

Le BTS Tourisme valorise quant à lui les compétences linguistiques, le sens de l’accueil et la connaissance des patrimoines culturels. Tu y apprendras à élaborer des prestations touristiques, gérer la relation client et analyser les territoires, le tout sans passer par la case mathématiques.

Le BTS Édition s’adresse aux passionnés du livre et de la chaîne éditoriale. Entre conception graphique, production et environnement juridique de l’édition, la formation prépare aux métiers de technicien de fabrication ou d’assistant d’édition. Là encore, le référentiel ne prévoit pas d’enseignement mathématique.

Le BTS Support à l’Action Managériale (SAM) requiert davantage des qualités organisationnelles, relationnelles et rédactionnelles que des aptitudes mathématiques. Cette formation, qui prépare à des fonctions d’assistanat auprès de cadres et dirigeants, mise sur la maîtrise des langues (deux langues vivantes obligatoires), la communication professionnelle et la culture économique et juridique. Tu seras amené à construire des budgets prévisionnels dans le cadre de projets, mais rien qui nécessite un bagage mathématique poussé.

En revanche, attention au BTS Gestion de la PME (GPME) : s’il ne comporte pas d’épreuve de mathématiques en tant que telle, il intègre des modules de comptabilité commerciale, de diagnostic financier et de gestion de la paie. Tu devras manipuler des tableaux de bord, des ratios et des calculs appliqués à la gestion. Rien d’insurmontable si tu n’as pas fait la spécialité maths, mais il faut savoir que les chiffres font partie du quotidien de cette formation.

Du côté des BUT, le BUT Information-Communication propose plusieurs parcours particulièrement adaptés aux profils littéraires : journalisme, publicité, communication des organisations ou encore métiers du livre et du patrimoine. Une nuance toutefois : certains parcours, comme information numérique dans les organisations, intègrent des modules de statistiques appliquées. Là encore, ce n’est pas insurmontable, d’autant que les IUT proposent généralement des séances de soutien, mais mieux vaut le savoir avant de candidater. Si tu vises les parcours journalisme ou communication, tu seras sur un terrain plus familier.

Le BUT Carrières Sociales, dans ses parcours animation sociale et socioculturelle ou coordination et gestion des établissements sanitaires et sociaux, constitue également une option intéressante pour les profils qui souhaitent s’orienter vers le travail social sans affronter de mathématiques poussées.

Élargis ton champ des possibles 🔎

La prépa littéraire : un tremplin vers les écoles de commerce

Les classes préparatoires littéraires (hypokhâgne et khâgne A/L, pas que B/L) ouvrent les portes des grandes écoles de commerce. Oui, tu as bien lu !

Grâce à la Banque d’Épreuves Littéraires (BEL), les khâgneux peuvent présenter les concours BCE et Ecricome qui donnent accès à une vingtaine de business schools, dont des établissements très prestigieux.

Khâgne, hypokhâgne 💡

Quelle est la différence ?

Comment est-ce possible sans mathématiques, te demandes-tu ? La prépa A/L (lettres classiques) ne comporte aucun enseignement mathématique obligatoire. Les concours évaluent la dissertation, la contraction de texte, la version et les épreuves de culture générale, bref, autant de domaines où les littéraires excellent. Certes, une fois en école de commerce, tu devras te frotter à quelques notions de comptabilité et de finance, mais les établissements proposent des mises à niveau et les enseignements restent accessibles.

Concours post-prépa d'entrée aux écoles de commerce 🔎

Zoom sur ECRICOME et BCE

Cette voie attire de plus en plus d’étudiants qui souhaitent allier leur goût pour les humanités à des perspectives professionnelles dans le management, le marketing ou les ressources humaines. Les profils littéraires y sont d’ailleurs très appréciés pour leurs compétences rédactionnelles, leur capacité d’analyse et leur ouverture culturelle.

Au-delà des écoles de commerce, la prépa littéraire mène également aux Écoles normales supérieures (ENS), mais pas que : Instituts d’Études Politiques (Sciences Po), écoles de journalisme et de communication comme le CELSA, écoles de traduction (ESIT, ISIT), l’École du Louvre ou encore l’École nationale des Chartes. Tu peux aussi intégrer une L3 ou la première année d’un master après trois années de prépa ! Tu l’auras compris, ce cursus mène à un éventail de débouchés bien plus large qu’on ne l’imagine souvent.

Continuer à la fac après une prépa littéraire 🤔

Est-ce vraiment un échec ?

