Depuis tout petit, tu n’as aucun doute : tu veux devenir dentiste. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que chaque année tu demandais au père Noël un nouveau kit de jouets pour jouer au dentiste et apprendre à manier le détartreur comme personne !
Sauf qu’à partir d’un certain âge, pour accéder à ce métier, il faut passer par de longues études dans le domaine de la santé. Au total ? Six ans d’études minimum après le bac pour décrocher le droit d’exercer, et jusqu’à neuf ans si tu veux te spécialiser en orthodontie, en chirurgie orale ou en médecine bucco-dentaire. Toujours le smile ? Reste avec nous pour savoir ce qui t’attend !
PASS ou L.AS : le sésame pour entrer en odontologie
Tu bloques déjà devant Parcoursup ? Normal : les études de santé ont leur propre logique. Pour accéder à l’odontologie, deux voies s’offrent à toi :
- Le PASS (parcours d’accès spécifique santé) est la voie la plus directe. Chimie, biochimie, biologie cellulaire, pharmacologie : cette première année axée sur les métiers de la santé doit être validée pour passer en deuxième année de médecine. Attention : pas de redoublement en PASS.
- La L.AS (licence avec option accès santé) est un peu différente. Tu t’inscris dans la licence de ton choix (SVT, chimie, lettres…) avec une option santé en plus. L’avantage si tu ne parviens pas à intégrer les études de médecine, c’est que tu peux poursuivre dans le domaine de ta licence et ainsi ne pas perdre d’années.
Sache que la première année reste très sélective : nombreux sont les étudiants qui ne décrochent pas leur place en deuxième année d’études de santé. Pour réussir, tu vas devoir adopter une bonne méthode de travail, être régulier et surtout motivé !
Au lycée, mise sur les spécialités SVT, physique-chimie et mathématiques pour maximiser tes chances. Tu lâches les maths en terminale ? Prends au minimum « mathématiques complémentaires » pour ne pas galérer en 1re année !
Et si tu es en réorientation, bonne nouvelle : des passerelles existent pour rejoindre la 2e ou la 3e année d’odontologie. C’est plus rare, mais selon ton dossier et ta filière d’origine, ça peut se tenter !
De la 2e année au DE : six ans de cursus passés au crible
Ta place en odontologie est décrochée ? Le vrai parcours commence maintenant ! Il se découpe en trois cycles, chacun avec ses enjeux.
| Cycle | Années | Au programme | Diplôme | Niveau |
| 1er cycle | 2e-3e | Bases scientifiques, anatomie dentaire, TP simulation, stage infirmier | DFGSO | Licence (bac+3) |
| 2e cycle | 4e-5e | Soins sur vrais patients au CHU, odontologie légale, anesthésiologie | DFASO | Master (bac+5) |
| 3e cycle court | 6e | Exercice autonome, gestion de cabinet, thèse | DE chirurgie dentaire | Bac+6 |
| Internat | 3-4 ans | Spécialisation : orthodontie, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire | DE + DES | Bac+8/9 |
1er cycle : pose les fondations
Tu entres en 2e et 3e année. Au menu : anatomie de la dent, de la tête et du cou, prévention et traitement des maladies bucco-dentaires, santé publique et imagerie médicale. Le format alterne cours magistraux (CM), travaux dirigés (TD) et surtout beaucoup de travaux pratiques (TP).
Le gros morceau ? Les TP de simulation. Tu développes ton habileté manuelle sur des mannequins avant de toucher à un vrai patient. Résultat : quand tu arrives en stage, tu n’es pas complètement dans le flou et tu as déjà plein de compétences techniques ! Un stage infirmier de 4 semaines est aussi au programme dès ce cycle. À la fin de la 3e année, tu décroches le DFGSO (diplôme de formation générale en sciences odontologiques), reconnu au niveau licence (bac+3).
2e cycle : mets les mains dans le cambouis
En 4e et 5e année, tu changes de dimension. Tu passes la moitié de ton temps en stage, principalement au CHU (centre hospitalier universitaire) partenaire de ta fac. Ici, on ne plaisante plus : tu soignes de vrais patients sous supervision (détartrages, soins de caries, pose de couronnes, etc.).
Les enseignements s’approfondissent avec des matières comme l’odontologie légale, l’anesthésiologie et la santé publique dentaire. En fin de 5e année, tu obtiens le DFASO (Diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques - niveau master, bac+5) et tu décroches le CSCT, un certificat qui t’autorise à prescrire et à assurer des remplacements en cabinet.
Dès le 2e cycle, tu es externe salarié du CHU. La rémunération reste modeste (entre 260 et 320 € brut par mois), mais c’est un premier pas vers l’autonomie. En internat, cette somme grimpe à plus de 2 000 € brut mensuels.
3e cycle court : la dernière ligne droite
Tu arrives enfin en 6e année. Pendant un an, tu prépares l’exercice autonome du métier : gestion d’une patientèle, comptabilité, approche globale du patient. L’essentiel se passe en stage, chez un chirurgien-dentiste.
Dernière étape : soutenir ta thèse d’exercice. Une fois validée, tu obtiens le DE de docteur en chirurgie dentaire, ton sésame pour exercer.
Orthodontiste, chirurgien oral : et si tu poussais jusqu’à la spé ?
Tu ne veux pas t’arrêter au diplôme d’État ? Après la 5e année, tu peux aussi tenter le cycle long, autrement dit l’internat d’odontologie. Cet internat est accessible sur concours national, avec un nombre de places limité. Tu peux envisager trois spécialités :
- Orthopédie dento-faciale (orthodontie) : 3 ans. Tu te consacres à l’alignement des dents et à la correction des mâchoires : bagues, gouttières et appareils de contention.
- Médecine bucco-dentaire : 3 ans. Ici, tu apprends à prendre en charge des patients complexes : personnes âgées, patients porteurs de pathologies lourdes ou personnes en situation de handicap.
- Chirurgie orale : 4 ans. Pose d’implants, extractions complexes, greffes osseuses, dépistage de cancers buccaux : si le bloc opératoire t’attire, emprunte ce chemin !
À l’issue de l’internat, tu obtiens un DES (diplôme d’études spécialisées) en plus du DE. C’est aussi la voie recommandée si tu vises une carrière d’enseignant-chercheur ou de praticien hospitalier !
Le budget : combien ça coûte de devenir dentiste ?
Ce n’est pas un secret : se former coûte cher. Tu as peur que les études de dentiste te ruinent ? Rassure-toi : les études d’odontologie se déroulent à l’université. Les frais d’inscription sont donc les mêmes que pour n’importe quelle licence ou master universitaire : entre 178 à 254 € par an selon le cycle. Si tu es étudiant boursier, c’est gratuit.
Là où le budget pique un peu, c’est au niveau du matériel dentaire. Dès les premières années de TP, tu dois te constituer ta trousse d’instruments : miroirs, sondes, pinces, seringues, fraises… Selon les facs, compte entre 500 et 2 000 € sur l’ensemble du cursus. Mais attention : certaines universités peuvent te prêter du matériel, donc renseigne-toi avant de foncer chez le fournisseur !






