Tu es en terminale, Parcoursup est ouvert, ou alors tu te renseignes sur des formations qui recrutent en dehors de la plateforme, et quelque part dans un coin de ta tête, une petite voix murmure : « Mais on va pouvoir se le payer, ce truc ? ». C’est une question légitime et beaucoup de lycéens écartent des formations qui les font rêver avant même d’avoir vérifié si elles étaient réellement hors de portée. Et c’est dommage, parce que la réalité est souvent plus nuancée qu’on ne le croit.
Entre les formations publiques, les dispositifs boursiers, l’alternance et certains modèles d’écoles privées qui repensent leur financement, les options sont plus nombreuses qu’il n’y paraît. L’objectif de cet article ? Te donner une vision complète et honnête de ce qui existe, pour que le prix de ta formation ne devienne jamais le prix de ton ambition !
L’université : peu chère, voire gratuite si tu es boursier
C’est souvent la première option qui vient à l’esprit, et elle a le mérite d’être claire sur les tarifs. En 2025-2026, s’inscrire en licence à l’université coûte 178 € par an, auxquels s’ajoute la CVEC (Contribution de vie étudiante et de campus), soit 105 € supplémentaires. On est très loin des tarifs des écoles privées, qui peuvent grimper jusqu’à plusieurs milliers d’euros annuels.
Mais surtout : si tu es boursier sur critères sociaux, tu es entièrement exonéré des frais d’inscription universitaires.
La bourse sur critères sociaux est attribuée par le CROUS en fonction des revenus de ta famille, de ton éloignement du lieu d’études et de ta situation familiale. Pour en faire la demande, tu dois créer ton Dossier Social Étudiant (DSE), à déposer chaque année sur mes services.étudiant.gouv.fr. Les montants vont de l’échelon 0 bis (1454 € annuels, soit 145 € reçus par mois) à l’échelon 7, qui correspond à une aide de plus de 6 300 € par an versée directement sur ton compte.
Le BTS public : une exception à connaître
Le BTS préparé dans un lycée public fait partie des rares formations supérieures intégralement gratuites. Pas de frais d’inscription, pas de droits de scolarité. La seule dépense à prévoir, selon ta situation, c’est la CVEC, mais attention, les étudiants en BTS directement rattachés à un lycée (et non à un établissement supérieur autonome) en sont souvent dispensés.
Les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), intégrées à des lycées publics, ne donnent lieu à aucun frais de scolarité propres. Mais attention : en CPGE, une double inscription à l’université est souvent requise pour valider des crédits ECTS, ce qui implique les 178 € de droits d’inscription universitaires habituels et la CVEC de 105 €. Les boursiers en sont exonérés.
Pour une formation qui ouvre les portes des plus grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, c’est un rapport qualité-prix difficile à battre.
C’est un point que peu de candidats ont en tête au moment de construire leur dossier Parcoursup : le BTS public te reviendra bien moins cher qu’un BTS dans un établissement privé hors contrat, et ce, sans que la valeur du diplôme en pâtisse. Un BTS, c’est un BTS. L’évaluation des compétences acquises et l’obtention du diplôme sont encadrées par un référentiel national.
Cela dit, les BTS privés ont un argument à faire valoir : ils sont très souvent proposés en alternance. Et là, les règles du jeu changent complètement. Les écarts de tarifs entre établissements privés sont d’ailleurs significatifs : un BTS dans un établissement privé sous contrat (lié à l’État) tourne généralement autour de 2 000 € par an, tandis qu’un BTS dans un établissement privé hors contrat peut grimper jusqu’à près de 10 000 € annuels.
Mais même dans ce cas, pas de panique : dès lors que tu signes un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, ces frais sont intégralement pris en charge du côté de l’entreprise qui te recrute, via son opérateur de compétences (OPCO). Tu n’as rien à débourser. Mieux : tu touches un salaire chaque mois. En clair, un BTS privé en alternance peut te coûter exactement autant qu’un BTS public (c’est-à-dire zéro) tout en t’offrant une expérience professionnelle longue durée et un CV qui fera la différence à la sortie.