Les Instituts d’Études Politiques : la voie des profils pluridisciplinaires

Les IEP n’exigent pas la spécialité mathématiques pour candidater. Ces formations pluridisciplinaires mêlent science politique, histoire, économie, droit et langues vivantes. Si l’économie y est enseignée, elle reste accessible aux profils littéraires et ne suppose pas de prérequis mathématiques.

La France compte 11 IEP en métropole, chacun avec ses modalités d’admission. Sciences Po Paris évalue les candidats sur dossier et oral, avec une forte pondération accordée aux résultats de français et aux notes des épreuves de spécialité, quelles qu’elles soient. Le réseau ScPo (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) organise un concours commun avec des épreuves écrites portant sur les questions contemporaines, l’histoire et une langue vivante : rien qui nécessite de sortir ta calculatrice.

Sciences Po Bordeaux et Sciences Po Grenoble ont chacun leur propre procédure, combinant analyse du dossier et entretien. Enfin, l’IEP de Fontainebleau, qui se distingue par son approche intégrant les sciences expérimentales aux études politiques, sélectionne sur dossier puis entretien.

Tu vises l'IEP de Fontainebleau ? 🎯

Pour maximiser tes chances, il est conseillé de combiner au moins un enseignement de spécialité scientifique (maths, SVT, physique-chimie, NSI…) avec une spécialité axée sur les humanités (HGGSP, philosophie, langues…). Ce profil hybride correspond aux attentes de la formation et te prépare à la pluridisciplinarité du cursus.

Quel que soit l’établissement visé, les concours valorisent avant tout la culture générale, les capacités d’analyse et l’aisance rédactionnelle. Les IEP ouvrent des perspectives variées : carrières dans la fonction publique, le journalisme, les relations internationales, le conseil ou encore les organisations non gouvernementales. Ce sont des formations qui récompensent la curiosité intellectuelle bien plus que l’aisance avec les équations !

Com, journalisme, art, design… Ces filières te parlent ?

Communication, journalisme et formations artistiques : des filières naturellement accessibles

Les formations en communication, en journalisme et dans les domaines artistiques constituent des choix cohérents pour qui souhaite éviter les mathématiques.

Les écoles de communication

Le CELSA (rattaché à Sorbonne Université) reste la référence en matière de formation à la communication. Côté écoles privées, l’EFAP, l’ISCOM ou Sup de Com proposent des cursus reconnus du bachelor au bac+5, avec des titres certifiés RNCP. Ces établissements recrutent sur concours ou sur dossier et valorisent la créativité, la culture générale et les qualités relationnelles.

Les écoles de journalisme reconnues

Parmi la trentaine d’écoles de journalisme existantes, seize sont reconnues par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (CPNEJ). Cette reconnaissance facilite l’accès à la carte de presse et l’intégration dans les rédactions. Parmi les plus réputées : l’ESJ Lille, le CFJ Paris, l’EDJ Sciences Po Paris, le CELSA ou encore l’EPJT à Tours. Les IUT de Lannion et de Cannes proposent également un BUT Information-Communication parcours journalisme reconnu par la profession.

La sélection se fait généralement sur concours à bac+2 ou bac+3, avec des épreuves de culture générale, d’actualité et de rédaction. Aucune équation à résoudre, mais une curiosité insatiable et une plume affûtée seront tes meilleurs atouts !

Les formations artistiques : DN MADE, écoles d’art et histoire de l’art

Les DN MADE (diplôme national des métiers d’art et du design) offrent une palette de spécialités où la sensibilité esthétique prime sur le calcul : graphisme, animation, mode, espace, livre, numérique et bien d’autres. Ces formations en trois ans, accessibles après le bac via Parcoursup, te forment à la culture artistique et à la pratique créative, tout en t’aidant à bâtir ton projet pro. La sélection s’effectue sur dossier scolaire et portfolio de travaux, parfois complétée d’un entretien selon l’établissement.

Les écoles supérieures d’art publiques (Beaux-Arts), sous tutelle du ministère de la Culture, recrutent sur concours et portfolio, sans considération pour ton parcours mathématique. Le DNA (diplôme national d’art, bac+3) puis le DNSEP (bac+5) forment aux pratiques artistiques contemporaines avec une pédagogie centrée sur l’expérimentation et le projet personnel.

Quant aux licences en histoire de l’art ou en arts plastiques à l’université, elles te plongeront dans l’analyse des œuvres et des mouvements artistiques, bien loin des équations. Ces cursus développent une réflexion critique et une culture visuelle solide, ouvrant vers les métiers de la médiation culturelle, du patrimoine ou de la recherche.

