Que faire après une licence d’histoire ?

Tu viens de suivre trois années de licence en histoire et il est temps pour toi de trouver ce que tu vas faire par la suite ? Diplomeo t’aide à déceler les possibilités qui s’offrent à toi !
Mis à jour le / Publié en février 2017
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©Dusan Petkovic / Adobe Stock

Quelle que soit l'option choisie pendant ta licence d'histoire - histoire de l'art, patrimoine, archéologie ou encore droit et histoire - tu ressors avec un vrai bagage : une large culture générale, une méthode de travail rigoureuse et cette capacité à analyser puis résumer des montagnes d'informations. Des qualités que les recruteurs apprécient, à condition de savoir vers quoi les diriger.

Néanmoins, une licence d'histoire seule n'a jamais eu vocation à t'envoyer directement sur le marché du travail. Elle te prépare surtout à poursuivre, en général vers une formation de niveau bac+5. Études longues, concours de la fonction publique, école spécialisée ou année de césure : les portes sont nombreuses, encore faut-il savoir laquelle pousser. On passe en revue toutes les options qui s'offrent à toi !

Tu ne sais pas encore quelles sont les formations qui t'intéressent ? 🤔

Poursuivre tes études supérieures

Après une licence d'histoire, la quasi-totalité des étudiants remettent le couvert pour deux années supplémentaires. Rien d'étonnant, puisque cette licence a été conçue comme une première marche, pas comme une ligne d'arrivée. La question n'est donc pas vraiment de savoir si tu vas continuer, mais plutôt vers quoi orienter ces prochaines années.

Le master histoire : la suite naturelle

Le système universitaire est ainsi fait. Après la licence, la suite logique est le master. Il se prépare en deux ans et se décline dans une foule de spécialités, si bien que tu peux vraiment coller à la période ou au sujet qui te fait vibrer.

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Le système LMD, c'est quoi ?

Voici quelques mentions de masters que tu croiseras d'une fac à l'autre :

  • histoire de l'art, à Paris 1 Panthéon-Sorbonne ou Aix-Marseille
  • histoire de l'Afrique, à Paris 1 ou Toulouse Jean Jaurès
  • histoire économique, à Lyon 2
  • patrimoine et musées, à l'université d'Artois ou Avignon
  • histoire et anthropologie de l'Antiquité, à  l'université de Strasbourg
  • mondes médiévaux, à Toulouse Jean Jaurès ou l'université de Poitiers
  • histoire contemporaine des relations internationales, à Paris 1 ou la Sorbonne Nouvelle
  • mondes anciens, à Lyon 2 ou l'université de Lille

Ces masters se répartissent en deux grandes familles, et le choix mérite réflexion puisqu'il oriente toute la suite. D'un côté, le master recherche te prépare aux métiers de la recherche et au doctorat, avec un mémoire qui occupe une bonne partie de tes deux années. De l'autre, le master professionnel intègre un stage long et te tourne vers un secteur précis, du patrimoine à l'édition en passant par la médiation culturelle. Tu peux également effectuer un master pro en alternance. 

La mention que tu as suivi en licence compte aussi beaucoup au moment de candidater. Si tu es passé par une double licence, histoire-géo ou histoire-droit par exemple, ou par un système de majeure-mineure associant la discipline à la science politique, tu arrives avec une double compétence appréciée. Une bi-licence histoire-droit t'ouvre plusieurs portes.

Dans tous les cas, l'entrée dans ces masters se passe par la plateforme Mon Master. Tu y déposes tes vœux accompagnés de tes relevés de notes, d'un CV et d'une lettre de motivation. Comme les places restent comptées dans les mentions les plus demandées, un bon dossier de licence sera ton meilleur allié pour décrocher celle que tu vises.

Le master MEEF, pour devenir prof d'histoire-géo

Si un métier concentre les vocations chez les historiens en herbe, c'est bien l'enseignement. Transmettre la Révolution française à des élèves de troisième ou décrypter la guerre froide avec des lycéens, voilà une suite logique quand on aime raconter le passé. Pour enseigner l'histoire-géographie au collège et au lycée, il te faudra décrocher le CAPES, le concours de recrutement des professeurs du secondaire, dispensé à l'Institut national du professorat et de l'éducation (INSPE).

Et justement, la marche à suivre a changé récemment. Depuis la réforme de la formation des enseignants entrée en vigueur en 2025, le concours se passe désormais dès la fin de la licence, en L3. Ainsi, tu peux tenter le CAPES d'histoire-géographie juste après ta troisième année de licence, sans attendre.

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Qu'est-ce que le CAPES ?

Une fois le concours en poche, tu intègres le master Métiers de l'enseignement et de l'éducation (M2E) qui remplace progressivement le master MEEF. Pendant 2 ans, tu alternes entre tes cours en INSPE et stages en établissement, en te rapprochant progressivement de la classe jusqu'à te retrouver en responsabilité devant les élèves. À la sortie, tu es titularisé et tu deviens professeur certifié. Ceux qui visent plus haut peuvent aussi préparer l'agrégation d'histoire, un concours plus exigeant qui ouvre les portes du lycée, des classes préparatoires et d'une rémunération plus élevée.

