Tu es en plein dans les révisions du bac et une question survient. Ce n’est pas « Et si je n’ai pas mon bac, que se passe-t-il », mais plutôt « Faut-il absolument viser une mention ». Ou alors, le bac est validé, mais tu passes à côté de la mention Assez Bien à quelques points près ? Tu as l’impression tenace d’avoir raté quelque chose, et avec, la conviction que Parcoursup va te punir pour ça ? Détrompe-toi.
Les données publiées par le ministère de l’Enseignement supérieur pour la session 2025 racontent une tout autre histoire : 32 % des néo-bacheliers admis via Parcoursup n’avaient aucune mention au bac, soit près d’un admis sur trois. Et ce chiffre ne tient même pas compte des formations en alternance qui recrute via Parcoursup, où la mention pèse encore moins dans la balance. Autrement dit, le champ des possibles est plus large que tu ne l’imagines !
32 % des admis : ce chiffre mérite qu’on s’y attarde
Sur les quelque 650 000 néo-bacheliers admis en 2025 dans les formations pour lesquelles le ministère publie des données statistiques (hors alternance), un tiers n’avait décroché aucune mention au bac, ni Assez Bien, ni Bien, ni Très Bien.
Les 68 % restants se répartissent ainsi : 33,5 % avec une mention Assez Bien, 23 % avec une mention Bien, et un peu moins de 11 % avec une mention Très Bien ou Très Bien avec félicitations.
Ce dernier chiffre est peut-être le plus parlant : les mentions TB et TBF ne représentent ensemble qu’un admis sur dix. Alors, rassure-toi : la grande majorité de ceux qui intègrent le supérieur via Parcoursup n’ont pas 18 de moyenne au bac !
Toutes les données citées dans cet article sont issues des statistiques open data publiées par le ministère de l'Enseignement supérieur sur data.enseignementsup-recherche.gouv.fr, pour la session Parcoursup 2025. Elles portent sur les formations pour lesquelles le ministère dispose de données suffisantes pour les publier. Les très petites formations et les cursus exclusivement en alternance n'y figurent pas.
Filière par filière, l’écart dit tout
Un seul pourcentage, c’est bien, mais ça masque des réalités très différentes selon la formation visée. Par exemple, la mention pèse beaucoup en CPGE, alors qu’elle pèse peu en BTS. Voici les chiffres, filière par filière :
| Filière | % sans mention | % mention AB | % mention B | % mention TB+ |
| CPGE | 4,6 % | 17,2 % | 35,9 % | 42,1 % |
| École d’ingénieurs | 10,8 % | 26,6 % | 37,5 % | 24,6 % |
| PASS | 11,2 % | 23,6 % | 36,6 % | 28,4 % |
| Licence LAS | 23,5 % | 35,0 % | 29,5 % | 11,9 % |
| BUT | 30,3 % | 43,2 % | 22,5 % | 3,9 % |
| IFSI (infirmier·e) | 32,7 % | 39,4 % | 22,4 % | 5,5 % |
| École de commerce | 33,3 % | 38,6 % | 22,9 % | 5,1 % |
| Licence | 36,7 % | 34,2 % | 21,5 % | 7,3 % |
| EFTS (travail social) | 37,2 % | 36,9 % | 19,8 % | 5,9 % |
| BTS | 45,0 % | 35,3 % | 15,7 % | 3,8 % |
Les totaux peuvent ne pas atteindre exactement 100 % en raison des arrondis appliqués à chaque valeur. Source : données Parcoursup session 2025 — ministère de l’Enseignement supérieur
Le contraste entre les deux extrêmes donne le vertige. En CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), seuls 4,6 % des admis n’avaient pas de mention, ce qui se veut logique pour des filières parmi les plus sélectives du système.
Les formations artistiques (écoles supérieures d'art, ESAD, DNA) fonctionnent sur une logique différente : c'est le portfolio, le dossier artistique et parfois un entretien ou un concours qui font la sélection, pas la mention au bac. Si tu vises ce type de formation, la question à te poser n'est pas ai-je une mention ? Mais mon dossier artistique est-il solide ?
On compte 45 % en moyenne pour les BTS en formation initiale (hors alternance) et c’est déjà un chiffre fort, sans même compter les BTS en alternance, où la mention au bac pèse encore moins dans la sélection. Ici, c’est la motivation et la cohérence du projet professionnel qui prime.
La licence universitaire, souvent présentée comme une voie de garage pour bons élèves déboussolés, se situe à 36,7 % : près d’un admis sur trois n’avait pas de mention.
Le BTS, filière la plus ouverte aux profils sans mention
45 % d’admis néo-bacheliers, sans mention au bac, c’est la moyenne. Certains BTS vont bien au-delà.
Les BTS dispensés entièrement à distance via le CNED affichent des taux particulièrement élevés : entre 52 % et 69 % de leurs admis néo-bacheliers n’avaient pas de mention, selon la spécialité : BTS Management Commercial Opérationnel, BTS Négociation et Digitalisation de la Relation Client, BTS Commerce International, entre autres. Et ce chiffre ne porte que sur les néo-bacheliers : une part significative des admis dans ces formations sont des profils non néo-bacheliers et sont plutôt des salariés, des personnes en reconversion, des bacheliers d’années antérieures en réorientation, par exemple.
