Poursuivre ses études ou travailler, que vaut encore le diplôme

Poursuivre ses études ou travailler ? Salaires, taux d'emploi à chaque niveau de diplôme et risque de finir surqualifié pour son poste.
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« De toute façon, un diplôme aujourd’hui, ça ne sert plus à rien » : tu l’as entendue à un repas de famille, dans la bouche d’un cousin qui a arrêté juste après le bac ou dans celle d’un influenceur qui vend ses formations en ligne pour devenir millionnaire, ou tu l’as peut-être lue en commentaire sous une vidéo TikTok. Une enquête publiée en juillet 2026 dit pourtant à peu près l’inverse. On te donne les chiffres pour trancher.

Tu hésites entre continuer tes études et travailler ? 💭

Ce que le diplôme change encore sur ton premier salaire

Un organisme public, le Céreq, suit depuis 1971 ce que deviennent les jeunes une fois sortis de formation. En 2024, il a interrogé plus de 31 000 personnes qui avaient quitté le système scolaire en 2021, et il a publié ses résultats en juillet 2026. Ce sont trois ans de vie active reconstitués mois par mois que l’on découvre. Le titre de l’étude annonce la couleur : « S’insérer dans un monde instable : le diplôme reste une valeur sûre. ».

Voici ce que ces jeunes touchaient à leur premier emploi, et où ils en étaient trois ans plus tard. Les montants sont des médianes, c’est-à-dire que la moitié gagnait plus et l’autre moitié gagnait moins.

Ton diplômeRevenu médian au 1er emploiEn emploi 3 ans aprèsAu chômage 3 ans après
Sans diplôme1 260 €43 %40 %
CAP-BEP1 360 €65 %25 %
Bac1 400 €71 %18 %
Bac+21 480 €81 %13 %
Bac+3 ou bac+41 530 €78 %13 %
Master1 810 €87 %9 %
École d’ingénieurs ou de commerce2 130 €90 %7 %
Doctorat2 410 €90 %6 %

Source : Céreq, enquête 2024 auprès de la Génération 2021, publiée en juillet 2026. Revenu net mensuel perçu à l’embauche du premier emploi, en 2021-2022, temps partiel inclus.

Certains montants te paraissent bas ? Deux raisons : ces sommes ont été touchées en 2021 et 2022. Le SMIC net à temps plein tournait alors autour de 1 250 €, contre 1 477,93 € depuis sa revalorisation du 1er juin 2026. Ensuite, le Céreq compte l’argent réellement versé sur le compte. Beaucoup de jeunes sans diplôme démarrent à temps partiel et perçoivent donc moins que ce qu’un 35h toucherait, ce qui tire leur médiane vers le bas.

Ces chiffres datent : et depuis ça s’est dégradé ⚠️

Les données du Céreq couvrent des jeunes sortis d’études en 2021 et suivis jusqu’à l’automne 2024. Depuis, le marché du travail a continué de se tendre.

Au premier trimestre 2026, le chômage national a repassé les 8 % pour la première fois depuis 2021, d’après l’Insee, et la part de jeunes de 15 à 29 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation atteint 13,1 %. Les grandes tendances de l’article restent les mêmes : plus le diplôme est élevé, mieux tu t’en sors, mais les chiffres d’emploi et de chômage dans ce tableau sont probablement un peu plus défavorables aujourd’hui.

Deux ans de plus après le bac : qu’est-ce que ça change

Compare la ligne du bac et celle du bac+2. Sur le salaire de départ, l’écart se limite à 80 € par mois. Autant dire que l’écart n’est presque rien : deux années d’études supplémentaires, et ta première fiche de paie bouge à peine.

Maintenant regarde les deux colonnes de droite. Le bachelier a 71 % de chances d’être en poste trois ans plus tard, le bac+2 en a 81 %. Et son risque de chômage tombe de 18 % (avec le bac seul) à 13 % (avec un bac+2).

Voilà où se joue l’essentiel. Tes deux premières années après le bac n’augmentent pas beaucoup ce que tu gagnes, mais elles augmentent nettement tes chances d’avoir quelque chose à gagner. La nuance a l’air mince, mais elle change tout quand tu hésites entre chercher un job tout de suite et partir sur un BTS.