Des maths là où tu ne les attends pas ⚠️

Socio, éco-gestion, AES, géo… Ces filières paraissent « littéraires », mais elles comportent souvent des modules de statistiques ou de maths appliquées. Pas de quoi paniquer : le niveau reste accessible. Mais jette un œil au programme avant de t’inscrire pour éviter la mauvaise surprise en L1 !

Construis ton projet sans te fermer de portes

Si tu as abandonné la spécialité mathématiques en classe de première ou si tu ne l’as jamais choisie, l’essentiel est de construire un projet cohérent autour de tes points forts.

N’oublie pas que l’option mathématiques complémentaires en terminale peut constituer un filet de sécurité si tu souhaites conserver quelques portes ouvertes sans pour autant te plonger dans la spécialité complète. Cette option, moins intensive, permet de maintenir un socle minimal tout en te concentrant sur tes matières de prédilection.

Ton avenir ne dépend pas des maths. Il dépend de toi !

Attention toutefois à ne pas t’autocensurer. Si une filière scientifique t’attire, ce n’est pas parce que tu n’as pas pris maths en spé que la porte est définitivement fermée. Des remises à niveau et des passerelles existent. Et surtout, rappelle-toi que les maths, ça se travaille.

Comme le souligne Anne-Ségolène Abscheidt, directrice générale de l’IPSA : « Il n’y a pas de bosse des maths. Ce n’est pas parce que papa ou maman n’était pas bon en maths que vous êtes condamné. » Elle compare d’ailleurs la discipline à un sport : « Les maths, c’est comme la course à pied. Si vous vous entraînez régulièrement, vous progressez. Si vous arrêtez, c’est l’enfer de recommencer. » Bref, c’est une question de méthode et de persévérance, pas de don inné. Et si tu es une fille, ne laisse pas les clichés décider à ta place : les sciences sont accessibles à tout le monde et les formations techniques ont besoin de profils diversifiés.

« Toi aussi tu peux faire des sciences » ⬇️

L’Unesco te présente 3 rôles modèles à suivre pour tes études

Quoi qu’il en soit, le plus important reste de t’orienter vers une formation qui te motive et dans laquelle tu pourras t’épanouir. Les mathématiques ne sont qu’une compétence parmi d’autres et de nombreux parcours de réussite se construisent sans elles.

Le récap : quelles formations avec ou sans maths ?

Pour t’aider à y voir plus clair, voici un tableau synthétique. On a classé les formations en trois catégories : celles où tu peux foncer sans te soucier des maths, celles qui comportent des maths appliquées mais restent accessibles sans la spécialité au lycée et celles qu’il vaut mieux éviter si tu n’as pas un minimum de bagage.

Évidemment, chaque université et chaque école a ses spécificités : n’hésite pas à consulter les programmes détaillés avant de candidater.

 

Formations accessibles sans mathsFormations avec maths appliquées (accessibles sans la spé)Formations à éviter sans bagage maths (spé ou option)
Licences : droit, LLCER, lettres, philosophie, histoire, histoire de l’art, arts plastiquesLicences : psychologie, LEA parcours commerce/affaires, sociologie, géographie, AES, économie-gestion (selon parcours)Licences : mathématiques, informatique, MIASHS, physique-chimie, économie (selon universités), double licence LEA + Éco-Gestion, STAPS (selon universités)
BTS : Communication, Tourisme, Édition, SAMBTS : GPME, Banque, Assurance, Commerce International, MCO, NDRCBTS : systèmes numériques, électrotechnique, bâtiment, travaux publics, bioanalyses et contrôles
BUT : Info-Com (parcours journalisme, communication, métiers du livre), Carrières SocialesBUT : Info-Com parcours information numérique, GEA, TC, GACOCPGE scientifiques : MPSI, PCSI, PTSI, BCPST
CPGE : prépa littéraire (rend accessibles les écoles de commerce)Écoles de commerce post-bac : bachelors (maths appliquées à la gestion, stats)Écoles d’ingénieurs post-bac
IEP / Sciences PoÉcoles d’architecture 
Écoles de communication : CELSA, EFAP, ISCOM, Sup de Com…PASS / LAS pour accéder aux études de santé (médecine, pharma, kiné, maïeutique, dentaire)
Écoles de journalisme : ESJ Lille, CFJ, EPJT, IUT Lannion, IUT Cannes…Ecoles vétérinaires (post CPGE BCPST)
Formations artistiques : DN MADE, Beaux-Arts

 

Trouve ton diplôme en 1 min avec Diplomeo !

Trouver mon école

Plus de contenus sur Choisir ses études

Toutes les actualités