Lettres de motivation ? Check. Validation des vœux ? Check. Et maintenant ? Alors que tu as bouclé Parcoursup depuis le 1er avril, c'est le grand silence. Les réponses des établissements ne tomberont que début juin. Entre-temps, tu révises ton bac (en théorie), tu scrolls sur ton téléphone et tu attends que le temps passe.
Pourtant, les journées portes ouvertes (JPO) et les salons étudiants continuent de battre leur plein. Les écoles ouvrent encore leurs portes, les stands se montent dans les halls d'exposition et les conférences s'enchaînent. Face à ce ballet qui se poursuit, une question légitime te traverse l'esprit : à quoi bon y aller maintenant que j'ai déjà candidaté ? Diplomeo te donne les bonnes raisons de t’y rendre !
Ce qui change vraiment en JPO après la clôture des vœux
Une JPO en janvier et une JPO au printemps, ce n'est pas le même événement. La raison ? Le contenu change et les enjeux aussi. « Notre conférence sur Parcoursup est proposée aux journées portes ouvertes jusqu'en mars-avril, puis retirée car elle n'est plus d'actualité à ce moment-là », explique Laura Libouton, directrice des Admissions de l'Efrei.
À la place, les écoles mobilisent davantage de professeurs pour rentrer dans le détail des matières, organisent des ateliers de découverte et des démonstrations concrètes qui permettent aux lycéens de voir ce qu'ils feront vraiment une fois sur place.
L'autre nouveauté, c'est la projection à plus long terme. Cyril Blondet-Vargas, directeur des programmes de l'EMLV, précise que « le discours est plus axé sur l'après post-bac : l'intégration en admission parallèle, notamment en master et les critères de sélectivité quant au choix d'une spécialisation ».
Confirmer, comparer ses choix ou se démarquer : les bonnes raisons d’aller en JPO au printemps
Si tu n'es pas convaincu de troquer ta grasse mat' du samedi matin contre la visite d'un campus, on te comprend. Après des semaines passées à remplir des dossiers et à rédiger des lettres de motivation Parcoursup, l'envie de souffler est tout à fait légitime. Mais garde en tête que ces événements peuvent encore jouer un rôle décisif dans ton orientation.
« Beaucoup d'étudiants nous disent que c'est en venant sur le campus qu'ils ont su que c'était le bon choix », Sophie Hardy – ESIEE-IT
Ce premier rôle, c'est de confirmer tes choix avant les réponses de juin. Lors de la phase d'admission sur Parcoursup, tu n'auras que quelques jours pour accepter un vœu. Mieux vaut arriver préparé. Ainsi, la JPO te permet de te projeter clairement et d'être sûr de toi avant la date butoir.
« Les JPO et salons sont là pour aider les jeunes à passer de la candidature à la décision, en leur apportant des éléments qu'ils ne trouveront ni sur un site web, ni dans une brochure », affirme Sophie Hardy, directrice des Admissions de l'ESIEE-IT. « Le campus, ce n'est pas qu'un bâtiment, c'est un cadre de vie, de travail et d'apprentissage. Beaucoup d'étudiants nous disent que c'est en venant sur le campus qu'ils ont su que c'était le bon choix », renchérit-elle.
Les journées portes ouvertes, c'est aussi l'occasion de lever tes doutes en allant discuter avec des étudiants sur place. Ces derniers te donneront des informations précieuses sur leur ressenti, leurs expériences sur les cours et les équipements, et leurs propres doutes quand ils étaient à ta place. « Parler avec l'équipe admission est important, mais échanger avec des étudiants en cours de formation l'est tout autant. Ces échanges sont souvent décisifs ! », insiste Sophie Hardy.
Il est aussi essentiel de comprendre les vraies différences entre les écoles, car sur le papier, beaucoup se ressemblent. C'est sur le terrain que tu saisis ce qui les distingue. « Mêmes diplômes, mêmes intitulés, mêmes niveaux : les JPO et salons permettent de comprendre les différences, les atouts. Ce sont souvent ces différences-là qui font la réussite d'un parcours », rappelle la directrice des Admissions de l’ESIEE-IT.
Autre élément à prendre en compte : les éventuels entretiens de sélection. De nombreuses écoles organisent des entretiens de motivation et le fait de te rendre aux JPO pour rencontrer tes futurs professeurs est un argument concret pour montrer ta motivation. « Cela leur permet de mettre en valeur leur connaissance de l'école, ce qui les intéresse dans celle-ci, d'argumenter. On peut voir si le lycéen s'est renseigné, et son investissement », précise Laura Libouton.
