Phase complémentaire Parcoursup : faut-il élargir tes choix ou rester sur tes envies ?

Tu comptes sur la phase complémentaire pour trouver la formation qui colle à tes projets, mais tu ne sais pas trop comment t’y prendre ? Revoir tes ambitions ou tenir bon sur tes envies initiales : on t’aide à trancher !
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Chaque année, la phase complémentaire Parcoursup redonne espoir à des dizaines de milliers de candidats. En 2025, plus de 83 000 candidats ont reçu une proposition d’admission grâce à cette seconde chance, selon les chiffres officiels du ministère.

Mais une fois arrivé à cette étape, tu te retrouves face à un vrai dilemme : élargir tes choix, rester sur ton projet initial ou faire les deux de manière réfléchie ? On t’explique les enjeux de cette phase complémentaire Parcoursup et on t’aide à faire le bon choix pour ton orientation avec Soline Gallopin, conseillère en formation et promotion à l’ESC Amiens.

👉 Tu cherches un plan B pour la rentrée ?

La phase complémentaire Parcoursup, comment ça marche ?

Avant de passer à l’action, il faut bien comprendre ce que permet cette étape. La phase complémentaire Parcoursup se déroule du 11 juin au 10 septembre 2026 en parallèle de la phase principale (qui s’est achevée le 11 juillet). Elle est ouverte à tous les candidats, qu’ils aient déjà reçu une proposition d’admission ou pas. « Il ne faut pas considérer la phase complémentaire comme un échec. C’est une étape qui peut ouvrir de nouvelles opportunités », garantit Soline Gallopin, conseillère en formation et promotion à l’ESC Amiens.

Pendant cette phase, tu peux formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux dans des formations qui ont encore des places disponibles. Ces vœux viennent s’ajouter à ceux formulés en phase principale. Attention, contrairement à la phase principale, il n’y a pas de sous-vœux en phase complémentaire. Chaque formation demandée compte pour un vœu à part entière. Tu peux aussi ajouter jusqu’à 10 nouveaux vœux supplémentaires pour des formations en apprentissage, en plus des 10 vœux classiques. Autrement dit : jusqu’à 20 nouvelles candidatures potentielles pour maximiser tes chances !

Les formations répondent au fur et à mesure des candidatures, donc pas d’attente prolongée : tu peux recevoir une proposition très rapidement. Attention aux délais de réponse qui varient selon la période : entre le 12 juin et le 17 août 2026, tu as deux jours pour répondre à une proposition d’admission, mais entre le 17 août et le 10 septembre 2026, ce délai passe à 1 seul jour. L’objectif : permettre à un maximum de candidats d’obtenir une place avant la rentrée. Il faudra donc être connecté à ton dossier Parcoursup très régulièrement, même pendant les vacances !

Bon à savoir 💡
Pendant les épreuves écrites du baccalauréat, les délais de réponse aux propositions d’admission sont suspendus pour les lycéens généraux et technologiques. Objectif : te permettre de te concentrer sur tes épreuves sans stress supplémentaire côté Parcoursup.

Élargir tes choix : pourquoi c’est souvent la meilleure stratégie

Retiens une chose : élargir ses choix, ce n’est pas renoncer à ses envies, c’est augmenter ses chances de rentrer quelque part à la rentrée. « La phase complémentaire doit être vue comme une opportunité d’élargir ses perspectives plutôt que comme un abandon de son projet initial », affirme la conseillère en formation et promotion à l’ESC Amiens. « L’objectif est de rester cohérent avec ses envies, tout en étant plus ouvert aux différentes voies qui peuvent mener au même objectif professionnel », ajoute-t-elle. Et vu la concurrence sur les formations les plus demandées, c’est souvent la stratégie la plus maline. Mais qu’est-ce qu’on entend par élargir ? On t’explique !

Élargir sa zone géographique

Si tu visais une licence à Paris ou dans une grande métropole et que tu n’as rien décroché, regarde du côté des universités de villes moyennes. Les licences à Nantes, Poitiers, Reims, Angers ou Limoges ont souvent plus de places disponibles que celles de Paris ou Lyon, où la demande est très importante, et la qualité de la formation est la même partout en France. Ton diplôme aura la même valeur, où que tu l’obtiennes, à savoir un niveau bac+2 ou bac+3. Ce qui peut changer, c’est la renommée d’une université.

Élargir le type de formation

Tu visais une licence à l’université ? Regarde aussi du côté des BTS, des BUT, des écoles spécialisées ou des formations en apprentissage du même secteur. Un exemple concret : si tu voulais faire une licence de droit mais que tu n’as pas été admis, tu peux tenter un BTS collaborateur juriste notarial (CJN) ou un BUT carrières juridiques (CJ). Tu restes dans ton domaine de prédilection, mais tu multiplies tes chances.