Le BUT : abordable, totalement gratuit en alternance
Le Bachelor Universitaire de Technologie (BUT), préparé en IUT, suit la même logique tarifaire que la licence : 178 € d’inscription pour l’année universitaire (sans compter la CVEC de 105 euros pour l’année 2026-2027) et exonération totale pour les boursiers. Ce cursus en trois ans, très professionnalisant, reste donc parmi les formations les moins onéreuses du supérieur.
Et il faut savoir que certains BUT sont accessibles en alternance, dès la première année. Dans ce cas, tu ne paies rien du tout. C’est l’entreprise qui te recrute qui prend en charge l’intégralité du coût de ta formation. Et en bonus : tu touches un salaire chaque mois.
La plupart des IEP pratiquent des frais de scolarité modulés selon les revenus du foyer fiscal, et pour les boursiers CROUS, la scolarité peut être totalement gratuite. À Sciences Po Paris, par exemple, environ un tiers des étudiants ne paient aucun frais d’inscription.
Les IEP du réseau ScPo commun (Lyon, Lille, Strasbourg, Rennes, Aix, Toulouse, Saint-Germain-en-Laye) proposent des frais allant de 0 € à quelques milliers d’euros selon les revenus. Petit point d’attention tout de même : les frais d’inscription au concours, entre 40 € pour les boursiers et 210 € pour les autres.
L’alternance : la clé pour accéder aux écoles privées sans te ruiner
L’alternance, qu’il s’agisse d’un contrat d’apprentissage ou d’un contrat de professionnalisation, rend théoriquement toutes les formations gratuites pour l’étudiant, quelle que soit l’école. Même les plus chères. C’est inscrit dans le Code du travail : l’entreprise qui te recrute finance ta scolarité via l’OPCO dont elle dépend.
En clair : une école dont les frais de scolarité s’élèvent à 7 000 € par an peut te coûter zéro euro si tu trouves un contrat d’alternance. C’est précisément ce mécanisme qui permet à des étudiants qui n’auraient jamais pu se l’offrir d’intégrer des formations privées reconnues. C’est précisément le cas quand l’alternance est accessible dès la première année et pour toute la durée du cursus. Le hic ? Il faut d’abord trouver cette alternance, ce qui est loin d’être automatique, surtout à 18 ans.
Avant de signer quoi que ce soit, prends le temps de vérifier que l’école est sérieuse. Si elle te promet un titre RNCP, consulte la fiche de la formation sur France Compétences pour vérifier que le diplôme est bien certifié RNCP et que la certification est active (pas expirée, pas en cours de renouvellement). Un diplôme RNCP actif, c’est la garantie que ta formation et tes compétences seront reconnues.
Regarde aussi le taux d’insertion professionnelle si l’école le publie, et n’hésite pas à contacter d’anciens étudiants via LinkedIn. Leurs retours d’expérience valent souvent mieux que n’importe quelle brochure commerciale. Enfin, méfie-toi des établissements qui manquent de transparence sur leurs tarifs ou qui ne précisent pas clairement ce qui est dû selon les situations. Une école sérieuse documente son modèle de financement clairement, sans zone grise.
Des grandes écoles gratuites pour les boursiers : l’exemple de l’ESSEC et de l’ESCP
Certaines des écoles de commerce les plus prestigieuses de France sont devenues gratuites pour les étudiants boursiers, à partir d’un certain échelon CROUS.
L’ESCP Business School a été pionnière sur ce terrain : depuis 2021, les boursiers des échelons 4 à 7 n’y paient aucun frais de scolarité dans le cadre du Programme Grande École. Et depuis 2026, l’école a élargi cette gratuité totale aux échelons 2 à 7. Les étudiants de l’échelon 1 bénéficient d’une réduction de 50 %, ceux de l’échelon 0 bis de 20 %.