Par ailleurs, visiter des écoles auxquelles tu as postulé, c'est aussi commencer à préparer ton plan B pour la phase complémentaire. « Jusqu'au dernier moment, on peut rester dans l'incertitude. Cela peut également permettre de se projeter dans le long terme : faire une classe prépa ou une formation, puis en intégrer une autre dans une autre école », insiste la directrice des Admissions de l'Efrei.
JPO ou immersion : comment en profiter à fond ?
Se rendre sur place, c'est déjà un premier pas, mais encore faut-il savoir où se diriger. Que tu ailles à une journée portes ouvertes classique ou à une demi-journée d'immersion, l'objectif est le même : repartir avec des réponses claires, et pas juste une plaquette et un tote bag.
Premier réflexe : ne te contente pas d'écouter la conférence de présentation. N’hésite pas à parler aux étudiants. Tu peux leur demander ce qui les a surpris en arrivant ou bien ce qu'ils auraient aimé savoir avant de s'inscrire. Ce sont eux qui te donneront la version non filtrée de la vie sur le campus ! Profite aussi de la présence des professeurs pour poser des questions sur le contenu réel des cours, les projets et le rythme de travail.
Certaines écoles, comme ISART Digital, proposent aux lycéens d'assister aux cours et d'échanger librement avec les intervenants. « Sur un site ou en salon, on comprend une promesse. En immersion, on vit le quotidien », explique Émilie Clavel, directrice des Admissions. « Le lycéen perçoit le rythme, l'exigence et l'ambiance de travail. C'est ce niveau de réalité qui permet de se projeter ou, au contraire, de réajuster son choix ». Si tu as la possibilité de tester des logiciels ou de voir des projets d'étudiants, profites-en : c'est souvent là que le déclic se produit.
Enfin, si tu ne peux pas te déplacer, plusieurs écoles proposent des alternatives comme des visites virtuelles ou des lives dédiés aux admissions. À l'Efrei par exemple, il est possible de prendre un rendez-vous individuel à distance ou de participer à des sessions en ligne pour poser toutes tes questions.

© EMLV
Et si tu changes d'avis ? Les formations hors Parcoursup, ton vrai plan B
Tu n'es toujours pas certain de tes choix à quelques semaines des résultats. Rassure-toi, tu es loin d'être le seul. « Un lycéen de 17 ans qui ne sait pas ce qu'il veut faire, c'est normal. On demande à des jeunes de choisir un métier qu'ils n'ont jamais pratiqué, dans un monde professionnel qu'ils n'ont exploré qu'à travers leur cercle familial », rassure Caroline Grassaud, directrice de l'ISCOM Paris. « Candidater sur Parcoursup, c'est une formalité administrative, ce n'est pas s'orienter », ajoute-t-elle.
Et pour ceux qui choisissent un parcours généraliste à l’université afin de « garder les options ouvertes », la directrice de l’école de communication parisienne nuance : « L'économie a un besoin massif de profils bac+2 à bac+5 directement opérationnels, formés à un métier. Une carrière peut se révéler et s'épanouir bien plus vite dans un parcours professionnalisant que dans un cursus académique généraliste où l'on passe trois ans à chercher ce qu'on va faire ».
La bonne nouvelle, c'est que Parcoursup n'est pas la seule porte d'entrée. Certaines écoles restent accessibles en dehors de la plateforme, parfois jusqu'en juin. C'est le cas d'ISART Digital, dont la majorité des formations ne passent pas par Parcoursup. « Un lycéen peut faire évoluer son choix d'orientation, même en avril. Il lui suffit de passer un entretien d'admission pour la nouvelle formation visée », précise Émilie Clavel. Et si tes vœux Parcoursup ne donnent rien, la phase complémentaire ouvre dès juin et te permet de candidater à des formations qui ont encore des places.
C'est d'ailleurs ce qu'a vécu un étudiant de l'EMLV. « Après un refus de Sciences Po sur Parcoursup, il s'est réorienté vers le Bachelor Affaires et Relations Internationales lors de la phase complémentaire, suite à sa venue en JPO en juin afin d'identifier d'autres formations potentiellement intéressantes pour lui », confie Cyril Blondet-Vargas. La preuve que se déplacer, même tard dans l'année, peut tout changer.
Autrement dit, rien n'est figé. Que ce soit via une école hors Parcoursup ou une réorientation en cours de route, les options existent et c'est justement en te déplaçant aux événements que tu vas les découvrir !






