Tu as jusqu’au 8 septembre 2026 pour formuler des vœux en phase complémentaire, et les propositions d’admission peuvent arriver jusqu’au 10 septembre. Bien sûr, il reste du temps, mais la fin de l’été est vite arrivée, et les formations que tu croises dans cette phase ne sont pas forcément des options que tu avais étudiées de fond en comble lors de la phase d’admission principale.
Ce que beaucoup de candidats ignorent, c’est que chaque fiche formation sur Parcoursup contient une rubrique dédiée aux débouchés et à la rémunération des diplômés. Pour la session 2026, Parcoursup y a intégré des données issues d’InserJeunes et d’InserSup, deux dispositifs statistiques officiels du ministère de l’Éducation nationale et de celui de l’Enseignement supérieur : taux d’emploi, taux de poursuite d’études, salaire médian un an après la sortie. Ces données ne vont pas décider à ta place, et encore moins te révéler la meilleure formation à choisir. Mais en phase complémentaire, quand tu formules des vœux un peu dans le brouillard, ça peut être exactement ce qui te manquait.
La cadence s’accélère, mais une fiche bien lue peut faire la différence
La phase complémentaire de Parcoursup est ouverte à tous les candidats : ceux qui n’ont reçu aucune proposition en phase principale, ceux dont des vœux sont encore en liste d’attente, et même ceux qui ont déjà accepté une admission, mais qui voudraient viser autre chose. Tu peux formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux, pour des formations qui ont encore des places disponibles, entre le 11 juin et le 8 septembre 2026 à 23 h 59.
La véritable contrainte ici, c’est la cadence une fois la proposition reçue. Entre le 11 juin et le 17 août, tu as deux jours pour répondre à une proposition d’admission. Entre le 17 août et le 10 septembre, ce délai passe à une seule journée. Tu comprendras que ce n’est pas vraiment là le moment de te lancer dans une recherche approfondie sur une formation que tu ne connais pas. La bonne stratégie : explorer les fiches en amont de la proposition, dès que tu repères des cursus qui t’intéressent. Et c’est précisément à ce stade que la rubrique dont on parle peut changer quelque chose.
Ce que contient cette rubrique
Dans chaque fiche formation de Parcoursup, une section intitulée Poursuivre ses études et connaître les débouchés regroupe des données statistiques sur le devenir des diplômés. Pour la session 2026, le ministère de l’Éducation nationale les a rendues disponibles pour « la plupart des formations » de la plateforme, sous la forme de données d’insertion à 6 mois et de salaire net médian un an après la sortie.
Trois chiffres y sont affichés pour chaque formation couverte :
- La part en poursuite d’études : la proportion de diplômés toujours inscrits dans une formation en France l’année suivante. Un BTS qui est souvent utilisé comme tremplin vers une licence pro ou un bachelor affichera logiquement un taux élevé ici.
- La part en emploi salarié à 6 mois : la proportion de diplômés qui occupent un emploi salarié en France six mois après leur sortie de formation. Tous les types de contrats sont pris en compte (CDI, CDD, intérim, contrats de professionnalisation) sauf les contrats d’apprentissage, assimilés à une poursuite d’études. Les personnes travaillant à l’étranger ou à leur propre compte ne sont pas comptabilisées.
- La part dans « autres situations » : tous les cas de figure qui n’entrent ni dans la poursuite d’études ni dans l’emploi salarié en France comme la recherche d’emploi, l’emploi à l’étranger ou l’emploi indépendant et inactivité.
Et depuis la session 2026, une donnée supplémentaire : le salaire médian un an après la sortie. Il s’agit du salaire net mensuel calculé à temps plein, sur la base des postes occupés en France 12 mois après la fin de la formation. Médian signifie que la moitié des diplômés en emploi gagne moins que ce chiffre et l’autre moitié gagne plus.

© Parcoursup.gouv.fr — capture d’écran
Sur la fiche de la licence de droit, entièrement en distanciel, de l’Université de Rouen Normandie (Campus Pasteur Rouen), la rubrique affichait 1 750 € médian net/mois pour la promotion 2022, avec la précision que la moitié des diplômés en emploi gagnait entre 1 580 € et 1 970 € net par mois. Cette fourchette est utile : elle te dit si les rémunérations sont resserrées autour de la médiane ou, au contraire, très dispersées d’un poste à l’autre.
Ce sont le premier et le troisième quartile. Le premier quartile (1 580 €) est le seuil en dessous duquel se situent les 25 % des diplômés les moins bien rémunérés. Le troisième quartile (1 970 €) est le seuil au-dessus duquel se situent les 25 % les mieux rémunérés. Entre les deux : la moitié centrale des diplômés en emploi. Plus la fourchette est resserrée, plus les salaires sont homogènes. Plus elle est large, plus les écarts sont importants selon les postes, les secteurs et les territoires.
Et comme le rappelle Parcoursup directement sur la fiche : ces données sont nationales, calculées sur toute la France, pas établissement par établissement. Il te dit ce que gagnent en médiane les diplômés de ce type de formation partout en France, pas spécifiquement ceux du lycée ou de l’université où tu postules. Ce n’est donc pas le bon outil pour comparer deux BTS MCO dans deux villes différentes : c’est le même chiffre pour les deux. En revanche, c’est très utile pour comparer deux formations de nature différente : un BTS et un BUT dans le même domaine, par exemple, ou une licence générale et une licence professionnelle.
Cette donnée a aussi son utilité, peu importe ton projet. Si tu comptes t'arrêter après ce diplôme, elle te donne une fourchette réaliste de ce que tu peux espérer toucher en sortant. Et si tu vises une poursuite d'études, elle te sert de point de repère intermédiaire : tu sauras ce que vaut ton diplôme sur le marché du travail à cette étape, avant même d'envisager le palier suivant.
