Quelles solutions pour améliorer la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur ? Alors que la procédure Parcoursup bat son plein pour des milliers de lycéens, les députés Pierre Courbon (Parti Socaliste) et Frantz Gumbs (Les Démocrates) ont déposé un rapport avec pas moins de 51 propositions.
Pour réaliser leurs conclusions, les parlementaires ont interrogé des lycéens et des parents d’élèves. Les résultats sont jugés hétérogènes, car tout le monde ne part pas avec les mêmes chances ou le même accompagnement.
Ainsi, les auteurs du rapport estiment que Parcoursup constitue une « réussite sur le plan technique » mais un « échec sur le plan politique », concernant le dispositif créé il y a maintenant huit ans dans le cadre de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE).
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Un accompagnement inégal selon les établissements
Sans surprise, le rapport parlementaire pointe des inégalités sociales différentes entre les établissements. Un débat qui agite la communauté éducative chaque année lors de la phase de saisie des vœux. « Parcoursup contribue à reproduire, sans les corriger, voire à aggraver » les différences « socioculturelles préexistantes », estiment les députés.
Ces derniers donnent pour exemple le nombre d’heures allouées en classe de terminale pour l’orientation des élèves. Pour rappel, l’accompagnement au choix de l’orientation doit être de 54 heures annuelles, « pour préparer leur futur choix d’études supérieures », comme le rappelle éduscol.
Néanmoins, la réalité est tout autre. « Si certains élèves disent bénéficier d’un nombre d’heures suffisant, d’autres ne semblent avoir eu droit qu’à très peu d’heures, voire aucune, sans que l’on soit en mesure de distinguer ce qui relève de l’accompagnement à l’orientation et de l’assistance à l’utilisation de Parcoursup », apprend-on dans le rapport.
Dans les lycées favorisés, les élèves bénéficient d’ateliers dédiés à la préparation de Parcoursup, « avec simulation de candidatures, relecture collective des lettres de motivation, interventions ou encore base de données interne avec les attendus réels de chaque formation », expliquent les députés. À contrario, dans les établissements moins favorisés, les équipes pédagogiques disposent de moins de temps ni de moyens pour « s’investir dans l’aide à l’orientation ».
Une source « de stress, d'angoisse et de tension »
Par ailleurs, les députés évoquent aussi l’état de stress que procure Parcoursup, tant du côté des élèves que des équipes de formations. Le calendrier de la procédure et ses différentes phases, reste, selon eux, « construit en réponse aux contraintes des professionnelles » et induit « une source de stress, d’angoisse et de tension ».
Pierrick Courbon et Frantz Gumbs mettent en avant les progrès techniques de Parcoursup comparé à son ancêtre, APB. En revanche, ils évoquent des « avancées insuffisantes » concernant la transparence des critères et les outils que les commissions d’examen des candidatures utilisent.
Ils prennent pour exemple les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur où les constats sont unanimes : seuls 40% des bacheliers obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans et le taux d’échec en L1, concerne près d’un étudiant sur deux. Des données qui, selon eux, montrent « l'échec relatif des objectifs majeurs de la loi ORE ».
Algorithme, lettre de motivation, lycée d’origine : les propositions phares
Le rapport formule plusieurs recommandations pour rendre Parcoursup plus transparent et plus équitable. Les députés demandent d’abord que les critères de sélection utilisés par les formations soient publiés clairement, avec une mention explicite des critères éliminatoires et plus de lisibilité sur les algorithmes locaux, pour faire tomber l’image de « boîte noire » que beaucoup de familles ont de la plateforme.
Ils proposent aussi de supprimer la lettre de motivation, jugée inégalitaire et peu utilisée dans les faits, « sauf si elle est spécifiquement requise par une formation ».
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Les deux mesures les plus structurelles concernent l’origine scolaire des candidats et le calendrier. D’un côté, le rapport recommande de supprimer la mention du lycée d’origine dans les dossiers, pour limiter les biais liés à la réputation des établissements, et d’harmoniser les notes du contrôle continu à l’échelle nationale pour permettre une comparaison plus juste.
D’autre part, les députés appellent à revoir un calendrier jugé trop stressant. Avec les réponses tombées en pleine période de révisions du bac, les délais pour accepter une proposition sont très courts, et certains candidats patientent longtemps dans les listes d’attente.
Reste à savoir si ces propositions seront prises en compte et débattues à l’Assemblée nationale pour améliorer le quotidien de milliers de jeunes chaque année qui passent par la case Parcoursup.






