L’entrepreneuriat est de plus en plus prisé par la communauté estudiantine. Selon l’Insee, le nombre d’étudiants qui ont opéré une création d’entreprise a été multiplié par huit entre 2010 et 2018 « en passant de 2 600 à 13 200 créations ».
En effet, nombreux sont ceux qui deviennent entrepreneurs, en parallèle de leurs études : 42,5 % des 18-30 ans déclarent avoir envie de créer leur propre entreprise selon une étude 2019 de OpinionWay et France Active. Pour presque 80 % d’entre eux, une aide qu’elle soit financière ou pédagogique est l’élément pour se lancer. Ce chiffre se corrèle avec l’augmentation de 24 % des candidatures pour la demande de ce statut, entre 2018 et 2019.
Job étudiant, engagement personnel ou projet professionnel, les raisons pour s’intéresser à l’entrepreneuriat peuvent être diverses. Comment se lancer dans l’entrepreneuriat étudiant ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Quel public est éligible à ce type d’activité ? On fait le point.
Qu’est-ce que l’entrepreneuriat étudiant ?
Participer à un projet entrepreneurial est à la portée de tous les étudiants et des jeunes diplômés. Grâce au Statut National Étudiant-Entrepreneur (SNEE), ces derniers bénéficient d’avantages à tous les niveaux pour que leurs idées deviennent un projet viable, puis une entreprise.
Le statut répond directement aux problématiques des jeunes face au projet de création d’entreprise grâce à un suivi personnalisé durant un an. Il suit cette logique prisée par les start ups qui est « learning by doing ». Ainsi, les étudiants sont directement confrontés à la réalité du montage de projet et les réalités de l’auto-entrepreneuriat, tout en étant accompagnés. Ils sont entourés de trois univers différents : le monde de l’enseignement supérieur, des acteurs socio-économiques et des associations.
Pépite France (Pôles étudiants pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) est en charge de l’attribution du statut. Il est divisé en 31 sous-pôles. Ils sont présents sur le territoire français et les DOM-TOM. Pépite est également responsable des programmes du Diplôme Étudiant-Entrepreneur (D2E), enseigné à l’université et du prix national Pépite. Le projet souhaité peut être innovant, technologique ou avoir un enjeu sociétal ou environnemental. Les étudiants peuvent aussi travailler en équipe en collaborant avec ses camarades de classe, par exemple.
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Entrepreneuriat étudiant : à qui s’adresse-t-il ?
Il n’y a pas de limite d’âge pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Néanmoins, il est obligatoire d’être titulaire d’un baccalauréat ou un équivalent pour candidater. Ainsi, il s’adresse à toute personne désireuse d’entreprendre et qui a terminé ses études secondaires.
Pour les jeunes entrepreneurs qui souhaitent monter leur propre entreprise, cet accompagnement est une réelle aubaine. Pour les personnes qui n’ont jamais suivi de cours sur l’entrepreneuriat, ce statut permet d’obtenir les connaissances pour monter sa propre boîte comme les aides financières, par exemple.
Il existe aussi des associations qui encouragent les étudiants à développer des projets innovants. C’est le cas d’Enactus France, une asso' qui guide des lycéens et des étudiants à développer leurs compétences. « On les accompagne à partir d’une envie d’impacter le monde qui les entoure, un enjeu sociétal ou environnemental, pour ensuite structurer un projet d’entrepreneuriat social et à penser la pérennité de ce projet », explique Mélanie Sueur-Sy, présidente d’Enactus. « L’objectif est de faire vivre des expériences, de passer à l’action pour qu’ils puissent construire le monde de demain », poursuit-elle.
Parmi le public de l’association, on compte des étudiants engagés qui proviennent d’une école de commerce, une école d’ingénieurs ou une université. Il n’est pas nécessaire d’avoir entamé des études liées à l’entrepreneuriat. « L’année dernière, on n’avait que 6 % de jeunes qui étaient dans un cursus de ce type, tandis que 37 % étaient en commerce ou en gestion », indique Mélanie Sueur-Sy.
Le Diplôme Étudiant-Entrepreneur (D2E) : un diplôme pour allier projet et école
Les étudiants-entrepreneurs ont la possibilité de suivre le D2E. Il permet aux étudiants d’accéder à des workshops, dirigés par des professionnels et des cours entrepreneuriaux dispensés à l’université. Il s’adresse principalement aux personnes qui n’ont jamais suivi de cours professionnels comme la communication, la demande de subvention ou sur les différents statuts juridiques existants.
