Quelles études pour devenir chirurgien ?

Devenir chirurgien ne s’improvise pas. Quelles études suivre? Pour combien de temps ? Diplomeo te guide sur les parcours possibles après le bac ! 
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Le métier de chirurgien fait partie des professions médicales les plus convoitées, mais aussi les plus difficiles d'accès. Pour exercer au sein d’un hôpital, d’une clinique ou en tant que libéral, il est nécessaire de suivre des études de médecines longues et exigeantes, jalonnées de concours, de stages et de choix de spécialités décisifs.

Avant de te lancer, mieux vaut savoir précisément ce qui t'attend. Tu hésites encore entre PASS, LAS ou un autre cursus de santé ? Tu te demandes combien d'années te séparent vraiment du bloc opératoire ? Diplomeo t’explique toutes les solutions qui s’offrent à toi pour devenir chirurgien !

Tu vises une carrière en médecine ou en chirurgie ? 🩺

Combien d’années d’études pour devenir chirurgien ? 

C'est la question qui taraude bon nombre de lycéens attirés par ce métier des blocs opératoires, à savoir combien de temps faut-il pour commencer sa carrière professionnelle. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps : il faut compter entre 11 et 13 ans d'études après le bac en France, parfois plus selon la spécialité choisie.

Cette durée se découpe en trois grands cycles dans le cursus de médecine. Le premier cycle dure 3 ans : il commence par la fameuse première année sélective en PASS ou en LAS, suivie de deux années dites précliniques où l'étudiant pose les fondations théoriques de sa future pratique médicale.

Le deuxième cycle, l'externat, s'étale ensuite sur 3 années supplémentaires, mêlant stages hospitaliers le matin et cours à la faculté l'après-midi.  Enfin, le troisième cycle, l'internat, est de loin le plus long pour les futurs chirurgiens : 6 années pleines consacrées à l'apprentissage d'une spécialité chirurgicale précise (contre 4 à 5 ans seulement pour les spécialités strictement médicales).

À cela s'ajoutent souvent une à deux années supplémentaires de post-internat en milieu hospitalier (statut d'assistant spécialiste ou de chef de clinique), nécessaires pour consolider la pratique avant de s'installer en libéral ou de décrocher un emploi stable de praticien hospitalier.

Devenir chirurgien : le parcours d’études, étape par étape 

Maintenant qu'on a posé le décor sur la durée totale, place au détail de chaque étape. Le parcours pour devenir chirurgien suit le tronc commun des études de médecine jusqu'au choix de la spécialité, puis bifurque vers une formation chirurgicale spécifique de six ans.

1/ La première année d’études commune d’accès aux études de santé : PASS ou LAS

Comme pour toute carrière médicale, le parcours pour devenir chirurgien démarre par la première année commune aux études de santé. Depuis la réforme de 2020, deux voies cohabitent pour y accéder via la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup : le PASS (Parcours d'accès spécifique santé) et la LAS (Licence avec accès santé).

Le PASS propose une majeure en santé et une mineure dans une autre discipline (droit, lettres, biologie, etc.). C'est la voie privilégiée par les lycéens qui visent en priorité la médecine. La LAS, à l'inverse, te fait suivre une licence classique enrichie d'une option santé. Tu mises sur ton domaine de prédilection tout en gardant une porte ouverte vers la médecine.

Quelle que soit la voie choisie, la sélection est très difficile. Seuls les étudiants les mieux classés accèdent à la deuxième année de médecine, sur la base d'épreuves écrites et orales. En cas d'échec, le redoublement n'est plus possible en PASS : en cas d'échec, deux scénarios sont possibles. Si tu as validé tes 60 ECTS (santé + mineure), tu peux poursuivre en LAS 2 et retenter ta chance à la fin de cette année, voire en LAS 3.

Si tu n'as pas validé tes crédits ECTS, retour obligatoire sur Parcoursup pour démarrer une licence classique. À noter aussi : selon l'arrêté du 4 novembre 2019, tu n'as droit qu'à deux candidatures aux études de santé sur l'ensemble de ton parcours.

Bon à savoir 💡

Une réforme nationale est prévue pour la rentrée 2027 pour remplacer PASS et LAS par une voie unique d'accès aux études de santé. Les lycéens entrant en première année à la rentrée 2026 restent toutefois dans le système actuel jusqu'à leur passage en deuxième année.

Tu vises une première année de santé à la rentrée ? 🎯

2/ L'externat : du DFGSM au DFASM

Après avoir validé la première année et la deuxième année du premier cycle, l'étudiant en médecine décroche le Diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM), reconnu au grade de licence.

