Quelles études pour devenir médecin généraliste ?

Des bancs de la fac à l'exercice en cabinet ou à l'hôpital, un long parcours t'attend avant de devenir médecin généraliste. On te détaille toutes les étapes !
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Dix ans. C'est la première chose qu'on t'a répondue quand tu as lâché le mot « médecine » à table. Juste après, on t'a parlé de la première année, de ceux qui décrochent avant Noël et des amphis bondés où tu ne connaîtras personne.

Pas de panique : d'après les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, deux étudiants sur cinq entrés en PASS ou en L.AS finissent par décrocher leur place en filière santé. Reste à savoir à quels moments ta candidature se joue vraiment. On déroule les dix années une par une, réforme 2027 comprise. `

Le PASS et la L.AS, deux portes qui ne se valent pas

Depuis 2020, il n'y a plus de première année commune aux études de santé. Tu as le choix entre deux parcours, que tu demandes sur Parcoursup comme n'importe quelle autre formation : le PASS, parcours d'accès spécifique santé, et la L.AS, licence avec option accès santé.  Les deux  voies mènent exactement au même endroit : la deuxième année de médecine. Mais tes chances d'y arriver et ce qu'il te reste en main si ça ne passe pas ne sont pas du tout les mêmes.

Le PASS, la voie la plus directe

Le PASS, c'est une année entièrement tournée vers la santé, avec une mineure dans une autre discipline que tu choisis au moment de ton inscription. C'est le parcours que prennent les deux tiers des néo-bacheliers qui s'engagent en études de santé, selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur : à la rentrée 2022, ils étaient 22 500 en PASS sur 34 200 inscrits en première année.

Le rendement est meilleur, avec 29,4 % des PASS admis en deuxième année de médecine au bout d'un ou deux ans. Une contrepartie de taille, quand même : depuis la rentrée 2021, le redoublement en PASS n'est plus autorisé. Tu joues ta place, et si tu la manques, tu bascules ailleurs.

Le savais-tu ? 🤔

D'après le ministère de l'Enseignement supérieur (note flash n°31, novembre 2025), près de 80 % des étudiants admis en deuxième année de santé sortent d'un PASS. Et plus de 60 % des admis, toutes filières confondues, partent en médecine.

Et si tu gardais un plan B avec une L.AS ?

La L.AS inverse la logique : tu suis une licence classique, en droit, en biologie, en STAPS ou en psycho, avec une option santé en plus. Le taux de passage en médecine tombe à 14,1 %, toujours selon le ministère.

Sauf que l'échec y coûte beaucoup moins cher : parmi les étudiants non admis en filière santé, 22 % des L.AS sont en troisième année d'études deux ans plus tard, contre 12 % des PASS. Le ministère parle d'une réorientation « sans perte de temps », et c'est exactement ça : ta licence continue d'avancer pendant que tu tentes ta chance.

La médecine te tente, le PASS te fait peur ?

Ce qui change à partir de la rentrée 2027

Si tu entres dans le supérieur en septembre 2027 ou après, oublie tout ce qui précède. Le gouvernement a annoncé en avril 2026 la fin du PASS et de la L.AS, jugés trop illisibles pour les élèves et pour leurs familles. Reste avec nous, on t'explique tout.

Une première année commune aux cinq filières de santé

À la place, une voie unique : une même première année pour les cinq filières santé, harmonisée au niveau national, quelle que soit ton université. Cette première année sera découpée en trois blocs d'enseignement.

D'abord, le bloc santé, de 24 à 30 crédits ECTS, porte les connaissances scientifiques communes aux cinq filières, avec un programme allégé. Ensuite, le bloc disciplinaire, du même poids, correspond aux matières d'une licence classique : biologie, droit, sciences humaines ou soins infirmiers. Enfin, le bloc transversal, de 6 à 12 crédits, couvre la communication, l'éthique et les compétences psycho-sociales.

Une sélection étalée sur deux ans

Le vrai changement est là. Tu pourras candidater deux fois, en fin de première année puis en fin de deuxième année de licence, à condition de valider les blocs santé et disciplinaire avec au moins 10/20 à chacun.

Surtout, ton classement ne reposera plus sur un examen final unique mais sur l'ensemble de ton parcours académique. Les épreuves orales sont encouragées, chaque université gardant la main sur leur organisation. Et le redoublement redevient possible, une fois. Pour les étudiants qui commencent en septembre 2026, une transition vers le nouveau programme est prévue à la rentrée suivante.

Tu entres en terminale avec la médecine en tête ?

De la deuxième année à la thèse, les huit années qui suivent

Ta place décrochée, le plus dur est fait, mais le chemin est encore long. Le premier cycle se termine à la fin de la troisième année avec le DFGSM, diplôme de formation générale en sciences médicales, reconnu au niveau licence. Au programme : anatomie, physiologie, sémiologie, pharmacologie, et les premiers passages à l'hôpital.