Pendant ces workshops, Enactus France, partenaire de Pépite, accompagne certains profils d’étudiants dans la création d’entreprise et mobilise des professionnels de leur réseau. « On propose cette opportunité aux étudiants entrepreneurs qui ont des profils de start-up. On les aide à avancer ou encore un développer une problématique RH, juridique, financière, etc. », explique la directrice de l’association.
Du côté des étudiants en formation initiale, leur emploi du temps peut être aménagé pour suivre ce diplôme et profiter de la VAE (Validation des acquis de l’expérience) pour certaines matières. En effet, le diplôme peut se substituer à une UE professionnelle ou une UE stage en entreprise, intégrée dans leur programme. À la fin, l’étudiant obtient un certificat de compétences en entrepreneuriat.
Pour les jeunes diplômés, le D2E leur donne la possibilité de conserver tous les avantages associés au statut d’un étudiant comme la sécurité sociale, la mutuelle ainsi que la bourse sur critères sociaux du CROUS.
Depuis sa création, le concours (Tremplin pour l’Entrepreneuriat étudiant) pour les détenteurs du SNEE permet aux lauréats d’avoir un soutien renforcé en leur apportant une visibilité supplémentaire et une enveloppe financière conséquente. Depuis 2019, BPI France est partenaire du Prix Pépite.
Entrepreneuriat étudiant : comment s’inscrire ?
Pour devenir entrepreneur, la procédure se déroule sur internet sur le site du SNEE. Les candidats remplissent un formulaire en ligne et partagent des informations relatives au projet. Un comité d’engagementinstruit les demandes et convoque les personnes qui les intéressent pour un entretien oral. Il est composé des représentants des établissements Pépite, du responsable pédagogique du D2E et d’un partenaire de PÉPITE (structures d’accompagnement et de financement, entrepreneurs, etc.). L’entretien devant un jury a pour objectif d’évaluer la motivation et la qualité du projet.
L’organisme Pépite a mis en ligne une carte interactive sur leur différent positionnement dans le pays. Les pôles sont principalement situés dans les grandes métropoles françaises. Il en existe au moins un par région.
Le diplôme Étudiant-Entrepreneur nécessite une inscription à un établissement partenaire. Pour les personnes en cursus initial, ils doivent s’inscrire au D2E de leur établissement. Autrement, les jeunes diplômés peuvent choisir l’école de leur choix. Le coût de l’inscription n’excède pas 500 €, avec les frais universitaires éventuels. Quant aux étudiants boursiers, ils en sont exonérés.
Découvrez l’interview d’Abigaïl, étudiante-entrepreneur, sur son parcours.
Accompagner les étudiants dans les projets entrepreneuriaux
Selon une étude de France Actif de 2022, près d’un jeune sur deux entre 18 et 30 ans souhaite créer son entreprise (+ 5 points qu’en 2019). Et surtout, parmi les principales motivations, l’étude soulève que pour 65 % d’entre eux, ils souhaitent changer le monde. Une étude intéressante pour Enactus France : selon sa directrice « l’entrepreneuriat est perçu comme un moyen d’agir sur la société ».
Les jeunes qui collaborent avec l’association mènent des projets diversifiés, sur des sujets qui les touchent ou qui sont en adéquation avec leurs appétences et leur manière de se positionner dans la société. À titre d’exemple, le projet lauréat étudiant 2023 d’Enactus France concerne le projet de Vincent, un étudiant en médecine ayant des troubles dyslexiques. Grâce à ses connaissances scientifiques, ce dernier a créé une application qui permet de scanner du texte et de le remettre en forme, dans le but de faciliter la lecture à des enfants dyslexiques. « Un projet qui agit sur un enjeu de santé », précise Mélanie Sueur-Sy.
Un autre exemple de projet concerne des lycéennes en lycée professionnel qui ont monté des projets sur la précarité menstruelle. « Elles ont sensibilisé leurs établissements, chercher des partenaires et ont monté des distributeurs de protections périodiques éco-responsables directement dans leur lycée », raconte la directrice de l’association. « À chaque fois l’impact est réel à la fois sur l’enjeu de société et environnemental et sur les jeunes eux-mêmes, ils deviennent des acteurs de changement ».
© Enactus France