Place ensuite au deuxième cycle des études de médecine, surnommé l'externat, qui s'étend sur trois années (de la 4e à la 6e année). C'est durant cette période que tu commences à mettre la main à la pâte. En effet, les journées se partagent entre stages hospitaliers le matin, dans différents services (chirurgie, médecine interne, pédiatrie, cardiologie, urgences…), et cours à la faculté l'après-midi.  Pour les futurs chirurgiens, ces stages sont l'occasion idéale de tester leur attirance pour le bloc opératoire et de découvrir les différentes spécialités chirurgicales avant le moment décisif du choix.

À la fin de la 6e année, l'étudiant obtient le Diplôme de formation approfondie en sciences médicales (DFASM), qui valide le grade de master. Attention toutefois, ce diplôme ne donne pas encore le droit d'exercer la médecine, et encore moins la chirurgie. Il sanctionne simplement la fin du tronc commun et ouvre la porte à l'étape la plus stratégique du cursus, à savoir les épreuves classantes nationales.

3/ Les EDN et le choix de la spécialité 

Une fois le DFASM en poche, arrive le moment le plus crucial du cursus médical : les Épreuves Dématérialisées nationales, EDN pour les intimes. Celui-ci a remplacé l’ancien Examen classant national (ECN) qui a tiré sa révérence depuis la réforme du second cycle des études médicales (R2C) en 2023.

Néanmoins, les EDN ne sont pas le seul filtre. À cela s'ajoutent les ECOS (Examens Cliniques Objectifs et Structurés), qui se déroulent en mai et qui évaluent les compétences cliniques et relationnelles de l'étudiant via des mises en situation pratiques. Le tout est pondéré avec la note de parcours universitaire pour produire un classement national.

Ce classement change la donne : plus l’étudiant est bien classé, plus il a de chance de bénéficier de la spécialité et de la zone géographique (région ou CHU) qu’il convoite. Les spécialités chirurgicales font partie des plus demandées : la chirurgie plastique et la chirurgie orthopédique figurent régulièrement dans le top 10 des spécialités les plus prisées. Pour y accéder, il faut viser un classement parmi les meilleurs sur l'ensemble des candidats de l'année. Autrement dit : les EDN sont l'épreuve qui scelle ton avenir de chirurgien.

Tu te projettes dans une carrière médicale ? 🩺

4/ L’internat : le DES de chirurgie 

Prochaine étape et non des moindres : le troisième cycle des études de médecine, plus connu sous le nom d’internat. Pour toutes les spécialités chirurgicales, cette période dure 6 et tu te formes à temps plein pour préparer ton Diplôme d’Études Spécialisées (DES). 

L'internat se découpe en trois phases distinctes :

  • La phase socle (1 an) pose les bases du métier avec deux semestres de stage, dont au moins un dans la spécialité choisie.
  • La phase d'approfondissement (3 ans) : tu enchaînes les stages dans différents services pour acquérir les gestes techniques de sa spécialité, tout en suivant des enseignements théoriques en parallèle.
  • La phase de consolidation (2 ans pour les chirurgiens) : cette étape marque l'aboutissement de la formation : l'interne devient docteur junior et réalise des actes médicaux en autonomie supervisée, sous la responsabilité d'un médecin senior.

Parlons peu, parlons cash. L’interne touche une rémunération comprise entre 1 625 € nets par mois en 1re année et environ 1 870 € nets en 3e année au titre des émoluments de base. À cela s'ajoutent les gardes, dont l'indemnité a été majorée de 50 % depuis janvier 2024 : il faut compter environ 234 € brut par garde de nuit en semaine, et 256 € brut par garde de week-end ou jour férié.

Avec un rythme moyen de 3 à 4 gardes mensuelles, le revenu total grimpe entre 1 900 et 2 900 € nets selon l'année d'internat et l'intensité des gardes. Une rémunération modeste au regard du volume horaire, mais qui pose les premières pierres des futures années d’exercice.

5/ La thèse et le diplôme d’État de docteur en médecine 

L'internat ne se conclut pas par la simple validation des stages. Pour pouvoir exercer en autonomie complète et porter officiellement le titre de docteur, l'interne doit soutenir une thèse d'exercice au cours de sa dernière année.

Ce travail de recherche, généralement basé sur une étude clinique ou une analyse de cas observés en service, est défendu devant un jury composé de praticiens hospitaliers et d'enseignants-chercheurs.

Une fois la thèse soutenue avec succès, tu décroches enfin le Diplôme d'État de Docteur en Médecine. À ce stade, il peut s'inscrire au tableau de l'Ordre des Médecins, condition indispensable pour exercer en France. Le DES en chirurgie est délivré en parallèle, attestant officiellement de la spécialité validée pendant l'internat.

Mais l'aventure n’est pas totalement finie. Pour de nombreuses spécialités chirurgicales, le jeune chirurgien doit encore enchaîner 1 à 2 années en post-internat sous statut d'assistant spécialiste ou de chef de clinique. C'est durant cette période que tu consolides définitivement ta pratique, que tu prends en charge tes propres patients, que tu prépares ton installation que ce soit en libéral, en clinique privée ou comme praticien hospitalier titulaire à l'hôpital public.