Le master en sciences humaines, en journalisme ou communication : pour explorer les disciplines cousines

L'histoire n'a jamais vécu en vase clos. Elle partage son arbre généalogique avec toute une famille de disciplines proches, ces cousines germaines que sont la géographie, la sociologie, les sciences politiques ou l'histoire de l'art, vers lesquelles ta licence te permet justement de bifurquer vers ces études. Beaucoup de formations accueillent volontiers les profils historiens.

Le journalisme fait partie des destinations les plus courues. Les écoles de journalisme reconnues comme le CELSA, l'ESJ Lille ou l'IPJ Dauphine recrutent sur dossier de candidature et concours et sélectionnent régulièrement des diplômés d'histoire, appréciés pour leur capacité à contextualiser l'actualité. Dans le même esprit, les études de communication, de documentation ou d'édition savent tirer parti de ton aisance rédactionnelle et de ton sens de l'analyse.

Les instituts d'études politiques, Sciences Po, constituent une autre porte de sortie prestigieuse. Ils proposent, sur dossier et entretien de motivation, des masters tournés vers la géopolitique, les relations internationales ou les affaires publiques, des domaines où ta lecture du passé devient un atout pour déchiffrer le présent. Enfin, les métiers du patrimoine et de la culture restent un débouché naturel, avec des cursus spécialisés dans la médiation, la conservation ou la gestion de projets culturels.

Suis une formation courte avant de travailler

Après la licence, rien ne t'empêche de mettre les pieds dans une formation courte pour te professionnaliser et te préparer à entrer sur le marché du travail. Tu pourras notamment suivre :

  • une licence professionnelle, en un an et souvent disponible en alternance (contrat de professionnalisation ou d'apprentissage). Plusieurs collent bien à un profil historien, comme

    • la mention métiers du tourisme et des loisirs
    • la mention guide-conférencier
    • la mention protection et valorisation du patrimoine historique et culturel
    • la mention métiers du livre et de la documentation
  • un diplôme d’université, en un an. Ce diplôme est propre à un établissement et propose généralement des formations très précises : histoire de la médecine, archéologie, généalogie, etc.

Passer les concours de la fonction publique

Une partie des diplômés en histoire se tourne vers les concours administratifs, et pour cause : les compétences développées pendant la licence, la rigueur d'analyse et l'aisance à l'écrit, correspondent pile à ce que recherche l'État pour ses futurs cadres.

La filière culturelle reste la plus évidente quand on sort d'histoire. Une fois ton bac+5 en poche, tu peux viser plusieurs métiers :

  • conservateur du patrimoine, pour gérer et valoriser les collections des musées, des archives ou des monuments
  • bibliothécaire ou attaché de conservation, dans la fonction publique d'État comme dans la fonction publique territoriale
  • chargé d'études documentaires, pour organiser et diffuser la documentation d'un ministère
  • attaché d'administration via les instituts régionaux d'administration (IRA) qui recrutent pour les ministères et les préfectures

Certains historiens visent également, après un bac+5, un doctorat pour devenir enseignant-chercheur, ou se tournent vers des métiers plus spécialisés, comme commissaire-priseur, accessible notamment avec une double compétence histoire de l'art et droit.

Quels débouchés après des études d'histoire ?

On l'a dit, la licence d'histoire sert surtout de rampe de lancement, et c'est vraiment le bac+5 qui débloque l'accès aux débouchés professionnels. Une fois ton bac+5 validé plusieurs secteurs recrutent des profils historiens. Voici les débouchés les plus courants :

  • enseignant en collège ou lycée ou enseignant-chercheur à l'université
  • métiers du patrimoine et de la culture : médiateur culturel, guide-conférencier, chargé de valorisation dans un musée ou un site historique
  • métiers des archives et de la documentation : archiviste, documentaliste, chargé d'études documentaires
  • métiers de l'information et de la communication : journaliste, chargé de communication, métiers de l'édition
  • métiers du tourisme culturel : agent de développement local, chargé de projets dans un office de tourisme

Faire une pause avant de te lancer

Rien ne t'oblige à retourner sur les bancs de l'école dès le mois de septembre. Si tu hésites encore entre plusieurs formations ou sur tes débouchés professionnels, souffler quelques mois peut t'éviter de foncer tête baissée dans un cursus que tu abandonneras dès le premier semestre. Un service civique dans un musée, aux Archives départementales ou au sein d'une association de sauvegarde du patrimoine te met le pied à l'étrier tout en testant si le terrain te plaît autant que les amphis. Certains profitent aussi de ce moment pour partir enseigner le français à l'étranger ou creuser une passion qui finira par dessiner un vrai projet professionnel.

Loin d'être un trou dans ton CV, cette année de césure se transforme vite en argument. Un recruteur ou un jury d'admission verra d'un bon œil que tu aies confronté tes envies à la réalité avant de t'engager. Tu reviendras avec de l'expérience, un réseau parfois, et surtout la certitude d'avoir choisi ta voie plutôt que de l'avoir subie.

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