Des formations recrutent hors Parcoursup 👀

Le salaire décolle seulement à partir du bac+5

Continue de descendre le tableau. Le bac+3 n’ajoute que 50 € au bac+2, d’après les résultats de l’étude. Sur toute la distance qui sépare le bac du bac+3, tu ne récupères donc que 130 € de plus par mois au démarrage. L’écart se creuse avec un bac+5. Entre un bac+3 et un master, l’écart passe à 280 € par mois.

Entre un bac et une école d’ingénieurs ou de commerce, il atteint 730 €, soit près de 8 800 € sur une année complète. De quoi payer un loyer étudiant pendant un an, pour te donner une idée.

En bref, le diplôme rapporte, mais par paliers très inégaux. Les premières années comptent surtout pour trouver un poste, et c’est le bac+5 qui fait bouger la rémunération.

Tu cherches ta formation de niveau bac+5 ? 🎓

Le bac+2 santé-social devance le master sur l’emploi

Il y a un phénomène dans les données du Céreq qui n’apparaît pas dans le tableau ci-dessus parce qu’il est noyé dans la ligne « bac+2 ». Quand on isole les diplômés issus d’une formation du supérieur courte en santé et social (infirmiers, éducateurs spécialisés, manipulateurs radio, etc.), leurs résultats sortent du lot : 93 % sont en emploi trois ans après, seulement 3 % au chômage, et le revenu de départ atteint les 1 840 €. Soit mieux qu’un master sur les trois indicateurs.

Le Céreq le dit tel quel dans son étude : ces diplômes, qu’on ne présente jamais dans les classements prestigieux, se retrouvent en tête pour le risque limité de chômage comme pour l’accès à un emploi stable. Moralité : ce n’est pas le nombre d’années qui fait la différence, c’est la précision du tir. Deux ans passés à viser juste peuvent te mener plus loin que cinq ans à tâtonner.

Un dernier repère : sur les six générations suivies par le Céreq depuis 2004, le chômage des diplômés du supérieur est toujours resté sous les 15 %. Celui des sortants du lycée l’a systématiquement dépassé.

Tu viens d’avoir ton bac et tu hésites sur le chemin à suivre ? 💭

Le marché se tend sur la qualité des postes, pas sur l’accès

Trouver du travail, d’abord, n’a jamais été aussi peu compliqué depuis longtemps pour les jeunes observés par le Céreq. Sauf que cette génération (les jeunes sortis d’études en 2021, suivis par le Céreq) a connu deux ambiances en trois ans (de 2021 à 2024). Jusqu’à l’été 2023, tout allait plutôt dans le bon sens : leur taux de chômage descendait jusqu’à 13 % et leur taux d’emploi grimpait jusqu’à 77 %. Puis le marché s’est retourné. La conjoncture a ralenti, les embauches se sont tassées, et les indicateurs se sont dégradés mois après mois jusqu’à l’automne 2024, dernier point mesuré par le Céreq.

Résultat à l’arrivée : 74 % en emploi et 16 % au chômage. C’est encore un bon score, le meilleur depuis la génération sortie en 2004, mais c’est un score en baisse, pris en plein reflux. Et la tendance n’a pas changé de direction depuis : au premier trimestre 2026, le chômage national repassait les 8 % pour la première fois en cinq ans, d’après l’Insee, et la part des 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation atteignait 13,1 %, en hausse de 0,4 point sur un an et de près d’un point depuis 2019, d’après l’Insee.

La qualité des contrats a aussi trinqué. La part des CDD parmi ces jeunes, qui reculait régulièrement depuis la fin de leurs études, est repartie à la hausse pendant que celle des CDI baissait. Trois ans après leur entrée sur le marché, seuls 64 % de ceux qui travaillent ont un contrat stable, soit 9 points de moins que la génération sortie en 2017.

Un emploi stable, ça veut dire quoi exactement 💡

Les statisticiens parlent d’emploi à durée indéterminée, ou EDI. Il regroupe trois situations : le CDI classique, le poste de fonctionnaire titulaire et l’activité en indépendant. C’est un peu plus large que le seul CDI, et c’est l’indicateur qu’on utilise pour mesurer si une insertion tient vraiment dans le temps.

Ce que ça change pour toi ? Dans un marché où les contrats se fragilisent, décrocher un poste tout de suite revient souvent à décrocher un CDD. L’Insee ajoute un chiffre qui remet les choses à leur place : en 2025, 16,6 % des personnes sorties d’études depuis un à quatre ans étaient au chômage, contre 5,6 % de celles sorties depuis plus de dix ans. Les débuts sont fragiles pour à peu près tout le monde. La question n’est donc pas d’échapper à cette période, mais de choisir avec quel bagage tu la traverses.