Viennent ensuite les trois années d'externat, qui débouchent sur le DFASM, reconnu au niveau master. Tu passes alors la moitié de ton temps en stage, et l'Onisep rappelle que les étudiants en médecine sont rémunérés à mesure qu'ils avancent dans le cursus. Les anciennes épreuves classantes nationales, les fameuses ECN, ont disparu : l'accès à l'internat repose désormais sur trois éléments : les épreuves dématérialisées nationales (EDN, de leur petit nom), des situations cliniques simulées et la prise en compte de ton parcours universitaire.

C'est quoi les EDN ? 🔍

Les épreuves dématérialisées nationales remplacent les ECN depuis la réforme du deuxième cycle. Elles évaluent tes connaissances sur tablette, et sont complétées par les ECOS, des mises en situation clinique avec un patient simulé, station par station.

Ton externat validé, vient ensuite l'internat. La nouvelle maquette du DES de médecine générale, publiée au Journal officiel du 9 août 2023, porte cette phase à quatre ans, contre trois auparavant. L'année ajoutée est une phase de consolidation, organisée en deux stages semestriels en cabinet ou en structure ambulatoire, sous autonomie supervisée. Tu y exerces avec le statut de docteur junior : tu gères tes consultations et tu prends tes décisions médicales de façon indépendante, avec un senior derrière toi. La toute première promotion concernée entre en stage le 2 novembre 2026.

Reste enfin la thèse d'exercice, à soutenir avant la fin de la phase d'approfondissement, avec une dérogation jusqu'à la fin de la consolidation pour les promotions 2026, 2027 et 2028. Une fois la thèse validée et le DES en poche, tu obtiens le diplôme d'État de docteur en médecine. C'est lui, et lui seul, qui t'autorise à exercer. Côté places, la médecine générale reste la spécialité la plus ouverte de loin : l'Onisep en dénombre 3 314 pour l'année 2025-2026, quand la chirurgie pédiatrique en propose 36.

Tu veux voir à quoi ressemble une fac de médecine ?

Côté budget, ce que coûtent dix ans de médecine

Bonne nouvelle : les études de médecine se font à l'université publique, donc aux tarifs nationaux. Pour l'année 2026-2027, Service-Public fixe les droits d'inscription à 178 € pour un diplôme au grade de licence, ce qui couvre tes trois premières années, et à 255 € pour un diplôme au grade de master, donc pour ton externat. Ajoute la contribution de vie étudiante et de campus, à 105 €. Si tu es boursier, tu es exonéré des deux.

Il existe aussi un dispositif que peu de lycéens connaissent : le contrat d'engagement de service public. Le principe est simple. Tu touches une allocation pendant tes études, et en échange tu t'engages à exercer dans une zone où l'offre médicale est insuffisante, pour une durée égale à celle du versement et au minimum deux ans. Il est ouvert dès la quatrième année et jusqu'à ta dernière année d'internat.

Le CESP, bon plan ou engagement lourd ? 💰

Le ministère de la Santé annonce une allocation de 1 200 € brut par mois, soit 1 106,88 € net après CSG et CRDS. Attention à la sortie de route : rompre son contrat après l'obtention du DES coûte 20 000 € de pénalité, en plus du remboursement des sommes perçues.

Et au bout des dix ans ? Selon Hellowork, un médecin généraliste démarre entre 69 000 et 72 000 € bruts annuels, soit 4 564 à 4 765 € nets par mois. La fourchette dépend beaucoup de ton mode d'exercice, libéral ou salarié, et de l'endroit où tu t'installes.

Les frais de scolarité te freinent dans ton projet ?

Entrer en médecine sans passer par la première année

Tu as commencé une licence de biologie et la médecine te rattrape ? Tu es infirmier et tu veux aller plus loin ? Ce n'est pas perdu. Des passerelles permettent d'être admis directement en deuxième année d'études de santé, sans repasser par la case première année. Le ministère cite notamment les licences dont les mentions relèvent des sciences naturelles de la vie ou des sciences fondamentales.

La réforme de 2027 muscle nettement ce volet, et c'est une des raisons de s'y intéresser. Elle prévoit une passerelle élargie pour les titulaires d'une licence complète, avec l'objectif affiché de favoriser les vocations tardives. Elle renforce aussi les passerelles paramédicales, ouvertes aux professionnels qui ont validé trois ans de cursus. Ces places restent limitées et l'admission se joue sur dossier auprès de chaque université, donc renseigne-toi tôt auprès de l'UFR que tu vises.

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Dix ans, ça se découpe. Ton unique vrai coup de dé, c'est la première année, et tu peux le préparer dès la terminale en soignant tes spécialités scientifiques et en choisissant ta mineure ou ta licence avec la tête froide. Le reste, c'est un enchaînement d'étapes balisées où personne ne te sortira du parcours si tu bosses. Alors vise juste sur ta première année, et le titre de docteur suivra.

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