Si tu comptes t'arrêter après ce diplôme, il te donne une fourchette réaliste de ce que tu peux espérer toucher en sortant. Et si tu vises une poursuite d'études, il te sert de point de repère intermédiaire : tu sauras ce que vaut ton diplôme sur le marché du travail à cette étape, avant même d'envisager le palier suivant.
D’où viennent ces données et ce qu’elles couvrent vraiment
Ces indicateurs ne sont pas construits à partir d’enquêtes déclaratives auprès des anciens étudiants. InserJeunes et InserSup croisent des données administratives de scolarité avec les déclarations sociales nominatives que les employeurs transmettent à l’administration. Autrement dit, ce sont des informations produites directement par les entreprises et pas des réponses à un questionnaire.
InserJeunes couvre les formations de niveau CAP à BTS. InserSup couvre les formations du supérieur, après le BTS (licences, BUT, grandes écoles d’ingénieurs ou de management, etc.)
Deux précisions à avoir en tête avant d’aller consulter les fiches :
- D’abord, ces données s’appliquent indépendamment du statut de l’établissement : une école d’ingénieurs privée est couverte au même titre qu’une université publique, du moment que le type de diplôme entre dans le périmètre d’InserJeunes ou d’InserSup.
- Ce qui détermine la présence ou l’absence de données, c’est le nombre d’étudiants : si une formation en accueille moins de 20 dans un établissement donné, les indicateurs ne sont pas diffusés pour cet établissement. Trouver une fiche sans données n’est donc pas un signal négatif sur la formation. C’est seulement une contrainte statistique.
- Ensuite, tu peux très bien tomber sur une fiche qui affiche les taux d’insertion (poursuite d’études, emploi à 6 mois) sans que le salaire médian n’apparaisse. C’est le cas des formations dont les diplômés s’orientent majoritairement vers la poursuite d’études, l’emploi indépendant ou l’emploi à l’international : les indicateurs de rémunération n’y sont tout simplement pas calculés.
- Enfin, les données de rémunération affichées en 2026 portent sur des diplômés sortis autour de 2022 : le marché de l’emploi a pu évoluer depuis, dans un sens comme dans l’autre. Autant le garder en tête au moment de lire ces montants.
Ces indicateurs ont leurs limites : voici ce qu’il ne faut pas leur faire dire
Ces données sont utiles. Les surestimer serait une autre erreur. Il y a plusieurs points à garder en tête avant de fonder un choix dessus.
Le taux d’emploi à 6 mois ne renseigne pas sur la stabilité ou la qualité du poste. Un taux de 70 % comptabilise aussi bien des CDI que des CDD de quelques semaines. InserSup publie des données complémentaires sur la part de CDI, mais elles n’apparaissent pas systématiquement dans la fiche Parcoursup. Si tu veux ce niveau de détail, tu peux aller les chercher directement sur le site d’Insersup.
Le taux de poursuite d’études peut donner l’impression d’un faible taux d’emploi là où il n’en est rien. Pour une licence générale dont la vocation est la poursuite en master, les diplômés qui entrent directement dans la vie active sont mécaniquement peu nombreux à 6 mois, sans que ce soit le signe d’une mauvaise insertion. Compare toujours des formations de même nature et de même niveau.
Les données de salaire ne sont pas affichées pour toutes les formations. Les indicateurs de rémunération ne sont pas calculés pour les formations qui conduisent principalement à de la poursuite d’études, à l’emploi indépendant ou à l’emploi à l’international. Leur absence dans la rubrique n’est donc pas un aveu d’échec.
Le salaire national ne reflète pas les disparités territoriales. Un BTS MCO à Paris et le même BTS MCO dans une ville de taille moyenne ne débouchent pas sur les mêmes conditions salariales, même si la fiche affiche un seul chiffre pour les deux.
En pratique, voilà comment cette rubrique t’aide à choisir tes vœux
La méthode tient en quatre étapes. Depuis ton dossier Parcoursup, accède à l’onglet Vœux > Vœux en phase complémentaire. La carte des formations disponibles s’ouvre : tu peux filtrer par type de formation, par académie et par domaine. Clique sur une formation qui t’intéresse pour ouvrir sa fiche.
Dans la fiche, fais défiler la page jusqu’à la rubrique Poursuivre ses études et connaître les débouchés. Elle apparaît après les sections sur les attendus et les critères d’admission… c’est souvent là que les candidats s’arrêtent avant d’y arriver.
Utilise les données pour ce qu’elles sont vraiment. Le salaire médian te permet de comparer des formations de nature différente (un BTS versus un BUT dans le même domaine, par exemple), pas deux établissements qui délivrent le même diplôme national. En revanche, les taux d’emploi à 6 mois et de poursuite d’études peuvent varier d’un établissement à l’autre : c’est sur ces indicateurs-là, croisés avec les attendus de la formation, le taux d’encadrement et la localisation, que la comparaison entre deux établissements proposant le même diplôme a du sens.
Un conseil avant de te lancer : la liste des formations disponibles en phase complémentaire s’actualise tous les jours. De nouveaux cursus y apparaissent : des établissements rejoignent la liste progressivement, et des places se libèrent au fil des réponses des candidats. Tu n’es pas obligé de formuler tes 10 vœux d’un seul coup dès le premier jour. Cela peut valoir le coup de revenir régulièrement sur la carte, de prendre le temps de comparer les fiches, et de postuler au fur et à mesure plutôt que de remplir ton quota dans la précipitation.





