Parcoursup : à l’approche de la rentrée, où en est-on ?

Le bilan de la nouvelle plateforme appelée Parcoursup est mitigé, la suite très incertaine, avec de nombreux étudiants qui ne savent pas ce qu'ils feront à la rentrée... À dix jours de celle-ci. Diplomeo fait le point.

2018, ou la première année après Admission Post-Bac (APB), l’ancienne plateforme d’inscription dans les études supérieures. Désormais, il y a Parcoursup, son successeur. Quel est le bilan de cette nouvelle plateforme ? 

Un bilan mitigé

L’année dernière, avec APB, le nombre d’étudiants sans affectation était de 6000, à quelques jours de la rentrée 2017. Une des raisons de ce phénomène : le nombre de places limité dans les établissements, qui n’avaient pas anticipé le baby-boom des années 2000. Pour remédier à ça : le lancement de Parcoursup, le nouvel outil pour s’inscrire dans une formation de l’enseignement supérieur. Parmi les changements notables par rapport à APB : le nombre de vœux réduit à 10 (non hiérarchisés). 

Ainsi, le compte à rebours a été lancé le 22 mai 2018 : les lycéens en terminale, à quelques semaines du bac, ont commencé à recevoir leurs premiers résultats d’admission sur la plateforme Parcoursup. Certains ont reçu ainsi des réponses telles que : « oui, si », « oui », « non » ou encore « en attente ». Ils ont ensuite dû valider ou refuser leur proposition... mis à part ceux sur liste d’attente. Certains d’entre eux n’ont d’ailleurs pas vu leur situation évoluer depuis.

En effet, au 23 août 2018, sur 812 049 candidats inscrits sur la plateforme, 15 443 étudiants « actifs » sont encore « en attente de place » et ont demandé à être accompagnés par leur rectorat (grâce au nouveau dispositif d’accompagnement). 586 340 étudiants ont par contre obtenu au moins une proposition d’admission. Parmi ceux-ci, 490 705 ont accepté définitivement une proposition, 95 635 n’ont pas encore validé définitivement leur vœu — ils ont d’autres vœux en attente —, et 163 208 se sont désinscrits de cette plateforme. Il apparaît en fait que les étudiants désinscrits se sont découragés de cette attente angoissante et ont donc quitté la plateforme, afin de partir à l’étranger, s’inscrire dans des formations qui ne sont pas sur la plateforme, ou s’engager dans le monde professionnel, donc de faire d’« autres projets »...

En outre, depuis fin juillet, 47 058 étudiants sont considérés comme inactifs par la plateforme : les équipes de Parcoursup ont envoyé des messages pour les accompagner, mais ceux-ci sont restés sans réponse. Donc, si l’on ajoute ledit nombre d’étudiants considérés comme « inactifs » à celui des « actifs » (15 443), c’est 62 501 étudiants dont on ne connaît toujours pas l’affectation. 

Suite à la saisie des rectorats par de nombreux bacheliers mécontents et toujours en attente d'une proposition d'admission, une aide financière a été créée spécialement pour encourager les étudiants à accepter une formation dans une autre région que la leur. Cette bourse pour favoriser la mobilité géographique sera versée par le CROUS aux futurs étudiants qui déménagent, ils toucheront alors entre 200 euros et 1000 euros, après acceptation de leur dossier par une commission.

Une suite incertaine

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hors Parcoursup

D’après la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, « si Parcoursup fonctionne plus lentement dans cette dernière phase, c’est parce qu’on accompagne et qu’on aide les jeunes sans affectation, contrairement à l’année dernière ». Cependant, à quelques jours de la rentrée, le gouvernement est au pied du mur : la machine doit aller plus vite, elle doit donner des places aux jeunes encore en attente de réponse. Le nouveau système paraît donc moins efficace que l’ancien en matière de réponses aux étudiants. Cependant, rien n’est encore fini, il est donc un peu trop tôt pour tirer un véritable bilan. Mais il est impossible de ne pas constater que l’engorgement se prolonge et que les jeunes, satisfaits d’avoir enfin le bac, n’ont pas passé leur été à se reposer, à se vider la tête, mais à s’inquiéter

Et ils ne sont pas les seuls : le système affecte également certaines formations. Dans une vidéo de Brut, Guillaume Ouattara, étudiant en informatique ayant étudié l’algorithme de Parcoursup, se demande si certaines formations ne devront pas fermer leurs portes en septembre à cause d’un nombre d’élèves trop loin de leurs objectifs de remplissage…

À noter que tout se terminera définitivement le 21 septembre, avec la fin de la phase complémentaire de Parcoursup et la fermeture de la plateforme après cette première session. En effet, la phase principale de Parcoursup se termine le 27 août pour les formations sélectives et le 5 septembre pour les autres. La phase complémentaire commencera, elle, à partir du 5, jusqu’au 21 septembre. Son but ? Proposer aux élèves n’ayant pas eu d’affectation, ou n’étant pas satisfait de leur affectation, des formations dans lesquelles il resterait des places. Les étudiants auront ainsi la possibilité de formuler 10 autres vœux avec les formations restantes.

Pour accélérer un peu plus le processus et permettre au plus grand nombre d’obtenir une proposition de formation, le délai de réflexion laissé aux étudiants a été considérablement réduit. Les étudiants devront redoubler d’attention, car ils seront obligés d’accepter ou de refuser toute proposition reçue entre le 5 septembre et le 21, le jour même. Ils n'auront plus que quelques heures pour prendre une décision et répondre à leur proposition. À voir si cela sera satisfaisant et efficace pour les nombreux élèves encore sans affectation en cette période de rentrée

Alice Claux