Une première année ratée ou décevante, un BTS qui ne te correspond pas, une école qui n’était finalement pas faite pour toi… Pour toutes ces raisons et plus encore, se réorienter, ça arrive ! Et souvent, ça fait peur. Parcoursup, dans l’imaginaire collectif, c’est le terrain de jeu des néobacheliers, tu sais, ces lycéens qui candidatent directement depuis leur terminale. Un peu comme toi l’année d’avant ou quelques années plus tôt encore, peut-être.
Tu te demandes si tu auras ta place dans la procédure, par rapport aux autres candidats fraîchement sortis du lycée ? Bonne nouvelle : on a épluché les données open data du ministère de l’Enseignement supérieur, pour la session Parcoursup 2025 et le résultat est plus encourageant que tu ne l’imagines.
Un point calendrier au passage : si la saisie des vœux s’est clôturée le 12 mars 2026, tu as jusqu’au 1er avril pour finaliser ton dossier et confirmer tes vœux. Et même au-delà, ces données restent utiles : la phase d’admission principale, celle où les formations répondent enfin, débute le 2 juin et la phase d’admission complémentaire, le 11 juin. Autant savoir maintenant où tu as le plus de chances de décrocher un « oui ».
Comment on a construit ce classement
Une précision s’impose avant d’aller plus loin. Le jeu de données open data du ministère de l’Enseignement supérieur pour la session Parcoursup 2025, publié par le ministère de l’Enseignement supérieur sur data.enseignementsup-recherche.gouv.fr et sur lequel repose cette analyse, couvre les formations hors apprentissage (soit environ 14 000 formations sur les un peu plus de 24 000 disponibles sur Parcoursup en 2025). Les filières en alternance n’y figurent pas. Par ailleurs, on a exclu les formations comptant moins de 10 admis, pour éviter que des taux calculés sur trois ou quatre personnes ne faussent le classement. Au total : 12 293 formations analysées.
Les données proviennent du jeu de données open data Parcoursup 2025, publié par le ministère de l’Enseignement supérieur sur data.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Pour chaque formation, on a calculé deux indicateurs :
- La part de candidats non-néobacheliers parmi l’ensemble des candidats
- La part d’admis non-néobacheliers parmi les admis
Le terme « non-néobachelier » désigne principalement les étudiants en réorientation, mais regroupe aussi les reprises d’études et une petite part d’étudiants étrangers.
Trois angles ressortent de l’analyse : les filières qui recrutent le plus de réorientés en volume absolu, celles où leur part parmi les admis est la plus élevée et, enfin, ce qu’on a appelé les « pépites », c’est-à-dire, les formations qui restent peu tentées par les réorientés, mais où leurs chances d’être retenus sont bien meilleures qu’ils ne le croient.
Quelques mots sur le taux global que tu verras dans les tableaux. C’est le nombre total d’admis non-néobacheliers dans un domaine, divisé par le nombre total d’admis dans ce même domaine. Concrètement : si 500 étudiants en réorientation ont été admis en licence de lettres sur un total de 1 000 admis, toutes formations de lettres confondues, le taux global est de 50 %. Ce chiffre est pondéré par le volume, autrement dit, une formation qui admet 800 étudiants pèse beaucoup plus dans le calcul qu’une formation qui en admet 20. C’est ce qui en fait l’indicateur le plus représentatif de la réalité du domaine.
Les filières qui recrutent le plus de réorientés : la vue d’ensemble
Avant de plonger dans les spécialités, voilà ce que disent les données à l’échelle des grandes filières. Toutes formations confondues, la part d’admis non-néobacheliers varie du simple au décuple selon le cursus visé.
| Filière | Admis non-néo / Total admis | Taux global des admis non-néo |
| EFTS (formations sociales et paramédicales hors IFSI) | 3 979 / 6 833 | 58,2 % |
| IFSI (infirmiers) | 11 141 / 30 510 | 36,5 % |
| Licence universitaire | 98 073 / 280 657 | 34,9 % |
| Écoles spécialisées (IEP, architecture, art, DEUST…) | 12 313 / 39 048 | 31,5 % |
| BTS | 26 353 / 113 233 | 23,3 % |
| Licence L.AS (accès santé) | 3 373 / 20 010 | 16,9 % |
| BUT | 9 529 / 56 671 | 16,8 % |
| École de commerce | 1 757 / 15 115 | 11,6 % |
| PASS | 2 320 / 26 425 | 8,8 % |
| École d’ingénieurs | 1 275 / 20 327 | 6,3 % |
| CPGE | 2 552 / 41 871 | 6,1 % |
Le verdict est sans appel : les EFTS (établissements de formation en travail social), les IFSI et les licences universitaires sont les filières qui recrutent proportionnellement le plus de réorientés.