L’alternance, pour te former en étant payé, ça te dit ? 👇

Le déclassement menace surtout du bac+2 au bac+4

Tu connais peut-être le personnage de la Reine Rouge de Lewis Carroll, dans De l’autre côté du miroir. Dans son pays, il faut courir de toutes ses forces pour simplement rester à la même place. Pour aller ailleurs, il faut courir deux fois plus vite. C’est une image que l’on prête souvent à la situation des diplômes : tout le monde étudie plus longtemps (jusqu’au bac+5) et donc chacun doit étudier plus longtemps pour garder la même position, et au bout du compte personne n’y gagne rien. L’image est belle. Les données lui donnent tort, en partie.

Le déclassement, en clair 💡

Tu es considéré comme déclassé quand ton niveau d’études dépasse celui du poste que tu occupes. Dans la grille utilisée par le Céreq, par exemple, si tu as un bac+5 ou plus et que tu n’es ni cadre ni chef d’entreprise, tu es déclassé.

Le taux de déclassement des jeunes diplômés est bien passé de 26 % pour ceux sortis en 2004 à 32 % pour ceux sortis en 2021. Première nuance à relever ici : la grille qui sert à mesurer le déclassement n’a pas changé depuis vingt ans, alors que le niveau d’études d’une génération, lui, a explosé. En 2004, seuls 11 % des jeunes terminaient avec un bac+5 ou plus. Aujourd’hui, ils sont 24 %. Mécaniquement, il y a plus de monde susceptible d’être classé comme déclassé.

Tout le monde est diplômé aujourd’hui, vraiment ? 🔎

Quel est le niveau d’études des jeunes en France ?

Seconde nuance, et c’est celle qui compte pour toi : le déclassement diminue depuis dix ans chez les bac+5 et plus. Exactement là où le nombre de diplômés a le plus augmenté. Le Céreq en tire une conclusion nette et écarte l’idée que le bac+5 se serait dévalué. En revanche, la part de déclassés a franchement augmenté chez les bac+2, les bac+3 et les bac+4, sauf en santé-social.

La dévalorisation existe donc, mais pas là où la doxa la place (l’opinion commune) : le bac+5 tient bon. Ce sont les bac+2 et les bac+3, hors santé et social, qui se sont fragilisés.

Tu veux éviter de plafonner après ton premier diplôme ? 😊

Ce que ressentent les jeunes concernés recoupe assez bien ce constat. D’après le Focus n° 361 de septembre 2025 de l’Insee, 15 % des 15-34 ans qui travaillent estiment avoir des compétences supérieures à ce que leur poste demande, et 18 % se jugent trop diplômés pour ce qu’ils font. Ce sentiment est le plus faible aux deux extrémités de l’échelle, chez les titulaires de CAP et chez les bac+5, et le plus fort au milieu, entre le bac et le bac+4. Près d’un tiers des bacheliers employés sur des postes peu qualifiés se sentent déclassés : c’est le score le plus élevé de tout le classement.

Un dernier chiffre pour situer la France. Selon l’Insee, 52 % des 25-34 ans y sont diplômés du supérieur, contre 43 % en moyenne dans l’Union européenne. Le diplôme s’est donc massivement répandu. Le Céreq rappelle toutefois que cela ne veut pas dire que tout le monde y accède de la même façon. 11 % des jeunes de familles défavorisées sortent avec un bac+5 ou plus, contre 55 % de ceux issus de familles favorisées.

S’arrêter ne coûte pas le même prix à chaque niveau

La bonne question n’est pas : « études ou travail ? ». C’est plutôt : « si j’arrête maintenant, à mon niveau exact et dans ma filière exacte, ça me mène où ? ». Parce que le prix d’un arrêt change du tout au tout selon l’endroit où tu poses ton curseur. Passons les quatre paliers en revue.

Après le bac : presque tout le monde continue

En 2024, 78,8 % des nouveaux bacheliers se sont inscrits dans l’enseignement supérieur, d’après le ministère de l’Enseignement supérieur. L’université, BUT compris, en accueille 38,4 %. Cela signifie que t’arrêter au bac te place dans une minorité d’environ un jeune sur cinq. Les données du Céreq montrent ce que cela donne trois ans plus tard, à savoir : 71 % en emploi, 18 % au chômage et un salaire de départ de 1 400 €. Ce n’est pas une catastrophe, mais l’écart avec le palier suivant se creuse vite.

