« Vous êtes déjà allé vous inscrire à la fac au culot sans Parcoursup ni rien ? » : posée le 30 juin sur X (ex-Twitter), la question a été vue près de 583 000 fois et dans les réponses, autant de témoignages de gens qui ont tenté le coup, avec plus ou moins de réussite.
Autant que tu le saches rapidement : Parcoursup ne remplit pas toutes ses places chaque année, loin de là. En 2024, selon notre analyse des données open data Parcoursup, plus de 120 000 places sur 770 000 n’ont trouvé aucun admis, soit plus de 15 % du total. En 2025, la vacance recule un peu pour atteindre 14 %. Concrètement, entre une place sur six et une place sur sept reste vide chaque session, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Certaines de ces formations ont structurellement du mal à faire le plein, année après année. Le réflexe à avoir : commence par checker la carte Parcoursup de la phase complémentaire pour voir si elles y figurent. C’est là que tu peux tenter ta chance dans les règles, avec un vœu classique. Si elles n’y apparaissent pas, ou si la procédure est officiellement terminée, il te reste l’option du culot : dossier en main, tu contactes ou tu te présentes directement à l’établissement. Cette démarche-là se joue surtout à la rentrée, une fois la procédure bouclée.
Ces formations peinent à faire le plein et ce n’est pas un hasard
Une place non pourvue, ce n’est pas une place qui n’a reçu aucune candidature. C’est l’inverse le plus souvent : la formation a reçu des dossiers, a proposé des admissions (« oui », « oui,si »), mais pas mal de candidats retenus ont fait un autre choix de cursus ou n’ont pas confirmé leur place.
La formation finit alors par épuiser sa liste d’appel : c’est-à-dire, la liste des candidats, classés selon leur correspondance avec les attendus de la formation, et à qui celle-ci doit envoyer des propositions d’admission. Selon les retours des uns et des autres, ainsi que leur position, les candidats classés reçoivent « oui », « oui,si » ou sont placés sur liste d’attente. En bref, cette liste contient les titulaires (les premiers candidats à recevoir une proposition positive) et puis les remplaçants (ceux placés sur liste d’attente, en attendant de voir une place se libérer grâce aux désistements des autres).
Liste d’attente Parcoursup qui ne bouge plus, j’ai encore des chances ?
Une fois arrivé au bout de cette sélection, la formation a deux options pour remplir ses éventuelles places vides : la phase complémentaire (avec des candidatures qui arrivent au fur et à mesure, du 11 juin au 10 septembre pour cette session 2026) et, en dernier recours, les candidatures spontanées, hors Parcoursup, si elles les acceptent et que ton dossier reste cohérent.
C’est la différence entre la capacité d’accueil annoncée par une formation et le nombre d’admis qui ont finalement confirmé leur inscription. Une formation peut recevoir des centaines de candidatures et terminer quand même avec des places vides, notamment si son attractivité réelle est plus faible que son volume de candidatures.
Trois facteurs reviennent systématiquement : la localisation (les formations en zone rurale ou dans des villes moyennes peinent davantage à attirer), la lisibilité de la filière (certains intitulés restent flous pour les lycéens) et la concurrence d’autres formations perçues comme plus prestigieuses dans le même secteur. Rien à voir avec la qualité de l’enseignement donc ! La qualité d’une formation ne se mesure pas à son taux de remplissage.
Voici les formations où tenter ta chance au culot
Deux années d’open data (sessions Parcoursup 2024 et 2025) permettent d’isoler les filières qui manquent structurellement de candidats. Dès lors, il ne s’agit pas d’un accident de session, mais d’une tendance de fond confirmée par des exemples précis. Tu peux t’inspirer de ces phénomènes pour cette session 2026.
Les BTS agricoles, en tête du classement
38 % de vacance en 2024, 35 % en 2025 : les BTS agricoles restent la filière la plus touchée. Le phénomène se vérifie établissement par établissement.
À la MFR IREO de Saint-Florent (Deux-Sèvres), le BTS Technico-commercial spécialité univers jardins et animaux de compagnie affichait 28 places vides sur 40 en 2024, puis 35 sur 40 en 2025. À l’IREO de Lesneven (Finistère), le BTS Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole tourne autour de 68 % de vacance les deux années. Ce sont souvent des spécialités pointues, proposées dans des maisons familiales rurales peu visibles depuis un lycée urbain.
Formations hors Parcoursup 2026 : toutes les alternatives pour poursuivre tes études
Les BTS du secteur services, le plus gros volume
Les BTS du secteur services affichent 18 % de vacance en 2024 et 17 % en 2025 (hors CNED : ses BTS à distance déclarent des capacités qui ne correspondent pas à un nombre réel de places limitées, contrairement à un établissement physique).
Cela représente tout de même environ 15 600 places vides chaque année. Gestion de la PME, support à l’action managériale (SAM), négociation et digitalisation de la relation client (NDRC) : ce sont souvent des intitulés que les lycéens associent, à tort, à des débouchés flous.
Les BTS du secteur production, eux, suivent une trajectoire à la baisse : 19,5 % de vacance en 2024, 17,5 % en 2025 (hors CNED). Électrotechnique, systèmes automatiques, fluides et énergie : des spécialités techniques qui peinent à recruter alors même que ces métiers restent recherchés une fois le diplôme en poche.
Les licences arts-lettres-langues, un pari plus sûr qu’il n’y paraît
La vacance y recule nettement, de 21 % en 2024 à 17 % en 2025, mais reste significative dans certains parcours précis. À l’Université de Nîmes, la licence LLCER parcours Anglais comptait 334 places vides sur 500 en 2024, puis 300 sur 500 en 2025. Son parcours Espagnol dépasse encore 82 % de vacance sur les deux sessions.