À l’autre bout du spectre, les CPGE et les écoles d’ingénieurs restent très largement réservées aux néobacheliers.
Ce n’est pas mort pour autant ! Dans les écoles d’ingés, les admissions parallèles (après un bac+2 ou bac+3, par exemple) constituent de loin la voie la plus réaliste pour les réorientés. Dans ce cas, il ne faut pas passer par Parcoursup, mais suivre directement le calendrier des admissions parallèles propres à chaque école.
Formation par formation : qui recrute vraiment des réorientés ?
Les taux globaux, c’est bien. Mais ce qui t’intéresse, c’est de savoir si ta formation cible recrute des profils comme le tien, et dans quelle proportion. On descend dans le détail, filière par filière.
Les EFTS : la filière championne du recrutement de réorientés
Avec 58,2 % d’admis non-néobacheliers, les formations en travail social (éducateur spécialisé, assistant de service social, moniteur éducateur, conseiller en économie sociale et familiale) sont de loin les plus ouvertes aux réorientés sur Parcoursup. Ce n’est pas un hasard : ces métiers du lien humain attirent souvent des profils qui ont fait un premier détour par d’autres cursus avant de trouver leur vocation.
Certains établissements montent à 88-90 % de non-néobacheliers admis. Autrement dit : dans ces promotions, les réorientés ne sont pas l’exception, ils sont la règle.
IFTS Croix-Rouge Française Lyon (travail social) : 89,7 % d'admis non-néobacheliers (29 admis dont 26 non-néo)
IFTS Croix-Rouge Compétence Occitanie : 88,0 % (50 admis dont 44 non-néo)
Les IFSI : un infirmier sur trois admis est un réorienté
Les instituts de formation en soins infirmiers recrutent 36,5 % de non-néobacheliers parmi leurs admis, soit un étudiant sur trois. Le profil du réorienté colle bien avec les attendus de la formation : quelqu’un qui sait pourquoi il veut exercer ce métier et qui a pris le temps de vérifier si c’est vraiment ce qu’il voulait . Et certains IFSI vont bien au-delà de cette moyenne.
IFSI Louise Couvé : 70,5 % (61 admis dont 43 non-néo)
IFSI Jean Baptiste Pussin : 64,3 % (84 admis dont 54 non-néo)
IFSI de l'Hôpital NOVO - site de Beaumont : 64,1 % (64 admis dont 41 non-néo)
Les licences universitaires : tout dépend de la mention
34,9 % des admis en licence ne sont pas néobacheliers, mais ce chiffre cache des réalités très contrastées. Les données montrent des écarts allant de 14 % en droit à près de 90 % dans les licences à distance. Le choix de la mention change tout !
| Domaine de licence | Taux global des admis non-néo | Formations analysées |
| Licences à distance | 89,0 % | 5 |
| Philosophie | 62,5 % | 39 |
| Lettres | 50,1 % | 484 |
| Sociologie | 49,7 % | 51 |
| Physique-Chimie | 49,7 % | 113 |
| Géographie | 49,3 % | 56 |
| Histoire | 41,7 % | 143 |
| Maths / MIASHS | 41,2 % | 144 |
| Sciences de la vie | 39,0 % | 82 |
| Langues (LEA, LLCER) | 38,5 % | 234 |
| Informatique | 38,4 % | 49 |
| Info-com | 37,5 % | 46 |
| Arts | 36,5 % | 102 |
| Psychologie | 33,9 % | 55 |
| Science politique | 30,7 % | 130 |
| Éco-gestion | 30,0 % | 206 |
| Droit | 19,1 % | 273 |
| STAPS | 13,9 % | 92 |
Les licences à distance sont indétrônables : dans certaines d’entre elles, les non-néobacheliers représentent 86 à 94 % des admis.
La philosophie, les lettres, la géographie et la sociologie en présentiel affichent également des taux élevés, souvent supérieurs à 50 %. À l’inverse, le droit et les STAPS sont les mentions les moins ouvertes aux réorientés en moyenne, même si des exceptions existent, notamment sur des antennes délocalisées ou certains campus en dehors des grandes villes, ainsi qu’en distanciel.
