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Continuer à la fac après une prépa littéraire : est-ce vraiment un échec ?

Après deux (ou trois) années de prépa littéraire, ne pas intégrer l’ENS, le Celsa ou une grande école peut donner l’impression d’avoir raté sa scolarité. Pourtant, les chiffres racontent une tout autre histoire.
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Tu as survécu à l’hypokhâgne et à la khâgne, aux dissertations interminables, aux colles, aux versions à rallonge et même aux concours. Puis viennent les résultats : pas d’ENS, pas de Celsa, pas d’École nationale des Chartes, pas de grande école. À la place ? Une inscription à l’université.

Plusieurs peuvent se dire : « tout ça pour ça ». Comme si continuer à la fac après une Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) littéraire était un aveu d’échec. Pourtant, les chiffres racontent une histoire bien différente ! Pour y voir plus clair, Diplomeo s’est appuyé sur une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, publiée par le service statistique du ministère (SIES), qui a suivi le parcours des étudiants entrés en classe préparatoire littéraire en 2019.

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Entrer en prépa littéraire, c’est déjà une jolie réussite

Rappel utile : les classes préparatoires littéraires sont sélectives et exigeantes. Et c’est le ministère de l’Enseignement supérieur qui le dit ! On y entre rarement par hasard et encore plus rarement sans un très bon dossier scolaire. La note du SIES le rappelle : 82 % des étudiants en CPGE littéraire ont obtenu une mention Très bien ou Bien au bac, contre 27 % des autres étudiants néobacheliers de 2019.

Une prépa littéraire ne convient pas à tout le monde et chacun peut en tirer parti comme il le souhaite à vrai dire. Si la majorité des étudiants poursuivent en deuxième année, les sorties de prépa dès la première année restent fréquentes : près d’un étudiant sur trois se réoriente avant la khâgne selon la note du SIES.

Et même parmi les étudiants qui vont au bout, intégrer une École normale supérieure n’est pas systématique. Le nombre de places est structurellement très faible et quatre ans après leur entrée en CPGE littéraire, seuls 6 % des préparationnaires intègrent une ENS ou l’École nationale des chartes. Souvent, ils y parviennent après avoir cubé (effectuer une troisième année de prépa).

Ne pas entrer dans une grande école à la suite de sa prépa littéraire n’est donc ni une anomalie ni un échec personnel. C’est, statistiquement, la situation la plus courante. La réussite ne se mesure pas au fait d’appartenir à une minorité : l’université concentre elle aussi des parcours exigeants et des étudiants de très haut niveau.

53 % des étudiants sont à l’université 4 ans après leur rentrée en prépa

La note du SIES est sans appel : 53 % des étudiants entrés en CPGE littéraire en 2019-2020  poursuivent leurs études à l’université quatre ans plus tard. Et parmi eux :

  • 81 % sont inscrits en master
  • 14 % en licence, sûrement à la suite d’une réorientation dans un tout  nouveau domaine ou alors en dernière année (L3)

L’autre moitié des anciens préparationnaires est répartie dans d’autres types de cursus : IEP (8 %), école de commerce (idem), école d’art et d’architecture (3 %) sans oublier les admis à l’ENS (6 %).

À l’université, ce sont surtout les filières en sciences humaines et sociales (SHS) et en lettres, sciences du langage ou arts qui attirent les étudiants issus d’une classe préparatoire littéraire :

  • 28 % suivent en 2023-2024 un cursus en lettres
  • 12 % en histoire
  • 8 % en droit
  • 8 % encore en arts
  • 7 % en philosophie
  • Et 7 % également en géographie

Les choix disciplinaires sont directement liés à la voie suivie en prépa (A/L, B/L ou Chartes). Autrement dit, la fac ne fait pas table rase de la prépa ! Celle-ci sert de base solide, voire de tremplin, pour affiner et consolider ses choix d’orientation.

Dans le détail, la moitié des étudiants issus de la voie Chartes sont inscrits en histoire, une continuité logique pour des élèves initialement préparés aux concours de l’École des chartes, qui forme notamment les conservateurs du patrimoine et les archivistes.

Les parcours des étudiants passés par la voie A/L sont eux aussi très concentrés : un sur deux poursuit en lettres ou en histoire, les disciplines les plus structurantes de cette filière. À l’inverse, la diversité des enseignements en B/L se retrouve dans les parcours universitaires, avec des inscriptions en économie, droit, lettres, sociologie ou encore géographie.

Ce que la prépa littéraire apporte, même sans grande école

Réduire la prépa à un simple concours serait passer à côté de l’essentiel. Car ses apports ne disparaissent pas avec une inscription à la fac. La note du SIES le rappelle clairement : les bénéfices de la prépa sont multiples et ne se résument pas à l’intégration d’une école prestigieuse.

Méthodologie, capacités d’analyse, endurance intellectuelle, aisance à l’écrit comme à l’oral, etc. Ce sont autant de compétences qui expliquent pourquoi les anciens préparationnaires atteignent massivement le niveau master. Et pour ceux qui en douteraient encore : certains intègrent même une grande école après un passage à l’université, via des concours spécifiques ou des admissions parallèles.

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Alors, est-ce grave de continuer à la fac après une prépa littéraire ? La réponse est simple : non. Continuer à l’université après une CPGE littéraire n’est ni un échec, ni une anomalie, ni une voie de garage. La vraie question n’est donc pas « où as-tu intégré ? », mais « qu’as-tu fait de ces années de formation intense ? ». Et sur ce point, la fac n’a absolument rien d’un lot de consolation !

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