Quelles spécialités chirurgicales après les EDN ?

Une fois les EDN passés et le classement obtenu, place au choix décisif : celui de la spécialité chirurgicale. Selon l'arrêté du 21 avril 2017 (modifié en 2022), il existe en France 13 DES de la discipline chirurgicale, chacun ouvrant la porte à un univers très différent du bloc opératoire.

Du nourrisson à l'adulte, du squelette au cerveau, du visage au système digestif : chaque spécialité a ses pathologies, ses gestes techniques et ses débouchés propres :

Spécialité chirurgicaleFocus
Chirurgie maxillo-facialeOpère la face, les mâchoires, les glandes salivaires : traumatologie, cancers ORL, chirurgie orthognathique
Chirurgie oraleTraite les pathologies de la bouche, des dents et des os maxillaires (kystes, implants, extractions complexes)
Chirurgie orthopédique et traumatologiquePrend en charge l'appareil locomoteur : fractures, prothèses de hanche, ligaments, scolioses
Chirurgie pédiatriqueOpère les enfants et nourrissons, de la chirurgie viscérale à l'orthopédie pédiatrique
Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétiqueReconstruction après cancer, brûlures, malformations, et chirurgie esthétique
Chirurgie thoracique et cardiovasculaireCœur, poumons, gros vaisseaux : pontages, valves, transplantations
Chirurgie vasculaireArtères et veines : anévrismes, varices, pontages, ischémies des membres
Chirurgie viscérale et digestiveTube digestif, foie, pancréas, vésicule biliaire : cancers, hernies, chirurgie bariatrique
Gynécologie obstétriqueSuivi des grossesses, accouchements, chirurgie gynécologique (utérus, ovaires)
NeurochirurgieOpère le cerveau, la moelle épinière et le système nerveux périphérique
OphtalmologieŒil et voies visuelles : cataracte, rétine, chirurgie réfractive
Oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale (ORL)Oreilles, nez, gorge, larynx, glandes thyroïdes
UrologieAppareil urinaire et organes génitaux masculins : prostate, reins, vessie
Tu te projettes dans une carrière médicale ? 🩺

Quelle réorientation possible en cours d’études ? 

Tous les étudiants en médecine ne mèneront pas leur projet de devenir chirurgien. Certains se découvrent une incompatibilité avec le bloc opératoire en cours d'internat, d'autres se reconvertissent vers une spécialité moins exigeante physiquement.

Tu commences ton DES de chirurgie et tu réalises que ce n'est pas fait pour toi ? La réalité du bloc ne correspond pas à ce que tu imaginais ? Bonne nouvelle, un dispositif existe : le droit au remords. Encadré par l'arrêté du 12 avril 2017, il permet à l'interne de changer de spécialité avant la fin de son quatrième semestre d'internat validé, à condition de remplir deux critères : avoir eu un meilleur classement aux EDN que le dernier candidat ayant pris la spécialité visée dans la même subdivision, et obtenir l'accord du coordonnateur du DES d'accueil. Le droit au remords ne s'exerce qu'une seule fois dans toute la carrière.

Selon une étude de l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS) publiée en 2021, environ 5 % des internes ont exercé leur droit au remords entre 2017 et 2018, un taux qui grimpe à 9 % pour les spécialités chirurgicales. Plus de la moitié des internes sortants se réorientent vers une spécialité non chirurgicale (médecine d'urgence, anesthésie-réanimation, gériatrie).

Une alternative existe aussi pour ceux qui ne veulent pas tout abandonner mais préfèrent un autre rythme : viser un DES de spécialité médicale moins éprouvant physiquement, ou se reconvertir vers la recherche médicale, l'enseignement universitaire ou la médecine du travail.

Salaire et débouchés d'un chirurgien

Pour ceux qui vont jusqu'au bout, en revanche, les perspectives professionnelles et financières restent solides. Une fois le parcours mené à son terme, le salaire du chirurgien varie fortement selon son mode d'exercice. À l'hôpital public, un praticien hospitalier touche environ 4 000 € nets mensuels en début de carrière, et grimpe entre 6 500 et 7 500 € nets en fin de carrière avec les primes et les gardes.

En profession libérale, la rémunération s'envole : selon les données de la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF) en 2023, le revenu médian d'un chirurgien installé tourne autour de 185 000 € bruts annuels, soit près de 12 300 € nets par mois. Les spécialités les mieux rémunérées (orthopédie, plastique, ophtalmologie) peuvent dépasser 250 000 € brut par an, en secteur 2.

Tu l’auras compris, Devenir chirurgien, c'est s'engager dans l'un des parcours les plus longs et exigeants de l'enseignement supérieur français. Mais au bout du chemin, un métier passionnant et l'une des professions médicales les plus reconnues t'attendent.

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