Les BTS : des écarts importants selon la spécialité et le CNED change tout
23,3 % des admis en BTS ne sont pas néobacheliers. Ici encore, ce chiffre cache une réalité bien plus contrastée, selon les spécialités.
| Domaine BTS | Taux global des admis non-néo | Formations analysées |
| Santé / Paramédical (diététique, biotech…) | 42,1 % | 131 |
| Social / Services à la personne (ESF…) | 30,2 % | 183 |
| Informatique / Numérique (SIO…) | 26,8 % | 438 |
| Tourisme / Hôtellerie-restauration | 25,2 % | 110 |
| Design / Communication | 24,5 % | 199 |
| Comptabilité / Finance (CG, assurance…) | 24,4 % | 699 |
| Maritime | 21,6 % | 83 |
| Industrie / BTP | 19,6 % | 286 |
| Agricole / Environnement | 19,3 % | 189 |
| Commerce / Vente (MCO, NDRC…) | 17,8 % | 828 |
Les BTS santé et paramédical tirent les taux vers le haut. Les BTS commerce et vente affichent les taux les plus bas, avec beaucoup de néobacheliers en concurrence directe.
Un facteur ressort nettement dans les données : les BTS dispensés par le CNED concentrent une part massive de réorientés et de personnes en reprise d’études, souvent supérieure à 65-75 % des admis. Si tu envisages un BTS en distanciel, tu tomberas dans une promotion majoritairement composée de profils comme le tien.
Les BUT : un taux modéré, mais des parcours très ouverts selon les IUT
16,8 % des admis en BUT ne sont pas néobacheliers. C’est un taux modeste en apparence, mais qui masque des disparités réelles selon les spécialités et les établissements.
Certains parcours de BUT Info-com, carrières sociales ou gestion affichent des taux qui dépassent 60-65 % dans des IUT de taille plus modeste, où la concurrence est moins intense. L’IUT de Perpignan (site de Carcassonne) affiche ainsi 78,6 % de non-néobacheliers admis, et l’IUT Lumière Lyon 2, 66,1 %. La règle vaut ici plus qu’ailleurs : regarde formation par formation, pas uniquement la moyenne nationale !
Les diplômes nationaux d’art : les réorientés y sont majoritaires
C’est l’une des données les plus frappantes de toute cette analyse. Dans les diplômes nationaux d’art (DNA), dispensés dans les écoles supérieures des beaux-arts, les non-néobacheliers représentent en moyenne 67,7 % des admis. Autrement dit : dans la majorité des écoles d’art, un réorienté est davantage la norme que l’exception.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, à la rentrée 2025 :
- L’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy affiche 100 % d’admis non-néobacheliers (30 admis)
- La Villa Arson à Nice 95,7 % (47 admis)
- L’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon 91,5 % (59 admis)
- Les Beaux-Arts de Marseille 90,9 % (55 admis)
Ces formations valorisent explicitement les parcours atypiques, les expériences préalables et la maturité du projet artistique. En bref, ce sont autant d’éléments qu’un réorienté peut mettre en avant.
Le DN MADE (diplôme national des métiers d’art et du design) affiche un profil plus modéré, avec un taux global de 22,5 %. Des disparités existent selon la spécialité : le DN MADE Objet affiche 30,7 %, le DN MADE Événement 26,4 % et le DN MADE Matériaux 25,8 %, quand le DN MADE Espace plafonne à 15,9 %. Et comme souvent, l’établissement compte autant que la spécialité.
Les écoles d’architecture : des taux variables selon les villes
Les vingt écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) accueillent en moyenne 20,3 % d’admis non-néobacheliers, soit un taux honorable, mais inégal d’un établissement à l’autre. L’ENSA de Nancy arrive en tête avec 45,3 % (106 admis dont 48 non-néo), suivie de l’ENSA Paris-Belleville à 34,1 % et de l’ENSA Versailles à 30,2 %.
À noter : les étudiants déjà titulaires d’un bac+2 minimum ont accès à une autre voie qui est l’admission par équivalence, gérée sur la plateforme Taïga. Si tu as déjà deux années de sup derrière toi, c’est cette voie qui t’offre les meilleures chances plutôt qu’une candidature en première année sur Parcoursup.
Les IEP : tout dépend du campus
Les instituts d’études politiques méritent qu’on s’y attarde, parce que la situation est très contrastée selon l’établissement et les règles d’admission ne sont pas les mêmes partout.
