« Repenser les mathématiques au lycée » : la discipline au centre des débats

Tandis que la ministre de l’Éducation nationale a annoncé la mise en place de l’épreuve de maths en première, les syndicats veulent remettre la discipline sur le devant de la scène au lycée. 
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Au lycée, la réforme du baccalauréat en vigueur depuis 2019 a profondément bouleversé la place des mathématiques dans les enseignements. Bien que la spécialité mathématiques soit la plus plébiscitée par les lycéens en première et en terminale, seuls 53% des élèves suivent la spé sur l’ensemble du cycle lycée, selon le Snes-FSU.

Après les annonces de la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne lors de sa conférence de rentrée, le syndicat des enseignants de second degré a réagi face à la presse ce jeudi. « L’enjeu, pour nous, est de repenser la place des mathématiques au lycée », précisent ses représentants.

Les mathématiques : une discipline fragilisée ? 

Avec la réforme du baccalauréat, les mathématiques n’étaient plus présentes au lycée que sous la forme d’un enseignement de spécialité. Concrètement, les élèves qui ne choisissaient pas cette spécialité cessaient de suivre la discipline dès la fin de la seconde.

Face aux critiques et à la demande insistante de la communauté éducative, le ministère a réintroduit, à la rentrée 2023, un enseignement obligatoire de mathématiques d’1h30 par semaine en première pour les élèves ne suivant pas la spécialité. Toutefois, cette mesure est largement considérée comme insuffisante par les enseignants et les associations, qui jugent cet horaire trop limité pour répondre aux besoins réels des élèves.

« L’horaire et le programme de cet enseignement ne permettent pas de suivre de manière satisfaisante des notions mathématiques. C’est une moindre part et c’est quelque chose que nous dénonçons », expliquait à l’époque la présidente des Associations des professeurs de maths de l’enseignement public (APMEP) auprès de Diplomeo.

En cette rentrée, le ministère de l’Éducation nationale a réagi. Elisabeth Borne a confirmé, la mise en place de la nouvelle épreuve anticipée de mathématiques pour tous les élèves de première générale et technologique dès 2026. Celle-ci s'inscrit dans le même principe que l’épreuve anticipée de français : elle évalue les compétences acquises et les notes seront prises en compte pour Parcoursup.

L’épreuve anticipée de maths apparaît, selon le Snes-FSU, comme un paradoxe : elle ne s’appuie que sur le programme de la classe de première alors que certains élèves poursuivent la discipline en terminale. « Cela présente un risque d’abandon et de démotivation, notamment pour les élèves de la voie technologique », affirme Gwenaël Le Palh, secrétaire général du Snes-FSU. Ainsi, les effets négatifs sont redoutés par le syndicat.

« Cet enseignement ne doit pas être réservé à une élite »

Au-delà des aspects techniques des programmes et des épreuves, c’est la place même des mathématiques dans le lycée qui est questionnée. Derrière le chiffre de 53% donné par le Snes-FSU, se cache, selon eux, de fortes inégalités. En tête : des biais sociaux et genrés qui pèsent sur les choix de spécialité et écartent particulièrement les jeunes filles.

« Ce qui nous importe, c’est l’apport des mathématiques comme culture commune, afin que tous les jeunes puissent y avoir accès », explique Gwenaël Le Palh.« Cet enseignement ne doit pas être réservé à une élite : il doit être un enseignement d’excellence, partagé par l’ensemble des élèves, et plus particulièrement encouragé auprès des jeunes filles », ajoute-t-il.

Pour le SNES-FSU comme pour de nombreux enseignants, l’enjeu est double : d’une part, offrir à tous les élèves, quelles que soient leurs filières, une maîtrise solide des mathématiques. D’autre part, la lutte contre les stéréotypes et les mécanismes d’autocensure qui pèsent encore fortement sur les jeunes filles.

« C’est une manière de les mettre en confiance avec une discipline qui peut sembler plus difficile qu’une autre, ce qui se reflète d’ailleurs dans les choix de spécialité effectués dès le début de la première », détaille le secrétaire général du Snes-FSU.

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