Choisir ses études, c’est aussi penser budget. Entre la licence, le BUT, le master ou encore la licence pro, l’université publique reste l’une des options les plus accessibles financièrement en France. Mais combien ça coûte vraiment ? Droits d’inscription, CVEC, exonérations… on t’explique tout pour que tu puisses anticiper sereinement les frais liés à ta future formation.
Les droits d’inscription à l’université : des tarifs encadrés par l’État
À l’université, les droits d’inscription sont fixés chaque année au niveau national par le ministère de l’Enseignement supérieur. Contrairement aux écoles privées où les frais peuvent grimper jusqu’à plusieurs milliers d’euros par an, l’État prend en charge l’essentiel du coût réel de ta formation, lequel avoisine en réalité les 10 000 € par an. Résultat : tu ne paies qu’une petite fraction de ce montant.
Pour l’année universitaire 2025-2026, voici les droits d’inscription nationaux pour les diplômes les plus courants :
| Formation | Droits d’inscription 2025-2026 |
| Licence / BUT | 178 € |
| Master | 254 € |
| Licence professionnelle | 178 € |
| Doctorat | 397 € |
Ces tarifs évoluent chaque année depuis 2024, puisqu’ils sont indexés sur l’inflation (plus précisément sur l’indice national des prix à la consommation hors tabac constaté par l’Insee au mois de janvier précédant la rentrée universitaire).
Concrètement, cela signifie que d’une année sur l’autre, tu peux constater une légère hausse de quelques euros, mais rien de faramineux : les montants restent toujours dans ces ordres de grandeur. Par exemple, la licence est passée de 170 € en 2023-2024 à 178 € en 2025-2026. Cette indexation permet d’ajuster les tarifs sans créer de flambée des prix, contrairement à certaines écoles privées qui augmentent parfois leurs frais de plusieurs centaines d’euros d’un coup.
Ces montants incluent une part de 23 € de frais de gestion, non remboursable en cas d'annulation d'inscription, juste avant le début de l’année.
Les boursiers, eux, sont exonérés de ces droits d’inscription. Si tu es boursier sur critères sociaux du Crous, tu n’auras donc rien à payer ! Mais, attention : tu dois avoir ta notification définitive de bourse sous la main pour prouver ton statut d’étudiant boursier et ne pas avoir à payer les frais de scolarité annuels, ainsi que la CVEC.
La CVEC : une contribution obligatoire de 105 €
En plus des droits d’inscription, tous les étudiants inscrits en formation initiale classique, à temps plein, dans un établissement d’enseignement supérieur doivent s’acquitter de la Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC). Si tu es en alternance en contrat de professionnalisation, tu seras exonéré du paiement. Par contre, si tu es en contrat d’apprentissage, tu devras effectuer la démarche et payer.
Pour l’année 2025-2026, son montant est fixé à 105 €. Cette contribution finance des actions concrètes pour améliorer ta vie étudiante, notamment directement sur ton campus. Elles ont trait à la santé, au sport, à la culture ou encore aux questions d’égalité. Petit détail important : tu ne paies la CVEC qu’une seule fois par an, même lorsque tu te réorientes et changes de cursus voire d’établissement dans l’année. Là encore, les boursiers sont exonérés ! Ils ne sont pas concernés par le paiement de la CVEC.
Si tu n’as pas encore reçu ta notification de bourse au moment de t’inscrire, tu devras avancer les 105 € puis demander le remboursement une fois ta bourse confirmée. La démarche se fait en ligne, jusqu’au 31 mai de l’année universitaire en cours.
Combien coûte une licence à l’université ?
La licence, c’est le diplôme phare de l’université et sans doute l’un des parcours les plus abordables du supérieur. Avec 178 € de droits d’inscription par an (ou 0 € pour les boursiers) et la CVEC à 105 €, une année de licence te revient à 283 € maximum si tu n’es pas boursier. Sur trois ans, cela fait environ 850 € au total pour décrocher ton diplôme de licence.
Les doubles licences suivent le même tarif : tu paies les droits d’inscription d’une seule formation principale, même si tu cumules deux parcours. Par contre, si tu t’inscris dans une deuxième formation de manière complémentaire au sein d’un seul et même établissement, tu devras payer l’inscription à taux plein pour le premier cursus et les autres à taux réduit (118 € pour une licence).