Même son de cloche du côté de la filière : « Un étudiant intéressé par le commerce peut explorer plusieurs formations liées au management, au marketing, à l’international, à l’entrepreneuriat ou encore à la gestion, plutôt que de se limiter à un seul intitulé de diplôme », indique Soline Gallopin. « L’important est de regarder les compétences développées et les débouchés proposés par la formation, au-delà du simple nom de l’école ou du programme », renchérit-elle.

Explorer les formations non sélectives

Sur Parcoursup, tu as les formations dites sélectives (CPGE, BTS, BUT, etc.) et les formations dites non sélectives (licence, PASS, etc.). Si tu as uniquement mis des BTS très demandés sur la plateforme, comme les BTS MCO, NDRC ou CI, il est fort probable que tes chances d’admission soient diminuées.

Ici, tu peux donc faire l’inverse que dans l’exemple précédent, c’est-à-dire viser plutôt des licences à la fac, plutôt que des BTS. Par exemple, au lieu de postuler en BTS CIEL, demande la licence informatique. Plutôt que de partir vers un BTS communication, tente la licence information-communication. Si le BTS GPME te ferme les portes, tourne-toi vers la licence économie et gestion, etc.

Attention, si les licences sont des formations non sélectives, cela ne signifie pas qu’elles acceptent toutes les candidatures sur Parcoursup. En effet, ces cursus ont eux aussi une capacité d’accueil limitée. Ainsi, des licences comme la licence psychologie, droit ou STAPS vont être plus dures à intégrer, car le nombre de vœux est bien supérieur au nombre de places ouvertes.

Tester l’apprentissage

Les formations en apprentissage sont un excellent choix, surtout en phase complémentaire. Elles offrent l’avantage d’être rémunérées (tu es en contrat avec une entreprise) et beaucoup de formations en BTS, BUT ou bachelor ouvrent des places supplémentaires à cette période. Sans compter que tes 10 vœux d’apprentissage ne comptent pas dans le quota des 10 vœux classiques : ici, tu multiplies encore tes chances !

💡 « Un choix d’orientation ne doit pas être uniquement motivé par la volonté d’obtenir une place »

Selon Soline Gallopin « avant d’accepter une formation, il est essentiel de prendre le temps de s’informer précisément sur ce qu’elle propose », à savoir :

  • le contenu du programme et les matières enseignées
  • les possibilités de stages et d’alternance
  • la reconnaissance du diplôme ou du titre préparé
  • les frais de scolarité et les possibilités de financement
  • les débouchés professionnels et l’accompagnement vers l’emploi
  • la pédagogie et l’environnement proposé par l’établissement

Cela dit, attention à bien vérifier que ton plan B est en accord avec ton projet et tes envies : « Accepter une formation uniquement pour ne pas rester sans solution peut être risqué si le jeune ne se reconnaît pas du tout dans le parcours choisi », assure la conseillère en formation et promotion à l’ESC Amiens. « Le principal risque est le manque de motivation. Un étudiant qui choisit une formation uniquement par défaut peut avoir plus de difficultés à s’investir, à trouver du sens dans ses études et peut être amené à envisager une réorientation quelques mois plus tard », ajoute-t-elle. « Cependant, il faut aussi garder à l’esprit que certaines opportunités peuvent être de belles découvertes. Beaucoup d’étudiants intègrent une formation qu’ils n’avaient pas initialement prévue et trouvent finalement un domaine qui leur correspond », avance Soline Gallopin avec optimisme.

Rester sur tes envies : dans quels cas ça a du sens

Élargir n’est pas la seule stratégie possible. Rester sur ton projet initial peut aussi être une décision cohérente, à condition de bien peser le pour et le contre. Il y a plusieurs situations où ça a du sens de tenir bon !

Si ton projet professionnel est très précis

Si tu veux devenir vétérinaire, kiné, architecte ou infirmier, changer de voie n’a pas grand sens. Dans ces cas-là, mieux vaut envisager une année de préparation pour retenter Parcoursup l’année suivante avec un dossier renforcé, plutôt que de te retrouver dans une formation qui ne mène pas où tu veux aller.

Si tu as des vœux en attente qui peuvent débloquer une place

Beaucoup de candidats l’oublient : les vœux en attente de la phase principale continuent de vivre. Une liste d’attente qui ne bouge pas d’un poil aujourd’hui peut se débloquer en deux semaines, avec des candidats devant toi qui ont trouvé leur bonheur ailleurs. Ne renonce jamais à un vœu en attente sur un coup de tête !

Si tu peux te permettre une pause

Un service civique, une année à l’étranger, une expérience pro, une prépa privée pour retenter les concours : ce sont des options qui peuvent renforcer ton dossier pour l’année suivante et t’aider à mûrir ton projet. C’est une décision qui demande du recul, mais qui peut vraiment payer sur le long terme.

Attention à un piège cependant : ne pas confondre « rester fidèle à son projet » et « s’obstiner sur une seule formation ». Si ton projet, c’est d’étudier le droit, il existe des dizaines de formations en droit en France, pas seulement dans les 5 universités les plus prestigieuses. S’ouvrir à des établissements moins demandés ou moins connus, ce n’est pas aller contre tes envies !

