Nous avons rencontré Camille Vanderschelden, une jeune fille passionnée et passionnante qui a conclu son cursus en journalisme à la faculté des lettres et sciences humaines de Lille par une belle victoire : celle du concours du Documentaire Journalistique, qui a eu lieu le 17 octobre 2018.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Camille, j’ai 25 ans, et je suis fraîchement diplômée de l’université catholique de Lille en journalisme et histoire. À côté de ça, je suis artiste, je fais de la bande dessinée et des illustrations.
Peux-tu nous parler plus en détail de ta formation à la FLSH ?
J’ai d’abord fait une prépa lettres, et je suis partie ensuite en communication et médias à la Catho. J’ai ensuite enchaîné sur un master d’histoire et de journalisme, beaucoup plus professionnalisant. Nous avons par exemple été formés à faire des émissions de radio, des réalisations audiovisuelles, etc.
Pourquoi avoir fait le choix de cet établissement et pas un autre ?
J’ai refusé d’aller dans une grande école, car je n’ai pas toujours très bien vécu ma classe préparatoire de lettres. J’ai adoré le fait de pouvoir apprendre autant de choses, ce qui était très stimulant et plaisant, mais j’ai moins aimé cette mentalité où l’excellence crée un statut à atteindre absolument en laissant de côté des profils un peu plus atypiques, ce qui était mon cas. Au final, j’ai donc décidé de prendre un chemin différent en refusant de faire les grandes écoles et choisir la FLSH. J’ai choisi cette formation, car elle était plus professionnalisante qu’en fac publique, mais elle me laissait en même temps le temps d’être autodidacte à côté de cela et acquérir de l’expérience.
Peux-tu nous parler à présent du prix du documentaire auquel tu as participé ?
Cela fait deux années consécutives que ce prix a lieu, et il concerne les personnes qui sont en spécialisation audiovisuelle. L’objectif est de réaliser un documentaire de 13 minutes. C’est une compétition que j’ai attendue toute l’année ! J’ai vraiment pris cela au sérieux, j’ai réalisé mon documentaire en imaginant que ce n’était pas pour les études, mais pour une boîte de production. J’avais déjà fait des petits films à tendance plus artistique, mais dans un cadre personnel, et travaillé sur des documentaires, mais sans les avoir écrits ou réalisés, car j’étais opératrice de prise de vue.
Comment as-tu fait ton choix de sujet ?
Je suis artiste, donc depuis toute petite, je travaille la couleur, et le bleu est ma couleur préférée. J’hésitais au départ avec un autre sujet, la réinsertion et la place des tribus brésiliennes dans la société actuelle. J’avais travaillé en stage dans une boîte de production avec qui j’avais gardé de très bons contacts, qui m’a donné son avis sur les deux sujets et m’a poussé vers le bleu indigo, que personne n’avait traité jusqu’à maintenant.
Indigo VertigoSur les Traces de l’Indigo de Camille VanderscheldenPrix du public et prix du jury du concours des documentaires journalistiques des Master Journalisme de la FLSH. https://t.co/2grSKJZeoU
— MediaLab (@MediaLab_lille) 18 octobre 2018
À quel point as-tu été encadrée par l’équipe pédagogique durant ton projet ?
Plusieurs professeurs sont en charge d’encadrer nos projets. Celui qui était responsable de mon projet était très professionnel et juste, et poussait vraiment à s’impliquer dans la réalisation. Sa personnalité a très bien marché avec la mienne, et cela m’a beaucoup motivée. J’avais beaucoup prôné le fait de faire les choses seules pour me débrouiller sans l’aide de personne, mais en réalité cette formation m’a beaucoup apporté. Mon professeur d’audiovisuel était là pour m’accompagner sur la réalisation finale.
Comment s’est passée la remise de prix ?
Ce n’était que du bonheur ! J’étais surprise, mais je pense avoir pris le projet beaucoup plus au sérieux que la plupart des autres personnes. J’ai surtout énormément apprécié le retour positif que m’ont fait les gens spontanément, c’est très gratifiant. La cérémonie était une belle conclusion de mon parcours à la FLSH.
Quelle est la plus grande difficulté que tu as rencontrée dans la réalisation de ce projet ?
Le plus dur, c’était de ne pas tomber dans le cliché. J’ai passé énormément de temps avec des gens du milieu de la teinture et de la couleur, qui vivent parfois des situations un peu ingrates : ce sont des métiers qui demandent énormément d’investissement, mais qui sont peu connus, et très peu de gens achètent leurs produits. Quand on passe du temps avec ces personnes, elles te touchent profondément, mais tout l’enjeu était de ne pas tomber dans un parti et rester neutre dans un souci de déontologie. Bon, la traduction arabe était aussi très compliquée (rires) !
Quel serait ton meilleur souvenir sur ce tournage ?
Le voyage à Chefchaouen et à Lautrec. Le fait de pouvoir repartir dans mon propre pays, seule, rencontrer des gens au grand cœur qui m’ont ouvert les portes de chez eux… J’ai pris contact avec de parfaits inconnus et une belle amitié en a découlé. C’était une belle aventure.
Quelle est la suite des événements pour toi à présent ?
Je cherche actuellement un producteur pour faire un long métrage. Actuellement, je suis sous contrat avec une boîte de production industrielle. Je compte y rester un an pour gagner en expérience, même si cela s’éloigne du journalisme. Je veux pendant ce temps-là multiplier mes contacts, écrire un scénario large à portée internationale. D’ici la fin de l’année prochaine, quand j’aurai un projet bien établi et sérieux, je le présenterai et j’essaierai d’en faire un film pour 2020.