Sciences Po Paris et plusieurs campus délocalisés (Reims, Dijon, Poitiers, Le Havre, Menton et Nancy) n’admettent quasiment aucun réorienté en première année : leurs taux oscillent entre 0 % et 2 %. Ces campus recrutent quasi exclusivement des néobacheliers, souvent via des procédures d’admission propres.
En revanche, les IEP du réseau Sciences Po régionaux (Aix-en-Provence, Lille, Rennes, Lyon, Toulouse, Saint-Germain-en-Laye et Strasbourg) admettent également les bacheliers de l’année précédente (bac+1), via Parcoursup, ce qui explique des taux bien plus élevés.
Sciences Po Aix : 56,3 % (151 admis dont 85 non-néo)
Sciences Po Lille : 56,3 % (199 admis dont 112 non-néo)
Sciences Po Rennes : 50,3 % (149 admis dont 75 non-néo)
Sciences Po Lyon : 49,7 % (185 admis dont 92 non-néo)
Sciences Po Toulouse : 48,8 % (160 admis dont 78 non-néo)
Sciences Po Paris et campus délocalisés : 0 à 2 %
Les CPGE : une porte presque fermée pour les réorientés
Soyons directs : avec 6,1 % d’admis non-néobacheliers, les classes préparatoires ne recrutent presque pas de réorientés, que ce soit en CPGE scientifique (MP, PCSI, PC…), économique (ECG) ou littéraire (hypokhâgne, khâgne).
Les rares exceptions dans les données concernent des établissements privés à effectifs très réduits et ne reflètent pas une tendance générale. Si tu vises une grande école, les admissions parallèles (ou admissions sur titres), qui permettent d’intégrer directement en deuxième ou troisième année après un bac+2 ou bac+3, sont faites pour toi !
Les pépites : des formations boudées par les réorientés, pourtant bien disposées à les accueillir
Parmi les près de 12 300 formations étudiées, on en a isolé plus de 900 qui cumulent deux caractéristiques : peu de réorientés candidatent (moins de 25 % de candidats non-néobacheliers), mais la part d’admis non-néobacheliers dépasse 40 %.
Autrement dit, ce sont des formations où les réorientés sont peu nombreux à postuler, mais où, quand ils le font, ils ont de solides chances d’être retenus.
Côté licences
Certaines licences de physique-chimie, sciences de la vie ou informatique dans des universités moins exposées médiatiquement présentent des taux d’admis non-néobacheliers supérieurs à 60-70 %, alors que les réorientés ne représentent que 15 à 20 % des candidats.
Les licences d’éco-gestion à Rennes 2 (82,4 % d’admis non-néo), à Toulouse 2 Jean Jaurès (78,4 %) ou à l’Université de Montpellier (71,0 %) entrent dans cette catégorie : des formations dans des domaines très demandés, mais où les réorientés qui candidatent finissent très régulièrement par être retenus.
Côté BTS agricoles
C’est l’une des vraies surprises extraites de ces données. Certains BTS agricoles (gestion et maîtrise de l’eau, agroalimentaire, gestion forestière) affichent des taux d’admis non-néobacheliers qui dépassent 85 % dans certains établissements comme l’ISNAB.
Ces formations restent peu connues des lycéens et étudiants en réorientation, ce qui explique une concurrence faible. Si ton projet professionnel pointe vers l’environnement, l’agronomie ou le secteur agricole, elles méritent qu’on s’y arrête.
Côté formations sociales et paramédicales hors IFSI
Au-delà des infirmiers, d’autres formations paramédicales et sociales recrutent massivement des réorientés : psychomotricité, ergothérapie, éducateur de jeunes enfants, aide-soignant.
Dans ces cursus, les non-néobacheliers représentent souvent entre 50 et 70 % des admis. Un profil avec une première expérience et un projet professionnel bien défini y est valorisé, ce qui joue clairement en faveur d’un réorienté qui sait ce qu’il veut.
Souviens-t’en : toutes ces données sont un point de départ, pas une garantie. Un taux élevé d’admis non-néobacheliers ne te promet rien individuellement, mais il te dit quelque chose d’important : la commission d’examen des candidatures de la formation a l’habitude de retenir des profils comme le tien.
Pour aller plus loin, consulte la fiche de la formation directement sur Parcoursup. Elle indique les profils attendus et, parfois, des statistiques d’admission par type de candidat. Et si Parcoursup ne propose pas ce que tu cherches, garde en tête que de nombreuses formations recrutent en dehors de la plateforme. N’oublie pas non plus que les admissions parallèles et les formations en apprentissage sont d’autres options envisageables !