À titre de comparaison, un bachelor (niveau de sortie bac+3) dans une école privée peut coûter entre 3 000 et 8 000 € par an, voire plus selon les établissements. L’université publique reste donc, de loin, l’option la plus accessible financièrement.
La licence professionnelle, elle, suit le même barème que la licence classique : 178 € par an plus la CVEC. Une licence pro dure un an, est accessible après un bac+2 et offre, comme la licence classique, un niveau de sortie bac+3.
Le coût d’un BUT : entre université et professionnalisation
Le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) se déroule en IUT. Les Instituts universitaires de technologie sont rattachés aux universités. Les droits d’inscription sont donc identiques à ceux d’une licence : 178 € par an, auxquels s’ajoute la CVEC de 105 €. Sur trois ans, un BUT te coûtera environ 850 € au total (zéro si tu as la bourse).
Le BUT a cet avantage d’allier formation universitaire et forte professionnalisation, avec des stages obligatoires et parfois la possibilité de faire les deux dernières années en alternance. Dans ce cas, tes frais de scolarité sont pris en charge par ton employeur, ce qui rend ta formation totalement gratuite. En prime, tu touches un salaire tous les mois !
Master : quel budget prévoir ?
Le master affiche des droits d’inscription légèrement plus élevés que la licence : 254 € par an (hors CVEC). Sur deux ans, cela fait environ 720 € pour obtenir ton diplôme de master (508 € de droits d’inscription + 210 € de CVEC sur deux ans). Là encore, les boursiers en sont exonérés.
Cela reste bien en dessous des tarifs du privé pour les Master of Science (MSc), mastères spécialisés ou les Masters of Business Administration (MBA). Dans les écoles de commerce privées, tu peux compter entre 8 000 et 20 000 € par an selon les établissements.
Université publique vs formations privées : quelle différence de coût ?
À l’université, on l’a vu, une année en licence ou master coûte moins de 300 € (hors CVEC) sur le papier.
Dans le privé, les tarifs grimpent rapidement. Par exemple, pour un Programme grande école(PGE) en 3 ans, le cursus phare des meilleures écoles de commerce qui recrute après une Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), compte entre 15 000 et 25 000 euros l’année. Pour les PGE en 5 ans, accessibles directement après le bac, compte au minimum 10 000 euros l’année.
Il faut tout de même noter que plusieurs dispositifs de financement sont adressés aux étudiants des business schools. Par exemple, un étudiant peut tout à fait percevoir la bourse du Crous si son école est visée par l’État. Des écoles rendent même gratuite la totalité d’un cursus pour les étudiants de certains échelons de la bourse du Crous. Plusieurs établissements de formation comptent aussi des aides internes et contracter un prêt étudiant est une autre solution vers laquelle beaucoup se tournent.
Au-delà des frais de scolarité : les dépenses à anticiper
Les droits d’inscription, c’est une chose. Mais étudier implique également des dépenses de la vie quotidienne à prévoir : logement, transport, alimentation, sorties, etc. Ces frais annexes peuvent vite représenter plusieurs centaines d’euros par mois, surtout si tu étudies loin de chez toi ou de chez tes parents.
Certaines formations demandent aussi du matériel spécifique qui peut peser lourd dans le budget :
- Médecine : entre les livres de référence, les abonnements aux plateformes de révision ou le matériel pour les stages (blouse, stéthoscope, etc.), plusieurs centaines voire des milliers d’euros peuvent venir s’ajouter à ton budget de rentrée
- Beaux-arts et architecture : fournitures artistiques, logiciels de conception (Adobe, AutoCAD…), maquettes, etc.
- Sciences : selon ta spécialité, certaines formations demandent du matériel de laboratoire, des logiciels spécifiques ou des calculatrices scientifiques haut de gamme
- Etc.
Plusieurs dispositifs existent pour alléger ces dépenses. Bourses sur critères sociaux pour les boursiers, mais également aides d’urgence du Crous pour les non-boursiers, aides au logement (APL), tarifs étudiants pour les transports, aide à l’installation de la CAF, etc.
N’hésite pas à te renseigner auprès du service social de ton université ou du Crous de ton académie pour connaître toutes les aides auxquelles tu peux prétendre.






