Quelles études pour devenir pilote de ligne ?

Derrière l’image du cockpit et de l’uniforme, le parcours est bien plus exigeant que la promesse du décollage. On te dévoile tout ce qu’il faut savoir sur les études pour devenir pilote de ligne ! 
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© Carlos Bequero / Adobe Stock 

Pour beaucoup de jeunes, l'idée de devenir pilote de ligne germe tôt. Un séjour dans les airs qui marque, un grand-père qui en parlait ou encore un documentaire marquant. Exercer ce métier reste l'un de ces rêves persistants, ceux qui ne s'évaporent pas en grandissant et qui transforment, un beau jour, un étudiant en candidat sérieux à un cursus bien particulier.

Particulier parce qu'on n'entre pas dans une école de pilotage comme sur les bancs de la fac : il faut passer un concours très sélectif. Particulier aussi parce que les études pour devenir pilote se déclinent en plusieurs voies (ENAC, écoles privées ATPL, programmes cadets, filière militaire) qui exigent de s’accrocher avant d’entamer son premier décollage. Formations, contenu des programmes, coût des études : Diplomeo t’explique tout ce qu’il savoir sur les études pour devenir pilote de ligne !  

Tu rêves de piloter un jour des avions de ligne ? ✈️

Quelles formations suivre pour devenir pilote de ligne ? 

S'il existe trois grandes voies qui mènent à ce métier qui en fait rêver plus d'un, il faut savoir que les études pour devenir pilote de ligne commencent dès le lycée. En seconde, tu dois choisir un bac général, puis sélectionner les bonnes spécialités en première : les spécialités mathématiques et physique-chimie restent le combo le plus cohérent, parce que tu vas les retrouver à chaque étape de la formation, du calcul de plan de vol à la mécanique aéronautique.

La maîtrise de l’anglais s'ajoute en filigrane, à travailler sérieusement tout au long du lycée : c'est la langue officielle de la communication et avec le contrôle aérien, partout dans le monde.

L’ENAC, l’école publique de référence

Implantée à Toulouse, l'École nationale de l'aviation civile (ENAC) est l'établissement public historique de la formation au pilotage de ligne en France. Son cursus phare, l'EPL (Élève pilote de ligne), s'étale sur environ 24 mois et débouche sur un diplôme de grade de licence (bac+3). L’avantage ? La formation est intégralement financée par l'État, tu n'as que les frais d'inscription à régler.

L'accès se fait par concours, avec trois filières selon ton profil. L'EPL/S (scientifique) s'adresse aux 16-23 ans titulaires d'au moins un bac+1 à dominante scientifique, sans expérience aéronautique requise. L'EPL/U (universitaire) vise les 17-28 ans avec un diplôme scientifique de niveau bac+3, BTS ou BUT, ou 120 crédits ECTS, à condition de détenir l'ATPL théorique. L'EPL/P (pratique) cible les 18-30 ans déjà titulaires du baccalauréat, de la licence CPL et de l'ATPL théorique.

La sélection est jugée difficile, les candidats passent d'abord des épreuves écrites en maths, en physique et en anglais, avant d'enchaîner sur des tests psychotechniques, psychomoteurs et des entretiens. Une dernière condition reste incontournable, celle d'être déclaré médicalement apte avec un certificat declasse 1.

Bon à savoir 💡

Tu ne peux pas te présenter plus de trois fois aux oraux du concours EPL, toutes filières confondues. Une élimination compte comme une présentation : il faut donc bien préparer ton coup avant de te lancer !

Zoom sur les écoles privées agréées ATO

Si le concours ENAC te paraît hors de portée ou que tu préfères une insertion plus rapide, tu peux te tourner vers une école privée agréée ATO (Approved Training Organisation). Ces établissements obtiennent leur agrément directement auprès de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui audite leurs programmes et leur pédagogie selon les normes européennes de l'EASA. Parmi les plus connues en France, on retrouve, par exemple, Aéropyrénées Flight Training Center ou encore Mermoz Academy.

Deux formats de cursus s'offrent à toi. Primo, La formation intégrée se déroule en continu sur 12 à 36 mois, dans un seul organisme, avec un rythme soutenu et une pédagogie homogène. Secundo, la formation modulaire te permet quant à elle de valider les qualifications une à une, à ton rythme et éventuellement dans plusieurs structures, ce qui laisse plus de souplesse si tu veux travailler ou étudier en parallèle.

Le revers de la médaille reste le budget. Selon le guide officiel publié par la DGAC, une formation complète ab initio en école privée avoisine les 100 000 euros au total, tous frais de scolarité confondus sur l'ensemble du cursus.

De plus, la facture ne s'arrête pas toujours là : pour piloter un avion de ligne spécifique, comme un Airbus A320 ou un Boeing 737, il faut encore décrocher une qualification de type qui coûte entre 25 000 et 35 000 euros. Certaines compagnies la prennent en charge à l'embauche, d'autres la facturent au pilote, parfois prélevée sur son salaire pendant plusieurs années.

Pour intégrer une filière privée, il n'y a pas de concours d'entrée, mais l'école évalue ton niveau en maths, physique et anglais avant validation de ton inscription. À noter qu'une partie de la formation peut être financée par ton compte personnel de formation (CPF).