L’ESSEC a emboîté le pas à la rentrée 2026 en annonçant l’exonération totale des frais de scolarité de son PGE pour les boursiers des échelons 4 à 7.
Ces deux exemples ne sont pas isolés : de nombreuses écoles de commerce, d’ingénieurs ou de management privées proposent des dispositifs similaires. Réductions progressives, bourses internes, fonds de la fondation de l’école… Le réflexe à avoir ? Contacter directement le service des admissions de chaque école qui t’intéresse pour connaître les dispositifs exacts, applicables à ta situation.
Les écoles d’ingénieurs publiques sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur affichent des frais fixés à 628 € par an et sont gratuites pour les boursiers et les alternants.
Les écoles sous tutelle d’autres ministères (Économie, Armées, Agriculture) peuvent être bien plus chères : renseigne-toi directement.
Dans le privé, les frais grimpent entre 3 000 € et plus de 10 000 € par an. Là encore, l’alternance reste le meilleur levier pour ramener la note à zéro.
Des écoles privées qui repensent leur modèle
Les écoles privées ne sont pas forcément hors de portée. Certains établissements ont fait le choix de construire un modèle financier qui ne conditionne pas l’accès aux études à la rapidité avec laquelle tu trouves une alternance.
C’est le cas d’Imagine Campus, école de commerce avec des formations du post-bac au Bac+5 (BTS, Bachelors, Mastères) dans des domaines comme le management, le marketing, la communication ou la transformation digitale. Le principe est simple : tant que tu n’as pas signé de contrat d’alternance, tu règles 200 € par mois et pas davantage. Si tu ne trouves pas d’alternance sur l’année complète, le montant total est plafonné (1 800 € maximum pour un BTS, par exemple). Si tu optes dès le départ pour la voie initiale (sans alternance), le tarif est de 2 400 € à l’année.
Et si tu signes un contrat d’alternance en cours d’année ? Le coût est recalculé au prorata des mois passés sans entreprise. Une fois l’alternance trouvée, la formation devient intégralement gratuite.
C’est l’entreprise partenaire qui prend alors en charge le coût classique de formation via l’OPCO : c’est ce mécanisme qui permet à Imagine Campus de maintenir des tarifs aussi accessibles pour les étudiants en recherche d’alternance.
Le prêt étudiant : payer après, quand tu es en poste
Ce n’est pas à proprement parler une « gratuité », mais c’est une option qui mérite d’être connue : le prêt étudiant bancaire, remboursable en différé après la fin des études.
Le principe est simple : tu empruntes de quoi couvrir tes frais de scolarité pendant ton cursus, et tu ne commences à rembourser qu’une fois diplômé et en emploi. Certaines banques proposent même un différé total : concrètement, tu ne rembourses absolument rien pendant tes études, ni le prêt ni les intérêts.
Et plus la formation que tu intègres est reconnue et réputée, plus les banques sont enclines à t’accorder un prêt à des conditions avantageuses : une école dont les diplômés trouvent rapidement un emploi bien rémunéré, c’est pour elles un dossier rassurant.
Cette option est particulièrement répandue pour les écoles de commerce, dont les débouchés professionnels rassurent les établissements bancaires. Les banques partenaires des écoles proposent souvent des taux négociés à l’avance, parfois très avantageux. Pour les étudiants sans caution familiale, il existe également le prêt étudiant garanti par l’État : sans condition de ressources, sans caution, plafonné à 20 000 €, accessible aux moins de 28 ans via des banques partenaires de BpiFrance.
Évidemment, un prêt reste un prêt : il faudra rembourser. L’idée n’est pas de t’endetter à l’aveugle, mais de ne pas te fermer la porte d’une formation qui te correspond uniquement parce que tu n’as pas les fonds disponibles aujourd’hui. C’est un outil financier, pas une fatalité, à condition de l’anticiper avec lucidité.