Et rappelle-toi le chiffre plus haut : c’est entre le bac et le bac+4 que le sentiment de déclassement est le plus marqué. Les bacheliers employés sur des postes peu qualifiés sont les plus touchés : près d’un sur trois se sent trop diplômé pour ce qu’il fait.

Après un BTS : la majorité s’arrête mais le plafond arrive vite

Le BTS est le niveau où l’on s’arrête le plus dans la voie professionnelle. D’après l’Insee, qui reprend les données InserJeunes dans sa publication Formations et emploi de 2025, seuls 48 % des étudiants de BTS en lycée poursuivent leurs études, contre 56 % après un bac pro et 50 % après un CAP. Les données de la DEPP portant sur les sortants de 2024 confirment la même hiérarchie : 48 %, 58 % et 52 %.

La logique est assez intuitive : un lycée professionnel propose le CAP, le bac pro et le BTS sous le même toit. Après un CAP, tu peux enchaîner sur un bac pro sans changer d’établissement. Après un bac pro, tu peux monter en BTS de la même façon. Mais après un BTS, le lycée n’a plus rien à te proposer : la licence pro se prépare à l’université, le bachelor dans une école privée. Nouveau dossier, nouvel établissement, parfois nouveau financement. C’est là que beaucoup décrochent, pourtant l’alternance peut permettre de combiner financement de son école et formation rémunérée, et plusieurs écoles recrutent en dernière année de bachelor des titulaires d’un BTS, ou des profils issus de L2, pour obtenir le niveau bac+3 en un an. C’est ce qu’on appelle les admissions parallèles.

Tu veux aller plus loin après ton BTS ? 🚀

Ceux qui s’arrêtent s’en sortent plutôt bien dans l’immédiat. Six mois après leur sortie en 2022, 62 % des sortants de BTS avaient un emploi salarié, contre 45 % pour les bacs pro et 29 % pour les CAP, d’après l’Insee (les chiffres de la DEPP pour les sortants de 2024 sont un peu plus bas : 55 % pour les BTS, 39 % pour les bacs pro et 24 % pour les CAP, dans un marché du travail moins porteur). Et à trois ans, le Céreq compte 81 % de bac+2 en poste pour 13 % au chômage.

Après une licence générale : s’arrêter coûte cher

C’est le palier où les chiffres sont les plus tranchants. D’après les données InserSup du ministère de l’Enseignement supérieur, reprises par l’Insee dans Formations et emploi 2025, 83 % des diplômés de licence générale de la promotion 2022 ont continué leurs études l’année suivante. Contre 41 % des diplômés de licence professionnelle et 25 % des diplômés de master.

Et parmi la minorité qui s’arrête après une licence générale, seuls 55,3 % ont un emploi salarié dix-huit mois plus tard. Le même indicateur atteint 81,3 % pour les licences professionnelles. Vingt-six points d’écart entre deux diplômes du même niveau, tu as bien lu. La raison est simple : la licence générale n’a jamais été conçue pour te faire entrer sur le marché du travail. Elle a été conçue pour te mener au master. Le vrai scénario risqué, ce n’est donc pas de s’arrêter à bac+2, c’est de s’arrêter à un niveau  bac+3 généraliste sans avoir prévu la suite.

À l’intérieur même de la licence générale, la filière change beaucoup de choses : 58,9 % d’emploi salarié à dix-huit mois en sciences, technologies et santé, contre 49,4 % en lettres, langues et arts.

Tu veux arbitrer entre ta passion et tes chances de trouver un poste ? 💭

Passion ou insertion : comment bien choisir ses études après le bac ?

À noter aussi que les bachelors d’écoles privées spécialisées, en commerce, communication, gestion immobilière, design ou encore tourisme, sont eux aussi des bac+3, mais conçus sur le modèle de la licence pro : professionnalisants, souvent en alternance et orientés vers une insertion rapide. Tu peux t’arrêter là et travailler ou poursuivre vers un bac+5 en école.