Le phénomène n’est pas propre à une seule université : à l’Institut Catholique de Lille, par exemple, la licence LLCER Anglais affichait déjà 77 % de vacance en 2024 (154 places sur 200) et grimpe même à 86 % en 2025. À l’Université de Rennes 2, le parcours Portugais de la licence LLCER dépasse 90 % de vacance les deux années. Ce sont, pour la grande majorité.
Les écoles de commerce, l’angle qui surprend
Contre-intuitif, mais vérifié : la vacance y augmente, de 28,0 % en 2024 à 32,6 % en 2025, selon notre lecture des open data. IDRAC Business School en offre l’illustration la plus nette : sur son campus de Lyon, le bachelor en 3 ans affichait 45 places vides sur 50 en 2024 (90 %), puis 49 sur 50 en 2025 (98 %). Avant de foncer, et c’est le cas pour toutes les écoles, une vérification s’impose malgré tout : la reconnaissance du diplôme et les débouchés réels, pas seulement la brochure.
Les écoles d’ingénieurs, discrètes mais accessibles
Là aussi, la tendance grimpe : 15 % de vacance en 2024, 20 % en 2025. Trois exemples le confirment sur deux ans : À HEI Lille (groupe Junia), la voie d’accès bacs généraux - 2 sciences est passée de 145 places vides sur 320 en 2024 (45 %) à 188 sur 320 en 2025 (59 %). À UniLaSalle Beauvais, la même trajectoire se dessine, de 18 % à 34 % de vacance sur son cursus ingénieur en série générale. À l’ESEO Angers, la voie bacs généraux - 2 sciences reste au-dessus de 83 % de vacance les deux années. L’École d’ingénieurs de Purpan, à Toulouse, se maintient autour de 30-33 %.
On retrouve ici souvent des écoles spécialisées (agronomie, environnement, numérique) ou en région, moins connues que les écoles parisiennes et qui t’offrent donc plus de marge pour candidater en direct.
Ces formations, elles, ne valent pas le coup d’être tentées au culot
Trois filières restent quasiment pleines chaque session, quelle que soit la stratégie. Le BUT affiche une vacance de 6 % en 2024 et 4 % en 2025, soit en baisse continue. Les IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), eux, ne bougent pas : 0,8 % de vacance les deux années. Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé : la première année de médecine), enfin, recule de 1,3 % à 0,6 %.
Parcoursup : zoom sur la phase d’admission complémentaire 2026
Sur ces trois filières, insister au culot revient à perdre du temps qui pourrait être investi ailleurs. Une nuance s’impose tout de même sur le PASS : la quasi-absence de vacance au national masque de fortes disparités. Une centaine d’universités affichent une légère marge quand une autre y recrute au-delà de sa capacité déclarée. C’est le cas de l’Université de Montpellier où le PASS propose une dizaine de parcours différents (mineure droit, économie-gestion, sciences, etc.) totalisant 1 350 places : une centaine d’entre elles, réparties sur ces différents parcours, sont restées vides en 2025, soit environ 8 %.
La sélectivité de la filière reste telle que cela ne change rien à la recommandation : ce n’est pas l’une des pistes majeures à privilégier au culot.
Comment transformer cette donnée en place décrochée pour la rentrée
Ces chiffres portent sur les sessions 2024 et 2025. Ils révèlent une tendance structurelle et non les places disponibles en temps réel pour 2026. Pour les identifier réellement, un réflexe s’impose : la carte Parcoursup de la phase complémentaire, mise à jour chaque matin, sur le site officiel.
Toutefois, si tu veux tenter une candidature en dehors de la procédure Parcoursup, à la rentrée, adresse-toi au service de scolarité de l’établissement ou à l’un des responsables du cursus que tu vises (tu peux trouver ses coordonnées sur la page internet de la formation). Par mail ou en physique, munis-toi d’un dossier complet (bulletins, lettre de motivation, projet).
Les responsables pédagogiques qui reçoivent ce type de candidature cherchent avant tout à comprendre pourquoi tu frappes à leur porte plutôt qu’à une autre : un projet cohérent fait toute la différence. Ils doivent aussi sentir que tu connais la formation et ne tentes pas une admission au hasard, par-ci par-là.
Un point à ne pas négliger non plus dans ta démarche : expliquer clairement que tu passes par cette voie parce que la procédure Parcoursup est arrivée à son terme sans solution qui te convient, ou autre, et non parce que tu as voulu la contourner. Ce n’est pas de la fainéantise, c’est un plan B assumé après avoir joué le jeu jusqu’au bout, et c’est exactement ce que les établissements ont besoin d’entendre pour prendre ta candidature au sérieux !
Si tu n’as toujours rien via Parcoursup, la CAES reste une option : elle est accessible depuis ce mercredi 1er juillet, directement depuis ton dossier Parcoursup, et son objectif affiché est de ne laisser aucun candidat sans solution.
Ouverture de la CAES Parcoursup 2026, le compte à rebours s’accélère
Une place vide n’attend jamais très longtemps. Celle qui semblait disponible lundi peut avoir disparu vendredi !
Alors oui, tu peux tenter ta chance en dehors de la procédure Parcoursup sur une formation qui y a participé. Mais tu peux aussi élargir le champ des possibles et regarder du côté des cursus qui ne passent tout simplement pas par la plateforme.





