Ces dernières années, les écoles privées ont clairement le vent en poupe. Depuis 2010, le nombre d'étudiants inscrits dans le privé a quasiment doublé, porté en grande partie par l'essor de la formation en alternance. Aujourd'hui, 1 étudiant sur 4 fait ses études dans un établissement privé.
Une tendance qui semble s'inverser pour certaines filières. Sur la plateforme Parcoursup, les écoles de commerce, par exemple, ont reçu, cette année, près de 40 000 vœux de moins qu'en 2025, soit une baisse de 13 % en un an. Les écoles d'ingénieurs, de leur côté, conservent leur public sans difficulté.
Diplomeo a passé en revue les chiffres du ministère sur les vœux pour les écoles d’ingénieurs et de commerce en 2026 !
Les écoles de commerce reculent, l'ingénierie tient bon
Pour mesurer l'évolution de la demande, on a comparé le nombre de vœux reçus par ces deux familles d'écoles entre 2025 et 2026, à partir des données du ministère de l'Enseignement supérieur.
Côté école d’ingé, la demande reste importante et quasiment stable d'une année sur l'autre. Ces établissements continuent d'attirer pour des raisons simples : un diplôme reconnu, des débouchés lisibles et des salaires de sortie parmi les plus élevés. Les business schools présentes sur Parcoursup, en revanche, voient leur courbe s'infléchir nettement.
En un an, les vœux pour une formation en école de commerce passent de 305 000 à 264 000, soit un recul d'environ 13 %. Comment l'expliquer ? Une première piste tient à un déménagement discret : une partie de l'offre des écoles de commerce n’est pas sur Parcoursup, notamment car l’admission en bachelor se gère sur les plateformes des écoles elles-mêmes.
Cependant, le phénomène dépasse sans doute la seule question des inscriptions. La formule de l’alternance montre aujourd'hui des signes d'essoufflement porté par la baisse des aides gouvernementales à l’embauche des apprentis. Mécaniquement, le nombre d’étudiants qui privilégient ce mode de scolarité marque le pas depuis la rentrée 2024.
École de commerce : le bachelor séduit et le PGE ralentit
Choisir une école de commerce, c'est aussi choisir la durée de ses études post-bac. Et sur ce point, les candidats sur Parcoursup cette année ne tranchent plus comme leurs aînés.
Le bachelor, ce diplôme en 3 ans tourné vers la pratique à forte vocation internationale dans les business schools, grimpe de 12 % en un an. Au même moment, le Programme grande école (PGE) qui a longtemps incarné la voie royale des business school, perd près d'un quart de ses candidats.
Qu’est-ce qui explique le succès du bac+3 au détriment du PGE ? En trois ans, le bachelor mène à un diplôme et à un métier. Plus court, plus concret et souvent ouvert à l'alternance, il correspond à ce que recherchent de nombreux lycéens qui visent une insertion rapide dans le monde professionnel. Le PGE, lui, garde l'avantage sur les fonctions les plus qualifiées et les carrières à l'international.
Quels enseignements de spécialité au lycée mènent vers le commerce et l’ingénierie ?
Bien avant Parcoursup, le choix de sa future formation post-bac se prépare au lycée, dans la sélection des enseignements de spécialité. Et selon qu'on vise une école d'ingénieurs ou de commerce, les combinaisons gagnantes changent du tout au tout.
Pour les futurs élèves-ingénieurs, sans surprise, la doublette de spécialités mathématiques et physique-chimie domine très largement.
En effet, 75% des candidats qui visent une école d'ingénieurs ont opté pour cette combinaison de spécialités. Ce n’est pas le fruit du hasard, puisque la plupart des écoles attendent ces profils, quand elles ne l'exigent pas directement dans leurs pré-requis d'admission.
Loin derrière, on retrouve les profils Maths-NSI (7,6%), davantage tournés vers l'informatique, ainsi que quelques autres associations à dominante scientifique.
Les écoles de commerce, elles, recrutent des profils plus variés, mais une spécialité y revient presque toujours : les Sciences économiques et sociales. Ainsi, la doublette Maths-SES arrive en tête, devant les combinaisons mêlant SES, HGGSP et LLCER. Aucune spécialité n'est imposée ici, mais l'économie et les sciences humaines tracent clairement la voie.
D'une filière à l'autre, deux profils se dessinent donc dès la première : les disciplines scientifiques pour les futurs ingénieurs, l'économie et les humanités pour les futurs managers. Ces choix de spécialités dessinent ainsi les premières orientations, deux ans avant l'entrée dans le supérieur.