Tu hésites entre ENAC et école privée ? 🤔

Les programmes cadets et la voie militaire

Pour celles et ceux qui ne se voient ni passer le concours ENAC ni signer un chèque à six chiffres, deux alternatives existent. La première, ce sont les programmes cadets proposés par certaines compagnies aériennes. Le principe est simple : la compagnie sélectionne elle-même ses futurs pilotes, finance tout ou partie de leur formation et leur garantit un emploi à la sortie. Air France, easyJet, Wizzair ou encore Volotea ont déjà lancé ce type de filière, généralement en période de forte demande de pilotes. La sélection est très poussée, le nombre de places limité, et l'ouverture des promotions dépend du contexte de recrutement de chaque compagnie.

L'autre alternative, c'est la voie militaire. L'Armée de l'air et de l'espace, la Marine nationale et l'ALAT (Aviation légère de l'armée de Terre) recrutent et forment leurs propres pilotes, avec une prise en charge intégrale de la formation. La contrepartie est un engagement long, qui peut atteindre dix ans dans l'armée de l'air.

Beaucoup de pilotes de ligne civils sont d'ailleurs d'anciens militaires : leurs heures de vol et leurs licences acquises pendant le service leur permettent de basculer ensuite vers une compagnie aérienne.

La visite médicale classe 1, le filtre commun à toutes les voies

Quelle que soit la filière que tu choisis, une étape conditionne tout le reste : l'obtention du certificat médical de classe 1. Sans lui, aucune licence de pilote professionnel ne peut t'être délivrée, et un échec à cette visite peut stopper net tout un projet de carrière.

L'examen se passe dans un centre aéromédical agréé (AeMC) par la DGAC. Il vérifie ton aptitude physique et mentale au métier sur de nombreux critères, de la vue à l'équilibre psychologique en passant par l'audition et la santé cardiaque.

Le coût d'une visite initiale tourne autour de 600 euros, et environ 300 euros pour les renouvellements annuels à effectuer tout au long de ta carrière. La DGAC recommande très clairement de passer cette visite avant tout engagement financier important.

Quels salaires et débouchés après une formation de pilote de ligne ?

Une fois la licence en poche, il faut encore décrocher un poste, et c'est là que le contexte économique du secteur entre en jeu. Le marché aérien est en pleine expansion à l'échelle mondiale : selon les projections de l'IATA reprises par la DGAC, plus de 500 000 pilotes devront être recrutés d'ici 2050 pour accompagner la croissance du transport aérien, qui devrait atteindre 7,2 milliards de passagers en 2035 contre 5 milliards en 2024.

La nuance, c'est que cette croissance se concentre davantage sur le marché asiatique que sur l'Europe, et que l'activité reste cyclique, ce qui veut dire qu'il arrive de sortir d'école dans une période creuse, sans embauche pendant plusieurs années.

L'insertion pro dépend aussi beaucoup de ta voie de formation : presque tous les diplômés de l'ENAC trouvent un poste rapidement en compagnie aérienne. Les sortants de la filière privée, qui ont déjà autofinancé leur formation, rencontrent souvent plus de difficultés à s'insérer.

L'évolution dans le métier suit toujours la même trajectoire. Tu commences comme copilote, ou officier pilote de ligne (OPL), sur des vols moyen-courriers, avant d'accéder au statut de commandant de bord au bout de plusieurs milliers d'heures de vol. La licence ATPL impose un minimum de 1 500 heures de vol, dont 500 en équipage multi-pilote, pour accéder à ce grade. La rémunération suit cette progression et varie fortement selon la compagnie, le type d'appareil et l'ancienneté.

StatutNet mensuelBrut annuel
Copilote débutant compagnie low-cost2 300 à 2 800 €35 000 à 42 000 €
Copilote débutant compagnie traditionnelleenviron 3 800 €environ 58 000 €
Commandant de bord long-courrier expérimenté10 000 à 15 000 €150 000 à 225 000 €

Au-delà des chiffres, garde en tête que la rémunération d'un pilote de ligne est composée d'une part fixe et d'une part variable importante (primes de vol, indemnités, etc). Les compagnies du Golfe comme Emirates ou Qatar Airways proposent quant à elles des packages incluant logement et avantages familiaux, souvent au-dessus des standards européens.

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Quelles compétences et qualités pour devenir pilote de ligne ?

Au-delà des diplômes et des heures de vol, le métier de pilote de ligne repose sur un double socle de compétences : des savoir-faire techniques pointus, et un ensemble de qualités humaines tout aussi déterminantes. Les compagnies aériennes évaluent d'ailleurs ces deux dimensions à chaque sélection, parce que la sécurité de centaines de passagers en dépend.

Sur le plan technique, le pilote doit maîtriser l'anglais aéronautique à un haut niveau : le niveau OACI 4 minimum est exigé pour voler en compagnie, et beaucoup d'employeurs réclament désormais un niveau 5. À cela s'ajoutent une parfaite connaissance de la réglementation européenne (EASA), la maîtrise des systèmes de navigation et de communication, ainsi qu'une mise à jour permanente des compétences sur les nouveaux appareils, de plus en plus sophistiqués.

Évidemment, les qualités humaines comptent tout autant. La DGAC liste plusieurs soft skills attendues d'un pilote : capacité de jugement et de prise de décision en situation d'urgence, gestion du stress sous pression, communication claire avec l'équipage et le contrôle aérien, conscience situationnelle de l'environnement de vol, leadership pour diriger un équipage, et adaptabilité face aux horaires irréguliers ou aux imprévus en vol.

Enfin, ne bonne résistance physique complète le portrait, parce que les longs vols, les décalages horaires et les vols de nuit demandent une vraie endurance au quotidien.

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