Après le bac, un bachelor dure trois ans, mais plusieurs écoles ont des vagues de recrutement variées :

  • En première année, entre janvier et mars, après la première rentrée de septembre/octobre. On parle de rentrée décalée. C’est parfait si tu n’as pas eu le temps de bien candidater pour la rentrée d’automne ou si après celle-ci, justement, tu veux déjà te réorienter, sans attendre septembre d’après.
  • En deuxième année, si tu te réorientes après un bac+1 du même domaine et que ton niveau te permet de te passer de la première année du programme.
  • En troisième année, si tu as un niveau bac+2 (BTS, deuxième année de licence, BUT2…) et que le cursus s’inscrit logiquement dans la suite de ton parcours.
Tu cherches un bachelor avec une rentrée flexible ? 👀

Après un bac+5, la question change de nature

À ce stade, tu ne te demandes plus si tu vas travailler, mais à quelles conditions. D’après la Note Flash du SIES de décembre 2024, 23,2 % des diplômés de master de 2023 ont continué leurs études. Parmi ceux qui sont entrés sur le marché, 70,5 % avaient un emploi salarié douze mois plus tard. Côté paie, la moitié des masters en poste à douze mois gagnaient entre 1 750 € et 2 480 € nets par mois, contre 1 620 € à 2 060 € pour les licences professionnelles (données de rémunération portant sur la promotion 2021).

Une réserve tout de même. Le diplôme te fait entrer dans l’entreprise, mais l’étiquette « cadre » ne suit pas toujours dès le premier poste.

Bac+2, bac+3 ou bac+5 : que viser ? 🤔

Cinq questions pour trancher entre études et emploi

Les statistiques tracent des grandes lignes. Toi, tu prends une décision qui ne concerne que toi.  Voici les cinq questions qui font vraiment bouger l’aiguille, une fois les chiffres posés.

Ma filière insère-t-elle bien à mon niveau actuel ? C’est le critère le plus déterminant, davantage que le nombre d’années d’études à viser par idéalisme. Va vérifier formation par formation sur les sites InserSup et InserJeunes, ils sont gratuits et sans inscription. Pour les formations privées, discutent avec d’anciens étudiants et des inscrits actuels.

Ai-je déjà mis un pied en entreprise ? Alternance, stage long ou césure passée à travailler : sans expérience professionnelle, un diplôme de plus pèse moins lourd que tu ne l’imagines. Un équilibre entre temps passé en cours et temps passé sur le terrain rassure un recruteur.

Mon année supplémentaire est-elle financée ? L’Insee (Insee Focus n° 375, données de l’enquête Emploi 2024) a mesuré en 2024 que 19,4 % des jeunes qui abandonnent puis arrêtent leurs études le font pour une raison pécuniaire ou par envie de travailler. Une contrainte de budget, ça peut s’anticiper et ne pas se subir. Alternance, prêt étudiant à taux préférentiel et que tu commences à rembourser plus tard… des dispositifs sont là pour t’épauler.

Tu veux étudier et être payé en même temps ? 💰

Ces formations qui te versent un salaire pendant tes études

Est-ce que je continue par projet ou par défaut ? Toujours selon l’Insee, 41,5 % de ceux qui abandonnent puis arrêtent expliquent que les études ne leur convenaient pas. Une inscription prise faute de mieux se paie souvent dès le premier semestre. Heureusement, des passerelles existent pour trouver ta voie en cours de route.

Puis-je revenir en arrière ? Reprendre un cursus après deux ans de travail reste possible, par la formation continue, l’alternance ou la validation des acquis de l’expérience. La porte n’est pas fermée, elle est juste plus lourde à pousser.

Un mot sur le fait d’arrêter en cours de route, parce que ce n’est pas la même chose que d’arrêter après avoir décroché un diplôme : toujours d’après l’Insee, parmi les 15-34 ans, ceux qui ont abandonné une formation puis quitté les études affichent 13 % de chômage contre 9 % pour ceux qui n’ont jamais abandonné, et 8 % occupent un poste de cadre contre 24 %. Attention à la lecture, cela dit : la situation de la famille pèse énormément en amont, puisque 67 % des abandons chez les enfants d’ouvriers se soldent par un arrêt définitif, contre 33 % chez les enfants de cadres. C’est une tendance, mais pas une fatalité personnelle.

Poursuivre tes études ou trouver un emploi, tu veux en discuter ? 😊

Ce que racontent ces vingt années de données, en une phrase : le diplôme n’a pas perdu sa valeur, il a changé de rôle. Il ne te réserve plus une place. Il réduit tes risques d’en manquer une. Et cette protection dépend autant de la filière que tu choisis et de l’expérience que tu accumules que du nombre d’années que tu empiles. Alors ne te demande pas si tu dois faire des études longues. Demande-toi où ton prochain diplôme te mène, et vérifie les débouchés et les parcours des anciens étudiants avant de finaliser ton inscription.

 

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