Comment trancher entre les deux stratégies ?

Pour t’aider à faire le bon choix selon ton profil et ta situation, voici quelques questions clés à te poser :

  • Quelle est ta priorité absolue ? Rentrer dans une formation dès la rentrée prochaine ? Poursuivre exactement le projet que tu avais en tête ? Prendre du recul pour mûrir ton orientation ? Ta réponse conditionne directement ta stratégie. Si ta priorité est d’avoir une formation coûte que coûte, élargis tes choix tout en restant cohérent ! Si tu as un projet précis, cible ton domaine dans des zones élargies et échange avec les établissements pour obtenir des informations. Et si tu as besoin de mûrir ton projet, envisage une année alternative, pour « construire un projet qui a du sens sur le long terme », conseille Soline Gallopin.
  • Quel niveau de risque es-tu prêt à prendre ? Un candidat qui accepte l’idée d’une année de pause a plus de marge de manœuvre qu’un candidat qui doit absolument rentrer dans une formation. Sois honnête avec toi-même : es-tu en mesure de faire une pause à la rentrée ? Si la réponse est non, alors envisage d’autres formations. « Il faut rester ouvert aux différentes formations possibles, tout en privilégiant un parcours dans lequel l’étudiant pourra s’épanouir et progresser », expose la conseillère en formation et promotion.
  • Pourquoi pas une stratégie hybride ? Dans beaucoup de cas, la meilleure stratégie n’est ni « tout élargir » ni « tout rester fidèle », mais un mix des deux. En gros, tu conserves tes vœux en attente de la phase principale, tu testes 3 ou 4 nouveaux vœux dans ta zone de projet initial, mais dans des villes ou établissements moins demandés, et tu ajoutes 3 ou 4 vœux « sécurité » dans des formations connexes qui pourraient t’ouvrir des portes. Résultat : tu maximises tes chances sans renoncer complètement à tes envies !
💡 Bon à savoir

Ne néglige jamais ta lettre de motivation : pour chaque vœu formulé en phase complémentaire, tu dois rédiger une lettre de motivation, exactement comme en phase principale. Beaucoup de candidats bâclent cette étape en phase complémentaire parce qu’ils sont pressés. C’est une erreur : les formations examinent les dossiers avec la même exigence qu’en phase principale. Un projet motivé bien construit peut vraiment faire la différence !

Tu as un doute ? Les écoles sont aussi là pour t’aider. À l’ESC Amiens, il est déjà arrivé de tomber sur des candidats en entretien qui expriment clairement une hésitation ou une orientation choisie par défaut. « Cela se traduit souvent par un manque de connaissance de la formation, des motivations très générales ou une difficulté à expliquer leur projet », explique la conseillère en formation et promotion. À ce moment-là, le rôle de l’école est « justement de les accompagner dans leur réflexion » : « Nous échangeons avec eux sur leurs envies, leurs expériences, leurs qualités et leurs objectifs professionnels afin de vérifier si la formation correspond réellement à leur profil », confie Soline Gallopin.

Si la phase complémentaire ne suffit pas : la CAES et les autres solutions

Toi qui n’as pas encore de proposition d’admission à l’issue de la phase complémentaire, tu n’es pas pour autant sans solution. À partir du 1er juillet 2026, tu peux solliciter la CAES (Commission d’Accès à l’Enseignement Supérieur) de ton académie directement depuis ton dossier Parcoursup. Cette commission examine ton dossier individuellement et peut te proposer une formation adaptée à ton profil, en tenant compte de tes vœux et des places encore disponibles. Le dispositif reste ouvert jusqu’au 10 septembre 2026. L’accompagnement se poursuit au-delà de la fin de la procédure Parcoursup, jusqu’au lundi 12 octobre.

Autres solutions à envisager si Parcoursup ne débouche pas : les écoles hors Parcoursup (école de commerce, école d’art, école de journalisme, école de communication, école d’informatique, etc.) qui recrutent sur dossier, entretien et/ou tests, parfois jusqu’en septembre-octobre. « Parcoursup n’est pas la seule porte d’entrée vers l’enseignement supérieur. Certaines écoles recrutent directement en dehors de la plateforme et proposent également des rentrées décalées permettant de reprendre une formation quelques mois plus tard sans forcément perdre une année complète », informe Soline Gallopin.

Tu l’auras compris : la phase complémentaire Parcoursup n’est pas un plan B au rabais, mais une vraie seconde chance qu’il faut savoir saisir. Que tu choisisses d’élargir tes choix ou de rester fidèle à ton projet initial, le plus important est de faire un choix éclairé, adapté à ta situation et à tes priorités. Ne prends pas de décision précipitée sur un coup de stress, mais ne laisse pas non plus le temps filer sans agir !

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