Pourquoi les BTS à distance concentrent-ils autant de profils sans mention ? Difficile de répondre avec certitude, mais une hypothèse tient la route : les lycéens moins à l’aise avec les formats pédagogiques classiques (cours magistraux, présence obligatoire, rythme imposé) pourraient trouver dans la distance une organisation qui leur correspond mieux. Un cadre plus autonome, avec moins de contraintes et où la motivation personnelle prend le relais de la structure scolaire leur va peut-être mieux. Ce n’est pas une règle, mais ça mérite d’y penser si tu te reconnais dans ce profil !
Mais même en présentiel, le BTS ne requiert pas de mention pour ouvrir ses portes. Les données le confirment sur l’ensemble du territoire.
Licence et EFTS : des filières plus ouvertes qu’on ne le croit
Les EFTS (Établissements de Formation en Travail Social) forment aux métiers d’éducateur spécialisé, d’assistant de service social ou de conseiller en économie sociale et familiale, entre autres, et affichent 37 % d’admis sans mention. Les formations proposées se veulent professionnalisantes, où ce qui compte avant tout, c’est la motivation et la cohérence du projet professionnel : vouloir travailler dans le social, ça se sent dans un dossier, et ça pèse souvent plus lourd qu’une moyenne au bac.
La licence universitaire n’est pas loin derrière, à 36,7 % et c’est d’autant plus notable qu’elle recouvre une palette très large de disciplines : droit, lettres, sciences, économie, histoire, langues et bien d’autres. De quoi trouver ton bonheur ! En principe non sélective, elle ne peut pas refuser un bachelier sur un vœu en licence, mais les licences les plus demandées, comme droit ou psychologie, concentrent parfois un nombre de candidatures bien supérieur au nombre de places disponibles, ce qui peut intensifier la concurrence. Et dans ces cas-là, la mention peut faire la différence.
PASS et écoles d’ingénieurs : là, oui, la mention compte
Il serait inexact de conclure que la mention n’a aucune influence, quelle que soit la filière. Dans certains cursus, le profil des admis parle clairement.
Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé, voie principale vers médecine, pharmacie, maïeutique ou kinésithérapie) n’admet que 11 % de bacheliers sans mention. Près de 30 % de ses admis avaient une mention TB ou TBF, ce qui reflète le niveau de concurrence réel de cette filière dès l’entrée.
Les vraies questions à se poser avant de faire ses vœux Parcoursup
Les écoles d’ingénieurs accessibles via Parcoursup affichent un taux similaire, à 10,8 % sans mention : la compétition y favorise structurellement les dossiers solides, même si des exceptions existent.
Ce que la mention change et ce qu’elle ne change pas
La mention au bac est un élément de ton dossier Parcoursup, mais pas le seul ! Les commissions d’examen des vœux regardent l’ensemble : bulletins de terminale et de première (notamment la progression et les matières liées à la formation), lettre de motivation, activités extrascolaires, et selon la filière, d’autres éléments spécifiques.
Un dossier de terminale en progression, avec une lettre bien construite, peut peser plus lourd qu’une mention AB posée sur un bulletin plat. À l’inverse, une mention TB ne garantit rien dans une filière très sélective si le reste du dossier ne suit pas. La mention fonctionne comme un accélérateur, pas comme un passe-droit et son absence n’est pas une sentence définitive.
La licence illustre bien cette ambivalence. Sur le papier, elle est non sélective : une université ne peut pas refuser un bachelier sur un vœu en licence simple (on ne parle pas des doubles licences ici, qui sont sélectives !). Au pire, il est sur liste d’attente.
Mais dans les faits, certaines licences très demandées (droit, psychologie, STAPS, sciences économiques, par exemple) reçoivent bien plus de candidatures qu’elles n’ont de places, et les formations classent les dossiers pour décider de l’ordre d’appel. Les candidats les mieux classés (ceux qui répondent le mieux aux critères et attentes de la formation) reçoivent en priorité un oui, les autres sont sur liste d’attente.
Dans ce contexte, la mention peut faire la différence entre deux candidats au profil similaire quand il ne reste plus que quelques places disponibles, au même titre qu’une lettre de motivation particulièrement bien construite ou des bulletins en progression constante.
Et si Parcoursup ne donne pas satisfaction, sache que des formations recrutent en dehors de la plateforme : BTS en alternance, bachelors en écoles spécialisées et privées accessibles après le bac, etc. Ce sont autant d’options qui n’attendent pas le calendrier Parcoursup pour ouvrir leurs portes et souvent, des rentrées décalées sont organisées entre janvier et mars. C’est une bonne nouvelle pour toi : ça te laisse le temps de préciser ton projet professionnel et le parcours d’études qui colle à tes ambitions et préférences ! Ce qui compte, c’est d’identifier les formations qui correspondent à ton profil, pas seulement à ta moyenne.






